
Chirurgienne oncoplastique de renom au Royaume-Uni, le Professeur Amtul Razzaq Carmichael s’illustre non seulement par son expertise médicale, mais aussi par son engagement intellectuel dans les débats interreligieux. Membre de la communauté Ahmadiyya, elle a publié plusieurs contributions exégétiques et scientifiques qui remettent en cause la lecture traditionnelle de la crucifixion de Jésus. Son approche singulière consiste à croiser les savoirs médicaux, historiques et théologiques afin d’explorer la possibilité que Jésus ait survécu aux événements de la Passion.
Parcours professionnel
Le Professeur Amtul Razzaq Carmichael est une chirurgienne oncoplastique du sein, réputée au Royaume-Uni (Birmingham & Derby), spécialisée notamment dans le cancer du sein inflammatoire, la chirurgie reconstructive et préventive, ainsi que la mastectomie avec conservation du mamelon 1.
Au-delà de sa pratique clinique, elle est également engagée dans la recherche académique et religieuse : elle écrit sur des sujets liés à l’islam et au christianisme, participe à des revues comme The Review of Religions et dirige la Research Cell de Lajna Ima’illah au Royaume-Uni 2.
Engagement Exégétique sur la crucifixion de Jésus
Le Professeur Carmichael est membre de la communauté islamique Ahmadiyya., mouvement religieux dérivé de l’islam, fondé au xixe siècle par Mirza Ghulam Ahmad. Cette communauté qui soutient une exégèse islamique alternative soutient des croyances particulières concernant la vie de Jésus (ʿĪsā en islam), en affirmant qu’il n’est pas mort sur la croix au sens traditionnel chrétien, mais qu’il aurait survécu à la crucifixion avant de mourir de mort naturelle alors que traditionnellement, les musulmans ont des sources documentaires selon lesquelles Jésus n’est pas mort mais qu’il a été élevé au ciel par Dieu.
Le point de départ du débat exégétique islamique sont les versets du Saint Coran Q4:157_158, :
Ils ont dit : « Nous avons tué le Christ Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah. » Mais ils ne l’ont pas tué, ni crucifié, mais cela leur a été fait croire. Ceux qui divergent là-dessus sont pleins de doutes, sans aucune science certaine, mais seulement des conjectures à suivre, car ils ne l’ont certainement pas tué. Au lieu de cela, Dieu l’avait élevé à lui-même; et Dieu est noble, sage. ( traduction Yusuf Ali ))
Elle s’intéresse également à la théorie alternative du voyage de Jésus en Inde, avancé dans la tradition Ahmadiyya, qui suggère que Jésus, après avoir survécu à la crucifixion, aurait prêché parmi les « tribus perdues d’Israël » 3.
Engagement scientifique sur la crucifixion de Jésus
Carmichael a contribué à des travaux qui examinent la plausibilité médicale de la survie de Jésus à crucifixion, notamment l’article en 2021 intitulé Mort Sur La Croix Ou Auto-Réanimation : Est-Il Médicalement Plausible Que Jésus Ne Soit Pas Mort Sur La Croix ? 4. A la suite du Dr William Primrose ( 1949) elle développe différents arguments pour étayer cette hypothèse :
Thèse centrale
Il est médicalement plausible que Jésus ait survécu aux événements de la crucifixion et ait été réanimé (spontanément ou avec aide), plutôt que mort sur la croix 5.
Cadre logique de l’hypothèse
Trois conditions :
1) diagnostic prématuré du décès par les soldats ;
2) réanimation (spontanée ou facilitée) après la déposition ;
3) constat de Jésus vivant après la crucifixion (Carmichael, 2021).
1) Un faux diagnostic de mort est-il plausible ?
- Des cas documentés montrent que des personnes peuvent être déclarées mortes à tort, y compris par des cliniciens expérimentés (réveils en morgue, erreurs de constat, « syndrome de Lazare ») 6 ; 7 ; 8.
- Conclusion : même des soldats aguerris auraient pu se tromper en concluant au décès (Carmichael, 2021).
2) Physiologie de la crucifixion et causes habituelles de décès
- La crucifixion entraîne une asphyxie progressive, un choc et d’autres complications ; l’expiration devient difficile, la mort « en quelques heures » étant atypique 9 ; 10.
