Anatomie sacrée pour la neuvaine de la Sainte-Suaire, avec une couronne composée d’affections sur les principaux mystères de la Passion

Anatomie sacrée pour la neuvaine de la Sainte-Suaire,

avec une couronne composée d’affections

sur les principaux mystères de la Passion

Vittorio Amedeo Barralis

1685

Barralis, V. A. (1685). Anotomia sacra per la novena della Santa Sindone, con una corona composta d’affetti sopra i principali misteri della Passione. [Anatomie sacrée pour la neuvaine de la Sainte Sindone, avec une couronne composée d’affections sur les principaux mystères de la Passion] Torino, États de Savoie : Per gli Heredi Gianelli.

Anatomie sacrée pour la neuvaine de la Sainte Sindone, avec une couronne composée d’affections sur les principaux mystères de la Passion.
Œuvre spirituelle du père Vittorio Amedeo Barralis, clerc régulier théatin.

(Dédicace à l’illustrissime seigneur Fabrizio Buniato, conseiller et trésorier général de S.A.R.)

Traduction :

[mention sous le tableau ]

Mesure de la Sainte Sindone d’un point à l’autre : 18 fois la longueur ou la largeur de l’image imprimée, ainsi que la longueur et la largeur des épaules

[ tableau : de gauche à droite, par colonne ]

  • Plaies des plantes des pieds (A)
  • Plaies des cuisses et des jambes (B)
  • Plaies des lombes par Ligne tortueuse large de 2 onces et largeur d’un quart d’once (C)
  • Plaies sur le dos et les épaules (D)
  • Chevelure ensanglantée (E)
  • Piqûres imprimées par la couronne d’épines qui faisait le tour sur deux pieds (F)
  • Couvrant la tête jusqu’au sommet(G)
  • Coups portés au visage (H)
  • Plaies aux bras (I)
  • Plaies aux mains (K)
  • Plaie du côté, longue de 1 onces et 3 quarts, largeur d’une demi-once (L)
  • Plaies au ventre (M)
  • Plaies aux cuisses et aux jambes (N)
  • Manière dont il fut cloué aux pieds (O)

Empreinte postérieure, V. Barralis, 1685

Lettres de bas en haut, de gauche à droite :

A [Plaies des plantes des pieds],
B [Plaies des cuisses et des jambes],
C [Plaies des lombes par ligne tortueuse large de 2 onces et largeur d’un quart d’once],
D [Plaies sur le dos et les épaules],
E [Chevelure ensanglantée],
F [Piqûres imprimées par la couronne d’épines qui faisait le tour sur deux pieds],
G [Couvrant la tête jusqu’au sommet].

Empreinte antérieure, V. Barralis, 1685.
Lettres de haut en bas, de gauche à droite ! H, I, L, M, K, N, O

Empreinte antérieure, V. Barralis, 1685

Lettres de haut en bas, de gauche à droite :

H [Coups portés au visage],
I [Plaies aux bras],
L [Plaie du côté, longue de 1 once et 3 quarts, largeur d’une demi-once],
M [Plaies au ventre],
K [Plaies aux mains],
N [Plaies aux cuisses et aux jambes],
O [Manière dont il fut cloué aux pieds]

📄 Page 13

ANATOMIE SACRÉE
DIVISÉE EN AFFECTIONS,
PROPOSÉE
À LA CONTEMPLATION DÉVOTE
DU CHRIST EN SA PASSION
DANS LA SAINTE SINDONE.

INSTRUCTION AU LECTEUR

Le fruit très utile de la dévotion, qui naît de la méditation de la Passion du Christ Notre Seigneur, m’a poussé, pieux lecteur, à donner à la lumière le présent livre, dans lequel je propose une Anatomie sacrée, à pratiquer en la parcourant au cours des neuf jours consacrés à un hommage particulier pour adorer la Sainte Sindone, ou image très auguste du très douloureux Rédempteur, afin d’en retirer quelque fruit, soit spirituel, soit temporel. Tu pourras l’accomplir commodément, en répartissant et en prenant chaque jour à ton gré les affections, distribuées distinctement selon les membres les plus affligés du Christ.


📄 Page 14

Ainsi, au cours de la Novena, tu pourras mieux comprendre quel fut le ministère de son Corps très saint. Après chacun de ces points d’affection, tu pourras exercer les vertus, ou les oraisons qui doivent être pratiquées chaque jour de la Novena. Au commencement, il conviendra au moins de se confesser et de recevoir la Sainte Communion, ou plus fréquemment selon ce qui sera prescrit par le directeur spirituel ; en veillant à ne pas dérober aux devoirs temporels plus de temps qu’il n’est nécessaire pour s’appliquer à l’exercice de l’oraison mentale ; et tu pourras en recueillir les points de méditation à partir des mêmes affections, qui seront réparties chaque jour, non seulement pendant la Novena, mais encore dans les actes particuliers de mortification, parce que les blessures du Rédempteur, qu’il a tant souffertes avec amour, suffisent abondamment à accompagner leurs douloureux souvenirs d’une certaine amertume et mortification de la chair.

