Emmanuel Faure

Emannuel Faure (1880-1964) 1

Avertissement :

cet article doit beaucoup à celui de Pierre de Riedmatten paru dans le Rielt en 2011.

Emmanuel Faure

Médecin, artiste et apôtre du Saint Suaire de Turin

Emmanuel-Marie Faure naît en juin 1880 dans le sud de la France. Esprit curieux et polyvalent, il poursuit des études variées : médecine, arts plastiques, littérature. Médecin de profession, il est également peintre, sculpteur, écrivain et membre de plusieurs associations intellectuelles et artistiques. Marié au début du XXᵉ siècle, père de trois enfants, il est profondément marqué dès 1898 par la première photographie du Saint Suaire, réalisée par Secondo Pia.

Dès 1905, il choisit de consacrer sa vie à faire connaître et vénérer le Linceul de Turin, alors largement contesté par les milieux scientifiques et religieux. Dans un contexte dominé par le scepticisme, Faure s’engage avec passion aux côtés d’auteurs comme Paul Vignon, Arthur Loth et l’abbé Noguiér de Malijay pour défendre l’authenticité du suaire.


Un apôtre laïc du Saint Suaire

En 1916, il fonde l’Œuvre Saint-Luc, dont le but est de diffuser le « divin portrait de Notre Seigneur Jésus-Christ révélé par le saint Linceul ». L’œuvre reçoit l’appui de nombreux évêques en France et en Belgique, et se dote de plusieurs structures : expositions permanentes, institut d’enseignement religieux, revue mensuelle (Jésus-Christ, fondée en 1918). Faure produit également des œuvres artistiques : pastels et peintures grandeur nature de l’Homme du Suaire et du Visage, largement exposées et admirées, notamment à Lourdes.

Faure, E. (1918, décembre). Le Christ du Saint-Suaire [Pastel sur toile, grandeur naturelle]. Revue Jésus-Christ, planche XXVI. 2

Il publie plusieurs ouvrages importants, dont Le Portrait authentique du Christ révélé par la photographie du Saint Suaire de Turin (1918) et Étude générale sur le Saint Suaire de Turin (1920), qui connaissent un réel succès éditorial. Ses thèses croisent l’histoire, l’iconographie, la science et l’exégèse. Ses efforts sont reconnus par le pape Benoît XV en 1921, qui accorde indulgences et encouragements à la diffusion des images du Suaire.


De médecin à prêtre

Son engagement s’accompagne d’un chemin spirituel croissant. Avant 1935, il devient oblat de l’abbaye cistercienne Sainte-Marie du Pont Colbert à Versailles, prenant le nom religieux de Marie-Joseph d’Arimathie. Ordonné prêtre en 1942, à l’âge de 62 ans, chez les Barnabites, il reçoit du pape Pie XII une autorisation exceptionnelle en raison de son âge avancé.

Installé à Brive chez les franciscains, puis incardiné dans le diocèse de Tulle, il poursuit son apostolat de la Sainte Face : conférences, expositions, sculptures, réalisation de médailles religieuses. Il fonde l’Apostolat de la Sainte Face, reconnu par Rome, et demeure un infatigable propagateur de la dévotion au Suaire jusqu’à sa mort en 1964.


Controverses et limites

Son zèle n’est pas exempt de critiques : accusations d’exagération, d’imprudence, difficultés financières, voire contestations de ses titres honorifiques. Certains diocèses et cercles scientifiques, prudents face à ses affirmations ou à ses « prétendues découvertes », lui refusent parfois appuis et reconnaissances. Lui-même confiera avoir « enduré de terribles luttes dans les séminaires et maintes abbayes bénédictines ».


Héritage

Malgré ces résistances, l’œuvre de Faure marque durablement l’histoire de la dévotion au Saint Suaire. Médecin, artiste, conférencier et prêtre, il fut l’un des pionniers modernes de sa diffusion, par l’image, l’écrit et la parole. Après sa mort, son matériel et sa documentation furent transmis à sa famille, puis à ses disciples spirituels, qui poursuivirent la diffusion de ses travaux.

Emmanuel Faure apparaît ainsi comme une figure singulière, à la croisée de la science, de l’art et de la foi : un pionnier du Linceul, habité par la conviction que le suaire de Turin portait la véritable empreinte du Christ.

Ouvrages publiés

  • Le Soleil. (1913, 7 novembre). Les revues : Le Divin Crucifié. Le Soleil, p. 5–6.
  • Faure E. (1913, 27 novembre). Le Saint-Suaire de Notre Seigneur vénéré dans la cathédrale de Turin (par le R. P. Eschbach). Le Soleil, p. 3–6.
  • Le Figaro. (1914, 25 mai). Conférences : Abbé Noguiér de Malijay et Emmanuel Faure, « Le Saint-Suaire de Turin » (projections électriques). Le Figaro, p. 6.
  • Faure E. (1918) – Le Portrait authentique du Christ, révélé par la photographie du Saint Suaire de Turin (préfaces d’Arthur Loth et de l’abbé Noguiér de Malijay).
  • Faure, E. (1918, décembre). Le Christ du Saint-Suaire [Pastel sur toile, grandeur naturelle]. Revue Jésus-Christ, planche XXVI.
  • La Patrie. (1919, 30 janvier). Conférence avec projections lumineuses par Emmanuel Faure sur « Le Saint-Suaire de Turin ». La Patrie, p. 2.
  • Journal des débats politiques et littéraires. (1919, 28 mai). Cours et conférences : Emmanuel Faure sur « Le Saint-Suaire de Turin » (thèse d’exégèse). Journal des débats politiques et littéraires, p. 4.
  • Faure E. (1920)– Étude générale sur le Saint Suaire de Turin (éditée par l’Œuvre Saint-Luc à Lourdes, avec seconde édition en 1922, enrichie d’une partie historique et exégétique).
  • Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque. (1924, 28 octobre). Le portrait du Christ sur le Saint-Suaire de Turin : conférence de M. Emmanuel Faure. Gazette de Bayonne, p. 2.
  • Faure E. (1937) – La Passion du Christ vue sur le Saint Suaire de Turin (texte d’abord paru dans la revue Jésus-Christ).
  • Faure E. (1937) – Les Révélations du Linceul de Turin d’après les Ostensions de 1898 et de 1931 – Récit d’un témoin.
  • Faure E. 1947 – Les Images du Saint Suaire – La Sainte Face – Étude critique et apologétique
    (Éditions Le Divin Ressuscité, Grottes de Saint-Antoine, Brive).
  • Riedmatten, P. de. (2011, juin). Un pionnier du Linceul : le Père Emmanuel Faure (1880–1964). Cahiers du Linceul de Turin, (44), 56.

Références

Faure, E. (réd.). (décembre 1918). Jésus-Christ (1re année, n°9). Revue catholique (Organe de l’Œuvre Saint-Luc).

Riedmatten, P. de. (2011, juin). Un pionnier du Linceul : le Père Emmanuel Faure (1880-1964). Cahiers du Linceul de Turin, (44), 51-58.

— Notes —
  1. Riedmatten, P. de. (2011, juin). [↩]
  2. On remarquera que la signature se trouve au niveau de la coulure de sang au niveau du mollet visible sur Arte Sacra, 1898, p 212 – S.B. [↩]

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