Antonio Tonelli

Don Antonio Tonelli, né à Marzabotto (Bologne) le 14 octobre 1877 et décédé en 1938, fut un prêtre salésien reconnu pour ses études sur le Saint Suaire de Turin.
Auteur du livre La Santa Sindone, esame oggettivo (Torino, 1931), il apporta une contribution précieuse aux études sur le Suaire, et fut considéré comme l’un des plus grands spécialistes salésiens du sujet de l’époque après Don Noguier.

Formation

Orphelin de père à un jeune âge, il entra au collège salésien de Faenza, où il développa sa vocation religieuse.

Après avoir obtenu son baccalauréat en 1898, il fréquenta la faculté des sciences à l’université de Turin de 1898 à 1902, obtenant un diplôme en sciences à l’âge de 25 ans. Il poursuivit ensuite ses études au noviciat de Foglizzo, avant de devenir élève de Don Noël Noguier, autre spécialiste du Suaire, au Lycée Valsalice. Il devint alors enseignant en mathématiques, physique et sciences naturelles dans plusieurs institutions salésiennes. Tonelli se distingua par ses compétences scientifiques et son engagement religieux.

Il participa également à des missions d’exploration ethnographique en Patagonie et dans d’autres régions d’Amérique du Sud, contribuant à l’enrichissement des collections du musée ethnographique-missionnaire de Valsalice.

Chercheur sur le Saint Suaire

Antonio Tonelli est l’auteur de La Santa Sindone, esame oggettivo, publié à Turin en 1931.

Trace de brûlures avant 1532.

Don Tonelli écrit que, dans la nuit du 22 mai 1931, alors que le Suaire était exposé sans verre pour le travail photographique d’Enrie, le professeur George Porché attira l’attention sur des petits trous, remarquant qu’il s’agissait de marques de brûlure, différentes de celles causées par l’incendie de Chambéry en 1532. ( Tonelli, 1931 ). Ces traces de brûlure sont visibles sur la copie de Lierre (Belgique) de 1516

Il semble que le Suaire a reçu ces brûlures alors qu’il était plié une fois dans le sens de la longueur et une fois dans le sens de la largeur, formant un rectangle de quatre couches, ce qui est bien différent du pliage en 48 couches lors de l’incendie de 1532.

Trace de brûlures après 1532.

Giuseppe Enrie ( 1933 ) rapporte les études novatrices d’Antonio Tonneli au sujet des pliures probables du Linceul durant l’incendie de 1532 à Chambéry :

Schéma montrant comment le linceul était plié à l’époque de l’incendie. : à l’époque, le Linceul était plié dans sa longueur selon la ligne I, puis à nouveau selon la ligne 2′. Il en résultait un long rectangle A, B, E, F. Ce rectangle a été ensuite replié en travers une première fois au milieu, suivant la ligne 1′ et on obtient le rectangle A, B, I, L ; lequel fut replié en trois parties selon les lignes 3′ et 3 ». Le résultat fut le rectangle A,B,C,D., qui represente la quarante-huitième partie du Linceul, et mesurait à 0,275 m x 0,363 m.

Position du linceul dans l’ancienne châsse d’argent. Le Rectangle O,R,S,Q représente la châsse en argent.

Le rectangle A,B,C,D. représente le linceul plié : les lignes 2 étaient du côté de la paroi de la caisse qui a fondui. R,S. et ont été carbonisés par l’irradation de l’argent incandescent. En P. est tombée la goutte d’argent fondu qui produisit les brûlures ; la ligne M.N. indique jusqu’où arriva l’eau employée pour l’extinction ; le petit triagnle M.A.N. resta sec.

Les chiffres du haut se réfèrent aux différents plis indiqués à la figure 5.

Remarque : les analyses de Tonelli ont été remises en question depuis .

Copie de Carlo Cussetti ( 1898 )

Antonio Tonelli a pu échanger avec le peintre Carlo Cusseti au sujet de sa reproduction grandeur nature du Saint Suaire en 1898. ( voir Turin – VII – 1898 )

 » « En 1898, le Prof. Cussetti … a été chargé … de reproduire le Suaire à taille naturelle. Pendant les huit jours de l’Exposition, il a copié la relique tout en l’observant depuis la Tribune Royale de la cathédrale. D’abord, il a fait un croquis à taille naturelle, et un petit croquis à l’aquarelle, que je possède ; et enfin le lin qui est exposé dans la sacristie de la chapelle du Suaire. Il a pu observer le tissu de près ; Son Altesse Royale m’a permis de prendre une photographie.

J’ai alors fait remarquer au Prof. Cussetti qu’il avait tracé une ligne de contour très légère sur les côtés du visage, mais l’Original ne présente aucune ligne. Et il a répondu : « Mais comment un artiste peut-il dessiner un corps humain sans tracer de lignes ? Donc, tout d’abord, j’ai esquissé tous les contours avec une très légère touche, puis, lorsque le travail a été terminé, j’ai annulé les lignes. À cet endroit, j’ai oublié d’annuler les lignes »

Puis il m’a expliqué qu’il devait réfléchir à une manière ingénieuse de reproduire la fonte progressive des bords, que nous observons dans l’Original. »  

TONELLI : « La photographie a décidé… », Rivista dei Giovani, nov. 1929.  ( cité par Fossati, L. 1994)

Carlo Cusseti – 1898- Copie du Saint Suaire

Sources :

  • Tonelli, A.(1929 ) : « La photographie a décidé… », Rivista dei Giovani, nov. 1929.  ( cité par Fossati, L. 1994)
  • Tonelli, A. (1931). La Santa Sindone: Esame oggettivo (con 12 tavole illustrative). Societa’ Editrice Internazionale.
  • Enrie, G. ( 1936 ) Le Suaire De Turin révélé par la Photographie (traduction française ) Procure du Carmel de l’Action de Grace. Paris ( numérisé )
  • Fossati, L. (1994). Photographing the Holy Shroud during the 1898 exhibition. Collegamento pro Sindone, September/October. 1994

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