Alcune memorie sulla Sacratissima Sindone
[ Quelques souvenirs sur le Très Saint Suaire ]
Antonio Bosio
1868
Bosio, A. (1868). Alcune memorie sulla Sacratissima Sindone. (Quelques souvenirs sur le Très Saint Suaire) Torino : Tipografia e Libreria di S. Giuseppe nel Collegio degli Artigianelli.
QUELQUES SOUVENIRS SUR LE TRÈS SAINT SUAIRE
DU THÉOLOGIEN CHEVALIER ANTONIO BOSIO
CHANOINE HONORAIRE DE L’ILLUSTRE COLLÉGIALE DE CEVA
TURIN
Typographie et Librairie de Saint Joseph dans le Collège des Artigianelli
Corso Palestro, n° 14
1868
Vu par l’Autorité Ecclésiastique
RELATION HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE DE LA TRÈS SAINTE SUAIRE
dans laquelle fut enveloppé le corps très sacré du Divin Rédempteur
La vénérable Sindone est une toile de lin très fine et douce, tissée en bandes, comme on dit, damassée, presque comme une étoffe de soie appelée levantine ; elle est cousue sur un autre linge de toile plus simple, et entourée d’un bord de soie de couleur céleste, ayant à l’extérieur des petites bandes nouées en ruban rouge servant à la tenir quand on l’expose. La couleur propre de la sainte toile n’est plus très blanche, mais quelque peu obscurcie à cause non seulement des huiles et des baumes utilisés dans la sépulture du Christ, mais aussi de l’incendie subi à Chambéry et du fait qu’elle a été maniée par tant de mains et pendant tant de diverses circonstances.
La longueur de cette toile est de 4 mètres et 61 centimètres, la largeur est de 1 mètre et 15 centimètres. La mesure de l’image du corps du Christ est de 1 mètre 68 centimètres, ou un peu plus selon qu’on la prend du talon jusqu’à la pointe des pieds : ce qui donnerait une stature d’environ 40 onces liprandes. Les mêmes mesures peuvent être vues dans les Raisonnements de la Très Sainte Sindone du P. Camillo Balliani de Casale, Dominicain, c’est-à-dire dans l’image qui y est imprimée en 1610 et aussi dans d’autres anciennes estampes.
Et cette Sindone est l’un des différents linges employés dans la sépulture. Ayant été déposé le corps très sacré du divin Rédempteur sur la partie inférieure du linge, et repliée la partie supérieure sur la tête jusqu’à l’extrémité des pieds, il y demeura imprimé miraculeusement les images antérieure et postérieure du Christ Jésus ; celles-ci ayant été produites par le sang jailli des nombreuses plaies, blessures et coups, par les huiles balsamiques employées lors de la sépulture, et aussi, miraculeusement, par la volonté divine.
Ces deux images sont légèrement délicates, avec couleur brun rougeâtre, mais en fixant attentivement les yeux, en les armant aussi à l’aide de lentilles, en regardant à diverses positions, à différentes heures et à différentes lumières, mais pas trop vives, on peut très bien les discerner. On voit autour de la tête des traces de sang produites par la couronne d’épines ; on distingue les sourcils ; les cheveux sont longs, comme disent à la manière nazaréenne ; la barbe est bipartite ; le profil de la tête sacrée est de type oriental (1).
( 1 Comme on le voit précisément dans le camée représentant le Rédempteur, que les savants font remonter au premier siècle de l’ère commune, et qui fut reproduit en gravure dans le poème Il Salvatore de notre Davide Bertolotti. Le célèbre Léonard de Vinci semble avoir connu ce camée et en avoir copié la figure dans sa célèbre Cène )
Sur le côté, la plaie est large de quatre doigts et l’on voit des taches de sang qui en sortirent mêlé avec de l’eau.
Le bras gauche est posé sur le droit, les mains sont croisées, non superposées l’une à l’autre ; à leur extrémité on voit dans les mains apparaître les plaies. On ne voit pas le périzonium ou bande autour des reins (comme souvent on le peint), encore moins une tache dans la partie postérieure, qui pourrait être celle d’un pli du linge ; on voit clairement la tête, les jambes et les pieds avec les plaies correspondantes : mais les pieds dans la partie antérieure semblent un peu détachés, se voient mieux dans la partie postérieure, où le droit semble se tourner un peu vers l’extérieur.
Dans la partie postérieure se distinguent très bien les linéaments du corps, spécialement les cheveux épars sur le dos, mais un peu atténués, comme ils devaient se trouver, étant baignés par le sang et par la sueur, s’étant distinguées les jambes et les pieds, comme déjà dit.
