Xabregas – 1510-1530

Cette copie du Saint Suaire a été donnée au Musée National de Azulejo de Lisbonne, où elle est actuellement conservée, enroulée sur un petit cadre à l’intérieur d’un simple étui en bois.

Nicolas Sarzeaud 2024
Van Haelst, R. (1986)
Van Haelst, R. (1986)

Le petit cadre porte une étiquette indiquant : « PERTENCENTE À IGREJA DA MADRE DE DEUS. » Appartenant à l’Église de Madre de Deus

Lors de la célébration du Vendredi saint, le suaire était exposé avec une mise en scène particulière, accompagnée de sermons évoquant la Passion du Christ, suscitant la dévotion des fidèles présents. ( Guscin, 2011 )

Description

Les dimensions du suaire de Lisbonne sont de 1,97 mètres de longueur par 0,94 m de largeur.
Les deux images de Jésus, faciale et dorsale, hautes de 1,80 m, sont peintes en rouge, sauf les cheveux qui sont brun foncé.

Mark Guscin ( 2011 )

Cette copie présente des caractéristiques uniques, notamment la superposition des images frontale et dorsale, cousues de manière à ce qu’une seule soit visible à la fois. ( Mark Guscin 2011)

séries de quatre trous en forme de « L »

Les quatre séries de quatre trous en forme de « L » (également des marques de brûlure) sont visibles sur le tissu. La symétrie de ces trous est presque identique à celle de l’original du Suaire de Turin, bien que l’ensemble situé à droite de l’image dorsale ne soit pas de la même forme. Le long trait du « L » est presque diagonal. Cette caractéristique est similaire à la copie de Lierre, Belgique. ( 1516)

chaine au niveau des reins

Appartenant à l’Église de Madre de Deus, elle présente la particularité d’avoir était peinte avec une chaine au niveau des reins comme les copies de Moncalieri Italie 1634 et Naples Italie Ponti Rossi 1652).

D’après Paul Vignon ( 1902 )

« le peintre avait tendu, par le travers du dos, une véritable chaîne. Il cherchait à imiter, de cette façon, la tache qui coupe les reins sur le Saint-Suaire original que tant de personnes ont prise pour la cicatrice faite par la chaîne qui aurait lié le Christ à la colonne de la flagellation ».

D’après Don Luigi Fossati :

« cette copie représente le flux sanguin le long du dos sous forme de chaîne ».

Histoire

L’origine de cette copie du Suaire n’est pas clairement connue. Il n’existe aucun document concernant la provenance de cet exemplaire.

Centre Espagnol de Sindonologie 2012

Certains chercheurs notent une similitude avec la reproduction de Lierre.

Il est généralement admis qu’elle a été offerte en 1507 à la reine Éléonore, fondatrice du Monastère des Clarisses de Xabregas, par son cousin, l’empereur Maximilien. Conservée au Musée des Azulejo de Lisbonne la copie de Xabregas est située entre 1507-1530 mais la plus ancienne mention écrite de cette copie date de 1639, lorsque les religieuses du couvent de la Madre de Deus déclarèrent qu’il s’agissait d’un don de Maximilien Ier, empereur du Saint-Empire romain de 1493 à 1519, fils de Frédéric III et d’Éléonore de Portugal. ( Guscin 2011 )

L’analyse des copies grandeur nature du Suaire étudiées par le Centre Espagnol de Sindonologie suggère que certaines d’entre elles pourraient remonter à une période antérieure à l’incendie de Chambéry de 1532. Parmi elles, la copie de Xabregas, datée approximativement de 1509, pourrait être la plus ancienne , suivie de deux copies de Noalejo datant de 1527. La copie de Lierre, quant à elle, bien qu’un tiers de la taille de l’original, est la plus ancienne à porter une date d’exécution imprimée, en l’occurrence 1516.

Cette reproduction de Lisbonne, Xabregas, aurait pu être réalisée à la même période ou pourrait avoir été copiée à partir du suaire de Lierre. Cependant, aucune preuve ne vient étayer ces hypothèses.

Etudes scientifiques

En 2011, l’historien britannique Mark Guscin a pu voir en privé la copie du Suaire de Turin conservée dans la ville, appelée copie de Xabregas.

Mark Guscin ( 2011 ) – le cadrage est incomplet au niveau des pieds ici …

En 2009 et 2012, trois copies du Suaire de Turin ont été analysées par l’équipe de recherche du Centre Espagnol de Sindonologie de Madrid en Espagne en 2009. Les 2 copies de Noalejo Espagne (1527) et celle de Xabregas (estimée par le C.E.S. Espagnol vers 1509).
Elles forment toutes les 3 un exemple significatif des caractéristiques des copies réalisées entre 1500 et 1650 apr. J.-C. Des preuves photographiques ont été recueillies sous diverses configurations et des échantillons ont été analysés en laboratoire.

Les copies de Noalejo et la copie de Xábregas représentent toutes deux la série de taches de sang dans le dos, série partiellement détruite par l’incendie de 1532.

Toutes ces copies reproduisent les quatre séries de trous en forme de L que l’on retrouve sur les autres copies réalisées avant 1532, indiquant ainsi que ces marques étaient déjà visibles avant l’incendie. Il s’agissait alors de taches de sang. ( cf. de Mély, F. (1902). )

Fossati, L. (1984) – Les bords de l’empreinte antérieure sont légèrement tronqués.

Sources

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