( déchets ) comment nous avons découvert les anomalies de la controverse … )
Préface : ( facultatif ) notre rôle d’accusateurs et de lanceur d’alerte + remerciements.
Introduction : Encore un Livre sur le Saint Suaire ?
questions / réponses pour nous situer
L’Annonce des Résultats de la Datation Médiévale du Saint Suaire …
Présentation de notre plan d’étude :
Reconstruction tridimensionnelle anatomique du corps à partir du Saint Suaire
en supposant désormais qu’une telle approche technique de l’empreinte thermique aie été employée, cela conduit à un autre défi artistique le plus exigeant : la nécessité de disposer d’ une représentation tridimensionnelle anatomique du corps obtenue en analysant la projection précise du Saint Suaire original. Pour obtenir une empreinte par effet thermique en chauffant une statue, il fallait d’abord modéliser précisément la forme du corps représenté sur le Saint Suaire. Or, la forme du corps est un mélange d’image obtenue par contact direct pour certaines parties du corps et d’empreintes moins précises obtenue par une action à distance ( probablement par vapographie ammoniacale ) Cette modélisation nécessitait une représentation tridimensionnelle anatomique, afin de reproduire fidèlement les reliefs du corps et garantir une projection cohérente de l’image sur le tissu. Sans cette étape, l’empreinte obtenue risquait d’être déformée ou anatomiquement incorrecte.
Nous mettons en avant le caractère très exceptionnel du sculpteur italien Lorenzo Ferri.
Il s’agissait aussi de reproduire des propriétés crédibles pour les taches de sang, respectant avec rigueur les traces du saint suaire et leur cohérence avec l’empreinte du corps et du visage. Le fait que les motifs sur la copie apocryphe étaient tronqués s’expliquent selon nous par l’utilisation d’un plaque de soie sensibilisée avec de la gélatine et iodure d’argent déjà révélée avec l’original de Secondo Pia. Ce procédé permettait d’obtenir exigences anatomiques et physiologiques, mais aussi en utilisant du vrai sang. Il fallait parvenir à reproduire précisément les taches de sang artériel et les taches de sang veineux avec des sérosités qu’on observe sur la relique. Nous mettons en lumière que l’apparition d’un anti-coagulant comme le citrate de sodium permettait de conserver du sang artériel. Par ailleurs, l’obtention de sang veineux et de plasma n’étaient guère des difficultés.
Le traitement de la toile, de l’empreinte et des taches de sang par différents procédés étaient envisageables. . La technique d’un frottement doux semble avoir été utilisée et le lavage d’une partie du drap au moyen de sueur diluée. Et aussi un lavage en d’autres zones avec des solutions à diverses concentration d’acide sulfurique dans l’eau.
Il était également essentiel d’utiliser un tissu ancien dont le tissage et l’apparence générale correspondaient à ceux du Saint Suaire, tout en intégrant également des toiles similaires à celles employées par les Sœurs Clarisses en 1534 pour restaurer l’original après l’incendie de 1532. L’étude des textiles anciens, et en particulier du tissage du lin, constitue un domaine bien documenté en archéologie textile. Toutefois, identifier un tissu présentant un tissage en chevrons comparable à celui du Suaire représentait un défi supplémentaire, tant en raison de la rareté de cette technique que des contraintes liées à la datation et à la conservation du matériau.
Nous sommes persuadés qu’un longue et difficile processus de recherche et développement fut nécessaire pour développer une approche technique fiable permettant de passer d’essais concluant au traitement long et complexe d’un textile ancien.
Sixième Partie :
Profil des Faussaires ?
La complexité des démarches a nécessité selon nous un processus complexe et itératif pour copier ou de reproduire un objet complexe présentant des caractéristiques spécifiques et posant des défis autant théoriques que d’ingénierie. Nous sommes convaincus que fut nécessaire une étroite et savante collaboration entre des médecins, des sculpteurs, des ingénieurs notamment des mécaniciens, des électrotechniciens, des chimistes, des photographes, des spécialistes des textiles anciens, des archéologues, etc …
Ce processus a été décomposé en plusieurs cycles de recherche et développement, chacun de ces cycles opérant de façon indépendante et simultanée, en ayant ses propres objectifs, méthodologies et défis, et impliquant de nombreuses équipes d’artistes, de chercheurs et d’ingénieurs, mais aussi d’historiens et d’archéologues travaillant de manière autonome ou collaborative selon les besoins.
Nous sommes conscients que le caractère coordonnée et transdisciplinaire de cette démarche pose la question de documenter des indices et des preuves de telles démarches. Et nous avons quelques indices documentaires et quelques hypothèses spéculatives pour localiser, identifier et désigner des suspects éventuels. Notamment en analysant et en interrogeant notamment les indices diffus et les relations entre différents acteurs des Commission Pellegrino de 1969 et 1973.
Malgré les problèmes éthiques et criminologiques soulevés par une telle démarche, force est d’avouer qu’il s’agit d’un défi pour l’intelligence et pour l’art. Les témoignages indirects ont trahi selon nous la fierté de certains acteurs.
Nous sommes convaincus que les démarches principales du procédé technique peuvent être reconstituées non seulement hypothétiquement a priori, comme documentées par certaines anomalies subtiles parmi les caractéristiques matérielles étudiées lors des analyses de la commission Pellegrino (1969-1974), du STURP (1978) et de la datation au carbone 14 (1988). Cependant, une multiplicité de techniques a désorienté les spécialistes actuels, les techniciens s’acharnant à établir un seul mode d’explication du processus d’obtention de l’empreinte.
Ainsi, ee nombreuses polémiques ont émergé entre les savants et certains ont été rendus perplexes par différentes caractéristiques. La plus fameuse et la plus subtile à démêler étant celle initiée par les observations et les interprétations controversées du chimiste américain Walter Mc Crone qui avait décelé des traces infimes d’oxyde de fer. En insistant sur des hypothèses problématiques comme en prétendant qu’il s’agissait de pigments disponibles au Moyen Âge, Walter Mc Crone nous semble avoir mal interprété ses observations. En effet, le travail du Dr Alan Adler (1931-2000) et Dr John Heller (1921-1995) qui ont confirmé la présence de sang humain sur le Suaire et mis en évidence des traces de méthémoglobine, une forme oxydée de l’hémoglobine, et d’autres protéines sanguines. Pour expliquer les observations de Walter Mc Crone comme celles d’Adler et Heller, Nous pensons au contraire qu’un procédé sensiblement plus complexe mais semblable à celui proposé par le Dr Vittorio Pesce Delfino mettre en évident les procédés de fabrication de la copie apocryphe notamment par une empreinte de brûlure. Cependant, le procédé de fabrication du Dr Vittorio Pesce Delfino n’est pas assez complexe pour suffire à la production d’un objet aussi précis que la copie apocryphe. Nous proposerons un scénario bien plus élaboré et donc donnerons la liste des observations et des indices de la littérature scientifique sur le Saint Suaire permettant d’indiquer le type d’approche technique complexe et multi-procédé suivie. De telles affirmations forment alors des énoncés scientifiques à savoir des énoncés falsifiables qui pourront être vérifiées éventuellement par une liste d’ examens non destructifs que nous indiquerons.