Latéralement et aux deux images courent deux lignes brûlées, intercalées de six petites brûlures majeures et deux plus petites par chaque partie, lesquelles sont de figure presque rhomboïdale, et dans lesquelles se trouvent les rapiéçages : elles proviennent des brûlures et de la fumée ; les plus grandes sont réparées par des pièces triangulaires de toile, probablement non du même Sindone, comme certains croient. Entre l’une et l’autre de ces brûlures se voient des taches presque en forme de petites disques ou étoiles. Celles-ci sont également produites par les brûlures : les taches majeures doivent se trouver aux angles des pliures, et peut-être dans les lieux où étaient apposés les sceaux lorsque eut lieu le terrible incendie de la Sainte Chapelle du Château de Chambéry, et de la sacristie annexe, où était conservée la vénérable relique. Ces bancs de bois et les vêtements sacrés, mais même le marbre, brûlèrent dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, jour consacré à Sainte Barbe. À peine put-on pénétrer avec grand courage dans la sacristie (1), on retira de l’armoire, presque toute brûlée, la châsse d’argent, déjà en partie fondue, où était conservée la sainte Sindone : on craignait fortement qu’elle ne fût consumée par le feu la sainte relique, mais telle fut leur consolation et leur merveille, écrivant le très révérend P. Lazzaro Piano dans les Commentaires sur la Très Sainte Sindone, que celle-ci, étant dépliée en présence de tous, fut trouvée intacte et entière l’image du Sauveur, et seulement la toile était enfumée en douze parties correspondant à notre époque où elle la tenait enveloppée …. autres petits trous ou brûlures se voient en divers autres lieux.
( 1 : Philiberto Lambert, conseiller ducal, ayant fait appeler un forgeron, s’y rendit avec deux pères franciscains, comme le rapporte le premier historien du Suaire, le célèbre baron Pingone, qui, étant jeune, fut présent à l’incendie )
Charles III le Bon, duc de Savoie, pour mieux s’assurer et rassurer les lointains que n’avait pas été consumée par le feu la Très Sainte Sindone, pria le pape Clément VII afin qu’il déléguât quelque évêque pour en faire une reconnaissance solennelle et en vînt ensuite authentifier l’identité de celle-ci. À cet effet fut délégué le très révérend Ludovico de Gorrovod, évêque de Saint Jean Maurienne et de Bourges, légat a latere du Saint-Siège, avec un bref du 28 avril 1533, dans lequel il est permis l’accès original aux archives. Visite qu’il fit en compagnie de divers autres évêques, et qui constata la miraculeuse conservation de la vénérable Sindone, comme il ressort de l’acte de visite et de celui de la commission, et la mission accomplie par celle-ci auprès de Sainte Claire de Chambéry Louise de Vergy pour se souvenir de la réparation faite à la Sindone là où elle avait été endommagée, et on y lit aussi le nom des autres moniales qui y travaillèrent. Ces documents existent encore dans les archives susdites.
Un autre grave péril courut la Très Sainte Sindone avant qu’elle ne fût transportée à Turin, lors du siège et sac donné à la ville de Verceil par les troupes françaises commandées par Charles de Cossé comte de Brissac le 20 novembre 1553 après la mort de Charles III duc de Savoie déjà cité.
Lesdites troupes n’épargnèrent pas les églises, et pénétrèrent même impiement dans la Basilique cathédrale de Saint Eusèbe, espérant y trouver le trésor du défunt, ou bien, s’en emparant, l’emporter ; et probablement elles auraient aussi emporté la sainte Sindone, si le chanoine Antonio Costa, sacristain, lequel accompagnait de préférence les autres ses collègues en cette circonstance, n’avait, par ses officiers français, pour l’identité du linge, comme l’écrit le Ranza dans les Donne letterate, tandis que ledit chanoine, courageusement, leur montra un scapulaire ou vêtement innocent, dit de Lyon, qui avait été de la duchesse (de laquelle était née dans le sein maternel sous l’aumusse (1) à la place de la cassette contenant la précieuse relique, et avec l’office il invita lesdits officiers à prendre ceci, non sans qu’elle fût cachée dans sa maison. De quel salut cela assura donc le peuple sans doute avec un grand soupir la Sindone peu après publiquement sur une loggia de la plus grande église.
( 1 : L’aumusse est un insigne canonial que l’on portait sur le bras gauche, en fourrure ou en drap, comme on le voit encore en usage chez les bénéficiers de certaines cathédrales. )
Le baron Pingone dans sa Sindon Evangelica, imprimée à Turin en 1581, dit seulement que Brissac et ses suivants, presque effrayés, réculèrent et n’osèrent toucher la Sindone, et cela fut conservé dans une image. Cusano dans l’histoire des évêques de Verceil dit qu’à cette occasion Charles de Bercaglio, avec diligence, conserva la Sainte Suaire. Il faut davantage prêter foi au fait, vu le témoignage presque contemporain de Modena, historien, lequel fut chanoine Modenese Chierici Gio. Battista. Le Costa susdit n’est pas Claudio, comme dit le Ranza, mais par attestation que j’ai de mon ami le chanoine Giovanni Barberis, noble et érudit des Archives d’Eusèbe, s’appelait Antonio.
