Saint Suaire de Compiègne

Le Saint Suaire de Compiègne, également appelé Saint Suaire de Saint-Corneille, fut pendant plusieurs siècles l’une des principales reliques de l’ancienne abbaye Saint-Corneille de Compiègne.

Son intérêt historique est considérable : son culte est certainement attesté dès 1092, près de trois siècles avant l’apparition documentée du Suaire de Lirey-Turin au XIVe siècle. Une tradition médiévale plus ancienne encore attribue son arrivée à Charles le Chauve en 876-877 et le rattache au trésor de Charlemagne à Aix-la-Chapelle.

Peut-on remonter plus loin ? Charlemagne aurait-il lui-même reçu ce linge vers l’an 800 comme le rapport les Annales regni Francorum ( 829 ) ? Comment peut-on déterminer s’il s’agissait d’une ancienne copie du Saint Suaire alors conservé en Orient ?

À ce jour, aucun document ne permet de le démontrer. Mais plusieurs éléments historiques permettent de reconstruire progressivement la formation de cette tradition et d’en mesurer la vraisemblance.

L’histoire du Saint Suaire de Compiègne est particulièrement intéressante parce que son culte est attesté bien avant l’apparition documentée du Suaire de Lirey-Turin et qu’on peut faire l’hypothèse d’une copie produite avant 1204 ( pillage de Constantinople ) sans que les circonstances puissent être élucidées.

Église Saint-Corneille de Compiègne, XVIIIᵉ siècle. 1

L’abbaye Saint-Corneille de Compiègne

Fondée à Compiègne en 877 par Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, sous le vocable de Sainte-Marie, Saint-Corneille fut d’abord une église palatine étroitement liée à la monarchie carolingienne. Le successeur de Charles, Louis II le Bègue, y fut sacré dès 877.

Charles le Chauve dota richement sa nouvelle fondation. Son diplôme du 5 mai 877 y établit cent clercs et lui attribue d’importants biens, des ornements précieux et de nombreuses reliques. 2

L’établissement devint ensuite un important sanctuaire de pèlerinage, possédant notamment les reliques des saints Corneille et Cyprien, le Voile de la Vierge et le Saint Suaire. Réorganisé en abbaye bénédictine en 1150 sous Louis VII, Saint-Corneille demeura pendant plusieurs siècles l’un des principaux centres religieux de Compiègne.

La Révolution entraîna la suppression brutale de la communauté en 1790, puis la dispersion de ses biens et la disparition progressive de l’abbatiale. mais une partie du cloître Saint-Corneille subsiste aujourd’hui. 3

1092 : la première attestation certaine du Saint Suaire

Le premier jalon documentaire particulièrement solide apparaît le 7 mars 1092. Un acte du roi Philippe Ier commémore explicitement la translation de la relique du Saint Suaire et ordonne que cette fête soit célébrée chaque année le quatrième dimanche de Carême. Une foire de trois jours est également associée à la célébration. 5

Mise au tombeau de Jésus-Christ. 1684- 6

Selon la tradition conservée à Saint-Corneille, le linge aurait alors été retiré d’un reliquaire d’ivoire pour être placé dans une châsse d’or ornée de pierres précieuses. 7

La célébration donna naissance à la foire de la Mi-Carême de Compiègne. Un Hôtel de Jérusalem, situé à proximité de Saint-Corneille, accueillait également les pèlerins venus vénérer la relique.

À la fin du XIe siècle, l’existence du culte ne relève donc plus d’une simple tradition.

Le point de repère essentiel est le suivant : 877 constitue la date traditionnelle de l’arrivée du Suaire à Compiègne ; 1092 constitue sa première attestation documentaire véritablement solide.

La tradition du Transfert d’Aix-la-Chapelle à Compiègne

La question devient alors : d’où les religieux de Saint-Corneille pensaient-ils que leur Suaire provenait ?

Selon la tradition médiévale, il aurait appartenu au trésor de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, avant d’être transmis à Charles le Chauve puis déposé à Compiègne.

