Carlo Maria Martini

Carlo Maria Martini, né le 15 février 1927 à Turin (Italie) et mort le 31 août 2012 à Gallarate, près de Milan (Italie), était un prêtre jésuite italien. Carlo Maria Martini a été ordonné prêtre le 13 juillet 1952 par le Cardinal Maurilio Fossati, alors archevêque de Turin.

Cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan et Giovanni Saldarini, évêque de Turin. – vers 1995.

Professeur d’Écritures saintes et recteur de l’Institut biblique de Rome, il devient recteur de l’Université grégorienne avant d’être nommé archevêque de Milan du 29 décembre 1979 – 11 juillet 2002. Il est créé cardinal par Jean-Paul II en 1983.

Il problema storico della risurrezione negli studi recenti (1959)

Dans cette thèse de doctorat en théologie, Carlo Maria Martini, alors jeune théologien jésuite, aborde la question de la résurrection du Christ sous l’angle historico-critique et apologétique, en s’appuyant sur les travaux récents de l’exégèse biblique.

Si Martini adopte une perspective globalement favorable à l’apologétique chrétienne, certains aspects de son analyse révèlent une dimension sceptique dans son approche des récits de la résurrection. en cherchant à évaluer la solidité historique des récits évangéliques et des témoignages primitifs. Son objectif principal est de contribuer à une mise à jour des études sur la résurrection en intégrant les méthodes modernes de l’exégèse critique.

Nous appuyons sur la recension du père José Capmany ( Campany 1965 )

a) Divergences des récits évangéliques

Martini n’hésite pas à souligner les différences entre les récits des évangiles sur la résurrection, notamment en ce qui concerne les apparitions et les circonstances entourant le tombeau vide. Plutôt que de chercher à harmoniser ces divergences, il adopte une méthode critique, affirmant que ces variations doivent être prises au sérieux comme des indices des étapes de la formation de la tradition. Il écrit :

« Il ne s’agit plus de niveler les divergences pour défendre la vérité du témoignage, mais d’évaluer sérieusement chaque diversité dans la tradition pour la ramener au principe d’où elle dérive naturellement. »

b) Le tombeau vide comme argument apologétique

Martini exprime des réserves sur l’utilisation apologétique du tombeau vide. Selon lui, ce dernier n’a pas été un élément central de la prédication primitive, mais a gagné en importance dans un contexte de controverse avec les critiques du christianisme. Cette observation l’amène à conclure que la mise en évidence du tombeau vide est davantage un développement postérieur qu’un témoignage fondamental des premiers chrétiens.

c) Les apparitions et leur historicité

Concernant les apparitions, Martini adopte une approche nuancée : il reconnaît leur rôle essentiel dans la foi pascale, mais souligne que leur reconstitution précise est impossible en raison des lacunes et des évolutions dans la transmission des récits. Il se concentre sur la dynamique interne de la foi primitive plutôt que sur les détails concrets des apparitions.

En conclusion, Carlo Maria Martini développe une approche critique des récits évangéliques, qui marque une rupture avec une lecture littérale de ces textes comme source de connaissance historique. En s’appuyant sur l’exégèse moderne, il propose une évaluation rigoureuse insistant sur l’évolution des traditions plutôt que sur leur concordance immédiate.

Cette méthodologie, ancrée dans une perspective sceptique mais respectueuse de la foi chrétienne, ouvre la voie à une prise de distance avec l’interprétation apologétique traditionnelle, comme celle qui sera défendue plus tard par Gary Habermas. Contrairement à Habermas, Martini privilégie une analyse critique des processus de formation de la tradition, mettant en avant la complexité des récits et leur dynamique évolutive, plutôt qu’une lecture historique directe fondée sur des faits objectifs.

Récipiendaire d’une « copie du Saint Suaire » par Franco Testore ( 2009 )

En 2009, Franco Testore lui offre une copie de sa reproduction « techniquement parfaite » du Saint Suaire suite à de la Biennale de Chianciano.

Fin de vie :

Carlo Maria Martini est décédé le 31 août 2012, à l’âge de 85 ans, à Gallarate, une ville située dans la région de Lombardie, en Italie.

Références :

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