Description du Saint Suaire
par Claudio Francesco Beaumont
(1750)
( source : https://www.museotorino.it/ – montage S. Bourgois )
Présentation :
En Mars 1988, dans son article The face of christ in the copies of the holy shroud, Luigi Fossati signale un intéressant rapport de 1750 rédigé par Claudio Francesco Beaumont, Premier Peintre du duc Charles-Emmanuel III. Celui-ci décrit minutieusement les détails visibles sur le Suaire comme les marques de sang, les contours du corps, et le visage enflé et sanglant. L’auteur donne une mesure probablement très proche des mesures actuelles, malgré l’incertitude sur la valeur de l’ « oncia piemontese » dans le système métrique.
Le rapport cité est provient d’une chronique de Église della Madonna del Carmine 1 cité par l’historien Comte Luigi Cibrario dans Storia di Torino (1846 ) ( voir note page 407). Luigi Fossati rappelle que les artistes ayant produit des copies artistiques du Suaire de Turin n’avaient jamais laissé de descriptions écrites des détails observés.
Transcription – Luigi Fossati :
( … )
Parmi tous les artistes ayant copié le Suaire, aucun n’a laissé de description écrite de l’empreinte ou de la manière dont la figure est représentée. Claudio Francesco Beaumont (1694-1766), né à Turin de parents français, n’a jamais copié le Suaire. Cependant, en tant que Premier Peintre du duc Charles-Emmanuel III, Beaumont fut invité en 1750 par le duc à rédiger un rapport sur le Suaire, compilant tout ce que la tradition avait transmis à son sujet. Par respect pour l’Objet considéré comme une Relique des plus précieuses, Beaumont n’a offert aucune observation d’un point de vue artistique. (6)
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(6) Le rapport cité est celui du Comte Luigi Cibrario dans Storia di Torino, vol. II, 1846, pp. 400-401 :
« Premièrement, on ne peut identifier de manière définitive de quel matériau est tissé le saint Suaire, mais il est communément jugé être en bombace [une étoffe croisée, généralement en soie ou en lin fin. Note de l’éditeur]. Les contours de tout le corps, la partie postérieure comme l’antérieure, sont très clairement distingués ; en particulier, les jambes et les plantes des pieds sont merveilleusement représentées. On observe, sur la partie postérieure proche du sacrum, la forme de trois maillons d’une chaîne, de couleur sanguine, ainsi que les contours de la couronne d’épines. Les mains montrent une traînée de sang qui part du milieu de la main jusqu’au corps, passant directement au-dessus du semi-carpien, et toute la hauteur du corps est estimée à 42 oncies selon notre mesure 2, et les marques de la figure présentent des interruptions. Cependant, ce que l’on ne voit pas du tout, c’est la trace du tissu qui enveloppait les reins. Enfin, le visage est plus distinct que tout le reste, légèrement enflé, sanglant, avec la barbe et les cheveux ébouriffés. Néanmoins, il correspond au saint visage conservé à Saint-Pierre de Rome, ainsi qu’à celui gardé dans la Maison Savelli de cette même ville. Vu au mois de juin 1750 par moi, Chevalier Claudio Francesco Beaumont, premier peintre de Sa Majesté. »
Luigi Fossati, 1988
Référence :
- Reale Accademia delle Scienze di Torino. (1816). Parere della Reale Accademia delle Scienze di Torino intorno alle misure e ai pesi. Torino: Stamperia Reale.
- Cibrario, L. (comte) ( 1846) Storia di Torino, vol. II, 1846, pp. 400-401 : Turin, Alessandro Fontana, 1866 : p 400-401 ; 405. extrait précis ici :
- Giulio, C. I. (1846). Quattro lezioni sul sistema metrico decimale. Torino: Tipografia Chirio e Mina, p. 49.
- Fossati, L. (1988). The face of Christ in the copies of the Holy Shroud. Shroud Spectrum International, Issue 26, Part 3, pp. 27–42.
- Dhelens, A. ( 1996.) « Les anciens poids et mesures des provinces de la Haute-Savoie« , édité par le Conseil Général de Haute-Savoie.
- Wikipedia contributors. (n.d.). Riforma di misure e pesi nel Regno di Sardegna (1818). In Wikipedia.
- Via del Carmine, 3, 10122 Torino TO, Italie[↩]
- L’ oncie mentionnée dans le texte est une unité de mesure ancienne italienne. La longueur d’une oncie varie selon les régions et les époques, mais en général, une oncie piémontaise ou oncia piemontese (utilisée à Turin à cette époque) équivaut à environ 4,29 cm . Ce qui est confirmé dans la précision de la mesure : 42 oncies×4,29 cm= 180,04 cm ; valeur très proche des mesures modernes [↩]