Cette tradition de la Sindone faite par le chanoine Antonio Costa à Verceil n’est pas une simple et vulgaire tradition, mais attestée par ledit historien Modena qui l’enregistra dans son œuvre manuscrite Dell’antichità e nobiltà delle Città di Vercelli donnant pour garantie l’avoir eu par succession du chanoine au chanoine Didaco Costa successeur immédiat du chanoine Antonio Costa, lequel dit encore avoir connu tous ces Costa Savoyards, parce que toujours dans la jeunesse ceux-ci avaient pratiqué au duomo, et connu tous les événements, ayant commencé à servir dans le duomo comme clerc, puis comme sacristain, puis comme cérémoniaire, et enfin comme coadjuteur chanoine pendant presque toute la seconde moitié du XVIᵉ siècle jusqu’aux premières décennies du siècle suivant (1).
( 1 : Des lettres de noblesse, avec permission de porter des armoiries, furent accordées le 20 avril 1545 par le duc Charles III, contresignées par Vulliet, au vénérable don Antonio Costa, chanoine de Verceil, ainsi qu’à Lorenzo et Claudio, ses frères, et à leurs descendants. Elles sont conservées dans les Archives générales du Royaume. Bien que Modena soit né deux ou trois ans après le fait rapporté, il put néanmoins en avoir une information certaine, sinon de la part du chanoine Costa, du moins en l’entendant de ceux qui y furent présents. )
Le roi Charles Albert voulant perpétuer la mémoire de ce fait insigne raconté par Modena et favoriser ce vénérable chapitre de Verceil pour ce qu’un ancien membre de cette Basilique, décora les chanoines d’une médaille frappée d’or tenue sur la poitrine avec la Sainte Sindone soutenue aux côtés de Saint Eusèbe évêque et du Bienheureux Amédée de Savoie : au revers il est écrit : Capitulum Eusebianum. Elle se porte attachée avec un ruban violet à un petit crochet de l’habit talar.
Il ne me semble pas hors de propos, pour mieux faire connaître l’état de la Très Sainte Sindone, de rapporter la description qu’en fit cette vénérable relique il y a cent ans le célèbre peintre turinois chevalier Claudio Beaumont, académicien de Saint Luc à Rome, qui tant honora les églises et le palais royal de ses précieux ouvrages, après avoir fait de celle-ci une attentive inspection sur commission du roi Charles Emmanuel III lors du mariage du prince héritier Vittorio Amedeo III avec Antoinette de Bourbon d’Espagne. Cette relation fut écrite dans le Diario del Convento del Carmine de Turin, maintenant conservé dans les archives de cette paroisse. Voici ce que raconte Beaumont :
» Premièrement le saint linge ne peut pas être défini avec certitude de quelle matière il est tissé, mais communément on le juge de lin, tant la couleur de la partie postérieure que celle antérieure du tout le corps se distingue très bien, mais surtout les jambes et la plante des pieds sont merveilleusement dessinées. On observe dans la partie postérieure près de l’os sacré la forme de trois anneaux de chaîne de couleur sanguine, comme aussi le contour de la couronne d’épines. Les mains font voir les deux mains sans être recouvertes, mais elles viennent du milieu des mains étant posées directement l’une sur l’autre ; et tout le corps se voit haut de 42 onces de notre mesure, et il est marqué par intermittence. Cela toutefois ne se voit pas si c’est le signe de la ceinture qui entourait les reins. Enfin le visage est extrêmement distinct quoique gonflé, ensanglanté avec la barbe et les cheveux entortillés. L’image est conforme à celle que l’on retrouve à Rome, comme aussi à celui que l’on trouve dans la maison Savelli dans la même ville. Vue en juin 1750 par moi chevalier Claudio Francesco Beaumont, premier peintre de Sa Majesté. «
Le comte Cibrario rapporte aussi cette même relation.
La châsse qui renferme la vénérable Sindone est un très beau travail d’orfèvrerie. Probablement elle fut construite lorsque cette relique fut restituée de Verceil à Chambéry, ou lorsque de cette ville elle fut transportée à Turin en 1578. Le quinzième comte Amédée Philibert, qui en était très dévot, comme tous les souverains de la Maison de Savoie, pour abréger le très long voyage à Saint Charles Borromée en 1578 et pour la conserver près de lui, la fit transporter. Elle est en argent ciselé avec de beaux ornements de bon goût, où l’on voit de petites têtes d’anges dorées et de divers ornements d’émail avec de nombreuses rosaces composées de grenats et d’autres pierres précieuses. Autour des quatre côtés, et au milieu de ceux-ci, on voit sept écussons ovales aussi en argent du côté antérieur, et sept du côté postérieur, un pour chacun côté mineur, en tout seize, dans lesquels est figuré en bas-relief un instrument de la passion du Christ. Ces écussons me semblent d’un travail postérieur à la châsse, faits probablement par Vittorio Amedeo II, peut-être pour remplacer d’autres plus anciens, ou bien les pierres précieuses que l’adornaient. Ils tournent autour et dans les petits, mais beaux cadres d’argent (1)
(1) On sait que Charles-Emmanuel Ier voulut enrichir, de son trésor privé, de précieuses gemmes, l’image de Notre-Dame de Vico, près de Mondovì, ainsi que le Saint Suaire.