Ces propositions hypothétiques pour définir et reconstituer le type d’approche technique complexe et multi-procédé suivie pour obtenir la copie apocryphe pourront s’avérer incomplètes ou partiellement inexactes mais nous fournissons ces propositions pour que l’évidence matérielle de la copie apocryphe devienne manifeste au delà des incertitudes sur le procédé de fabrication précis. Non seulement nos propositions sont formulées pour apporter un ancrage scientifique à nos thèses et donc la possibilité d’une vérification dans une démarche de police scientifiques. Mais ce sera également l’occasion stimuler la réflexion d’autres spécialistes du Saint Suaire pour réévaluer les données, éclairer les anomalies et les paradoxes par des hypothèses falsifiables et espérons-le préciser leurs interprétations. Il se trouve que les données scientifiques sur le Saint Suaire produites en 1978 et 1988 sont publiques et souvent bien archivées, notamment grâce aux efforts de MM. Barrie Schwortz, Joseph Marino ou encore Stephen Jones, et tant d’autres …
Non seulement, différentes caractéristiques observées sur la copie apocryphe indiquent clairement que la copie apocryphe peut s’interpréter par une radiation thermique ( image de brûlure ) et non par une radiation UV par décharge coronale, mais cette interprétation n’a pas été admise parce qu’elle remettait nécessairement en cause l’authenticité du Saint Suaire. Or, en clarifiant la fraude et en indiquant que c’est la copie apocryphe qui a été produite par une empreinte de brulure, nous levons un obstacle majeur pour trancher les débats sur l’origine de l’empreinte. Ces débats sont déterminés par la fraude qui interfère et rend contradictoire les données du problème. En effet, les arguments nombreux en faveur de l’authenticité du Saint Suaire original s’opposent à ce que l’empreinte s’explique par une radiation thermique. Si bien que les chercheurs de bonne foi ont été rendus perplexes par les observations pouvant indiquer une empreinte de brulure. Par ailleurs, les observations chimiques opérées sur la copie apocryphe en 1978 ont conduit à invalider la théorie de la vapographie ammoniacale puisqu’aucune trace significative de composés ammoniaqués ne furent décelés. Or, c’était une surprise car la théorie vapographique avait jusqu’à alors les faveurs du monde scientifique suite aux travaux de Vignon, de Judica Cordiglia ou encore de Romanese. Ainsi, par exemple à la veille des examens de 1978, John Jackson et Eric Jumper envisageaient de vérifier la théorie vapographique ammoniacale … avant d’abandonner cette théorie pour forger différentes approches plus difficiles à rendre cohérente 1 Désormais, pour concilier l’authenticité du saint suaire et les observations faites notamment en 1978, la théorie scientifique de la radiation UV par décharge coronale est assez problématique ( pour des considérations énergétiques ) mais encore soutenue par un grand nombre de chercheurs malgré tout.
Sixième Partie :
Les manipulations pour dissimuler la fraude :
De plus, au-delà des éléments factuels relatifs à la fraude elle-même, il a été essentiel de nous interroger sur les mécanismes mis en œuvre pour altérer la perception collective du Saint Suaire par la substitution progressive et intentionnelle d’une copie apocryphe subtilement modifiée. C’est pourquoi nous analyserons les stratégies employées pour imposer cette substitution et les répercussions de cette tromperie sur les recherches et débats contemporains.
Depuis la mise en circulation de la copie apocryphe en 1931 , de nombreuses démarches sont caractéristiques de la manipulations car elles ont été opérées pour dissimuler cette fraude criminelle. Nous mettrons en avant ce qui est caractéristique de la dissimulation intentionnelle de la fraude opérée par les responsables primaires de celle-ci mais par d’autres acteurs agissant comme complices, informés de la fraude en toute connaissance de cause. Ce qui est hélas constitutif d’une démarche criminelle. La connaissance de cette fraude et la dissimulation de celle-ci ont fait l’objet de nombreuses démarches conscientes qui ont impliqué de nombreuses personnes. Lorsque ces personnes seront décédées aujourd’hui, nous détaillerons l’identité de certaines personnes impliquées avec le plus d’évidence et le moins d’ambiguïté. Lorsque ces personnes seront vivantes aujourd’hui, nous ne dévoilerons pas leur identité, non seulement pour des raisons juridiques, mais pour leur donner l’occasion d’avouer leur implication et de confesser leurs fautes pour soulager leur conscience. Nous avons ressenti bien souvent comme le poids d’un tel secret fut douloureux à porter pour certains acteurs et comme il fut difficile de rompre une loyauté pourtant toxique. Nous illustrerons cela avec le cas du cardinal Anastasio Ballestrero dont les déclarations indiquent une volonté de révéler une fraude dont il avait hérité peut être à son corps défendant.
Bref, nous allons démontrer, par l’analyse des faits et des preuves disponibles que la fraude sur le Saint Suaire a été dissimulée de manière intentionnelle.
les motivations d’une telle fraude.
Ce qui nous conduit à une autre dimension de cette affaire. Pourquoi remplacer le Saint Suaire authentique par une copie apocryphe notamment entre 1898 et 1931 ? Ne s’agit-il pas d’un passage à l’acte criminel avec préméditation ? Pourquoi prendre de telles risques et pourquoi s’engager dans un défi artistique et technique à nulle autre pareil ? Mais alors, quels sont le sens et la fonction de la mise en circulation d’un « faux Saint Suaire » pour les responsables de cette forfaiture ? En particulier, peut-on préciser avec certitude quelle était l’intention imputable à la modification de l’apparence des motifs sanguins ? Toutes ces questions conduisent à interroger et à reconstituer les motivations d’une telle fraude.
Or cette dimension de l’affaire est également un aspect crucial qui conduit à un problème fondamental : dans quelle mesure le Saint Suaire s’il est authentique témoigne de la vérité historique de Jésus Christ ?
Comme nous venons de l’affirmer, nous établissions que l’apparence visuelle des taches de sang fut attenuée sur la copie apocryphe. Ce qui nous a conduit à des questionnements concrets et légitimes.
Dans quelle mesure la substitution du Saint Suaire authentique par une copie apocryphe entre 1898 et 1931 a-t-elle été motivée par la volonté des dignitaires de l’Église de préserver l’interprétation dogmatique de la vie et du message de Jésus ?
Quels intérêts précis les gardiens du dogme chrétien auraient-ils cherché à protéger en modifiant ou en dissimulant certaines caractéristiques originelles du Saint Suaire ?
Les altérations opérées sur le Saint Suaire résultent-elles d’une volonté délibérée de la hiérarchie ecclésiastique de contrôler les implications théologiques et historiques que son apparence authentique aurait pu soulever ?
Précisons que même en se basant sur l’apparence visuelle moins intense des taches de sang sur la copie apocryphe, la transformation de l’apparence visuelle n’a guère supprimé toutes les difficultés théoriques pour rendre compte de l’origine et des mécaniques du transfert très particulier des taches de sang. Plus précisément nous disons que le mystère du transfert du sang sur le Saint Suaire est moins manifeste à partir de l’altération visuelle des taches pour la copie apocryphe. Ainsi, dans quelle mesure l’apparence antérieure des motifs sanguins sur l’authentique Saint Suaire pouvait apparaître embarrassante, du fait qu’elle était potentiellement d’une discussion scientifique et finalement d’un certain type de scénarii médico-légaux problématiques ?
Nous serons donc tenus de donner une certaine consistance à l’hypothèse selon laquelle la motivation criminelle à l’œuvre pourrait prendre sons sens autour de la dissimulation de l’apparence originelle des motifs sanguins en tant que différents indices visibles sur le Saint Suaire authentique. Dans le cadre de cette introduction, nous fournirons seulement l’esquisse de cette élaboration théorique pour exposer la logique criminelle à l’œuvre. Ce qui nous conduit à un autre dimension majeure de l’étude du Saint Suaire : la possibilité d’une compréhension scientifique de la résurrection de Jésus.
L’analyse scientifique des traces laissées sur le linge et leur correspondance avec les descriptions de la crucifixion de Jésus dans les évangiles est un vaste domaine d’étude. Précisons pourquoi et de quelle manière de façon rapide.