- L’issue exacte reste débattue (asphyxie, choc, rupture cardiaque, coagulopathie, etc.) (Edwards et al., 1986 ; Carmichael, 2021).
3) Mécanismes de survie/réanimation avancés
- Auto-réanimation (syndrome de Lazare) : reprise spontanée de la circulation quelques minutes après l’arrêt des manœuvres ; l’hyperinflation thoracique diminue en décubitus, restaurant le retour veineux et le débit cardiaque 11 ; 12.
- Hypothermie : au printemps, exposition, épuisement et dénudation peuvent abaisser la température corporelle au point de simuler la mort ; des réanimations réussies à < 25 °C sont documentées 13 ; 14.
- Choc + effondrement : douleur extrême, hypovolémie et hypotension peuvent mimer la mort ; la déposition et la position horizontale peuvent restaurer la perfusion 15 ; 16.
- Tamponnade cardiaque : la perforation péricardique par la lance aurait pu décomprimer le cœur et relancer la circulation (Carmichael, 2021).
4) Indices textuels invoqués
- La mention évangélique de « sang et eau » après le coup de lance est lue comme signe de circulation persistante (les cadavres ne saignent pas activement) (Edwards et al., 1986 ; Primrose, 1949).
- La rapidité inhabituelle du décès allégué renforce le doute sur une mort crocifère « standard » (Carmichael, 2021).
Conclusion
Aucune preuve catégorique n’atteste la mort de Jésus pendant la crucifixion ; plusieurs mécanismes physiopathologiques rendent plausible une survie suivie d’une réanimation (spontanée ou assistée) (Carmichael, 2021).
— Notes —- Top Doctors. (n.d.). Professor Amtul Razzaq Carmichael. Consulté sur https://www.topdoctors.co.uk/doctor/amtul-razzaq-carmichael[↩]
- The Review of Religions. (2017). Launching New Global Research Initiative on Jesus in India. Consulté sur https://www.reviewofreligions.org/14810/launching-new-global-research-initiative-on-jesus-india/[↩]
- The Review of Religions, 2017[↩]
- Carmichael, A. R. (2021, 4 avril).
Death on the Cross or Auto-Resuscitation; Is It Medically Plausible That Jesus (as) Did Not Die on the Cross? Review of Religions.[↩] - Carmichael, A. R. (2021, 4 avril). Mort sur la croix ou auto-réanimation : Est-il médicalement plausible que Jésus (as) ne soit pas mort sur la croix ? The Review of Religions.[↩]
- Reilly, B. M. (2001). Pronouncing, on being a doctor. Annals of Internal Medicine, 135(5), 467–470.[↩]
- The Lancet. (2001). Eyewitness account of a patient sitting up after being certified dead. The Lancet, 357(9260), 194.[↩]
- Rogers, P. L., Schlichtig, R., Miro, A., & Pinsky, M. (1991). Auto-PEEP during CPR as a cause of electromechanical dissociation. Chest, 99(2), 492–493.[↩]
- Edwards, W. D., Gabel, W. J., & Hosmer, F. E. (1986). On the physical death of Jesus Christ. JAMA, 255(11), 1455–1463.[↩]
- Zugibe, F. (2005). The Crucifixion of Jesus: A Forensic Inquiry. M. Evans & Company.[↩]
- Adhiyaman, V., Sundaram, R., Hirachand, A., Dhanapal, B., & Jaffer, A. K. (2001). The Lazarus phenomenon. Anesthesia & Analgesia, 92(6), 1524–1526.[↩]
- Martens, P., Vandekerckhove, Y., & Mullie, A. (1993). Restoration of spontaneous circulation after cessation of CPR. The Lancet, 341(8840), 841.[↩]
- Tidsskriftet (Journal of the Norwegian Medical Association). (2002). Was Jesus dead after the crucifixion? Kommentarer.[↩]
- The Journal of Emergency Medicine. (2017). Accidental hypothermia outcomes… J Emerg Med, 52(2), 160-168. https://doi.org/10.1016/j.jemermed.2016.10.043[↩]
- Lloyd Davies, M. (1991). The crucifixion—Hypothesis of resuscitation from shock and syncope. Journal of the Royal College of Physicians of London, 25(2), 167–170.[↩]
- Primrose, W. B. (1949). The surgeon looks at the crucifixion. The Hibbert Journal, 47, 382–388.[↩]