Albino – 1898

Albino

1898

Référence :

Fossati, L. (2000). La copia della Sacra Sindone conservata ad Albino (Bergamo). Collegamento pro Sindone, n° 5 (maggio–giugno 2000), pp. 10–15.

LA COPIE DE LA SAINTE SINDONE CONSERVÉE À ALBINO (BERGAME)

par Luigi Fossati

Je dois à la courtoisie du professeur Angelo Calvi d’Albino l’information concernant l’existence d’une copie de la Sainte Sindone conservée à Albino dans l’église de Notre-Dame de Guadalupe.

Je considère opportun de commencer par la déclaration du cardinal Agostino Richelmy, archevêque de Turin, dans laquelle l’exemplaire est également brièvement décrit.


DÉCLARATION DU CARDINAL RICHELMY

AGOSTINO RICHELMY
Par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique
Archevêque de Turin et Cardinal de la Sainte Église romaine
Docteur et Grand Chancelier du Collège des Théologiens

Par les présentes, nous déclarons que le prêtre Federico Gambarelli, du diocèse de Bergame, après avoir obtenu l’autorisation nécessaire de Nous et de la Maison royale de Savoie, fit mettre en contact avec la Très Sainte Sindone de Notre Seigneur Jésus-Christ, conservée dans la chapelle royale annexée à Notre cathédrale métropolitaine, un exemplaire de ladite Sindone, représentant l’image complète des deux parties peinte, laquelle mesure quatre mètres de longueur et un mètre dix centimètres de largeur.

L’opération fut réalisée par le très révérend théologien Sosia Edoardo, délégué par Nous, en présence de Son Altesse la princesse Maria Clotilde de Savoie et d’autres personnes notables, à sept heures et demie du soir du vingt-sept mai courant.

En garantie de l’identité dudit exemplaire, qui a été en contact pendant quelque temps comme indiqué ci-dessus avec la Très Sainte Sindone, Nous avons apposé notre sceau archiépiscopal en six endroits de celui-ci.

Copie conforme à l’original
Turin, 28 mai 1898

  • Agostino, Cardinal, Archevêque

Je fais suivre un document de l’évêque de Bergame, Monseigneur Giacomo Maria, comte Radini Tedeschi, dans lequel le prélat prend acte de la déclaration précédente et fait apposer sur la copie possédée par le révérend prêtre Federico Gambarelli six autres sceaux, et en permet l’exposition à la vénération publique.


DÉCLARATION DE L’ÉVÊQUE DE BERGAME

GIACOMO MARIA, COMTE RADINI TEDESCHI
Prélat domestique de Sa Sainteté
Par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique
Évêque de Bergame

Par le présent acte, nous déclarons avoir fait apposer aujourd’hui, par l’intermédiaire du prêtre Luigi Locatelli, reliquaire de notre curie, six sceaux sur le fac-similé de la Sainte Sindone possédé par le révérend prêtre Federico Gambarelli, notre diocésain, lequel fut reconnu par Son Excellence l’Archevêque de Turin, aujourd’hui Cardinal de la Sainte Église, Éminentissime Agostino Richelmy, selon son décret du 28 mai 1898.

Nous déclarons donc reconnaître ce même fac-similé de la Sindone et en permettre l’exposition à la vénération publique.

Bergame, Palais archiépiscopal, 17 avril 1917

  • Giacomo Maria, Évêque

Jusqu’à récemment, la copie était exposée dans un grand cadre horizontal, comme on le voit sur la reproduction, repliée en deux, de sorte que seule l’empreinte frontale était visible.

Dernièrement, à l’occasion d’un réaménagement du mur, le grand cadre a été retiré et il a ainsi été possible de voir également l’empreinte dorsale.

Je souligne maintenant certains détails des figures pour en faciliter la lecture et la compréhension.


OBSERVATIONS SUR LA COPIE

  1. On ne connaît pas le nom de l’auteur de cette œuvre.
  2. Dans les deux figures, les cheveux sont représentés de manière très abondante.
  3. Sur les mains croisées, les plaies des clous sont visibles dans une position peu définissable ; la main droite repose sur la gauche.
  4. Les coulées de sang sur les avant-bras ne sont pas représentées.
  5. La plaie du côté est placée à gauche.
  6. Sur l’empreinte frontale, les membres inférieurs apparaissent parallèles avec des pieds divergents, mais totalement absents sur l’original. Sur l’empreinte dorsale, les pieds sont représentés parallèles comme les membres.
  7. Autour du cou et sur la poitrine, on semble apercevoir un collier et une médaille.
  8. Sur le côté gauche, en marge de l’empreinte frontale et en bas de l’empreinte dorsale, on peut lire en majuscules : « SACRATISSIMA SINDON D.N.I.C. »
  9. Aux quatre extrémités de la toile (frontale et dorsale), on remarque quatre sceaux (qui apparaissent doubles) parmi les six mentionnés dans les documents.
  10. Il est possible que la toile ait été coupée en deux, car les deux empreintes sont disposées dans deux cadres différents.

