
Albrecht Dürer :
Le chanoine et historien Armand Thiéry (1868 – 1955), professeur à l’Institut Supérieur de Philosophie de Louvain, au début du XXe siècle, a avancé l’hypothèse que cette copie pourrait être l’œuvre d’Albrecht Dürer, argumentant notamment en raison de l’utilisation du dialecte et des détails graphiques. ( A. Thiéry, 1912)
Cependant, la communauté académique actuelle conteste cette attribution, soulignant des incohérences dans les preuves présentées par Thiéry, comme la date de 1516 inscrite sur la copie, et les sources historiques sur lesquelles il s’appuyait, certaines s’étant révélées introuvables.
Par ailleurs, nous faisons valoir la contradiction portée par cette gravure signée et datée de 1508 :

On observera que ce tableau de 1508 rend douteuse l’attribution de la copie de Lierre de 1516 à Albrecht Dürer qui situe mal la position des clous dans les paumes au lieu de les positionner vers l’Espace de Destot.
Bernard van Orley :
Il semble plutôt que le paiement pour quatre œuvres à Bernard van Orley est indiqué dans une facture de 1521 au nom de Marguerite d’Autriche. L’une de ces œuvres a été décrite comme « une belle peinture faicte à la remenbrance du saint souaire sur taffetaf blancq ». (Houben , N. 2023 ).
L’analyse de nouvelles archives, dont un passage inédit du registre 1797 des Archives générales de l’État à Bruxelles, éclaire d’un jour nouveau l’origine de la copie du linceul de Lier attribuée à Bernard van Orley. Ce document révèle un paiement effectué en 1521 pour la fourniture de 12 coudées de « bon taffetas blanc », dont huit ont été remises à Van Orley pour peindre une « figure du Saint-Suaire ». Ce détail renforce l’hypothèse d’une commande officielle pour une réplique, cependant, la taille du tissu semble indiquer une copie de grande dimension, contrastant avec les dimensions réduites de la copie de Lier (1,46 m x 33 cm). (Houben , N. 2023 ).
Lucas Cranach l’Ancien :
Selon une analyse également très intéressante par la chercheuse anglaise Pamela Moon des inscriptions sur la copie de Lier et sur l’iconographie de Lucas Cranach l’Ancien (1472–1553) pourrait attribuer la paternité de cette copie à ce peintre
La Copie de Lierre et Lucas Cranach.
Un article très intéressant d’une chercheur anglaise, Pamela Moon propose en 2014 que l’artiste ayant réalisé la copie du Suaire de Lier, pourrait être Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553). Cette hypothèse au sujet de l’implication de Cranach dans la création de la copie de Lier pourrait remettre en question la datation médiévale attribuée au Suaire de Turin par la datation au carbone 14 puisque la date de cette copie est bien établie et antérieure à la période 1260 – 1390 avancée en 1988.
L’auteure compare la signature présente sur la copie à celles connues de Cranach, et examine la relation de Lucas Cranach l’Ancien avec Maximilien Ier, empereur romain germanique, qui aurait commandé des copies du Suaire de Turin.
La copie du Suaire de Lier présente des similarités frappantes avec le Suaire original, en particulier sur certains détails anatomiques comme les marques de flagellation, ce qui renforce l’hypothèse que l’artiste ait eu un accès direct au Suaire de Turin avant l’incendie de Chambéry en 1532.
Pam Moon souligne également l’importance des autres œuvres de Lucas Cranach l’Ancien, telles que Christ en Homme de Douleurs (1515), une oeuvre qui présente des détails similaires aux blessures du Christ visibles sur le Suaire de Turin.