Anastasio Ballestrero

Anastasio Ballestrero, né le 3 octobre 1913 à Gênes, fut un religieux italien de l’Ordre des Carmes Déchaux. Il devint une figure clé dans l’étude du Suaire de Turin à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avec une influence marquante dans les recherches scientifiques menées sur cette relique. Il est décédé le 21 juin 1998

Les débuts religieux d’Anastasio Ballestrero

Anastasio Ballestrero commence son parcours religieux en rejoignant l’Ordre des Carmes Déchaux en 1931. Il se distingue par sa rigueur spirituelle et son dévouement. À la suite de plusieurs décennies de service au sein de l’Église, il est nommé archevêque de Bari en 1969. Cette fonction lui permet de démontrer son engagement pour la communauté catholique, à travers ses qualités de leader spirituel et intellectuel.

Nomination à Turin et le début de son lien avec le Suaire

En 1977, Ballestrero est nommé archevêque de Turin, devenant ainsi le gardien du Saint Suaire, l’une des reliques les plus vénérées dans le monde chrétien. Ce rôle le place au centre d’une responsabilité historique et spirituelle unique, renforcée par les avancées scientifiques qui allaient suivre. il prend la suite de Mgr. Michele Pellegrino en charge de la précédente commission d’étude du Saint Suaire entre 1969 et 1976 qui s’était retiré le 27 juillet 1977, à quelques mois de son soixante-quinzième anniversaire. Ballestrero le remplace dès 1er août 1977.

Archbishop Ballestrero avec le Prof. Luigi Gonella en 1978 (STURP)

Dès son arrivée, le cardinal Ballestrero est sollicité par l’équipe du STURP au travers notamment de Peter Rinaldi qui avait assisé à la conférence d’Albuquerque en mars 1977.

Ballestrero collabore avec des personnalités influentes dans le domaine scientifique notamment Luigi Gonella, un physicien qui deviendra son conseiller scientifique et son interlocuteur clé dans les études sur le Suaire. Il accepte également que Giovanni Riggi soit présent en 1978.

Réception de l’équipe du STURP en 1978

L’année 1978 est cruciale pour Ballestrero et le Suaire. À l’occasion de l’exposition du Suaire, il reçoit l’équipe du Shroud of Turin Research Project (STURP), un groupe de scientifiques américains, dirigé par John Jackson et Eric Jumper.

Cette équipe est venue à Turin pour mener des analyses poussées sur la relique, cherchant à percer les mystères de sa formation.

Ballestrero s’appuie sur Luigi Gonella, le conseiller scientifique du Vatican, pour superviser et faciliter ces recherches. Ce moment constitue une avancée scientifique majeure dans l’étude de la relique.

Ballestrero est nommé vice-président de la Conférence épiscopale italienne en 1978 puis président

la datation au carbone 14 de 1988

Ballestrero devant les échantillons prélevés sur le Saint Suaire par Giovanni Riggi. 21 avril 1988

Dans les années suivantes, l’archevêque continue à s’impliquer activement dans les analyses du Suaire. Il collabore étroitement avec Giovanni Riggi, le technicien responsable du prélèvement des échantillons du tissu, ainsi qu’avec Franco Testore, un spécialiste des fibres textiles. Ensemble, ils planifient les tests de datation au carbone 14, un tournant décisif qui devait déterminer l’âge exact de la relique.

Les résultats controversés de 1988 et leur impact

En 1988, les résultats des tests de datation au carbone 14 sont annoncés, concluant que le Suaire daterait du Moyen Âge (entre 1260 et 1390).

Anastasio Ballestrero et Luigi Gonnella – Conférence de Presse –


Le jeudi 13 octobre 1988, lLors d’une conférence de presse tenue à Turin, le cardinal Ballestrero, archevêque de Turin, annonce officiellement que les résultats des trois laboratoires ayant effectué la datation au carbone 14 du linceul ont permis de déterminer une date approximative de 1325 pour le tissu. Lors d’une conférence de presse similaire tenue au British Museum de Londres, il est annoncé que le linceul date entre 1260 et 1390 après J.-C.

Les gros titres des journaux qualifient immédiatement le linceul de faux et déclarent que l’Église catholique a accepté les résultats ; ce qui est totalement inexact du point de vue factuel. Monseigneur Ballestrero fait publier un communiqué de presse pour mettre cela au clair.

De nombreux fidèles, ainsi que certains chercheurs, critiquent la méthodologie des tests, soulignant des failles dans le prélèvement des échantillons et évoquant la possibilité de contamination.

Cette controverse affecte profondément Ballestrero, même si lui-même n’avait pas directement conduit les analyses.

Démission et fin de carrière

Face aux polémiques croissantes et aux pressions qui en découlent, Anastasio Ballestrero démissionne de son poste d’archevêque de Turin le 31 janvier 1989. Bien que sa démission ne soit pas officiellement liée à la controverse du Suaire, les tensions autour de cette question semblent avoir joué un rôle dans sa décision. En effet, l’article sur la datation au carbone 14 du Suaire de Turin a été publié dans la revue Nature le 16 février 1989. Ce document, intitulé « Radiocarbon Dating of the Shroud of Turin », présentait les résultats des tests réalisés dans trois laboratoires différents, qui ont daté le tissu entre 1260 et 1390, remettant en cause son authenticité comme relique de l’époque de Jésus-Christ.

Il sera remplace alors par Mgr. Giovanni Saldarini

Un héritage complexe

Ballestrero se retire ensuite de la vie publique en 1993, tout en continuant à suivre les débats sur le Suaire jusqu’à sa mort, le 21 juin 1998. Malgré les polémiques, son engagement a permis d’ouvrir une nouvelle ère dans l’étude scientifique du Suaire de Turin. Les relations qu’il a établies avec des figures comme Luigi Gonella, Giovanni Riggi, et Franco Testore marquent une étape importante dans l’histoire de la recherche sur cette relique.

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