HISTOIRE DE LA COPIE ET DE GAMBARELLI

La copie d’Albino est liée au nom du célèbre chanteur lyrique devenu ensuite prêtre, Federico Gambarelli, mentionné dans les documents cités.

Il convient donc de rappeler certaines étapes de sa vie pour comprendre comment s’y est insérée sa dévotion envers la Vierge de Guadalupe et la Sainte Sindone.

Federico naquit à Albino le 6 mai 1858 et, après une formation artistique soignée à Rome auprès de maîtres éminents, fit ses débuts en 1882 à Asola (Mantoue) dans Ernani de Verdi. La critique fut extrêmement élogieuse.

En 1886, il donna deux concerts mémorables à Turin et à Florence, où il rencontra des membres de la famille royale. Lors de l’une de ces rencontres — sans qu’il soit possible de préciser laquelle — il reçut en don la copie de la Sainte Sindone, qui lui devint très chère.

En 1895, au sommet de sa maturité artistique, il abandonna le théâtre pour se consacrer au sacerdoce, décision probablement mûrie lors d’un naufrage dans la mer des Caraïbes dont il fut miraculeusement sauvé.

En remerciement à la Vierge de Guadalupe, qu’il avait invoquée, il promit de prendre les ordres et fit construire une modeste chapelle dans le jardin de sa maison à Albino.

Cependant, l’attrait du théâtre le reprit encore une fois : en 1897, il se produisit à Cagliari dans Manon Lescaut de Giacomo Puccini. Il retourna ensuite à Bergame, où il reprit ses études de théologie au séminaire.

Le 5 mars 1898, à quarante ans exactement, il fut ordonné prêtre par l’évêque Monseigneur Camillo Guidani.

Le 30 novembre 1898, quelques mois après son ordination, don Federico eut l’audace d’apporter au pape Léon XIII le tableau de « sa » Vierge pour demander une bénédiction particulière pour ceux qui la vénéreraient dans la chapelle.

Par la suite — comme le montre le document du 17 avril 1917 — l’authentification donnée par le cardinal Richelmy fut confirmée, et l’exposition à la vénération publique autorisée, conjointement avec l’image de la Vierge de Guadalupe.

En 1920, Monseigneur Gambarelli confia le petit sanctuaire à l’Institut des Sœurs des Pauvres, fondé en 1869 par le bienheureux Luigi Maria Palazzolo.

Après sa mort, survenue le 5 juin 1922, des prêtres de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus continuèrent à desservir le sanctuaire et à maintenir la dévotion.

Aujourd’hui, la communauté religieuse accueille des retraites spirituelles et des exercices pour prêtres, religieux et laïcs.

NOTES — Traduction intégrale

  • Albino est une petite ville située à 13 kilomètres de Bergame, au début de la vallée Seriana. Colonie romaine florissante, elle devint un centre actif à l’époque lombarde et fut ensuite une commune libre impliquée à plusieurs reprises dans les luttes entre guelfes et gibelins. En 1427, elle passa sous la domination de la République de Venise. Albino conserve de nombreux témoignages anciens, depuis l’église de San Bartolomeo, dont la structure actuelle remonte au XVe siècle, jusqu’à l’église de Sant’Anna, dont la façade fut refaite au XVIIIe siècle, ainsi que l’église paroissiale dédiée à San Giuliano, martyr, reconstruite au début du XIXe siècle. Il subsiste encore les restes du monastère cistercien avec l’église romane attenante du XIIe siècle.

1) Dans la même circonstance, fut également mise en contact avec la Sainte Sindone la copie conservée dans la sacristie de l’église du Cottolengo de Turin. Voir l’article Une copie de la Sainte Sindone au Cottolengo de Turin, Collegamento pro Sindone, janvier-février 1995, pp. 8-23.

2) Il peut suffire de rappeler quelques-unes des représentations (opéras et lieux) : Asola (Mantoue, 1882) ; Pavie et L’Aquila (1883) ; Cuneo (1884) ; Tortona et Vérone (1885) ; la tournée de Moscou (1887) avec quatre œuvres : Ernani, La Favorite, La Traviata, Mefistofele ; Pise (1887) ; Cordoue (1888) ; Mexico (1890) ; La Havane, Buenos Aires et Bergame (1891) ; Varsovie (1892) ; Cagliari (1897).

3) Cf. AA.VV., Storia di Albino, vol. II, p. 241.

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