Le couvercle est plat et recouvert d’une étoffe de soie blanche richement tissée à fleurs d’or, de diverses couleurs. Probablement il y en avait au-dessus un autre couvercle fait en forme de coffre comme cela se pratique. L’intérieur de la châsse est en bois couvert d’une étoffe d’or avec galons d’argent.
Étant copiée cette châsse pour soin de l’Office d’art de la Maison Royale, on espère voir publiée le dessin.
Dans l’église paroissiale d’Alessandria on voit dans l’autel majeur une petite cassette d’ébène couverte de nacre, où se conservent avec singulière dévotion les os sacrés de Saint Marc martyr Thébain. Cette cassette donnée par un duc de Savoie à un seigneur d’Alessandria de la maison Provana, on veut que dans celle-ci fût conservée la Sindone, avant qu’elle ne fût placée dans la châsse en argent.
Dès que le duc Ludovico de Savoie et son épouse Anna de Chypre eurent obtenu la plupart des droits des seigneurs de Charny, veuve du comte Umberto de Villars Sexel par acte solennel du 22 mars 1452 l’inestimable don de la Sainte Relique, le même duc cette même année fit frapper des médailles en or, en argent et en bronze avec son effigie d’un côté et de l’autre la Sindone portée par un ange. En 1487 six mille médailles furent frappées par Charles Ier le Guerrier. Une troisième en fit faire Emmanuel Philibert. Une quatrième du duc Ludovico est rapportée par Pianò dans ses Commentaires.
SOLENNELLE EXPOSITION
DE LA TRÈS SAINTE SUAIRE
EN 1868
L’exposition de la Très Sainte Sindone dans laquelle fut enveloppé le Rédempteur fut vue avec plaisir universel, et fut le heureux accomplissement des fêtes auspiciées pour le mariage du prince Umberto de Savoie avec la très noble princesse Marguerite, sa cousine germaine, fille du comte Ferdinand duc de Gênes.
Du 24 avril 1868 furent ouverts les voiles à 9 heures du matin, en présence de Sa Majesté le Roi, de la Famille Royale, de Son Excellence Révérendissime Monseigneur Archevêque de Turin, récemment décoré du Collier de la Très Sainte Annonciation, assisté de Monseigneur Archevêque de Milan et d’Udine, et des évêques de Pavie et de Mantoue, qui avaient été invités pour la solennelle célébration du mariage du prince héritier par les évêques de Cuneo et de Saluces.
Se trouvant aussi le chanoine de la Métropolitaine Abbé Camillo Pelletta de Cortanze faisant fonction de premier Aumônier de Sa Majesté, avec tout le Clergé Palatin, et beaucoup du clergé de la cour royale. Sa Majesté remit les trois clés qui ferment la seconde grille, intérieure à la meilleure châsse de fer, à Monseigneur l’Archevêque, lequel les remit au chevalier théologien Bertoglio Carlo R., chapelain et custode de la Sainte Chapelle, officier Mauritien.
Celui-ci assisté du prêtre sacristain don Triviero Giuseppe, de divers ecclésiastiques montèrent sur l’autel, retirèrent le cristal de la partie postérieure du monument de marbre, qui quasi en forme de niche renferme la vénérable relique, et après avoir ouvert les deux clés de fer et la porte de fer, sur laquelle était peinte la Sindone, et desserré avec les trois susdites clés la troisième châsse de fer couverte de velours cramoisi, et retiré le voile de toile d’or garni de dentelle d’argent, semblable à la doublure de ladite châsse, ils tirèrent la très belle cassette d’argent et la déposèrent sur l’autel après les encensements dus, et ensuite sur une petite table couverte de velours rouge, étant agenouillés sur les respectives marches agenouillées le Roi et les Prélats assistants.
Examinant ensuite se trouvaient intacts les sceaux avec l’empreinte des armes royales posés sur les rubans rouges qui ceignaient la cassette à double croix, et après les avoir retirés, l’Archevêque ouvrit la cassette et en tira le long involucre lié et scellé soigneusement avec un autre ruban, déroulé ensuite peu à peu d’un bout à l’autre de la table, enlevant les coussins ou petits matelas de soie rouge brodés tout autour, dans lesquels elle était enveloppée, on retira la couverture supérieure de soie cramoisie et apparut le vénéré linge qui avait couvert dans la partie antérieure et postérieure le corps très sacré du divin Rédempteur.