Compiègne occupait déjà sous Louis le Pieux (814-840). une place importante dans la géographie du pouvoir carolingien. 8

Ensuite, Charles le Chauve, fils de Louis le Pieux, après son couronnement impérial à Rome à Noël 875, tente encore en 876 de reprendre Aix-la-Chapelle après la mort de Louis le Germanique. 10 Il développe simultanément à Compiègne un nouveau centre palatial et religieux. Sa chapelle Sainte-Marie, construite sur le modèle de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle, est solennellement dédiée le 5 mai 877. Charles le Chauve la dote richement de biens et d’objets liturgiques ; plusieurs traditions et sources postérieures lui attribuent également un important ensemble de reliques. 11

[ Légende — principaux lieux carolingiens, par ordre chronologique :
🟣 Saint-Denis (775) — basilique royale et sanctuaire de reliques · 🔵 Aix-la-Chapelle (806-822) — centre impérial de Charlemagne et Louis le Pieux · 🟢 Compiègne (814-840 ; 830 et 833) — palais royal et grandes assemblées politiques · 🟡 Nimègue (830) — rétablissement de l’autorité de Louis · 🟠 Colmar (833) — « Champ du Mensonge » · 🔴 Reims (833) — rôle de l’archevêque Ebbon · ⚫ Soissons (833) — pénitence publique de Louis à Saint-Médard. ]

Dans son étude de 1904, Émile Morel rassemble plusieurs textes médiévaux relatant la tradition dTransfert d’Aix-la-Chapelle à Compiègne. : un ancien manuscrit de Saint-Germain-des-Prés, les Grandes Chroniques de Saint-Denis, la chronique d’Hélinand de Froidmont, le Speculum historiale de Vincent de Beauvais et la chronique de Philippe Mouskès. 12

La chronique d’Hélinand fournit une formulation particulièrement explicite. Après avoir rapporté que Charles le Chauve apporta à Saint-Denis des épines de la Couronne, un clou et du bois de la Croix, elle précise :

Sudarium autem apud Compendium reliquit.

« Quant au Suaire, il le laissa à Compiègne. » 13

Morel reproduit également un récit médiéval de la tradition de Saint-Corneille décrivant le transport du Saint Suaire de Notre-Dame d’Aix-la-Chapelle à Compiègne, événement attribué à l’année 876.
14

Charles le Chauve (Bibliothèque nationale de France, Latin 5411, fol. 85v)

L’encadrement du culte du Saint-Suaire aux XVe-XVIIe siècles

À partir de la fin du XVe siècle, le dossier réuni par Émile Morel montre que le culte du Saint-Suaire de Compiègne n’est plus seulement une tradition monastique : il est désormais organisé, contrôlé et publiquement reconnu. Alors que le Suaire de Turin est à Chambéry depuis 1453, en 1485, une confrérie du « benoist Saint Suaire de N.-S. J.-C. » est instituée dans l’église Saint-Corneille, signe d’un culte déjà suffisamment structuré pour rassembler durablement des fidèles autour de la relique. 15

Le 21 octobre 1516, la châsse du Saint-Suaire est solennellement ouverte. Morel reproduit le document relatif à cette ouverture sur plusieurs pages, ce qui donne à cet épisode une valeur documentaire particulière 16 La période voit la contestation par Luther ( 1517 ) des indulgences et des reliques, notamment les dérives associées à ces pratiques. 17 En 1519, le culte reçoit en outre une confirmation royale : François Ier autorise les religieux de Saint-Corneille à exposer le Saint-Suaire à la vénération des fidèles deux fois par an. Cette décision montre que les ostensions sont désormais intégrées à un dispositif public et réglementé, auquel le pouvoir monarchique apporte son approbation. 18

Cette reconnaissance est renforcée en 1536 lorsque Louis de Bourbon, cardinal et abbé de Saint-Corneille, accorde cent jours d’indulgence aux fidèles assistant aux offices dans l’église abbatiale. Le Suaire s’inscrit ainsi pleinement dans l’économie spirituelle du sanctuaire : pèlerinage, offices, indulgences et exposition de la relique participent d’un même système dévotionnel. 19