En examinant les empreintes corporelles, les traces de sang et les marques de flagellation sur les photographies du Saint Suaire, les chercheurs tentent de reconstituer les souffrances subies lors du supplice, mais aussi de donner du sens aux témoignages sur une éventuelle « résurrection de Jésus ». Cette approche permet d’évaluer la compatibilité des blessures avec les récits évangéliques et les connaissances médicales modernes sur la crucifixion. Ainsi, l’étude du Suaire pourrait offrir un éclairage unique sur les aspects physiologiques et anatomiques de l’événement central du christianisme.
Or, comme différents chercheurs et notamment certains médecins le reconnaissent à la fin du XX ° siècle, il se trouve que les motifs sanguins observés sur le Saint Suaire sont un objet de réflexion fondamental. Si de nombreux aspects anatomiques et physiologiques font parfaitement sens pour la science médicale, fascinants de précision et de rigueur, les caractéristiques des taches de sang peuvent souvent poser question.
De nombreux problèmes existent autour des taches de sang sur le Saint Suaire ( et sur la copie apocryphe ! ), même si ces problèmes demeurent des problèmes de spécialistes, souvent simplifiés ou marginalisés lorsqu’ils sont relatés au grand public. Pourtant, nous montrerons que ces problèmes d’interprétation des taches de sang résistent substantiellement dans les approches théoriques courantes. C’est notamment le cas du problème du transfert du sang sur le Saint Suaire.
En effet, le problème du transfert du sang sur le Saint Suaire réside dans la manière dont les empreintes sanguines se sont déposées et conservées au moment où l’homme du Saint Suaire, c’est à dire Jésus, fut en contact avec le tissu. Ainsi, dès 1939, le docteur italien Giuseppe Caselli, médecin de Fossano détaille les mêmes questionnements dans une une intervention intitulée « Caractéristiques d’anomalie des empreintes du Saint Suaire : Leur possible relation avec la Résurrection du Christ » que « les taches de sang du Suaire présentent des particularités que nous ne sommes pas habitués à relever sur les toiles recouvrant des plaies ou des blessures saignantes. Elles sont d’une telle nature, netteté, fraîcheur et précision que quiconque a de l’expérience avec du sang de blessures ne peut qu’être fortement impressionné. ( …) » 2 )) Et le problème reste un problème ouvert à ce jour pour bien des raisons à détailler. Citons par exemple cet avis très éclairant de 1997 du Dr Jean Solas, chirurgien dentiste et notamment stomatologue français. Suite à une problématisation théorique très avancée et très exigeante du problème du transfert du sang sur le Saint Suaire, suite à des expériences et des recherches sur ces problèmes très précis, ce professeur honoraire de l’École Dentaire de Paris témoigne de sa profonde perplexité alors qu’il déclare que » ( … ) l’on constate que, dans l’état actuel de nos investigations, l’origine des traces de sang sur le Saint Suaire apparaît plus obscure que celle des images corporelles » 3
Autrement dit, si les problèmes pour expliquer logiquement l’empreinte du corps et du visage sur le linceul snt mieux connus et plus discutés, les problèmes pour rendre compte de l’apparence et de l’origine médicale ou médico-légale des taches de sang restent entiers. Nous rapporterons et analyserons que de nombreuses théories médicales conduisent à des difficultés pour proposer un scénario médical cohérent pour expliquer l’apparition de taches de sang présentant les caractéristiques précises qu’on peut observer sur les clichés du Saint Suaire ( ceux de 1898 comme ceux après 1931 ), notamment à cause des déductions contradictoires ou à la manifestation de certaines anomalies à propos des taches de sang.
dans quelle mesure la mise en circulation de la copie apocryphe est-elle la cause de telles difficultés ? dans quelle mesure l’altération visuelle des taches sur la copie apocryphe participe de la difficulté voire de la confusion dans le domaine de l’interprétation médicale ou médico-légale des taches de sang du Saint Suaire ?
En menant une analyse critique et contradictoire des observations et des réflexions de certains médecins, nous entrerons dans un ensemble de considérations et de débats importants autour de différentes hypothèses et de différentes anomalies relevées notamment par le Dr P. Barbet, le Dr. Giuseppe Caselli, le Dr W. B. Primrose, le Dr Jean Solas, mais aussi plus récemment par le Dr. Bernardo Hontilla Catalayud ou encore par le Dr. Amtul Razzaq Carmichael. Car nombre des différentes hypothèses médicales alternatives ayant émergé après 1931 procédaient de connaissances médicales parfaitement constituées entre 1898 et 1931, notamment au sujet de la des mécanismes physiologiques de la circulation sanguine et d’autres mécanismes post mortem. Ce qui signifie que les questionnements dont nous parlons étaient très probablement les mêmes pour des médecins qualifiés du début du XX ° siècle.
L’apparence visuelle – plus intense – des taches de sang sur le Saint Suaire original – permettait elle à plus forte raison de formuler plusieurs hypothèses médicales problématiques pour les commanditaires de la fraude ? De même, l’apparence visuelle – moins intense – des taches de sang sur la copie apocryphe permettait elle de marginaliser ou d’occulter le problème dans un dispositif altéré pour contrôler les débats scientifiques ?
Nous montrerons que les hypothèses médicales problématiques contredisaient des points essentiels de l’étude critique de la vie de Jésus non seulement à cette époque, mais encore actuellement. Non seulement, notre ouvrage suscitera des controverses à cause de la dénonciation d’une fraude criminelle, mais notre hypothèse sur le mobile sera également la source d’un vif débat.
En effet, selon certains experts, la présence de traces de sang en grande quantité et dans un état qui suggérerait une circulation sanguine postérieure à la crucifixion serait un indice que Jésus n’était pas totalement mort lorsqu’il fut enveloppé dans le Suaire. Normalement, un cadavre ne produit pas un tel afflux sanguin, à moins d’une intervention post-mortem particulière. ce qui ne semble pas être le cas d’après les témoignages ni d’après les rites funéraires juifs de l’époque.
Même aujourd’hui, les traductions contemporaines et l’interprétations dominante des témoignages évangéliques au sujet de la crucifixion et de la mise au tombeau de Jésus, mais aussi de la résurrection pourraient elles devoir être révisées grâce à l’examen éclairé – et non obstrué – du Saint Suaire ?
Une telle éventualité peut sembler improbable et peu nécessaire, sauf pour soutenir des thèses très hypothétique, n’est-ce pas ? Pourtant, si les vérités dogmatiques et les croyances communes à ce sujet se sont élaborées dans un long processus ayant débuté deux mille ans avant l’époque contemporaine, certaines compréhensions n’ont-elles pas manqué d’une pertinence nouvelle que la science médicale contemporaine pourrait apporter ? Les limites et les manques dans les connaissances médicales de l’Antiquité, ainsi que dans la compréhension des témoins — à l’origine pourtant de descriptions précises, comme dans l’Évangile de Jean (Jn 19,34), qui rapporte l’écoulement de sang et d’eau après le coup de lance infligé à Jésus — permettent-ils d’expliquer une certaine confusion à l’œuvre dans l’élaboration des dogmes canoniques sur la Passion du Christ ? L’absence de réactions de Jésus suite à l’intrusion brutale du fer de la lance est-elle nécessairement le signe absolu d’une mort cérébrale au sens moderne du terme ?
A ce propos, nous devons lever immédiatement une source de confusion sur notre discours critique à propos d’un autre épisode de la vie de Jésus. Le sujet est évidemment un sujet sensible, mais nous cherchons surtout à bien préciser dans l’esprit des lecteurs ce que notre discours critique n’est pas et cela pour mieux définir ce qu’il est. Et notamment pour ne pas laisser s’installer l’idée selon laquelle notre approche sceptique fonctionnerait autour d’une remise en question de la résurrection comme phénomène historique réel.
