
Edward Hall était un scientifique britannique spécialisé en archéologie et en physique. Il a dirigé le laboratoire de recherche en archéologie de l’Université d’Oxford, où il a supervisé des études de datation au radiocarbone.
Formation académique et parcours
Edward Hall, a été un scientifique britannique renommé spécialisé dans l’archéologie scientifique.
Né en 1924, il a bénéficié d’une éducation privilégiée grâce à la richesse familiale générée par les investissements miniers de son grand-père. Hall a fréquenté le prestigieux Eton College avant de servir dans la Royal Naval Volunteer Reserve pendant les trois dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il a étudié la chimie au New College d’Oxford, où il a poursuivi un doctorat en physique. Pendant son doctorat, il a développé un spectromètre à fluorescence X, une réalisation technique marquante qui allait définir sa carrière d’inventeur et de scientifique appliqué.
Création du laboratoire d’Oxford
En 1953, Edward Hall a fondé le Research Laboratory for Archaeology and the History of Art à Oxford, financé en grande partie par sa fortune personnelle.
Ce laboratoire est devenu l’un des principaux centres mondiaux pour la datation archéologique et scientifique, utilisant des technologies avancées telles que la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS).

En 1958, Hall a également cofondé la revue scientifique Archaeometry, qui demeure une référence dans le domaine de l’archéologie scientifique. La revue a été fondée en 1958 sous le nom de
Bulletin of the Research Laboratory for Archaeology and the History of Art.
Contribution au Suaire de Turin
Edward Hall est surtout connu pour son rôle dans la datation au carbone 14 du Suaire de Turin en 1988. Il était présent pour le prélèvement des échantillons le 21 avril 1988.

Sous sa direction, le laboratoire d’Oxford a été l’un des trois choisis pour effectuer l’analyse des échantillons du Suaire.

