Une copie du Saint Suaire conservée et vénérée dans l’église de l’Hôpital du Castillo de Garcimuñoz a été étudié par César Barta et Alfonso Carrascosa en 2012.

Présentation en Vidéo.
Le film El Santo Sudario y su historia en el Castillo de Garcimuñoz de Gérardo Valero Marquina (2023) explore l’histoire de la copie du Saint Suaire conservée dans ce château, en retraçant son parcours à travers les siècles et son importance dans le patrimoine local.
Description :
Cette copie du Saint Suaire est une représentation fidèle du corps de Jésus-Christ, imprimée sur une toile . Elle présente les caractéristiques classiques du Saint Suaire de Turin, avec une image frontale et une image dorsale du corps de Jésus.

Les dimensions exactes de la toile sont de 4,425 m de longueur et 1,137 cm . Chaque image du corps mesure 113.7 cm de hauteur.

Les images auxquelles nous accédons à ce jour manquent de précision, mais nous pouvons distinguer les motifs des tâches de brulure suite à l’incendie de Chambéry en 1532/
Dans l’article de 2012, nous avons accès à une image plus détaillée du visage.

Les blessures spécifiques associées à la Passion sont clairement représentées : les stigmates aux pieds et aux mains, attachées selon la représentation typique, la couronne d’épines, ainsi que les marques des flagellations sur l’ensemble du corps.

La couleur des images est décrite comme celle du sang décoloré, évoquant un effet de fabrication au fil du temps, typique des copies anciennes. La toile elle-même présente une teinte de canne, un indicateur possible de l’ancienneté du tissu ou des conditions environnementales dans lesquelles elle a été conservée.
Autour des images sacrées, de grandes taches et des réparations visibles sont présentes, témoignant des siècles de vénération et de conservation de la relique.

Une inscription en latin sur le côté de la toile atteste de l’authenticité de la copie, avec l’indication : *EXTRACTUS EX ORIGINALI TAURINI. ANNO 1640*, ce qui signifie que cette copie a été réalisée d’après l’original conservé à Turin en 1640.

Conservation – Documents.
La relique est soigneusement conservée dans une double boîte, la première étant en cuivre pour une protection extérieure, tandis que l’intérieur est constitué d’une boîte en bois recouverte de velours. Une petite boîte à l’intérieur contient les documents d’authenticité, essentiels pour valider l’origine et la consécration de cette copie comme un objet de dévotion.

L’histoire de cette copie est documentée dans un ensemble de sources qui certifie son authenticité et son origine. Le premier document clé provient de Don Enrique Pimentel, Évêque de Cuenca et membre du Conseil d’État de Sa Majesté. En date du 14 avril 1642, Pimentel atteste que Don Alonso Francisco de Villamayor a rapporté cette copie du Saint Suaire de la ville de Turin. Don Alonso s’était rendu à Turin pour affaires militaires en 1640 au service du Duc de Savoie et, motivé par une grande dévotion, a obtenu cette copie de la taille entière, en longueur et en largeur, de l’original du Saint Suaire. Don Alonso était le frère de D. Andrés de Villamayor (1604 — après 1683), l’archiprêtre du Castillo de Garcimuñoz, ( Juan Luis Sánchez )

