Escalona del Prado – 1657

Nous ne disposons pas de reproduction de cette copie.

L’essentiel des informations au sujet de cette copie provient de Domenico Leone, dans son ouvrage El Santo Sudario en Espagña. En 1959, cette relique était encore généralement placée chaque année suspendu à la Croix du Passage de la Piété, notamment pendant la Semaine Sainte..

Nous donnons ici le texte original complet de Domenico Leone. ( page 135 à 140 )

DESCRIPTION. —

Elle mesure 4,50 m sur 0,96 m. La description détaillée, ainsi que les informations concernant les mains et leur blessure, le côté, les pieds, les marques de la flagellation, etc., se trouvent dans les documents que nous transcrivons ci-dessous.

INFORMATIONS HISTORIQUES.

Cette reproduction de la Sainte Sindone a été donnée à la Paroisse d’Escalona par son illustre fils, Frère Pedro de la Cruz, religieux déchaux franciscain, de la sainte province de Saint Paul, en Vieille-Castille, le 28 mars 1665.

Lettre autographe de Juan Bautista de Strambino – 1657

Il est établi que ce Saint Suaire est une copie légitime et autorisée de celle vénérée à Turin, par une Lettre autographe du très révérend Père Provincial des Mineurs Observants et Réformés de Turin, Frère Juan Bautista de Strambino — celui qui la lui a procurée —, datée à Turin le 30 décembre 1657, conservée dans les Archives Paroissiales et dans le même petit coffret en nacre, avec des tissus et des incrustations précieuses, dans lequel elle a été remise par le dit Frère Pedro de la Cruz à la paroisse d’Escalona del Prado.

La lettre autographe du très révérend Père Provincial des Mineurs Observants et Réformés de Turin dit :

À l’extérieur :

Au Révérend Père et Prêtre Officiant Très Illustre Père Sébastien de Gaète, Théologien, et Commissaire Général Digne des Mineurs Observants et Réformés. Rome, Araceli.

À l’intérieur :

Révérend Père et Prêtre Très Cher,

Il y a déjà plusieurs mois que Madame Royale 1 a bien voulu me permettre de copier la Très Sainte Sindone, à l’occasion où d’autres petites reproductions étaient faites pour le Duc de Bavière 2 . Mais je n’ai pas osé l’envoyer, vu que lors de la réception d’un petit exemplaire que je vous avais envoyé en exemple, Votre Révérend Père m’ordonna de ne pas en envoyer davantage. Quoi qu’il en soit, ayant dit à Madame Royale que je voulais l’envoyer à Votre Révérend Père, je l’envoie par la présente poste, avec l’adresse au Prêtre Secrétaire, recommandé au Maître des postes.

Cette copie est de la même grandeur, qualité et quantité que l’Original, de même couleur délavée, et le tissu est quelque peu noirci et jauni par l’ancienneté. Vous verrez comment les clous ont été placés aux poignets et non dans les paumes. On voit également l’ouverture du Sacré Côté sur la droite, même si dans le linceul elle reste sur la gauche. Les marques des flagellations et la couronne d’épines ressortent également bien.

Et croyez, Révérend Père, qu’il n’a pas été ajouté une ligne de superflu. C’est exactement comme l’Original. Elle a également été posée sur l’Original.

Turin, le 30 décembre 1657.

De Votre Révérend Père
Humilissime et très obligé Serviteur,

Frère Giovanni Battista di Strambino, Mineur Provincial.

Dans le même petit coffret est conservée la traduction primitive en espagnol de l’original italien .


Lettre de donation

Par ailleurs, il existe une lettre de donation adressée par le Fr. Pedro de la Cruz, Religieux déchaux, franciscain , rédigée à Madrid pour la confier à Simón de Adrados et María de Adrados.