Après les troubles religieux liés aux guerres de religion du XVIe siècle, la continuité du culte est encore confirmée en 1601 : Henri IV renouvelle l’autorisation d’exposer le Saint-Suaire à la vénération publique. 20

Enfin, le 14 août 1628, une nouvelle ouverture de la châsse d’or fait l’objet d’un procès-verbal et montre qu’au XVIIe siècle le Saint-Suaire est encore conservé comme un objet matériel identifiable, placé dans un reliquaire précieux et soumis à des ouvertures solennelles et contrôlées. 21

L’apparence du Suaire de Compiègne ?

Un « linceul » et non simplement un petit suaire de tête

Le vocabulaire employé à propos de la relique est particulièrement intéressant.

Les sources utilisent notamment les termes sindon, linteamen et Saint Suaire. Cette hésitation terminologique est importante : au Moyen Âge, les mots désignant les linges funéraires du Christ ne correspondent pas nécessairement aux distinctions modernes entre suaire de tête et grand linceul. 22

Carles ( 1875 ) décrit le Suaire de Compiègne comme un : « linceul blanc de douze pieds de long sur quatre de large », appelé Sindon Domini. 23 sans vraiment citer ses sources. Douze pieds français correspondent approximativement à 3,90 m, et quatre pieds à environ 1,30 m.

Il s’agirait donc d’un grand linge de dimensions proches de celles du Saint Suaire de Turin.

le Suaire de Compiègne portait-il l’Effigie de Jésus ?

Les descriptions retrouvées présentent le linge de Compiègne comme blanc, il est difficile de lui attribuer aucune empreinte corporelle comparable à celle du Suaire de Turin. Le Suaire de Compiègne ne pourrait donc pas, en l’état actuel de la documentation, être classé comme une copie figurée du Suaire de Turin. Il appartient plutôt à la catégorie plus ancienne des linges revendiqués comme reliques originales de l’ensevelissement du Christ.

Cette distinction est d’autant plus importante que son culte est documenté en 1092, soit près de trois siècles avant l’apparition certaine du Suaire de Lirey au XIVᵉ siècle. 22

La Croix et l’ermitage du « Saint-Signe » lié au Suaire de Compiègne ?

Une seconde tradition locale reliait le Suaire ( est-ce le même ) à un lieu situé en bordure de la forêt de Compiègne : la Croix du Saint-Signe.

Selon Dom Jacques Langellée, dans son Histoire du Saint Suaire de Compiègne rédigée en 1684, le clergé et les habitants seraient venus accueillir le Suaire à cet endroit lors de son arrivée supposée en 876-877.

Une croix, puis une chapelle et un ermitage auraient commémoré cet événement. 24La documentation ne permet toutefois pas de faire remonter cette construction au IXᵉ siècle. La première mention connue de la Croix du Saint-Signe n’apparaît que beaucoup plus tard, dans les comptes municipaux de 1453. Le rapprochement traditionnel entre le mot « Signe » et sindon — le terme latin ou grec désignant le linge — est séduisant mais doit donc être présenté comme une interprétation traditionnelle et non comme une preuve de l’ancienneté du sanctuaire. 25 Un témoignage particulièrement intéressant apparaît dans le Mercure galant de mars 1687.

À propos d’une cérémonie organisée à l’ermitage du Saint-Signe, le journal indique que ce lieu était remarquable parce qu’on y conservait : « une partie du Saint Suaire » attribué à Charles le Chauve. 26

Cette mention mérite attention : elle suggère qu’à la fin du XVIIᵉ siècle un fragment ou une portion associée au Suaire pouvait être conservé hors de l’abbaye, dans la chapelle du Saint-Signe.

Il faudrait rechercher dans les inventaires de Saint-Corneille si cette « partie » était considérée comme un véritable fragment découpé du grand linge ou comme une relique distincte mise en contact avec lui.