Certes, il est certain que les témoignages évangéliques sur la résurrection de Jésus demeurent a priori un phénomène douteux pour la science et pour le scepticisme méthodologique. Car ne s’agit-il pas alors d’un mystère si perturbant qu’il est logique de remettre en question a priori un retour à la vie d’origine miraculeuse ? A priori, le rationalisme scientifique ne s’inscrit il en faux contre la complaisance méthodologique envers un tel phénomène du fait qu’il est véhiculé par des opinions qui demeurent a priori des croyances religieuses, n’est-ce pas ? Comment croire qu’un phénomène de résurrection puisse être possible pour un esprit déterminé par l’exigence rationnelle scientifique et non par les mystères de la foi ?
Pourtant, à ce propos, on qualifie souvent le Saint Suaire de Turin d’être le « témoin de la résurrection ». nous précisons immédiatement que nous ne remettons pas en cause la réalité historique de la résurrection et que nous défendons la substance méthodologique et certaines des conclusions présentées par Gary Habermas lorsqu’elles sont compatibles avec nos propres conclusions. Cet éminent théologien et historien américain, est connu pour ses recherches approfondies sur la résurrection de Jésus-Christ. Quoique croyant chrétien, il a développé une approche dite des « faits minimaux » qui consiste à s’appuyer sur des données historiques largement acceptées par la communauté académique, y compris les chercheurs sceptiques, pour argumenter en faveur de la résurrection de Jésus. Cette méthode se concentre sur des éléments tels que la mort de Jésus par crucifixion, la découverte du tombeau vide rapportées par ses disciples, les apparitions de Jésus après la crucifixion à ses disciples, les preuves d’une enquête menée par les romains et par les prêtres juifs, la conversion de Paul, juif par sa culture familial, pourtant autrefois totalement hostile et sceptique envers l’hérésie du christianisme pour le judaïsme , etc … Habermas soutient que la meilleure explication de ces faits minimaux est la résurrection physique de Jésus, offrant ainsi une argumentation à la fois historique et rationnelle pour cet événement central du christianisme. 4
Outre son hygiène de vie et sa relation aux pratiques de soins corporels, il nous semble non strictement nécessaire de nous aventurer dans des hypothèses sur la méta-humanité de Jésus. Au contraire, nous adoptons une approche théorique plus sobre et plus rigoureuse, privilégiant des explications fondées sur les données les mieux étayées et évitant toute complexification inutile, conformément au principe de parcimonie. Nous proposons ainsi une théorisation qui, sans recourir à des spéculations sur une éventuelle méta-humanité de Jésus, permet d’expliquer scientifiquement la résurrection grâce à des arguments exégétiques, toxicologiques et médicaux inédits que nous esquissons plus bas. Nous avançons que les témoignages sur les apparitions de Jésus après la crucifixion à ses disciples pourraient s’expliquer par la présence physique ( et non symbolique ou surnaturelle ) de Jésus, donc par le fait à expliquer de son hypothétique survie à la crucifixion, torture pourtant mortelle dans la plupart des cas ?
Par ailleurs, même si notre démarche exclut tout argument extra-académique pour étayer l’idée d’une méta-humanité de Jésus, nous ne rejetons pas a priori les discussions philosophiques et scientifiques sur la nature matérielle et spirituelle de l’homme, ni sur l’influence d’une conscience transcendante sur la matière. Cependant, de telles interrogations dépassent le cadre méthodologique que nous avons choisi d’adopter ici. 5
Mais nous avons fait des observations nous ayant conduit à être très prudent envers la certitude consensuelle que Jésus serait nécessairement « mort sur la croix ». Et cela dans un cadre académique et dans une approche sceptique, nous montrerons que la plupart des chercheurs développent parfois leurs raisonnements médico-légaux sur la crucifixion de Jésus à partir d’une lecture peu critique des textes anciens qu’il convient d’interroger selon nous. Nous mettrons en avant que nous avons constaté et nous mettrons en évidence que, dans le discours de certains chercheurs souvent réputés, nombreux sont les raisonnements médicaux opérant autour d’un vice logique fondamental et non méthodologique. Ce vice logique fondamental est désigné en logique par l’expression « pétition de principe« .
Une pétition de principe est un raisonnement circulaire où la conclusion est déjà contenue, implicitement ou explicitement, dans les prémisses. Autrement dit, au lieu de démontrer une affirmation, on la suppose vraie dès le départ sans même interroger le caractère circulaire de son raisonnement. Du point de vue psychologique ( et épistémologique ), il se trouve alors qu’une composante implicite de notre réflexion paraît souvent si évidente qu’elle échappe à l’examen critique, compromettant ainsi l’analyse rigoureuse de la nécessité logique de nos postulats et de nos arguments. Une pétition de principe rend douteuse la validité d’un raisonnement pour justifier une thèse ( sans interdire non plus la possibilité que la thèse puisse malgré tout être valide ) puisque le cadre théorique procède de l’usage fautif d’un postulat discutable et non strictement nécessaire ( c’est à dire apodictique ) au cours des opérations logiques.
En pratique, nous développons notre démarche en observant en effet comment les théoriciens analysent les signes et indices matériels fascinants du Saint Suaire pour déterminer les causes de la mort de Jésus. La question a été féconde pour l’histoire de l’étude scientifique de la relique. Mais, malgré un certain nombre de raisons en faveur de la thèse de la mort de Jésus, est-ce légitime de ne pas envisager sérieusement la thèse de la survie de Jésus ?
Certes, les textes évangéliques et les épisodes même semblent indiquer clairement un décès de Jésus. Les épisodes de torture violente, les témoignages évangéliques précis expliquant que Jésus « rend l’esprit » semblent témoigner du décès de Jésus. De même, lorsque Joseph d’Arimanthie réclame le corps à Ponce Pilate en demandant à faire constater la mort par ses soldats, n’invoque-t-il pas l’exigence de pratique au plus vite des rites funéraires pour ne pas souiller la Terre Sainte la veille de Pessah ? Comment le sens apparent de cette démarche pourrait-il être compatible avec la survie de Jésus ? De plus, les soldats n’ont-ils pas transpercé le flanc de Jésus d’un coup de lance en faisant sortir du sang et de l’eau comme en témoignent autant l’évangile de Jean ( Jean (Jn 19,34), mais aussi et surtout les traces de sang au niveau du thorax de l’homme du Saint Suaire ? !
Pourtant, on lit rarement de démonstration cohérente que Jésus est mort sur la croix, du fait que dès la formulation du problème, la recherche s’oriente sur les causes de mort, mais en présupposent que Jésus est bien mort sur la croix, ce qui conditionne l’organisation logique de la démarche. En procédant ainsi, de nombreux chercheurs pourtant très rigoureux organisent leurs raisonnements à partir d’une pétition de principe. A notre connaissance, les arguments sur la cause du décès reposent systématiquement sur l’acceptation préalable de cette mort comme base conceptuelle, au lieu de l’envisager comme alternative logique non nécessaire et donc d’être tenu de démontrer le postulat de la mort de Jésus Il ne suffit pas d’être objectivement compétent en science médicale pour être préservé d’un tel errement et qu’on puisse recevoir la compétence comme un argument pour la validité d’une démarche marquée par une telle structure, souvent inconsciente. ( Sinon, ce serait accepter l’argument d’autorité de fait )
En quoi est-il scientifique et rigoureusement logique d’interpréter le Saint Suaire et les événements de la crucifixion et de la résurrection en partant du postulat implicite que Jésus est mort ? Est-il démontré que la survie de Jésus à la crucifixion était impossible à priori ?