Une fois étendue la Sindone, l’Archevêque de Turin fit un signe d’invitation à Sa Majesté. Le Roi s’agenouilla, donnant l’exemple de piété et de religiosité devant ce véritable signe de la Rédemption du genre humain, et donc, la gloire et la félicité de la Maison Royale de Savoie, comme aussi l’Église dans l’office de la Sindone, s’agenouillant avec révérence, baisa dans un ample baiser la Sacrée Relique. Ensuite s’approchèrent les Princes Royaux de Piémont, le Duc d’Aoste, le Prince de Carignano, puis la Reine de Portugal, la Princesse Clotilde, la Duchesse d’Aoste, et de Gênes ; puis les Prélats et le Clergé, et beaucoup de la cour.
Après cet acte de dévotion, ayant demandé s’il y avait encore quelque chose à faire, et ayant répondu négativement, Sa Majesté se retira avec sa suite. Recouverte la Sindone dans la cassette d’argent, sans user pour l’étroitesse des passages le brancard de bronze doré habituel à porter la cassette, on se mit en marche, précédés de la croix, le Clergé palatin avec les Prélats par la galerie et descendant sous la Tribune Royale, arrivés à la porte de celle-ci, le Custode et le Sacristain qui portaient la cassette la remirent au très révérend Chapitre métropolitain, et deux chanoines se relayant avec douceur eurent la charge de la porter sous le baldaquin, précédés toujours par la croix ; arrivés au Séminaire, les chantres, les Bénéficiés, les chanoines trinitaires, les chanoines métropolitains, les évêques, tous avec cierges allumés chantant les Vêpres de la Sindone avec brève mais solennelle procession, accompagnèrent celle-ci à l’autel majeur de la Métropolitaine ; là, ouverte la cassette, on tira le saint linge, enlevée la couverture de soie, étendue avec révérence par l’Archevêque et par les chanoines sur une toile couverte de ras cramoisi, et l’on disposa des épingles tout autour, mais étant riche et dorée, elle ne brilla pas assez. Donc, on dut la replier un peu le linge. Ainsi placé sur l’autel majeur, où en grande quantité, avec le dessin, furent allumées les cierges, à une certaine distance afin de ne pas endommager la vénérable relique, et furent placées de manière à ne pas empêcher la vue.
Sur le cadre on posa une grande couronne de draps de velours ; latéralement et dans le presbytère on alluma diverses lampes et candélabres riches de beaucoup de cire. À la grande ouverture de la Chapelle de la Sindone, vers Saint Jean, fut placé un pavillon de soie. Les trois vastes nefs de la cathédrale étaient somptueusement décorées, comme au jour du mariage.
On devait seulement la tenir exposée les jours 24, 25 et 26, mais voyant que ce n’étaient pas suffisants pour donner satisfaction à la dévotion d’un nombre immense de citoyens et d’étrangers qui accouraient vénérer cette relique si chère aux Piémontais, on prolongea l’exposition pour tout le jour 27. À 7 heures du soir donc du lundi, la Sindone étant enlevée de son châssis fut pliée et replacée dans la cassette d’argent, laquelle fut enveloppée dans un ruban rouge et scellée par l’Archevêque.
Elle fut portée par les évêques de Mondovì, d’Alba, de Cuneo, de Saluces et de Monseigneur Balma évêque de Tolémade in partibus, et accompagnée par le clergé jusqu’à la première porte sous la Tribune Royale, où elle fut remise au Custode et au Sacristain, avec les Prélats qui assistèrent ; et les évêques qui la portaient, sur l’ordre du premier, la déposèrent dans la Chapelle, où sans autre formalité, replacée dans son urne au-dessus de l’autel, et fermée la grille intérieure, sur laquelle par ordre du Roi furent provisoirement retirées les trois clés ; étaient présents leurs Altesses les Princesses Clotilde et la Reine Maria Pia. Le matin du 28 vers 6 heures après la Sainte Messe, à laquelle assistèrent Sa Majesté et la princesse Clotilde de Savoie épouse du prince Napoléon Giuseppe fils de Girolamo, frère de Napoléon I, fut de nouveau ouverte l’urne et extraite la cassette par le Custode, enlevés les sceaux, ouverte la cassette d’argent, religieusement déployée la Sainte Sindone, fut vénérée comme auparavant par Sa Majesté et par l’Archevêque.
La précitée Princesse Clotilde changea la doublure interne de l’urne qui avait été déjà changée en 1694 le 26 juin, lorsque le Bienheureux Sébastien Valfré de l’Oratoire, devant effectuer le changement des voiles, fut appelé par le duc Vittorio Amedeo II, en présence duquel, et de son épouse Anna d’Orléans, ledit père ayant voulu quelques morceaux de tissu de la Sindone, lui en fut fait don, lequel en plus de léguer les innombrables bénéfices dans la vie dudit Bienheureux Sébastien, écrite par le P. Gio. Francesco Marini de l’Oratoire, on en voit des branches incisées avec l’image du Bienheureux qui coud la Sindone en présence desdits souverains.