La disparition pendant la Révolution

La fin du Suaire est moins bien documentée que son culte. Un élément paraît relativement solide : le Saint Suaire figure encore dans un inventaire daté du 5 octobre 1792. Il s’agit actuellement de la dernière attestation précise retrouvée de sa présence à Saint-Corneille.

L’abbaye est ensuite profanée et pillée pendant la Révolution.

Plusieurs récits indiquent que le Suaire aurait été détruit ou brûlé en 1793. Une tradition locale situe notamment sa destruction pendant les événements révolutionnaires touchant Saint-Corneille. 27

Cependant, faute de procès-verbal de destruction clairement identifié, la formulation la plus prudente reste :

Le Saint Suaire de Compiègne est encore attesté le 5 octobre 1792 et disparaît pendant les événements révolutionnaires de 1793 ; les circonstances exactes de sa destruction demeurent incertaines.

Une tradition beaucoup plus tardive prétend qu’il aurait survécu jusqu’en 1840 avant d’être accidentellement détruit lors d’un lavage. Cette version est difficile à concilier avec la documentation révolutionnaire et ne paraît pas suffisamment étayée pour être retenue comme fait historique.

Conclusion provisoire :

Pour l’étude des copies anciennes, sa valeur est néanmoins considérable : l’existence au XIᵉ siècle en Occident d’un grand linceul blanc d’environ quatre mètres sur un mètre trente, explicitement désigné comme Sindon Domini, constitue un élément historique qui mérite d’être comparé aux autres traditions textiles médiévales de Cadouin, Besançon, Cahors, Oviedo et, plus tard, Lirey-Turin.

