Acte notarié au sujet de la photographie de Secondo Pia
M. Giuseppe Cantù, notaire à Turin.
2 Mars 1900
Pia, G. (1961). La prima fotografia della SS. Sindone. Sindon, , Centre international d’études sur le Suaire. p 53-54
ACTE DE NOTORIÉTÉ
Répertoire n° 6815
Règnant Victor-Emmanuel III
par la grâce de Dieu et la volonté de la Nation Roi d’Italie
L’an du Seigneur mil neuf cent un, le six mars, à Turin, dans mon étude notariale, située Via Verdi Septembre n° 40, moi soussigné, Giuseppe Cantù, Notaire Royal résidant à Turin, inscrit au Collège Notarial de Turin et en présence des témoins ci-après nommés, aptes selon la loi,
Ont comparu personnellement les Messieurs :
- SORASIO Théologien Michele Matteo, natif de Carmagnola, Chanoine Archiprêtre du Chapitre Collégial de Turin ;
- VERLUCCA Théologien Giovanni Battista, Professeur du Séminaire Métropolitain de Turin, Chanoine Pénitencier de la même Métropole, natif de Silvestro ;
- BRIELLI Théologien Collégial Francesco, natif de Tromello, Professeur au Séminaire Métropolitain, Chanoine Honoraire ;
- FINO Felice, Géomètre, natif de Turin ;
- SARTORI Giuseppe, natif de Bedonia, demeurant à Turin ;
- ANTONIO MANNO, natif de Turin ;
- Docteur COSTANTINO GANNA, témoin ;
- RIVA COSTANZO, témoin ;
tous résidant à Turin, de ma connaissance personnelle, lesquels, témoins oculaires, attestent ce qui suit :
L’an du Seigneur mil neuf cents, le deux mars, à Turin, dans mon étude située au Palais De Margherita, via Venti Settembre n° 40, étage noble.
Devant moi, Cavaliere Giuseppe Cantù, Notaire Royal résidant à Turin, inscrit auprès du Conseil Notarial de Turin, et en présence des témoins soussignés, possédant tous les qualités requises par la loi.
Avec l’assistance du Notaire Apostolique, Révérend Monsieur le Chanoine Giuseppe Corno, fils de feu Antonio, né à Moriondo Torinese et résidant ici, Chancelier archiépiscopal.
Ont comparu personnellement les Messieurs :
SORASIO, théologien Michele, fils de feu Matteo, né à Caramagna, chanoine archiprêtre de la Métropolitaine de Turin ;
VERLUCCA, théologien collégial Giovanni Battista, professeur du Séminaire Métropolitain de Turin, chanoine pénitencier de ladite Métropolitaine, fils de feu Silvestro ;
BRIELLI, théologien collégial Francesco, fils de feu Giuseppe, né à Tromello, professeur au Séminaire Métropolitain, chanoine honoraire ;
FINO, lieutenant Felice, fils de Luigi, né à Turin, géomètre ;
SARTORI, Giuseppe, fils de Carlo, né à Bedonia, propriétaire aisé, tous résidant à Turin, connus de moi, lesquels, témoins oculaires, attestent :
Que dans la nuit du vingt-huit mai mil huit cent quatre-vingt-dix-huit, et spécialement à neuf heures et demie du soir (heure vingt-et-une et demie), Monsieur l’Avocat Secondo Pia, Giuseppe, domicilié à Turin, comme cela avait été convenu avec le consentement souverain communiqué par l’Illustrissime Baron Antonio Manno, fils de feu Baron Giuseppe, né et domicilié audit lieu, Président du Comité exécutif pour l’Exposition d’Art Sacré tenue à Turin la même année mil huit cent quatre-vingt-dix-huit, ici présent en qualité de « requérant » du présent acte, se mit à photographier le Saint Linceul appelé la Très Sainte Sindone de Notre Seigneur Jésus-Christ.
À cet effet, on construisit une estrade spéciale à une distance de huit mètres, en face de l’autel majeur, sur laquelle était exposée la Sainte Relique derrière un verre, dans un cadre.
Sur ladite estrade, l’avocat Pia plaça son appareil photographique de format cinquante par soixante (50 × 60). La Sainte Relique était éclairée par deux projecteurs électriques, lesquels, chacun muni de son propre réflecteur masqué par des écrans de verre dépoli, étaient placés en face et latéralement à la Sainte Relique, à une distance d’environ dix mètres de celle-ci, avec la précision que celui placé du côté de l’Évangile avait une puissance lumineuse supérieure de cinquante bougies à celle de l’autre côté, comme on le voit clairement sur le cliché photographique.