Une analyse réellement contradictoire ne devrait-elle pas examiner l’ensemble des alternatives logiques sans exclure a priori certaines hypothèses ? N’est-ce pas là le signe d’un raisonnement ancré dans un noyau rigide et dogmatique, qu’il serait pourtant nécessaire de questionner pour prétendre à une véritable rigueur méthodologique et, par conséquent, à une approche authentiquement scientifique ?
Nous montrerons que ce n’est pas le cas. Et a postériori, pouvons nous apporter des arguments probants et des indices concordants organisés dans une théorie médicale valide pour affirmer que Jésus n’était pas mort suite à la crucifixion ? Bien des auteurs s’y sont déjà essayé, sans jamais fournir de démonstration valide à notre connaissance. Si bien que les différentes théories de l’évanouissement ont organisé peut être une formulation consistante de différentes hypothèse, mais sans jamais pouvoir prétendre à des arguments décisifs et recevables. Pourtant, en quoi l’hypothèse selon laquelle Jésus pourrait être resté vivant sur la croix peut elle résister aux nombreux mentions interprétées comme incompatibles avec une telle hypothèse ?
Nous allons donc proposer une théorisation plus consistante de la survie de Jésus à la crucifixion. Grâce à des arguments exégétiques, toxicologiques et médicaux inédits, nous donnerons du sens à ce que nous avons nommé le « mystère des trois plantes » à savoir la référence à l’hysope, à l’aloès et à la myrrhe dans l’Evangile de Jean? du point de vue de l’exégèse biblique, nous montrerons pourquoi on doit considérer comme fautives les traductions courantes de l’Évangile selon Jean, au chapitre 19, verset 29, donnant : « Il y avait là un vase plein de vinaigre. Ils / Les soldats en remplirent une éponge, et, l’ayant fixée à une branche d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche. » Au contraire, nous traduisons plus sobrement par » « Il y avait là un vase plein de vinaigre à l’hysope, et ils l’approchèrent de sa bouche. »
Or, il se trouve que l’hysope était bien connue à l’époque antique, largement prescrite et ses effets secondaires en cas de surdosage étaient parfaitement identifiés. La science chimique moderne a isolé dans l’hysope une substance active, la thuyon
Il est possible Jésus est mort sur la croix, et par voie de conséquence que Jésus est mort lors de sa mise en contact avec le Saint Suaire et lors de sa mise au tombeau. Selon les cas et selon les certitudes des chercheurs, ces réalités seraient alors suivies ou non de la Résurrection, c’est à dire d’ un phénomène de retour à la vie de Jésus. Cependant, l’apparence des taches de sang sur le Saint Suaire ( comme sur la copie apocryphe ) cadre -t – elle avec cohérence avec de telles hypothèses ?
Pour revenir aux enjeux liés à la dénonciation de la fraude et à la manifestation d’une intention criminelle, nous allons mettre en avant un fait important . Quelle que soit en définitive la possibilité de statuer définitivement sur les événements autour de la crucifixion, nous apporterons différents indices manifestant que c’est très probablement l’apparence des traces de sang sur le Saint Suaire authentique qui a été un puissant mobile pour commettre cette fraude. Car nombre des différentes hypothèses médicales alternatives ayant émergé après 1931 procédaient de connaissances médicales parfaitement constituées entre 1898 et 1931, notamment au sujet de la des mécanismes physiologiques de la circulation sanguine et d’autres mécanismes post mortem. La formulation de telles hypothèses alternatives étaient donc envisageables entre 1898 et 1931 et elles conduisaient potentiellement à la remise en question des dogmes officiels et donc de l’autorité théologique de l’Eglise catholique au travers de l’observations des apparences et des données matérielles du Saint Suaire. Notre hypothèse sur les motivations pour la mise en circulation d’une copie apocryphe altérant l’apparence visuelle de la relique est ainsi que la perception d’une telle menace a été constitutive de l’intention criminelle. L’enjeu déterminant le passage à l’acte était de préserver l’autorité théologique et morale de l’Eglise, au détriment d’une entorse grâce à l’intégrité morale des membres censés la défendre.
Pour parvenir à démontrer cela, nous serons conduit à montrer les limites et les incohérences de nombreuses théorisations médicales au sujet de l’homme du Saint Suaire – qui est Jésus de Nazareth selon toute vraisemblance.
Pour préciser encore notre démarche de façon plus précise, nous allons reprendre et détailles quelque peu ces différents points et sur différentes affirmations ou hypothèses. L’ensemble de ces affirmations et hypothèses vont constituer le cœur des thèses que nous allons nous employer à démontrer dans notre ouvrage. Ainsi, la structure de notre ouvrage deviendra bien plus logique à comprendre.
Les faits criminels primaires : la fraude sur le Saint Suaire commise en 1898 et 1931.
Comme annoncé précédemment, nous fournirons un grand nombre de preuves démontrant la mise en circulation d’un « faux Saint Suaire », c’est à dire une copie apocryphe du Saint Suaire pour remplacer le Saint Suaire authentique depuis 1931. Nous allons notamment exploiter des éléments documentaires, iconographiques et des arguments logiques pour situer la fabrication de cette copie apocryphe du Saint Suaire entre 1902 et 1931 ( avec un degré de probabilité élevé pour une fabrication sans doute dans la fin des années 1920 )
Nous démontrerons également pourquoi l’ostension du Saint Suaire lors de l’Exposition universelle de Turin en 1898 fut la dernière fois où la relique authentique fut présentée au public. Nous pouvons affirmer avec certitude que dès les ostensions de 1931 et 1933, ce qui fut exposé n’était plus le Saint Suaire original, mais bien cette copie apocryphe, désormais substituée à la relique authentique.
Si aucun des photographes impliqués ne semble directement mis en cause par notre enquête, un fait demeure : seul le photographe amateur Secondo Pia, ainsi que certains de ses collègues, purent immortaliser le Saint Suaire authentique en 1898. En revanche, lors de l’ostension de 1931, le photographe italien Giuseppe Enrie fut autorisé à devenir le premier photographe officiel …. de la copie apocryphe ! Enfin, il apparaît que la grande majorité des clichés diffusés depuis lors reproduisent une copie apocryphe et non le Saint Suaire original. 6
Les faits criminels secondaires : dissimuler cette fraude criminelle depuis 1931.
Nous montrerons également que c’est la copie apocryphe du Saint Suaire qui a fait l’objet de différents examens scientifiques sans que l’ensemble des participants soient conscients de la fraude. Plus précisément, la fraude aura interféré dans la production des données et dans l’interprétation logique des données suite aux examens et les observateurs majeurs au cours du XX ° siècle. C’est à dire les examens et les observations rapportés par la commission Pellegrino entre 1969 et 1974, les examens et les observations menées en octobre 1978 impliquant notamment les membres du STURP et les examens lors de la datation au carbone 14 de 1988.
Nous précisons immédiatement que nous distinguons sans équivoque entre différents types d’acteurs sans incriminer le moins du monde les chercheurs de bonne foi sur le Saint Suaire et sans les rendre responsables de certaines conclusions erronées induites par la fraude ! Au contraire, de nombreux chercheurs sincèrement en quête de vérité et de preuves scientifiques honnêtes ont été sciemment égarés dans leurs analyses et dans leurs réflexions.