Bibliographie — ordre chronologique

  • Anonyme ( vers 829 ) – Annales regni Francorum. (source carolingienne couvrant les années 741-829.)
  • Philippe Ier. (1092, 7 mars). Acte concernant la translation du Saint Suaire de Saint-Corneille de Compiègne et la foire de la Mi-Carême. Édité dans Prou, M., & d’Arbois de Jubainville, H. (1908), Recueil des actes de Philippe Ier, roi de France (1059-1108), no 26.
  • Vincent de Beauvais. (XIIIe siècle). Speculum historiale. [Passage sur Charlemagne et les reliques, reproduit par Morel, 1904, pp. 172-174]. Notice BnF du Speculum historiale
  • Mouskès, P. (XIIIe siècle). Chronique rimée. Édition : Reiffenberg, F.-A.-F.-T. de (Éd.). (1836-1845). Chronique rimée de Philippe Mouskes, évêque de Tournay au treizième siècle (3 vols.). Bruxelles : Hayez.
  • Grandes Chroniques de France. (XIIIe-XIVe siècles). Passages relatifs à Charlemagne et à la translation des reliques à Aix, Saint-Denis et Compiègne. Reproduits dans Morel, 1904, pp. 163-171.
  • Langellé, J. (1684). Histoire du S. Suaire de Compiègne. Paris : Jean-Baptiste Coignard.
  • Langellée, J. (1684). Histoire du Saint Suaire de Compiègne [Manuscrit]. Bibliothèque de Compiègne, fonds de la Société historique de Compiègne, SHC 8.
  • Mercure galant. (1687, mars). Relation des cérémonies à la chapelle de l’ermitage de la Croix du Saint-Signe, pp. 106-108.
  • Tavernier de Jonquières. (XVIIIᵉ siècle). Église de Saint-Corneille à Compiègne [Dessin]. Bibliothèque nationale de France, Gallica. Notice et image sur Gallica
  • Carles, A. (1875). Histoire du Saint Suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ conservé dans l’ancienne église abbatiale de Cadouin, en Périgord, et de tous les autres linges funèbres du Sauveur. Paris : Poussielgue Frères.
  • Rauschen, G. (1890). Die Legende Karls des Grossen im 11. und 12. Jahrhundert. Leipzig, pp. 120-124.
  • Kurze, F. (Éd.). (1895). Annales regni Francorum. Hannover : Hahn, p. 112 (source carolingienne couvrant les années 741-829.)
  • Morel, É. (1904). Le Saint-Suaire de Saint-Corneille de Compiègne. Bulletin de la Société historique de Compiègne, 11, 109-210.
  • Société historique de Compiègne. (1904). Bulletin de la Société historique de Compiègne (t. 11). Compiègne : Société historique de Compiègne. Accéder au Bulletin B11 et à ses documents numérisés
  • Morel, É. (1904). Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne (t. I, 877-1216). Montdidier.
  • Prou, M., & d’Arbois de Jubainville, H. (1908). Recueil des actes de Philippe Ier, roi de France (1059-1108). Paris : Imprimerie nationale.
  • Bédier, J. (1913). Les légendes épiques : Recherches sur la formation des chansons de geste (T. IV, notamment pp. 129-130). Honoré Champion.
  • Cotentin. (1935). Le Saint Suaire de Compiègne. Procès-verbaux de la Société historique de Compiègne, 37, 62-65.
  • Tessier, G. (Éd.). (1952). Recueil des actes de Charles II le Chauve, roi de France (T. II, no 425, pp. 451-453). Imprimerie nationale.
  • Bur, M. (1967). [Étude sur les palais carolingiens de l’Oise et de l’Aisne], Mémoires de la Fédération des Sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, 13, p. 51.
  • Vieillard-Troïekouroff, M. (1971). La chapelle du palais de Charles le Chauve à Compiègne. Cahiers archéologiques, 21, 89-108.
  • Durliat, M. (1972). La chapelle de Charles le Chauve au Palais de Compiègne. Bulletin monumental, 130(3), 240.
  • Vieillard-Troïekouroff, M. (1973). La chapelle impériale de Charles le Chauve à Compiègne. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1971, 49-51.
  • Depreux, P. (1986). Moines bénédictins et chanoines réformés au secours de Louis le Pieux (830-834). Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1986.
  • Lombard-Jourdan, A. (1987). Les foires de l’abbaye de Saint-Denis : revue des données et révision des opinions admises. Bibliothèque de l’École des chartes, 145(2), 273-338.
  • Petitjean, M. (1999). Compiègne. Revue archéologique de Picardie, numéro spécial 16, 157-165. https://doi.org/10.3406/pica.1999.2058
  • Dor, P. (2005). Les reliques de la Passion de l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne, suivi d’une étude sur les Saint-Suaire en Europe. Bulletin de la Société historique de Compiègne, 39, 51-70.
  • Sarzeaud, N. (2024). Des objets polymorphes : décrire la matérialité des saints Suaires du Moyen Âge à nos jours. Technè, 57, 86-95. https://doi.org/10.4000/12cw7
  • Sarzeaud, N. (2024). Les Suaires du Christ en Occident. Paris : Cerf.
  • Du Saussay, A. (1637). Martyrologium Gallicanum. Paris. [Elogium sancti Sudarii, repris dans Morel, 1904, p. 199].
-- Notes --
  1. Dessin de Tavernier de Jonquières. Bibliothèque nationale de France, Gallica.[↩]
  2. Tessier, 1952, no 425, pp. 451-453 ; Vieillard-Troïekouroff, 1971, pp. 89-108.[↩]
  3. Morel, É. (1904). Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne (t. I, 877-1216). Montdidier.

    Vieillard-Troïekouroff, M. (1973). La chapelle impériale de Charles le Chauve à Compiègne. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1971, 49–51.

    Musées de Compiègne. (s. d.). Musée du Cloître Saint-Corneille. Musée du Cloître Saint-Corneille [↩]