Cette datation, qui situait l’origine du tissu entre 1260 et 1390, a conduit à la conclusion controversée que le Suaire est un artefact médiéval.
Hall a justifié ces résultats avec des commentaires marquants, notamment :
« Il y avait un commerce de plusieurs millions de livres dans la fabrication de faux au XIVᵉ siècle. Quelqu’un a juste pris un morceau de lin, l’a fabriqué et vendu. »
Hall était convaincu que l’image sur le Suaire avait été créée par des moyens artificiels, suggérant qu’un objet métallique chauffé aurait pu être utilisé pour marquer le tissu de manière similaire à un fer à marquer.
Conférence du 15 février 1989 :
Le 15 février 1989, Edward Hall, directeur du laboratoire de datation au carbone de l’université d’Oxford, a donné une conférence intitulée « The Turin Shroud – A Lesson in Self-Persuasion » devant un public réuni à la British Museum Society, à Londres. Il a utilisé cette opportunité pour exposer les principes de la datation au carbone et discuter des résultats obtenus pour le Suaire.
Principaux points abordés :
- Origines du Suaire :
- Hall a présenté les faits historiques concernant le Suaire, bien que certaines de ses données contenaient des erreurs (ex. dates de fondation de la chapelle de Chambéry).
- Il considérait le Suaire comme un faux médiéval, jugeant que les marques de blessures sur le tissu semblaient trop complètes pour être authentiques.
- Datation au carbone 14 :
- Hall a expliqué le développement de la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS), qui nécessite des échantillons beaucoup plus petits que les anciennes méthodes.
- Il a décrit les efforts coordonnés entre les trois laboratoires sélectionnés pour la datation (Oxford, Zurich et Arizona) et insisté sur la rigueur des protocoles.
- Objections aux résultats :
- Il a critiqué les théories suggérant que la contamination moderne ou des événements tels que l’incendie de 1532 pourraient avoir affecté les résultats.
- Selon Hall, pour fausser la datation à ce point, il aurait fallu une contamination de 60 %, ce qu’il jugeait absurde.
- Il a réfuté l’idée d’une altération due à un rayonnement, arguant que les probabilités d’obtenir par hasard une date médiévale exacte étaient infimes.
- Réactions au verdict :
- Hall a reconnu les critiques et lettres reçues, souvent empreintes d’hostilité. Il a maintenu que les résultats scientifiques étaient solides, qualifiant les sceptiques de « partisans de la Terre plate ».
- Il a salué le comportement des autorités de Turin, qui ont accepté les résultats, malgré la controverse.
Financement privée de la chaire transmise à Michael Tite :
Edward Hall, après avoir levé 1 million de livres pour assurer la pérennité du laboratoire d’Oxford, a vu son poste revenir au Dr Michael Tite, également impliqué dans la datation controversée du Suaire de Turin, suscitant des questions sur l’indépendance et l’influence de cette démarche.
Dans The Times du 25 mars 1989, on apprend que l’avenir du laboratoire de datation au carbone d’Oxford a été assuré grâce à la levée de fonds organisée par le professeur Edward Hall, qui a réuni 1 million de livres sterling provenant de 45 hommes d’affaires et « amis riches ».
Hall, qui disposait d’un revenu personnel indépendant, n’avait jamais été rémunéré depuis qu’il avait fondé le laboratoire en 1954. Cependant, avec son départ à la retraite en 1989, son successeur devait être rémunéré. Les finances déjà tendues de l’Université d’Oxford ne permettant pas de couvrir ce coût, Hall a collecté des fonds indépendants pour financer une chaire professorale permanente.
Bien que Hall ait déclaré que la publicité générée par ses recherches sur l’authenticité du Suaire de Turin n’avait pas influencé son succès dans cette levée de fonds, la situation est devenue encore plus ironique lorsque son successeur désigné s’est révélé être le Dr Michael Tite, également impliqué dans la datation controversée du Suaire.
( Ian Wilson, 1989 )
Fiabilité de la datation au carbone 14 de 1988 :
En janvier 1990, Edward Hall, ancien directeur de l’Oxford Radiocarbon Accelerator Unit, a répondu fermement aux critiques formulées par John Tyrer dans la revue Textile Horizons. Cette riposte visait à défendre la méthodologie scientifique utilisée dans la datation au carbone 14 du Suaire de Turin.
Principaux arguments avancés par Hall :
- Contamination organique et datation erronée :
- Hall a reconnu que la contamination organique pouvait affecter la datation au carbone, en particulier pour des objets très anciens (plus de 10 000 ans) exposés à des matériaux modernes.
- Toutefois, pour un objet relativement récent comme le Suaire, reprenant l’argument de Harry Goove, il a fait valoir qu’une contamination moderne représentant 65 % de la masse totale serait nécessaire pour obtenir une datation autour de 1350, ce qui est hautement improbable.
- Processus de nettoyage rigoureux :
- Hall a souligné que les trois laboratoires impliqués dans la datation ont appliqué des techniques de nettoyage particulièrement strictes pour éliminer toute contamination moderne.
- Environ 20 % de la masse de l’échantillon a été dissoute pour garantir l’absence de matériaux modernes.
- Il estimait que toute contamination résiduelle ne pouvait excéder 0,1 %, rendant ainsi les résultats fiables.
- Confiance dans les résultats :
- Hall a conclu que les critiques suggérant une contamination importante étaient infondées compte tenu des précautions rigoureuses prises par les laboratoires.
- Les méthodes utilisées étaient conçues pour éliminer tout facteur pouvant fausser les résultats.
Distinctions :
Les distinctions suivantes sont des titres honorifiques et des affiliations prestigieuses qui reflètent les contributions significatives d’Edward Hall à son domaine et à la société en général. Voici leurs significations :
1. CBE (Commander of the Order of the British Empire)
- Signification : Le titre de CBE est une distinction honorifique décernée par la monarchie britannique. Elle est attribuée pour des contributions exceptionnelles à un domaine particulier, qu’il s’agisse de la science, des arts, de la charité ou d’autres domaines d’intérêt public.
- Contexte : Ce titre reflète les contributions d’Edward Hall à l’archéologie et aux sciences appliquées, notamment pour son rôle dans la création et la direction du Research Laboratory for Archaeology and the History of Art à Oxford.
2. Hon. FBA (Honorary Fellow of the British Academy)
- Signification : L’Hon. FBA est une reconnaissance honorifique accordée par la British Academy, qui est l’institution nationale pour les sciences humaines et sociales au Royaume-Uni.
- Contexte : Cette distinction est réservée aux individus ayant apporté une contribution exceptionnelle dans les domaines des lettres, des sciences humaines ou sociales. En tant que scientifique interdisciplinaire, Hall a contribué de manière significative à la méthodologie scientifique appliquée à l’archéologie, justifiant cet honneur.
3. FSA (Fellow of the Society of Antiquaries of London)
- Signification : Le titre de FSA est accordé aux membres de la Society of Antiquaries of London, une organisation savante fondée en 1707 pour promouvoir l’étude des antiquités et de l’histoire culturelle.
- Contexte : Cette affiliation témoigne de l’engagement de Hall envers la recherche archéologique et historique, ainsi que de son expertise dans l’évaluation des artefacts anciens.
Références :
- Damon, P. E., Donahue, D. J., Gore, B. H., Hatheway, A. L., Jull, A. J. T., Linick, T. W., … & Hall, E. T. (1989). Radiocarbon dating of the Shroud of Turin. Nature, 337(6208), 611-615.
- Wilson, I (1989, Février ). Lecture by Professor Hall of Oxford. British Society for the Turin Shroud Newsletter, 21, 4-5. https://www.shroud.com/pdfs/n21part4.pdf
- Wilson, I (1989, Mai ). Dr. Tite to succeed Professor Hall at Oxford. British Society for the Turin Shroud Newsletter, 22, 4. https://www.shroud.com/pdfs/n22part4.pdf
- Wilson, I (1990). Riposte by Professor Hall. British Society for the Turin Shroud Newsletter, 24, 2. https://www.shroud.com/pdfs/n24part2.pdf
- Wilson, I. (1998). Obituary: Professor Edward Hall, CBE, FBA. British Society for the Turin Shroud Newsletter, 54, 11-13. Retrieved from https://www.shroud.com/pdfs/n54part11.pdf
- Wikipedia contributors. (n.d.). Archaeometry (journal). In Wikipedia. Retrieved December 8, 2024, https://en.wikipedia.org/wiki/Archaeometry_(journal)