La susdite princesse voulut faire remplacer la doublure inférieure de soie noire, quelque peu détériorée, laquelle avait déjà été changée le 26 juin 1694, lorsque le Bienheureux Sébastien Valfré de l’Oratoire, devant procéder au changement des voiles, fut appelé par le duc Victor-Amédée II, en présence duquel, ainsi que de son épouse Anne d’Orléans, ledit père, ayant remarqué une certaine disjonction près du bord supérieur du Suaire, la recousit avec de la soie. De ce fait, outre la mention qui en est faite dans la vie dudit Bienheureux Sébastien, écrite par le P. Giovanni Francesco Marini de l’Oratoire, il existe des gravures le représentant en train de coudre le Suaire en présence desdits souverains.
En cette occasion, ayant été retirées quelques particules de la partie brûlée, le duc voulut qu’un fil en fût fait qu’il enferma dans une croix d’or qu’il portait au cou. Dans la même occasion, en changeant les anciens voiles avec les nouveaux, le duc donna grande partie des anciens voiles au Père Sébastien, lequel en distribua des particules aux fidèles. Dès lors on ne constate plus aucun acte où furent changés lesdits voiles, bien qu’ait couru quelque vague rumeur que cela se produisit à l’époque de la vénérable Clotilde de France, reine de Sardaigne, non moins que cela se fît dans des moments malheureux et … et pressants qui précédèrent l’abdication et l’éloignement forcé de ses États de la terre du Roi Charles Emmanuel IV comme Roi et Cour le 9 novembre 1798. Et bien que le Roi eût désir de baiser et de vénérer la sainte relique, et qu’il la fit retirer de sa châsse, tous les sceaux ne furent pas rompus, et seulement par le Roi et la Famille Royale fut baisé l’enveloppe extérieure, et par le peuple, depuis le balcon de la Régie Parrocchiale, elle fut montrée dans son voile, comme on l’a par un authentique procès-verbal de reconnaissance fait par l’Archevêque Mgr Carlo Buronzo le 18 février 1799. Le dit procès-verbal se lit aussi imprimé avec celui du 13 novembre 1804, lorsque le Souverain Pontife le Vénérable Pie VII passa à Turin. La susdite Princesse Clotilde Napoléon croyait qu’il fallait substituer le voile noir de soie par un taffetas cramoisi, et donc avec édification de tous, agenouillée pendant plus de deux heures avec toute dévotion, elle le cousit. Cette princesse de sainte vertu fut vraiment digne de succéder à cet homme apostolique, qui fut le Bienheureux Sébastien Valfré dans une œuvre si pieuse. Combien de ferventes prières aura-t-elle élevées à Dieu en faveur de sa chère famille et de sa patrie native, on ne peut le dire. On changea d’abord le voile mobile supérieur. Son Excellence l’Archevêque enleva délicatement la poussière qui par hasard pouvait s’être formée sur la Très Sainte Sindone.
Accompli cet office pieux, je dirais comme le ciseau des disciples de Jésus, et la Sainte Sindone fut enveloppée comme elle était, entre les voiles cousus de soie, et après avoir lié tout l’involucre avec un ruban nouveau de couleur rose et scellé en divers lieux avec cire espagnole au sceau de Sa Majesté, elle fut replacée dans sa châsse d’argent, laquelle fut aussi entourée d’un ruban rouge à double croix, comme auparavant, avec les sceaux royaux. Ensuite le Custode la plaça dans l’armoire, fermant avec double clé la châsse de fer interne, et ensuite avec deux autres clés l’armoire extérieure. Les trois premières furent remises à l’Archevêque, qui les donna au Ministre de la Maison Royale.
Furent dressés en un acte verbal l’ouverture de la châsse, l’exposition de la Sindone et la fermeture de celle-ci par le chevalier théologien Antonio Bosio, majeur chancelier de la Chapelle Royale, chapelain du Roi, et en cet acte secrétaire adjoint du Ministre de la Maison Royale, et y souscrivirent l’Archevêque, le chanoine Pelletta, le Custode, les évêques de Mondovì, de Cuneo, de Saluces, d’Alba, le cavalier comte Zappata Giuseppe vicaire général, le chanoine Stanislao Gazzelli, le comte Casimiro Radicati de Brozolo maître des cérémonies de Sa Majesté au service de la princesse Clotilde, ensuite signé par ledit Ministre Gualterio, et contresigné par le secrétaire susdit. On en fit trois originaux avec le sceau du Ministère de la Maison Royale et avec le sceau portant les initiales du Ministre.