  4. Vestiges de l’ancienne abbaye qui conserva pendant plusieurs siècles le Saint Suaire de Compiègne et qui abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale Saint-Corneille. Photographie : P. Poschadel, 7 avril 2013, licence Creative Commons CC BY-SA 4.0 [↩]
  5. Philippe Ier, 1092 ; Prou & d’Arbois de Jubainville, 1908, no 26.[↩]
  6. Gravure placée en tête du chapitre I, « De la Sépulture de Jésus-Christ », dans Dom Jacques Langellé, Histoire du Saint Suaire de Compiègne, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1684, p. 1.[↩]
  7. Morel, 1904.[↩]
  8. Martine Petitjean souligne qu’à partir de son règne, « Compiègne redevient le palais le plus fréquenté des vallées de l’Oise et de l’Aisne ». Six diplômes de Louis y sont datés et les importantes assemblées politiques de 830 et 833 s’y déroulent. Petitjean, 1999, p. 157 ; Bur, 1967, p. 51.[↩]
  9.  Liber de laudibus Sanctæ Crucis, par Raban Maur. Codex Vaticanus Reginensis latinus 124 [↩]
  10. Durliat, 1972, p. 240.[↩]
  11. Acte de Charles le Chauve, Compiègne, 5 mai 877 ; Société historique de Compiègne.[↩]
  12. Morel, 1904, pp. 162-179 ; Rauschen, 1890, pp. 120-124.[↩]
  13. Morel, 1904, p. 171.[↩]
  14. Morel reproduit ce récit à la p. 180 sous le titre : « 876 – Comment le Saint Suaire a été apporté de Notre-Dame d’Aix-en-Allemagne, en l’église et monastère de Saint-Corneille de Compiègne ». La date 876 désigne l’événement relaté et ne doit pas être comprise comme la date de rédaction du texte. La tradition attribuant à Charles le Chauve le transfert du Suaire depuis le trésor carolingien d’Aix vers Compiègne est attestée dans la documentation médiévale de Saint-Corneille au plus tard à la fin du XIᵉ siècle ; un parchemin daté de 1092, relatif à la translation du Suaire, présente déjà la relique comme un don de Charles le Chauve. Le récit de la p. 180 doit donc être utilisé comme le témoignage d’une tradition médiévale structurée sur un événement supposé de 876, et non comme une source contemporaine du IXᵉ siècle. Morel, É. (1904). Le Saint-Suaire de Saint-Corneille de Compiègne. Bulletin de la Société historique de Compiègne, 11, p. 180 ; Bédier, J. (1913), pp. 129-130.[↩]
  15. Morel, 1904, p. 182. La confrérie constitue un indice important de l’enracinement local du culte à la fin du Moyen Âge : elle suppose une dévotion collective organisée, avec une reconnaissance ecclésiastique et des pratiques propres.[↩]
  16. Morel, 1904, pp. 184-187. Pour l’histoire matérielle du Suaire, ce type de procès-verbal ou de relation d’ouverture est beaucoup plus précieux que les traditions carolingiennes tardives : il atteste directement l’existence d’un objet cultuel conservé à Saint-Corneille à la date considérée.[↩]
  17. le 31 octobre 1517, Martin Luther diffuse ses 95 thèses sur les indulgences à Wittenberg. Leur contexte est directement lié aux reliques : l’église du château de Wittenberg abritait l’immense collection de reliques de l’électeur Frédéric le Sage, exposée aux fidèles lors de la Toussaint ; la vénération de ces reliques était associée à des indulgences [↩]
  18. Morel, 1904, pp. 188-189. .[↩]
  19. Morel, 1904, pp. 190-191. [↩]
  20. Morel, 1904, pp. 192-193. Le terme de « renouvellement » est significatif : il rattache explicitement l’acte d’Henri IV au privilège antérieur et traduit la volonté de maintenir juridiquement une pratique désormais ancienne.[↩]
  21. Morel, 1904, pp. 194-196. Pour une enquête critique, cette séquence 1485-1628 doit être distinguée des récits sur l’origine carolingienne : elle documente beaucoup plus directement la continuité institutionnelle et matérielle du culte, sans permettre pour autant de remonter par elle-même à l’origine de la relique.[↩]
  22. Sarzeaud, 2024[↩][↩]
  23. Carles, 1875, p. 132 [↩]
  24. Langellée, 1684[↩]
  25. Duterne, s.d.[↩]
  26. Mercure galant, 1687, pp. 106-108[↩]
  27. Morel, 1904 ; Duterne, s.d.[↩]

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