1931 – Les photographies de guiseppe enrie

D’après le livre de Guiseppe Enrie – 1933 « Le Suaire de Turin révélé par la Photographie« 

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Les photographies du Linceul de Turin prises par Secondo Pia en 1898, puis par Giuseppe Enrie en 1931, constituent des documents visuels fondamentaux pour l’étude de cette relique historique. Chaque photographe a contribué, par ses propres moyens techniques, à offrir des représentations qui ont approfondi notre compréhension de l’objet et alimenté de nombreux débats scientifiques et théologiques.

La première photographie du Linceul par Secondo Pia (1898)

En 1898, Secondo Pia, avocat et photographe amateur, réalisa la première photographie d’ensemble du Linceul. Cette image mesure 53 cm de longueur sur 14 cm de largeur et présente le Linceul en entier, bien que, pour des raisons techniques et logistiques, environ 15 cm de l’extrémité du Linceul n’aient pas été inclus dans le cadre. L’image, saisie à travers la glace du cadre de protection, était considérée comme une prouesse technique malgré la légère perte de netteté due à cette contrainte.

Les copies de cette photographie originale de Pia furent distribuées avec des marques d’authenticité, comprenant les signatures du Cardinal Augustin Richelmy et du Président du Comité exécutif, le baron Antonio Manno, ainsi que la mention de propriété artistique de la Maison Royale. Publiée en positif et en négatif, l’image révéla, pour la première fois, l’effet de « négatif » du Linceul, une caractéristique surprenante et alors inexpliquée, qui a ouvert la voie à de nouvelles hypothèses sur l’origine de l’image mystérieuse.

Giuseppe Enrie et l’amélioration de la photographie en 1931

En 1931, l’Église confia au photographe professionnel Giuseppe Enrie la mission de photographier de nouveau le Linceul lors de son ostension. Contrairement à Pia, Enrie put travailler sans l’obstacle du cadre en verre, retirant la relique de sa vitrine pour obtenir des clichés d’une précision inégalée. Cette amélioration permit de capturer le Linceul dans son intégralité, avec une netteté exceptionnelle et des détails anatomiques plus visibles.

Enrie réalisa une série de photographies en utilisant des techniques de pointe, notamment à la lumière du jour. Ces photographies, publiées également en positif et en négatif, reproduisaient l’image dans des conditions plus idéales et sans reflets de verre, ce qui permit une comparaison directe avec les images de 1898. En outre, ces photographies furent officiellement certifiées comme fidèles à l’original, exemptes de retouches, et vérifiées par un comité d’experts et de représentants religieux, renforçant leur crédibilité et leur authenticité.

Comparaison et impact des photographies de 1898 et 1931

Les photographies d’Enrie ne révélèrent pas de différences substantielles par rapport à celles de Pia, confirmant ainsi que le Linceul n’avait subi aucune altération notable depuis la première prise de vue. Cependant, les clichés d’Enrie, réalisés dans des conditions optimisées, constituèrent une contre-épreuve scientifique et documentaire précieuse, permettant une analyse plus poussée des détails. Parmi ces détails, des études furent menées sur les marques de sang et les caractéristiques anatomiques visibles, y compris un examen minutieux de la blessure de la main.

La valeur documentaire des photographies et l’authenticité du Linceul

Ces photographies restent aujourd’hui une référence incontournable pour les chercheurs en iconographie religieuse et en études archéologiques. La rigueur technique d’Enrie, associée à la vérification méticuleuse des clichés, en a fait un témoignage essentiel pour l’étude du Linceul. Lors d’une inspection formelle en mai 1931, un procès-verbal signé par divers représentants et notaires a conclu à l’authenticité et à la précision des images produites, ajoutant un poids historique et juridique à la valeur de ces documents visuels.

Procès verbal du 23 mai 1931

Authentification de la reproduction parfaitement fidèle du linceul photographié.

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PROCES VERBAL

L’an mil-neuf-cent-trente et un – IX et le 23 du mois de mai, à Turin, dans la salle Capitulaire de la Cathédrale, vers vingt-trois heures et demie.

Devant moi, D. Giulio Turbil, notaire en cette résidence, inscrit au collège des notaires de Turin, et en présence de Messieurs : le Révérend Chanoine Adolfo Barberis, fils de feu Carlo, né en résidant à Turin ; le commandeur Dell Donne Ambrogio, fils de feu Luigi, né à Plaisance résidant à Turin, témoins qualifiés, connus de moi et soussignés, en présence également de Mgr Pinardi, fils de feu Sabastiano, né à Castagnole Piemonte, et résidant à Turin, agissant en qualité de Président de la Commission exécutive pour l’ostension du Saint Linceul.

Ont comparu en personne Messieurs : le Chevalier Castagneri Oreste, fils de feu Giovanni, né à Alexandrie ; Bergese Domenico Pietro, fils de feu Antoine, né à Fossano ; Ferraris Antenore, fils de feu Carlo, né à Alexandrie ;  Navone Carlo Augusto, fils de feu Stanislas, né à Turin, Gramaglia Maggiorino, fils de feu Tito Cesare, de Turin, tous cinq membres du Directoire de la Corporation Artisane Fasciste de la Province de Turin, tous personnellement connus de moi et m’ayant requis de dresser le présent procès-verbal.

Les personnes susdites, es-qualités, après avoir examiné attentivement et minutieusement dans l’atelier du Chevalier Giuseppe Enrie les clichés qu’il a été chargé officiellement d’exécuter pour reproduire photographiquement le Saint Linceul exposé dans la Cathédrale de Turin au cours de ce mois de mai 1931, et après avoir, sur place, confronté les épreuves avec la relique sacrée, déclarent pouvoir en toute conscience affirmer et certifier :

1° Que les clichés négatifs sont absolument exempts de retouche ou artifice quelconque et que par conséquent les soussignés les considèrent comme la pure expression photographique de la toile sacrée reproduite ;

2° que de la confrontation méticuleuse et attentive des épreuves avec l’original, il résulte que ces épreuves en constituent la reproduction parfaitement fidèle et d’une irréprochable exécution.

De ce requis moi, notaire, j’ai rédigé le présent  procès-verbal, écrit de ma main sur trois folios et demi environ :

J’en ai donné lecture aux comparants, qui l’ont approuvé et signé avec moi, le tout en présence des témoins nommés ci-dessus et soussignés.

GIOVANNI BATITA PINARDI, CHEVALIER ORESTE CASTAGNERI, PIETRO BERGESE, FERRARIS ANTENORE, NAVONE CARLO AUGUSTO, GRAMAGLIA MAGGIORINO, CHANOINE ADOLFO BARBERIS, TEMOIN, AMBROGIO DELLE DONNE, TERMOI, D. DIULIO TURBIL, NOTAIRE ;

Enregistré à Turin le 28 mai 1931 sous le n° 122.260.

Pour copie conforme à l’original.

Signé : Giulio Turbil, notaire.

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