Nous montrerons comment la mise en place d’un ensemble de dispositifs frauduleux a conduit à l’analyse de la copie apocryphe produite entre 1898 et 1931 en lieu et place de l’authentique Saint Suaire, entraînant des erreurs dans les résultats scientifiques et leurs interprétations. C’est à dire qu’ un ensemble de responsables et de scientifiques informés de la fraude ont présenté la copie apocryphe produite entre 1898 et 1931 à d’autres chercheurs qui ignoraient cette manipulation. Ces derniers, pensant analyser l’authentique Suaire, ont produit avec soin des données mais ces résultats ont conduit à des hypothèses, des interprétations ou des conclusions erronés en toute bonne foi. Certains scientifiques complices, impliqués dans l’organisation des examens, ont joué un rôle pour superviser les analyses afin de s’assurer que la fraude ne soit pas détectée et que soit . maintenue l’illusion d’authenticité de la copie apocryphe du Saint Suaire présentée aux scientifiques comme au grand public. Lorsqu’une anomalie apparaissait dans certains résultats, l’intervention de certains scientifiques qui intervenaient pour fournir des explications conformes au récit officiel a eu pour fonction d’empêcher toute remise en cause de l’authenticité de l’objet analysé, à savoir la copie apocryphe produite entre 1989 et 1931.
Les conséquences de la fraude : l’introduction de la confusion dans l’étude scientifique du Saint Suaire depuis 1931.
Ainsi, les scientifiques trompés ont attribué à la copie apocryphe produite entre 1898 et 1931 des caractéristiques qu’ils croyaient propres au vrai Suaire, ce qui a faussé les conclusions générales sur l’objet. Cette manipulation a non seulement affecté la production des données mais aussi la manière dont elles ont été interprétées.
Nous affirmons qu’il est très fonctionnel et très pertinent d’analyser les épisodes de l’histoire du Saint Suaire depuis 1898 à partir d’une telle clé. Si de nombreux chercheurs de bonne foi ont été égaré dans leur réflexion, c’est parce que la copie apocryphe leur fut présenté et que de nombreux données cruciales du débat étaient viciées
La réalité de cette fraude permet de réévaluer de nombreuses composantes de l’histoire mouvementée de l’examen du Saint Suaire au XX ° siècle. à partir de la mise en place d’une confusion extrême dans l’esprit des chercheurs de bonne foi sur le Saint Suaire par des opérations de dissimulation et même de manipulation mentale qui constituent des circonstances aggravantes sans aucun doute.
De façon plus précise, certaines imperfections de la copie apocryphe ont induit des conclusions erronées au sujet d’une inauthenticité supposée du vrai Saint Suaire, alors que c’était la copie apocryphe qui était analysée. Cette réalité a constitué un ensemble d’obstacles dans l’authentification du Saint Suaire. Par ailleurs, de façon paradoxale mais finalement logique, de nombreux acteurs informés de la fraude ont été actifs pour soutenir l’authenticité du Saint Suaire en s’appuyant en connaissance de cause sur des données altérées par la fraude. Ce qui a conduit à altérer la cohérence logique des argumentations et des théories mises en circulation pour justifier l’authenticité du Saint Suaire.
Il est essentiel de noter que les chercheurs de bonne foi ne sont en aucun cas responsables des erreurs issues de cette fraude. En l’absence d’accès à l’authentique Suaire, ils ne pouvaient pas détecter la supercherie et ont travaillé avec rigueur sur l’objet qui leur avait été présenté. Le problème réside dans la structure même du dispositif mis en place, qui a empêché une confrontation directe entre la copie apocryphe produite entre 1898 et 1931 et l’original.
Si une telle confrontation avait eu lieu, la fraude aurait été immédiatement révélée, car les différences entre les deux objets auraient été évidentes. C’est pourquoi les complices ont cherché à empêcher tout examen comparatif et ont veillé à dissimuler les contradictions. Cette stratégie leur a permis de retarder la découverte de la tromperie et d’introduire un confusion trouble dans la communauté scientifique en attirant l’attention sur des thèses permettant d’occulter la réalité de la fraude.
Par ailleurs, la fabrication de différentes hypothèses ad hoc a pu jouer un rôle clé dans le dispositif criminel à l’œuvre. De nombreux efforts théoriques interrogent alors même qu’ils conduisent à des théories bâties sur des hypothèses très improbables.
Certes, ces thèses et ces graves accusations vont probablement apparaître comme des hypothèses scandaleuses et improbables dans un premier temps. Les faits criminels que nous décrivons peuvent être effectivement fort perturbants. Certes certains diront évidemment qu’elles manquent de fondement et s’ajoutent à la longue liste des théories fantaisistes s’arrogeant le mérite d’expliquer l’énigme du Saint Suaire de façon définitive, mais à tort.
Pourtant, l’engagement logique et éthique de notre démarche d’accusation conduit à que nous portions clairement la charge de la preuve pour respecter la présomption d’innocence et l’honneur des personnes et des institutions que nous allons incriminer ici. Mais effectivement nous montrerons que cette fraude est indiscutable et qu’elle a été possible par une série de mises en scène, de dissimulations criminelles et de tromperies répétées et opérées par un ensemble d’acteurs et de complices parfaitement initiés de cette forfaiture. Il se trouve que nous sommes parvenus à identifier formellement certains d’entre eux, tandis que nous interrogerons la possibilité d’une responsabilité directe ou indirecte pour d’autres personnes. Pour peu que d’autres personnes vérifient et valident le bien fondé de nos thèses criminologiques et scientifiques, elles disposeront alors d’une base conceptuelle pour approfondir nos recherches et nos enquêtes avec les moyens et les responsabilités qui sont les leurs.
Par ailleurs, nous exposerons les différentes caractéristiques pour lesquelles cette copie apocryphe, produite au XXᵉ siècle, diffère du Saint Suaire authentique, bien qu’elle en soit une reproduction extrêmement relativement fidèle. Il s’agit donc d’une copie quasi parfaite, mais présentant plusieurs divergences notables que nous allons détailler en nous concentrant plus particulièrement sur deux d’entre elles.
En effet, bien que ses dimensions soient sensiblement identiques à celles de l’original, l’empreinte laissée sur cette copie ne restitue pas fidèlement l’ensemble des motifs présents sur le Saint Suaire authentique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains éléments visibles sur les bords du Suaire original ont été tronqués sur la copie, notamment l’extrémité des pieds et plusieurs taches de sang périphériques.
L’existence de ces motifs manquants est attestée par un faisceau de témoignages concordants et incontestables, établissant sans ambiguïté que la copie apocryphe, bien que d’une précision troublante, n’est pas une réplique strictement identique à la relique originale.
Par ailleurs, nous allons indiquer certaines différences visibles au niveau de l’apparence visuelle de l’ensemble des motifs de taches de sang. Les teintes du sang ne semblent plus identiques entre le Saint Suaire original et la copie apocryphe produite au XX ° siècle. Un grand nombre d’éléments concordants mis à jour par notre enquête laissent penser que les taches de sang étaient plus visibles sur l’original Saint Suaire.
Comme nous le verrons, un vaste corpus de reproductions artistiques du Saint Suaire, réalisé notamment à partir du XVIᵉ siècle et jusqu’en 1898, atteste de la place centrale de la relique dans l’iconographie chrétienne. Le Suaire a ainsi inspiré de nombreuses peintures, estampes, gravures et fresques, ainsi que des copies en tissu, souvent réalisées en grandeur nature. Ces œuvres, bien que variées en nature, format et qualité, présentent un grand nombre de similitudes, mettant en évidence des détails récurrents fidèlement reproduits par les copistes à travers les siècles.
Or, l’analyse de ces reproductions artistiques révèle un double constat troublant :
- Les reproductions artistiques du Saint Suaire montrent souvent les motifs tronqués dont l’absence sur la copie apocryphe est désormais avérée.
- Les reproductions artistiques du Saint Suaire représentent des taches de sang aux caractéristiques nettement différentes de celles visibles sur la version exposée depuis 1931. En effet, les taches de sang y sont généralement plus visibles et plus contrastées que sur la copie actuelle.