« Moi, Fr. Pedro de la Cruz, Religieux déchaux, franciscain, de la sainte province de Saint Paul en Vieille-Castille, natif de la ville d’Escalona, juridiction de Ségovie, étant Confesseur de Son Excellence le Comte de Peñaranda, gentilhomme de la Chambre de Sa Majesté Philippe IV 3 et de son Conseil, et de celui de Guerre et d’État et Président en titre du Conseil des Indes, l’ayant accompagné lors de son voyage en Allemagne, pour assister à l’élection et au couronnement du Très Sérénissime Empereur Léopold 4 en tant qu’Ambassadeur extraordinaire et Plénipotentiaire de Sa Majesté et en le servant ensuite comme Vice-roi de Naples.

En plus de cela, je présente à Notre-Dame de la Croix un Suaire de notre Rédempteur Christ, de la même taille et mesure que le Saint Suaire original, dans lequel le Seigneur Christ a été enveloppé, et auquel il a touché. On obtient l’indulgence plénière, en libérant une âme du purgatoire chaque fois que l’on dit la prière du Suaire : « Dieu, qui nous as laissé, etc. »

Parce que tout ce qui précède est vrai et j’en atteste par la présente, je signe de mon nom en cette Cour et Ville de Madrid, en remettant ledit petit coffret avec ledit reliquaire de Lignum Crucis et ledit Suaire à Simón de Adrados et María de Adrados, mes frères, pour qu’ils le portent dans la dite ville d’Escalona, le vingt-huit mars 1665. En témoignage de vérité, Fr. Pedro de la Cruz, Confesseur de Son Excellence le Comte de Peñaranda. (Il y a une signature).

L’indication sur le couronnement de Léopold Ier permettrait de date le document après le 1er Août 1658.

Références :

Léone Domenico (1959 ) El Santo Sudario en Espana Biblioteca Sindononia n°8 Barcelona 1959 ( page 135 à 140 )

— Notes —
  1. Il s’agit probablement de Françoise-Madeleine d’Orléans, née le 13 octobre 1648 au château de Saint-Germain et morte le 14 janvier 1664 au Palais royal, Turin est une princesse de la maison d’Orléans qui devient, par son mariage avec Charles-Emmanuel II, duchesse de Savoie. [↩]
  2. il s’agit de Ferdinand-Marie de Wittelsbach, né à Munich le 31 octobre 1636 et décédé le 26 mai 1679 à Schleißheim. Il était le fils aîné de Maximilien Ier de Bavière et de Marie-Anne d’Autriche, elle-même fille de l’empereur Ferdinand II. En 1652, il épousa Henriette-Adélaïde de Savoie, fille de Victor-Amédée Ier de Savoie et de Christine de France. Ce mariage renforça les liens politiques entre les Maisons de Bavière et de Savoie, consolidant leur influence en Europe à l’époque.[↩]
  3. Philippe IV, né à Valladolid le 8 avril 1605 et mort à Madrid le 17 septembre 1665. Philippe IV, roi d’Espagne, avait des liens avec la maison de Savoie par ses mariages et alliances dynastiques. Son épouse, Marie-Anne d’Autriche, était également liée à la Maison de Savoie à travers des réseaux complexes de mariages royaux. Il régna sur l’Espagne et les Indes à partir de la mort de son père, Philippe III, le 31 mars 1621, jusqu’à son propre décès en 1665. Il détenait également les titres de roi des Deux-Siciles, roi de Portugal, et souverain des Pays-Bas. [↩]
  4. Léopold Ier, né le 9 juin 1640 à Vienne, devint empereur du Saint-Empire romain germanique en 1658 après la mort de son père Ferdinand III. Il régna jusqu’à sa mort en 1705. Léopold est le fils cadet de Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657), Empereur élu du Saint-Empire, et de Marie-Anne d’Autriche (1606-1646), infante d’Espagne. Couronné à Francfort-sur-le-Main le 1er août 1658, Léopold fut également roi de Bohême, roi de Hongrie, et archiduc d’Autriche. Son long règne fut marqué par des guerres importantes contre l’Empire ottoman et la France. Il consolida la puissance des Habsbourg et laissa son trône à son fils, Joseph Ier. [↩]

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