Par ailleurs, selon l’historien local de Madrid, M. Juan Luis Sánchez , « cette copie doit avoir été exécutée entre septembre 1639 et fin avril 1640 » en s’appuyant sur l’histoire militaire de la ville;: et cette copie a été touchée et enregistrée directement sur le Suaire original conservé à Turin, ce qui est confirmé par des témoins et des certificats officiels.
Parmi ces témoignages, on retrouve celui de Don Fausto Capacello, Archevêque de Santa Severina et Nonce Apostolique de Sa Sainteté dans les États de Savoie, qui a rédigé un certificat le 19 août 1640 à Turin, attestant de l’exactitude de la copie. Ce certificat, signé de sa propre main et scellé, est contresigné par Don Francisco Bernardi, secrétaire de l’Archevêque. Les sources se trouvent probablement aux Archives provinciales de Cuenca
Un deuxième document, daté du 18 mai 1808 et signé par l’Évêque de Cuenca, Mgr Ramón Falcón y Salcedo (1803-1826) confirme l’authenticité continue de cette copie. Il stipule que la toile a été touchée au Suaire original et autorise sa vénération publique.
Analyses scientifiques
En 2012 César Barta et Alfonso V. Carrascosa, chercheurs pour le du Centre Espagnol de Sindonologie de Madrid ont publié leur rapport aprés avoir analysé plusieurs copies anciennes du Suaire de Turin, dont celle de Castillo de Garcimunoz, pour évaluer si l’original aurait pu être fabriqué par un artiste.
Le tissu de certaines copies a été rapiécé, comme c’est le cas de la copie du Castillo de Garcimuñoz, qui présente les rapiéçages de l’incendie de 1532 dessinés dessus, mais curieusement aussi d’autres véritables rapiéçages dus aux dommages subis au cours de sa propre histoire.

En comparant les copies avec l’original, les auteurs soulignent des différences fondamentales : la négativité de l’image, l’absence de contours, et la transparence de l’image sur le Suaire de Turin, caractéristiques absentes des copies peintes. De plus, les analyses révèlent la présence de pigments dans les copies, tandis qu’aucune substance ajoutée n’est détectée sur l’original, comme l’ont notamment démontré Adler et Heller dans leurs travaux. Ces distinctions permettraient d’exclure l’idée que le Suaire de Turin soit une œuvre picturale, car les propriétés uniques de l’image – notamment sa nature tridimensionnelle et l’absence de traces de pinceaux ou de pigments – suggèrent un mode de formation que la science actuelle ne parvient pas encore à expliquer pleinement.
La caractéristique la plus évidente et simple qui distingue l’original du Saint Suaire des copies peintes du Saint Suaire est que la photographie à contre-jour révèle des propriétés différentes par transparence.
En effet, en 1978, lors des journées d’observation, le STURP a pris des photos du Suaire par transparence. Les taches de sang étaient clairement visibles, car la substance présente sur le tissu bloque le passage de la lumière et crée une ombre sombre. Cependant, par transparence, il n’y avait aucune silhouette pour l’image du corps, indiquant. L’empreinte du corps n’apparaît pas sous l’éclairage par transparence sur l’original du Suaire.
En revanche, sur les copies peintes, les substance ajoutées au tissu créent une ombre et la silhouette de l’image est visible comme le montre l’analyse de Carta et Carrascosa.
références
- Léone Domenico (1959 ) El Santo Sudario en Espana Biblioteca Sindononia n°8 Barcelona 1959
- Barta, C. et Carrascosa, A. (30 juillet 2012). Copies de Noalejo .Recherche scientifique et essais Copias de Noalejo (academicjournals.org)
- Sindone.altervista.org (n.d.). La copie della sindone : Elenco in ordine cronologico.
- Romero, M. (30 mars 2021). La Sábana Santa et le Castillo de Garcimuñoz : Un symbole éternel
- Sánchez, J. L. (2020 circa). Los Villamayor del Castillo de Garcimuñoz. Asociación Infante Don Juan Manuel de Castillo de Garcimuñoz.
- Sánchez, J. L. (2020 circa). Alonso de Villamayor et Vivero. maestre de campo de infantería española, natural del Castillo de Garcimuñoz. Asociación Infante Don Juan Manuel de Castillo de Garcimuñoz. ( voir aussi ici )
- Valero Marquina, G. (2023, 20 septembre). El Santo Sudario y su historia en el Castillo de Garcimuñoz (Vidéo )
Article et recherche documentaire : Monique Cuer.
Relecture : Sylvain Bourgois