L’application d’une approche statistique à ce corpus iconographique met en lumière une divergence constante : les représentations du Saint Suaire antérieures à 1898 exhibent des caractéristiques sanguines bien plus marquées que celles que l’on observe sur la copie apocryphe produite entre 1898 et 1931. Toutes ces caractéristiques des reproductions artistiques apportent des indices supplémentaires pour reconstituer les caractéristiques originelles de l’authentique Saint Suaire.
Or, cette disparité systématique dans l’intensité chromatique des taches de sang constitue non seulement un élément crucial dans la mise en évidence de la substitution de la relique authentique, mais cela nous conduit à mettre en évidence l’intention et le sens de ces différences au sein d’un projet frauduleux.
Certes, cette subtile imperfection de la copie apocryphe a réussi à passer inaperçue pendant des décennies, mais sitôt compris, la différence est suffisamment notable pour que n’importe quelle personne informée distingue une telle différence. Or, cette imperfection n’a pas manqué de nous surprendre puisqu’il peut sembler illogique en première analyse que la copie apocryphe n’aie pas une caractéristique de conformité à l’identique avec l’original dont elle procède.
l’intention criminelle de cette fraude
Mais nous démontrerons que ces caractéristiques de la fraude démontrent l’intention criminelle de cette fraude. Alors qu’une copie parfaitement fidèle aurait pu être réalisée dans un souci de préservation, afin d’éviter que l’authentique Saint Suaire ne se dégrade tout en permettant de continuer à l’exposer au public, les différences significatives entre la copie apocryphe et le saint suaire authentique indiquent un projet criminel.
En effet, dans le domaine de la conservation du patrimoine, il est courant de créer des copies fidèles d’œuvres d’art afin de préserver les originaux des risques liés à une exposition prolongée. Par exemple, certaines grottes ornées, comme celles de Lascaux en France, ont été reproduites à l’identique pour permettre au public d’admirer les peintures sans endommager les œuvres originales. Cependant, lorsqu’une reproduction présente des altérations par rapport à l’original, cela soulève des questions sur les intentions derrière ces modifications. Une copie altérée indique une volonté de dissimulation ou de manipulation, plutôt qu’une simple démarche de conservation. Il est donc essentiel d’examiner les raisons pour lesquelles une copie diffère de l’original, afin de comprendre les motivations potentielles des faussaires.
Ce qui nous a conduit à étudier et mettre en évidence d’autres points : Pourquoi créer une copie apocryphe qui ne soit pas rigoureusement identique au Saint Suaire original ? En quoi est-il significatif et intentionnel que ce soient notamment l’apparence visuelle des taches de sang qui ait été modifiée par les faussaires ? Comment expliquer que la copie apocryphe n’ait ni reproduit fidèlement les motifs tronqués, ni restitué avec exactitude l’aspect des taches de sang ? S’agit-il d’une simple erreur ou d’un acte intentionnel ? Quelles sont les intentions sous jacentes à l’altération de l’apparence reproduite entre le Saint Suaire original et la copie apocryphe ?
Cette modification subtile de l’apparence de la copie du Saint Suaire a en effet induit un changement significatif dans la perception collective de la relique. Bien que les photographies de 1898 de Secondo Pia soient toujours demeurées disponibles, quoique d’une qualité moindre en comparaison de celles de Giuseppe Enrie de 1931, ce sont désormais les caractéristiques de la copie apocryphe qui ont été et qui sont actuellement la référence mentale de millions de personnes et comme nous le verrons en premier lieu des chercheurs étudiant le Saint Suaire désormais à partir de la copie apocryphe. Les taches de sang ont notamment fait l’objet de questionnements et de réflexions de la part de médecins et notamment des médecins légistes cherchant à expliquer le scénario médical de la crucifixion et de la mise au tombeau de Jésus à partir des données matérielles, anatomiques et physiologiques présentes sur le Saint Suaire.
Dès lors, pourquoi avoir altéré certains éléments visuels du Saint Suaire ? Cette transformation ne révèle-t-elle pas une intention cachée ? Si tel est le cas, quel en était le but ? Ces modifications ne constituent-elles pas les indices d’une substitution volontaire, menée avec une volonté précise et méthodique ? Peut-on alors considérer qu’il s’agit d’une falsification intentionnelle ? Quelles motivations ont conduit à ces altérations subtiles, mais significatives, de l’apparence du Suaire ?
Nous démontrerons que cette différence d’apparence résulte de démarches subtiles et précises visant à modifier la perception du Saint Suaire comme témoignage de la Passion du Christ. Le fait d’altérer l’apparence des taches de sang procède d’une intention simple : maintenir plausible l’interprétation des traces biologiques à partir de la théorie officielle sur les derniers instants de la vie de Jésus. Altérer la perception du Saint Suaire c’est en effet altérer la perception d’un document unique éclairant certains détails de la crucifixion de Jésus.
Ce qui nous a conduit à un autre ensemble de préoccupations …
Si la modification du Saint Suaire fut intentionnelle, il convient désormais d’en identifier les responsables si nous le pouvons. Qui étaient les auteurs de cette substitution ? faisaient-ils partie d’un réseau structuré aux compétences diversifiées et spécifiques ? Disposons-nous d’éléments suffisants pour nommer et incriminer précisément certains groupes et / ou certains individus comme des suspects crédibles ?
Au-delà de l’identification des exécutants, il est également essentiel de s’interroger sur les commanditaires d’un tel projet : quelle était leur motivation ? S’agissait-il d’une volonté de dissimulation, d’un objectif religieux, scientifique ou politique ? Une analyse méthodique des indices disponibles permet d’établir un profil type du groupe de faussaires, mettant en lumière leurs ressources, leurs objectifs et les stratégies mises en œuvre
Au fur et à mesure de nos recherches, nous avons été perplexes : était-il même possible de produire une copie presque parfaite du Saint Suaire au début du XX ° siècle ? Alors même que tant de personnes ont obtenu des résultats assez discutables en tentant de reproduire le Saint Suaire au XX ° siècle et encore au XXI siècle, comment des faussaires opérant au tout début du XX ° siècle auraient-ils pu réussir ? Il semble que les connaissances médicales, scientifiques et les possibilités techniques aient été suffisantes de fait, mais une telle opération ne pouvait être menée sans une expertise technique avancée, impliquant des compétences variées : médecins, scientifiques, ingénieurs, artistes (sculpteurs, graveurs), voire des archéologues ont-ils collaboré à cette entreprise ? Quels moyens ont été mobilisés pour produire une copie aussi sophistiquée, tout en modifiant subtilement des éléments clés du suaire original ? Il nous a très vite semblé que les moyens consacrés devaient nécessairement être très importants et que les personnes opérants devaient être des personnes extrêmement qualifiées et même talentueuses pour réussir un tel chef d’oeuvre ? Bien qu’il s’agisse d’une évidente forfaiture, nous demeurons encore admiratif envers les personnes ayant relevés tant de défis techniques et artistiques pour copier le Saint Suaire avec un tel art.
Mais, les conséquences historiques de la substitution de la copie apocryphe furent les suivantes
qui va au delà est une hypothèse qui sera ultérieurement envisagée en donnant différents arguments à propos des anomalies sur les taches de sang constatées par différents chercheurs sur le Saint Suaire.
Pour comprendre ce qui nous permet d’affirmer l’existence d’une copie apocryphe comme la subtile différence n vous exposant comment le Saint Suaire a été photographié pour la première fois.
Cinquième Partie :
Réévaluer l’approche théorique après la divulgation de la fraude. – déplacer vers le bas ? )
Par ailleurs, la divulgation de la fraude conduit à clarifier le cadre théorique pour rendre compte des données en apparence contradictoire dans l’étude scientifique du Saint Suaire.
Par exemple, notre approche conduit à distinguer deux problèmes d’empreinte différents : le problème de l’origine de l’empreinte sur l’authentique Saint Suaire et le problème de l’origine de l’empreinte sur la copie apocryphe.