Si tu es déjà exercé dans les pratiques régulières sous la direction d’un confesseur, tu pourras, dans les dévotions que tu entreprends, recueillir un plus grand fruit au mérite de l’obéissance. Grâces à Dieu, ô pieux lecteur, sinon dans l’œuvre, du moins dans l’intention de l’auteur, tu trouveras proposé un sujet digne d’être ensuite développé plus amplement.

AFFECTIONS
AU CHEF TRANSERCÉ :
Première journée

« Mon âme, toi qui ne cherches que des divertissements oisifs parmi les fleurs des plaisirs mondains, comment peux-tu donner ton cœur à de telles douceurs, et aller à la recherche de celles-ci, si tu t’arrêtes à contempler, avec l’œil de l’esprit, ton Époux céleste, au très sacré Chef duquel furent formées les épines tourmentantes, qui, par un enseignement infaillible, enseignent comment la patience couronnée possède seule le royaume des douleurs.

Ô vénérable Chef, pour l’ornement duquel la terre offre de magnifiques tissus de fleurs et de bourgeons, les montagnes tissent leur cercle de lumières étincelantes, et le Soleil lui-même, avec ses rayons d’or, forme ton diadème ; je t’offre aujourd’hui un humble hommage pour orner mon cœur, tandis que je te contemple couronné d’opprobres.

Perfides Hébreux, lorsqu’en façonnant ce divin Monarque vous avez voulu lui préparer un diadème, vous avez laissé de côté la matière des métaux les plus précieux, méprisant le faste des plus riches ornements et dédaignant la parure des gemmes les plus rares… »


📄 Page 16 — Traduction intégrale

« …vous n’avez pas seulement voulu en manquer, mais, pour exécuter votre inique résolution, vous avez composé une couronne, non pour rendre honneur, mais pour outrager ; non pour reconnaître le Souverain, mais pour en faire matière d’opprobre ; non pour en faire un ornement précieux, mais un instrument de supplice ; non pour honorer la Majesté de Dieu, mais pour le proclamer Roi des douleurs.

Ô combien tyrannique fut l’invention dictée par une haine cruelle, en formant cette couronne aiguë de cheveux (ou de branches épineuses), destinée à couvrir entièrement la tête de pointes, en lui appliquant cette armure sauvage pour enfoncer, par la force des coups, ces épines, d’une manière barbare, les comprimant sur cette tête vénérable avec la violence des percussions, au point que, couronné pour la dérision de ce Chef — à qui conviendrait plutôt une couronne de gloire —, il ressentît la douleur la plus vive ; en sorte que, dans ces parties si délicates, le Rédempteur fût cruellement martyrisé.

Mon cher Jésus, où furent ces épines qui déchirèrent la peau, rencontrèrent les os dans leur pénétration, se brisèrent entre la chair, et, ainsi fragmentées, causèrent des douleurs très aiguës ; et, par la violence des coups, s’enfoncèrent dans les cartilages, et, en supportant leurs pointes dures, à chaque résistance, tra « …le mépris augmenta le tourment infligé par l’insolence d’un soldat, jointe à la conscience d’un homme qui, pour la restitution d’une oreille reçue pour un bienfait, rendit un coup porté avec une impulsion violente du bras nerveux, et chargé d’une main couverte de fer, augmentant la douleur de la contusion causée par la présence de tant de ministres réunis dans le tribunal public, et la honte d’un coup si injurieux accompagnée des plus méprisables dérisions d’une assemblée nombreuse de scélérats.

Mon cher Jésus, ce visage, que je vois ainsi meurtri, vénérable par la grâce, qui a su rendre aimable son aspect, pour les rayons de la divinité qui resplendissaient en lui, et adorable, comme il convient, bien qu’à présent il soit horriblement profané, et défiguré par une main féroce.

J’adore, mon Seigneur, ces joues, sur lesquelles fleurissaient les rouges roses de la modestie et de la pudeur, rougies non moins par la violence du coup reçu que par l’indignité de mon agir ; honteuses et confondues.

Ô soldat, d’avoir laissé imprimées les traces d’une main qui frappe, et, par cette marque, d’avoir imprimé sur les joues divines le signe d’une haine intérieure… »


📄 Page 28 — Traduction intégrale

« …d’avoir marqué dans ce Livre de vie le caractère de ta perfidie, et d’avoir, sur ce visage, dessiné par la force des coups l’empreinte visible de ta scélératesse plus profonde.

Mon âme, puisque le très clément Seigneur n’a pas répondu par des actes de ressentiment, mais, au contraire, avec la plus grande douceur, a supporté pour ton amour une si grave injure, toi, du moins, ne réponds pas par colère, mais, avec une vive douleur, souffre et pleure.

Que ta langue se retienne, pour ne pas chercher à se venger ; corrige les erreurs d’autrui avec douceur ; dispose-toi donc, en considérant l’exemple du Seigneur, à réprimer l’irritation de ton âme, à contenir les mouvements d’une passion déréglée, à la retenir, à en rougir, et à fuir ce qui est contraire à la loi de Dieu ; et puisque lui-même t’a donné l’exemple du pardon des offenses, en supportant avec tant de douceur les injures, imite-le en supportant les offenses sans répondre, et dans la souffrance des injures, ne donne pas à connaître que tu en es affecté, mais montre-toi imitateur de lui. »

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