Enrico Medi

Oui. Je reprendrais l’article en intégrant cette piste, mais comme une question documentaire, pas comme un fait. Le point solide est particulièrement intéressant : le rapport de la Commission indique que Medi avait formulé des « suggestions et propositions », sans que nous ayons encore identifié leur contenu exact. Le Suaire de Turin

Enrico Medi

Enrico Medi (1911–1974) est un physicien et universitaire italien, spécialiste de géophysique et de physique terrestre. Il participe en juin 1969 à la première Commission d’experts constituée par le cardinal Michele Pellegrino pour examiner directement le Saint Suaire et envisager de nouvelles recherches scientifiques. 1

Un physicien au sein de la Commission Pellegrino

Né à Porto Recanati en 1911, Enrico Medi mène une importante carrière scientifique et universitaire. Professeur de physique expérimentale puis de physique terrestre, il dirige l’Institut national de géophysique et exerce également des responsabilités dans les institutions scientifiques italiennes et européennes.

Son profil se distingue notamment par sa connaissance de la physique nucléaire : à partir de 1958, il occupe les fonctions de vice-président d’Euratom, la Communauté européenne de l’énergie atomique. Cette expérience donne un intérêt particulier à sa présence parmi les experts choisis pour examiner le Suaire.

Du 16 au 18 juin 1969, Medi participe ainsi à la première Commission Pellegrino aux côtés de spécialistes de disciplines très différentes : médecine légale, biochimie, radiologie, histoire de l’art, archéologie et conservation. 1

La documentation conservée souligne qu’il participa activement à l’examen et formula des « suggestions et propositions ». Leur contenu précis reste cependant à établir. 1

Medi et la question d’une datation scientifique du tissu ?

La présence de Medi soulève une question intéressante.

En 1969, la Commission ne devait pas seulement constater l’état de conservation du Suaire : elle devait également envisager les recherches susceptibles d’être entreprises ultérieurement. Dans ce contexte, la présence d’un physicien ayant exercé de hautes responsabilités au sein d’Euratom mérite d’être relevée. 1

La datation des tissus anciens par les isotopes radioactifs faisait déjà partie des méthodes susceptibles d’être discutées. Elle apparaît d’ailleurs explicitement quelques années plus tard dans les travaux issus de la Commission : le rapport de 1976 contient une étude de Cesare Codegone, Sulla datazione di antichi tessuti mediante isotopi radioattivi, pp. 31–40. 2

Peut-on dès lors envisager qu’Enrico Medi ait été consulté dès 1969 sur la possibilité d’une datation radiocarbone du Suaire, ou plus largement sur l’utilisation de méthodes faisant intervenir des isotopes radioactifs ?

L’hypothèse est plausible, mais elle n’est actuellement pas démontrée. Aucun document retrouvé à ce stade ne permet d’attribuer à Medi une proposition précise concernant le carbone 14. Il faudrait notamment déterminer ce que recouvraient les « suggestions et propositions » mentionnées dans le rapport de la Commission.

Une lettre d’Enrico Medi

Une piste documentaire permet peut-être d’aller plus loin.

Après la publication du rapport officiel de 1976, le Centro Internazionale di Sindonologia publie en 1977 les Osservazioni alle Perizie ufficiali sulla Santa Sindone 1969–1976. Dans sa contribution, Giovanni Judica Cordiglia reproduit une lettre d’Enrico Medi, aux pages 25–28. 3

Cette lettre est particulièrement importante puisqu’elle permet de retrouver directement la pensée d’un membre de la Commission disparu avant la publication du rapport officiel.

Son examen devra permettre de déterminer si Medi évoquait seulement les conditions générales de l’étude scientifique du Suaire ou s’il envisageait également des méthodes physiques, isotopiques ou radiométriques.

Une participation interrompue

Enrico Medi ne poursuivit pas longtemps cette collaboration. La documentation de la Commission précise qu’après avoir participé avec enthousiasme aux travaux de 1969, la maladie l’empêcha de continuer son activité au sein du groupe. 1

Il meurt à Rome en 1974, deux ans avant la publication du rapport officiel.

Sa présence en 1969 demeure néanmoins intéressante dans l’histoire scientifique du Suaire : un spécialiste de physique ayant exercé des responsabilités au sein d’Euratom se trouve associé aux premiers examens directs modernes du tissu au moment même où se pose la question des analyses scientifiques futures. Il reste à déterminer, documents à l’appui, jusqu’où alla réellement son intervention.

Bibliographie

  • Commissione Pellegrino. (1976). La S. Sindone. Ricerche e studi della Commissione di esperti nominata dall’Arcivescovo di Torino, Card. Michele Pellegrino, nel 1969. Torino : supplément à la Rivista Diocesana Torinese.
  • Codegone, C. (1976). Sulla datazione di antichi tessuti mediante isotopi radioattivi. Dans La S. Sindone. Ricerche e studi della Commissione di esperti nominata dall’Arcivescovo di Torino, Card. Michele Pellegrino, nel 1969 (pp. 31–40). Torino.
  • Judica Cordiglia, G. (1977). Osservazioni critiche sulle ricerche e gli studi perseguiti sulla S. Sindone dalla Commissione di Esperti tra il 1969 e il 1976. Dans Osservazioni alle Perizie ufficiali sulla Santa Sindone 1969–1976 (pp. 19–29 ; lettre d’Enrico Medi, pp. 25–28). Torino : Centro Internazionale di Sindonologia.
  • Treccani. (s. d.). Medi, Enrico. Dizionario Biografico degli Italiani.
— Notes —
  1. Commissione Pellegrino, 1976[↩][↩][↩][↩][↩]
  2. Codegone, 1976, pp. 31–40[↩]
  3. Judica Cordiglia, 1977, pp. 25–28[↩]

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