Clement VII

Le pape d’Avignon et le Saint Suaire de Lirey

Clément VII, né Robert de Genève vers 1342, est issu de la maison des comtes de Genève. Évêque de Thérouanne puis de Cambrai, il devient cardinal en 1371.

Le 20 septembre 1378, une partie du collège cardinalice l’élit pape contre Urbain VI, ouvrant le Grand Schisme d’Occident. 1 Il établit sa cour à Avignon et y demeure jusqu’à sa mort, le 16 septembre 1394. Dans l’historiographie actuelle, il est généralement qualifié d’antipape.

Clément VII et le Suaire de Lirey

Clément VII intervient directement dans le conflit qui oppose en 1389 l’évêque de Troyes Pierre d’Arcis aux chanoines de Lirey et à Geoffroy II de Charny.

Un premier acte pontifical est daté du 28 juillet 1389. L’affaire s’intensifie ensuite : ordre de Charles VI du 4 août, tentative de saisie conduite par Jean de Venderesse le 15 août, puis mémorandum de Pierre d’Arcis adressé à Clément VII.

Le 6 janvier 1390, Clément VII promulgue plusieurs lettres qui organisent les futures ostensions. Le tissu peut être montré, mais les personnes chargées de l’exposition doivent déclarer publiquement qu’il ne s’agit pas du véritable suaire du Christ, mais d’une figure ou représentation de celui-ci. Le pape accorde néanmoins des indulgences aux fidèles visitant la collégiale.

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De nouvelles lettres sont émises le 1er juin 1390, confirmant le règlement de l’affaire.

Intérêt historique

Les actes de Clément VII sont essentiels pour comprendre le statut du Suaire à la fin du XIVe siècle. Ils montrent que la relique est déjà suffisamment célèbre pour provoquer un conflit entre le chapitre de Lirey, l’évêque de Troyes, le pouvoir royal et finalement la papauté d’Avignon.

Ils doivent cependant être lus dans leur contexte : Clément VII ne procède pas lui-même à une expertise matérielle du tissu. Ses décisions répondent à un litige ecclésiastique et juridique dont les différentes parties lui transmettent des versions concurrentes

Références

  • Clément VII. (1389, 28 juillet). Acte pontifical relatif à la collégiale de Lirey et aux ostensions du Suaire. Texte édité dans Chevalier (1903).
  • Clément VII. (1390, 6 janvier). Lettres pontificales relatives au Suaire de Lirey. Textes édités dans Chevalier (1900, 1903).
  • Clément VII. (1390, 1er juin). Lettres pontificales relatives à l’affaire de Lirey. Texte édité dans Chevalier (1903).
  • Chevalier, U. (1900). Étude critique sur l’origine du St Suaire de Lirey-Chambéry-Turin. Alphonse Picard et fils.
  • Chevalier, U. (1903). Autour des origines du Suaire de Lirey, avec documents inédits. Alphonse Picard et fils.
  • Saxer, V. (1990). Le Suaire de Turin aux prises avec l’histoire. Revue d’histoire de l’Église de France, 76(196), 21–55.
  • Poulle, E. (2006). Le linceul de Turin victime d’Ulysse Chevalier. Revue d’histoire de l’Église de France, 92(229), 343–358.
— Notes —
  1. Le Grand Schisme d’Occident (1378–1417). À la mort de Grégoire XI en 1378, l’élection d’Urbain VI à Rome est contestée par une partie des cardinaux, qui élisent Clément VII le 20 septembre 1378. Deux obédiences rivales se constituent alors, l’une à Rome, l’autre à Avignon, soutenue notamment par le royaume de France. Le schisme perdure jusqu’à l’élection de Martin V en 1417, lors du concile de Constance.[↩]
  2. La position de Clément VII est donc plus nuancée qu’une simple interdiction du culte : il autorise les ostensions tout en imposant une formulation destinée à encadrer leur interprétation.[↩]

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