On note que durant ces quatre jours d’exposition il y eut adoration continue, et successivement les vénérables évêques de la province ecclésiastique de Turin, avec l’assistance des chanoines, des curés et d’autres prêtres.
On fit aussi durant les trois nuits les veilles sacrées avec l’assistance de certains évêques, de divers prêtres et de nombreux bons laïcs, spécialement du peuple subalpin de Saint Vincent, et aussi avec la tribune réservée à certaines femmes dévotes avec permission écrite de l’Archevêque.
Le jour de samedi, second de l’exposition, intervinrent en plus tout le clergé de la ville et aussi de la diocèse, toutes les confréries, les hôpitaux et les retraites. Le concours de toute sorte de citoyens et d’étrangers fut infini, comme on le vit avec des actes sincères de vraie dévotion, et même des personnes qui ayant attendu toute la nuit aux portes du sacré temple restaient sur la place agenouillées à prier. Dans cette grande multitude de toute sorte de personnes qui certainement surpassa celle qui intervint aux fêtes du mariage, on ne pouvait que déplorer quelques désordres.
Dans le temps où fut exposée la vénérable relique et même quand elle ne fut pas exposée, il y eut une émulation pour avoir l’honneur de toucher quelque médaille, couronne, scapulaire et images semblables, et qui en avait pouvait baiser ; et cela donne certaine preuve que la sincère foi de nos pères est encore vivante chez les fils et les petits-enfants.
DIVERSES EXPOSITIONS PUBLIQUES ET SOLENNELLES
FAITES DE LA TRÈS SAINTE SUAIRE À TURIN
Ayant le duc Emmanuel Philibert fait transporter la Très Sainte Sindone de Chambéry, avec toute dévotion il la reçut dans son château de Lucento près de Turin le 5 septembre 1578. Ayant ensuite été faite la chapelle de Saint Laurent, qui était alors l’une des autres qui se trouvaient dans la métropole voisine de Sainte Marie des Prés, laquelle aujourd’hui n’existe plus, dans le lieu de l’actuelle église de Saint Laurent et dépendait du chapitre de Saint Jean, qui s’en occupait le chapelain : il fit transporter la sainte relique avec solennelle pompe et avec l’intervention de cinq évêques et de la cour et la plaça dans ladite chapelle de Saint Laurent le 14 septembre. Là accourut grand nombre de citoyens et d’étrangers. Étant venus les députés des cantons suisses pour voir la Sindone traitée avec le duc le 28 septembre, ils obtinrent ensuite la permission de pouvoir la voir. Parti Saint Charles Borromée le 7 octobre de Milan et entré avec grande pompe par le duc, la cour et le clergé avec l’Archevêque en tête et par diverses Vêpres hors de la Porte Palatine, il se rendit le 10 à vénérer dans la chapelle de Saint Laurent la Sindone. Transportée ensuite celle-ci en Saint Jean, elle fut exposée sur l’autel majeur, et l’on fit les 40 heures d’adoration de la même ; en cette occasion se firent 40 discours de 24 évêques et autres ecclésiastiques. Saint Charles y prêcha trois fois.
Mais pour que le peuple pût mieux la voir, elle fut portée sur la place du château, et exposée sur un haut mât, comme aujourd’hui on le voit, depuis le château et aussi depuis le palais de Madame.
La Sindone resta dans la chapelle de Saint Laurent jusqu’à ce que le duc Charles Emmanuel II fit construire en 1687 la chapelle correspondante dans le palais ancien ornée de six colonnes d’ordre ionique en marbre rouge, dont on voit encore aujourd’hui les restes.
En 1613 elle fut exposée à Saint François de Sales évêque de Genève, et l’on croit qu’il en laissa couler quelques larmes de dévotion.
Madame Royale Christine de France, duchesse de Savoie, fit voir en 1639 la Sindone à la vénérable mère Giovanna Francesca Chantal, aujourd’hui sainte, comme on le pratiquait aux princes.
Elle fut exposée pour les noces de Charles Emmanuel II avec Francesca de France en 1663. La description et l’invention du tabernacle furent faites par l’abbé comte Emmanuel Tesauro.
En 1668 il y eut une exposition, comme on en a mention par le Père G. Guarini.
Le 4 mai 1672 eut lieu une exposition sur la place du château, comme d’après l’avis de l’abbé Amoretti Elemonisiere.
Il s’en fit une autre en 1674 et une autre encore le 4 mai 1683.
En 1685 le 24 mai elle fut exposée dans le chœur de la Métropole.
En 1692 par ordre du duc Vittorio Amedeo II, le 1er juin elle fut exposée sans préavis pour les rumeurs de guerre, comme on le lit dans les cérémoniaux du comte de Vernon, qui se trouvent dans les archives royales. sur la galerie placée sur celle du Beaumont, maintenant Arnedi.