Au cours de l’opération, l’avocat Pia réalisa deux prises de vue, l’une de quatorze minutes, l’autre de vingt minutes.
On exclut de manière absolue que des négatifs aient été pris par transparence ou selon quelque autre procédé différent de celui indiqué ci-dessus, la Sainte Relique n’ayant jamais été retirée de son cadre ni du verre qui la protégeait.
De quoi, requis, moi Notaire Royal, ai dressé le présent acte, rédigé et écrit par mes soins, dont j’ai donné lecture à haute voix au requérant et déclarant, en présence des témoins Messieurs Ganna Docteur Costantino, fils d’Alberto, né à Turin, et Riva Costanzo, fils de Nicola, né à Pieve Scalenghe, employé privé, résidant à Turin, lesquels, comparants, sur mon interpellation, déclarent conforme à leur volonté.
Se compose de quatre pages écrites d’une feuille. En original signées :
Chanoine Giuseppe Corno
Chanoine Michele Sorasio, Archiprêtre
Chanoine Giovanni Battista Verlucca, Pénitencier
Chanoine Francesco Brielli
Lieutenant Fino Felice, Géomètre
Sartori Giuseppe
Antonio Manno
Docteur Costantino Ganna, témoin
Riva Costanzo, témoin
Giuseppe Cantù, Notaire Royal
Mention d’enregistrement
Enregistré à Turin le 8 mars 1901 – Reg. 315, fol. 194, n° 3967, avec taxe de 1,20 lire, bureau Florio.
1/1 né à Lanzo, comme ci-dessus.
La mention marginale est approuvée. Retirée de la main d’une personne digne de foi et à l’usage de Monsieur le Baron Manno à partir de l’original, collationnée conforme.
Turin, 11 mars 1901.
Giuseppe Cantù, Notaire
Vu : la signature du notaire Cantù est légalisée à la résidence de Turin.
Turin, 30 mars 1901.
p. Le Chancelier
signé E. Moto
p. Le Président du Tribunal civil et pénal (signature illisible)
Nous trouvons un extrait de la pièce notariée dans l’ouvrage « Le Linceul du Christ – Etude Scientifique » de Paul Vignon qui avait du en copier un extrait. L’extrait se trouve dans une note de bas de page page 14-15 de l’ouvrage de 1902.
Extrait de l’acte notarié ( retranscrit par Paul Vignon )
Voici le passage de la pièce notariée qui nous renseigne sur la manière dont le Saint- Suaire se trouvait éclairé :
« A tale effetto fu costruito un apposito palco alla distanza di otto metri e dirimpetto all’altare maggiore, sul quale stava esposta la Sacra Reliquia dietro a cristallo entro a cornice. Sul detto palco l’Avvocato [Secondo] Pia collocò la sua macchina fotografica del formato cinquanta per sessanta (50×60); la Sacra Reliquia era illuminata da due fari elettrici, i quali ciascuno col proprio riflettore, mascherato da schermi di vetro smerigliato, erano collocati di fronte et lateralmente alla Sacra Reliquia ed alla distanza di circa metri dieci dalla medesima. »
Le notaire devant lequel la pièce a été passée est M. Giuseppe Cantù, de Turin.
Traduction :
« À cet effet, un échafaud spécial fut construit à une distance de huit mètres, en face de l’autel majeur, sur lequel était exposée la Sainte Relique derrière un cristal, dans un cadre. Sur ledit échafaud, l’Avocat [Secondo] Pia plaça son appareil photographique de format cinquante par soixante (50×60). La Sainte Relique était éclairée par deux projecteurs électriques, chacun avec son propre réflecteur, masqué par des écrans en verre dépoli, et disposés en face et sur les côtés de la Sainte Relique, à environ dix mètres de celle-ci. »
Remarque :
Ces précisions correspondent au témoignage donnée par Secondo Pia lui même à Arthur Loth dans son Mémoire au Professeur Arhtur Loth de 1907.
Capture d’écran :
Voici les extraits dans l’ouvrage de Paul Vignon ( 1902 )


Source :
- Vignon, P. ( 1902 ) Le Linceul du Christ – Etude Scientifique
- Secondo Pia ( 1907 ) Mémoire au Professeur Arhtur Loth.
- FOSSATI, Luigi – 1994 – Photographing the Holy Shroud at the 1898 Exhibition From « Collegamento pro Sindone » [September/ October 1994]