Nous disons que l’origine de l’empreinte sur la copie apocryphe par une empreinte de brulure recoupe certaines données sans interdire l’authenticité du Saint Suaire. Par ailleurs, l’origine de l’empreinte sur l’authentique Saint Suaire pourrait alors être expliquée par la théorie de la vapographie ammoniacale comme le pensaient des spécialistes comme Sebastiano Rodante, dont les expériences ont sans doute été les plus abouties à ce propos ! 7 Nous pensons que la théorie vapographique mérite d’être réévaluée avec sérieux, non seulement à la lumière des preuves que nous apportons sur cette fraude, mais aussi dans l’espoir que le Saint Suaire authentique puisse prochainement faire l’objet de prélèvements chimiques rigoureux et conformes aux protocoles scientifiques.
De même, notre approche conduit à distinguer deux problèmes différents pour le problème du transfert du sang : le problème du transfert du sang sur l’authentique Saint Suaire et le problème du transfert du sang sur la copie apocryphe.
Dans le premier cas, le problème du sang peut être éventuellement abordé par le cadre théorique prévalant traditionnellement : l’interprétation traditionnelle des taches de sang non sceptique sur le Saint Suaire repose sur un cadre théorique privilégiant une lecture christologique, c’est-à-dire une analyse des marques sanguines à travers le prisme des récits évangéliques, en particulier celui de Jean. Dans cette approche, les traces de sang ne sont pas seulement étudiées en tant que phénomènes biochimiques ou physiques, mais elles sont corrélées aux descriptions bibliques de la crucifixion. Cela implique que leur disposition, leur nature et leur origine sont interprétées en fonction des souffrances de Jésus telles que décrites dans les Évangiles, notamment :
- Les flagellations et la couronne d’épines (Jean 19,1-3)
- L’écoulement de sang et d’eau après le coup de lance (Jean 19,34)
- Le dépôt du corps dans le linceul (Jean 19,40)
Certes, du point de vue sceptique, ce cadre théorique cherche à vérifier que les taches de sang correspondent aux blessures du Christ selon les récits évangéliques.
- Jackson, J. P., & Jumper, E. J. (1978). Space science and the Holy Shroud. Dans La Sindone e la Scienza. Bilanci e programmi (pp. 165–172). Torino: Edizione Paoline. [↩]
- Caselli, G. (1939). Constatations de la médecine moderne sur les empreintes du Saint Suaire. Dans La Santa Sindone nelle ricerche moderne ( 1939 ) (pp. 23-36). [↩]
- voir. un article méconnu et pourtant remarquable témoignant de l’originalité et de la pertinence de ses recherches : Solas, J. (1997). Les traces de sang sur le Saint Suaire : Particularités anatomo-pathologiques. Problème de leur transfert. Dans Symposium scientifique international du CIELT, Nice 1997 (pp. 83-87). CIELT. [↩]
- voir notamment Habermas, G. R. (2012). The Minimal Facts Approach to the Resurrection of Jesus: The Role of Methodology as a Crucial Component in Establishing Historicity. Southeastern Theological Review, 3(1), 15–26. mais aussi Habermas, G. R. (2021, June 12). The Resurrection of Jesus: The Minimal Facts Approach with Gary Habermas [Video]. Lanier Theological Library. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=c1f3cWAhZds )
Notre démarche n’est pas de débattre ou d’argumenter contre les arguments historiques et théologiques fournis par Gary Habermas, mais d’apporter des éclairages qui nous semblent compatibles avec ses conclusions personnelles.
Par ailleurs, nous savons que malgré les témoignages évangéliques et malgré leur cohérence possible du point de vue des critères de la science historique, les arguments donnés pour l’historicité de la résurrection conduisent à des problèmes non résolus pour l’explication scientifique d’un tel phénomène, notamment du point de vue de la médecine. Autrement dit, malgré les mérites qu’il nous semble légitime de reconnaître à l’approche dite des « faits minimaux » de Gary Habermas pour les exigences rationnelles dans le domaine historique, le problème de la résurrection du point demeure dans le domaine de la science médicale. Pour ainsi dire, l’approche dite des « faits minimaux » conduit à des questionnements pour résoudre les « problèmes minimaux » autour de la résurrection : comment expliquer le « retour à la vie » de Jésus? Est-ce vraiment un retour à la vie comme le veut la tradition théologique chrétienne dominante, notamment celle de l’Eglise catholique ?
A nouveau, précisons notre cadre théorique ici à partir d’une question : est-il nécessaire de postuler un caractère exceptionnel pour la biologie corporelle du Jésus après la crucifixion pour expliquer la résurrection ? Est-il strictement nécessaire de postuler une forme de méta-humanité de Jésus à contextualiser pour rendre compte de la résurrection et du témoignage que le Saint Suaire en apporte éventuellement ? (( dans notre lecture, ce genre d’opérations théo-logiques sont à l’oeuvre dans le Catéchisme de l’Église catholique qui affirme en substance que la Résurrection du Christ ne constitue pas un simple retour à la vie terrestre, mais une entrée dans une existence nouvelle et glorifiée. Il est précisé que, contrairement aux résurrections accomplies par Jésus avant Pâques, telles que celles de la fille de Jaïre, du jeune homme de Naïm ou de Lazare, qui étaient des retours à une vie terrestre ordinaire, la Résurrection du Christ est essentiellement différente. Dans son corps ressuscité, Jésus passe de l’état de mort à une autre vie au-delà du temps et de l’espace. Son corps authentique et réel possède des propriétés nouvelles d’un corps glorieux, n’étant plus situé dans l’espace et le temps, mais pouvant se rendre présent à sa guise où et quand il le veut. [↩]
- Remarque méthodologique : dans la discussion de nos thèses, nous pensons que la justification méthodologique – et même métaphysique – incomberait à toute personne abordant la discussion à partir d’un quelconque élargissement de ce cadre méthodologique à partir argument extra-académique pour étayer l’idée d’une méta-humanité de Jésus. Nous sommes à l’écoute de telles clarifications sans les rejeter a priori par ouverture d’esprit. [↩]
- À notre connaissance, la seule exception possible pourrait être les photographies en couleur réalisées par G.B. Judica Cordiglia en 1969 lors de la commission Pellegrino [↩]
- Sebastiano Rodante a dirigé de nombreuses recherches interdisciplinaires sur le Linceul de Turin, s’intéressant particulièrement aux conditions environnementales de conservation des tissus anciens. Parmi ses travaux les plus notables figurent ses études menées dans les catacombes de Syracuse, où il a cherché à recréer des conditions climatiques proches de celles de Jérusalem afin d’examiner l’impact de différents agents biologiques et chimiques sur le lin.
Il s’est notamment intéressé à la catacombe de San Diego, située dans la nécropole de la Vigna Cassia, dont le vestibule central et les galeries adjacentes ont été étudiés par Agnello (1987). Il a également exploré la catacombe de San Giovanni, et en particulier la rotonde où fut retrouvé le sarcophage d’Adelfia (Agnello, 1987). Ces sites lui ont permis de mener des expériences sur l’interaction entre l’aloe, la myrrhe et la sueur humaine avec le tissu de lin dans des conditions d’humidité et de température comparables à celles supposées lors de l’ensevelissement du Christ. Sa persévérance pour approfondir et expérimenter autour de son intuition scientifique mérite d’être reconnue et saluée cf. Crispino, D. (1985). Correspondence- Sebastiano Rodante. Shroud Spectrum International, 15, 32. & Rodante, S. (1998). Il meccanismo di formazione delle immagini corporee sulla Sindone. Communication au IIIe Congrès International sur la Sindone, Turin, 5 juin 1998. [↩]