Le 1er juin 1694, la chapelle étant achevée et merveilleuse, elle fut présente en celle-ci solennellement placée.
Dès 1623 on avait commencé au plan du chœur de la cathédrale de Saint Jean la chapelle de la Très Sainte Sindone, donc désirant le duc Charles Emmanuel II qu’elle se fît en forme plus grandiose que celle du niveau du nouveau palais ducal, par billet du 3 juin 1657 il confia la direction de celle-ci à son Conseil d’exécuter les monitions des dessins de l’ingénieur Bernardino Quadri. D’après certaines lettres cependant du cardinal Maurizio de Savoie, il semble que les précédents dessins fussent des comtes Carlo et Amedeo di Castellamonte.
Mais étant venu à Turin à la fin de 1665, le Père Guarino Guarini de Modène Théatin, connu du duc pour combien puissant ingénieur il était, le chargea de la direction de la chapelle, le nommant par patente du 19 mai 1668, son ingénieur.
Puisque pour les ingénieurs potentiels on nommait sur les œuvres des autres, créant et ne copiant pas, Guarini vit les anciens dessins et les siens propres, et ainsi réussit cette merveilleuse œuvre que tous admirent avec coupole unique dans son genre, éclairée par d’infinies fenêtres, et toute incrustée de marbres noirs. La même fut consacrée par ordre de Saint Laurent en 1670, comme il ressort de ses dessins du comte de Castellamonte, comme on peut le prouver par les auteurs contemporains et par les dessins publiés dans son œuvre de l’Architecture civile, et par les livres du couvent des Théatins.
En 1614 le Père Vincenzo Gilberti, puis Général des Théatins, prêcha le carême dans le Duomo, et il eut discours sur l’exposition de la Sindone, comme on le lit dans les notices chronologiques des Théatins, qui conservent les originaux.
Le même fit le Père Dionisio Dentice Théatin en 1621 sur les mots de la Sainte Sindone de Saint Matthieu. Peut-être elle fut montrée quand le Père Stefano Pepe Théatin prêchait le carême dans le Duomo, enflammant admirablement les citoyens dans la dévotion envers la Sacrée Sindone, donc il en imprima beaucoup sur cette très vénérée image.
Le Père Agostino Bozzomo, Général des Théatins, prêcha en 1661 sur le lieu où se montrait la Sindone.
Trop long serait de nommer toutes les expositions, puisque presque chaque année elle se montrait au public auquel nombreux accouraient, non rassasiés de vénérer celle-ci qui est la plus insigne relique du Sauveur après la salutaire croix.
Dans les dits années 1694 au 26 juin voulant changer les voiles en 1694 fut appelé le Bienheureux Sébastien Valfré en présence du duc et de la duchesse Anna d’Orléans. Tant fut l’émotion du Bienheureux qu’il en laissa tomber quelques larmes.
En 1697 elle fut de nouveau exposée.
Vittorio Amedeo II la fit exposer en 1722 pour les noces du fils prince de Piémont Carlo Emanuele III avec Anna Cristina de Neubourg princesse palatine de Sulzbach.
Elle fut exposée en 1733.
En 1737 au mariage du roi Carlo Emanuele III avec Elisabetta de Lorraine.
Pour le mariage d’Amedeo III avec Maria Antonietta de Bourbon d’Espagne elle fut exposée en 1750 le 13 août.
En 1775 le 13 octobre Vittorio Amedeo III la fit exposer pour le mariage du prince de Piémont Carlo Emanuele IV avec la vénérable princesse Maria Clotilde Adelaide de France.
Le 18 février 1799 Monseigneur Carlo Buronzo évêque, Archevêque de Turin, fit une privée reconnaissance de la Sindone conjointement au Chapitre, où il constata que la même n’avait pas été emportée.
Passant Sa Sainteté Pie VII à Turin pour se rendre à Paris à rencontrer l’empereur Napoléon, le 13 novembre 1804 elle fut reconnue en présence des cardinaux, des évêques et du clergé.
En 1814 le roi Vittorio Emanuele I la fit montrer.
À distance du susdit roi elle fut montrée par le vénérable Pie VII prélat, depuis le balcon du palais de Madame le 21 mai, jour de la Très Sainte Trinité de 1815.
En 1822 le 4 janvier le matin elle fut exposée dans la chapelle de la Très Sainte Crucifixion avec l’intervention du cardinal Solaro, Archevêque, du vénérable évêque de Pinerolo et de Monseigneur Mossi, évêque de Ivrée. Puis elle fut exposée sur la balustrade de la chapelle de la Sindone en Saint Jean.
Pour célébrer les noces du duc de Savoie Vittorio Emanuele II avec l’archiduchesse Adelaide d’Autriche, le roi Carlo Alberto la fit montrer le 4 mai 1842 depuis les balcons latéraux du palais à midi. En cette occasion fut fait le balcon de la partie septentrionale qui regarde la loggia royale.