Esplicatione del sacro lenzuolo, ove fu involto il Signore, e delle piaghe in esso impresse col suo pretioso sangue: confrontate con la Scrittura Sacra, i Profeti e i Padri, con pie meditationi de’ dolori della Beata Vergine.
1599
Bologna : presso gli Heredi di Gio. Rossi, 1599.
Numérisation Getty Research Institute


Traduction française :
Explication du saint linceul, dans lequel le Seigneur fut enveloppé, et des plaies qui y sont imprimées avec son précieux sang : confrontées avec l’Écriture Sainte, les Prophètes et les Pères, accompagnées de pieuses méditations sur les douleurs de la Bienheureuse Vierge.
Paleotti, A. (1599). Esplicatione della Sacra Sindone, che si venera in Torino. Bologna : Alessandro Benacci. https://archive.org/details/esplicationedels00pale/page/n227/mode/2up?utm
EXPLICATION DU SAINT LINCEUL DANS LEQUEL NOTRE SEIGNEUR FUT ENVELOPPÉ
Et des Plaies qui y sont imprimées par son précieux Sang, confrontées avec l’Écriture Sainte, les Prophètes et les Pères, avec de pieuses méditations sur les douleurs de la Bienheureuse Vierge.
Par Monseigneur Alfonso Paleotti,
Archevêque de Bologne.
À l’usage spirituel de son peuple,
dédié à la Sainteté de N. S.
PAPE CLÉMENT VIII.
Avec privilège.
À Bologne,
chez les héritiers de Gio. Rossi, 1599.
Avec licence des Supérieurs.
SOMMAIRE
De chaque chapitre du présent livre.
Chapitre I
Contient l’intention de l’Auteur ; et comment (selon le récit des Évangélistes) Joseph d’Arimathie acheta un linceul et y enveloppa le corps du Seigneur, ôté de la Croix ; en quel temps y furent imprimées ses plaies par son propre sang ; et comment, ensuite, les onctions, les bandelettes de face et le suaire ne purent empêcher l’empreinte déjà faite.
Acar. — 1
Chapitre II
Contient l’histoire de la Sindone : comment, après la Résurrection du Seigneur, elle passa entre les mains des Rois de Jérusalem, puis des très sérénissimes Ducs de Savoie ; et les miracles faits par elle ; de la chapelle érigée en son honneur ; et des bulles des Souverains Pontifes qui approuvent qu’elle soit de lin, et comment elle est représentée dans la Messe du Corporal, également de lin.
Acar. — 9
Chapitre III
Contient la mesure du corps du Seigneur ; et celle de ses membres ; et de ses plaies plus principales ; et la beauté de tout ce corps.
Acar. — 15
Chapitre IV
Traite du supplice et de l’infamie de la Croix ; de ceux qui furent dits, par peine de tels crimes, être damnés par les Romains ; des prophéties de la Croix et de la crucifixion du Christ, duquel le corps fut pris de la Croix et déposé.
Acar. — 23
Chapitre V
Montre la manière de flageller chez les Romains et chez les Hébreux ; traite de la flagellation universelle du Sauveur ; et des innombrables coups qu’il souffrit ; et de la manière dont il fut flagellé à la colonne, conformément à ce que montre la sainte Sindone.
Acar. — 29
Chapitre VI
Explique la manière des Romains de crucifier, c’est-à-dire en étendant et en clouant les mains et les pieds des condamnés ; traite du titre du Seigneur, placé par Pilate au-dessus de la Croix ; choses qui servent à comprendre les plaies des clous imprimées dans le saint Linceul.
Acar. — 37
Chapitre VII
Vient à la déclaration particulière des plaies imprimées dans la Sindone, en commençant par les plantes des pieds, perforées et ensanglantées ; et l’on éclaire les prophéties de ces saintes plantes si cruellement traitées.
Acar. — 47
Chapitre VIII
En remontant vers la partie postérieure, explique les plaies des jambes et des cuisses, avec les prédictions de ces parties ainsi déchirées ; et montre la manière dont le Seigneur nous parle, comme par signe hiéroglyphique, par la figure de lui-même, imprimée dans la sainte Sindone.
Acar. — 53
Chapitre IX
Contient la déclaration de la grande plaie du côté, avec les prophéties individuelles de celle-ci ; et de l’ouverture du côté, montrée par la Sindone ; et de la chute du Seigneur sous la Croix, à cause d’une telle plaie.
Acar. — 58
Chapitre X
En remontant des reins à l’échine et aux épaules, traite des plaies dans ces parties évidentes dans la Sindone, avec leurs prophéties ; de l’usage des Romains de faire porter la croix à ceux qui étaient condamnés ; des nombreux douleurs que le Christ souffrit en la portant ; et des prophéties relatives à ce portement.
Acar. — 62
Chapitre XI
Discourt sur les cheveux du Seigneur, arrachés, ensanglantés et attachés ensemble par le sang ; raconte les prédictions de toutes ces choses ; et traite de la promptitude du Seigneur à pâtir, prédite.
Acar. — 68
Chapitre XII
Traite de la couronne d’épines, jamais donnée comme peine à d’autres, mais au Christ ; de la cause pour laquelle elle lui fut donnée ; des prophéties qui l’avaient prédite ; et de la peine qu’elle apporta au Seigneur.
Acar. — 72
Chapitre XIII
Déclare la forme de la couronne d’épines, laquelle était faite de plusieurs cercles qui montaient jusqu’au sommet de la tête du Seigneur ; montre que cette forme devait être prédite ainsi ; traite du roseau donné en main au Christ, et comment cela fut accompli chez les autres.
Acar. — 82
Chapitre XIV
En descendant vers la partie antérieure, montre les meurtrissures du visage du Seigneur ; l’arrachage de la barbe ; l’atteinte des yeux par le sang ; avec les prophéties de toutes ces choses.
Acar. — 87
Chapitre XV
Contient les plaies des bras et de la poitrine, et du dos, par lesquelles le Seigneur fut ainsi violemment frappé en ces parties, avec leurs prophéties et figures.
Acar. — 93
Chapitre XVI
Déclare les seules plaies faites par les clous dans les mains de Notre Seigneur, en les confrontant avec les Prophètes et les Pères.
Acar. — 102
Chapitre XVII
Contient les menues plaies du ventre du Seigneur, et la raison pour laquelle elles apparaissent en cette partie si petites, avec leurs prophéties.
Acar. — 109
Chapitre XVIII
Traite (en descendant encore) des plaies aux cuisses et aux jambes dans la partie antérieure ; et des cicatrices en ces parties ; de l’intention des persécuteurs qui cherchaient à tuer le Seigneur par la flagellation, avec leurs prophéties.
Acar. — 113
Chapitre XIX
Déclare la crucifixion des pieds de Notre Seigneur ; et l’opinion de nombreux docteurs sur le nombre des clous, tenant pour les uns qu’ils furent quatre, pour d’autres trois ; et comment, selon la vraisemblance, ils furent cloués, en chevauchant un pied sur l’autre ; et comment les clous pénétrèrent, faisant descendre la douleur jusqu’au cœur.
Acar. — 118
Chapitre XX
Traite de la plaie du côté, faite au flanc droit du Seigneur, avec les prédictions de celle-ci ; du fruit qui sortit de cette plaie ; du sang et de l’eau ; de la consommation prédite ; et de la cause pour laquelle le Seigneur ne conserva plus que cinq plaies après la Résurrection.
Acar. — 125
Chapitre XXI
Traite de l’os du Seigneur entier, prédit et figuré, tel qu’il apparaît dans la Sindone ; de la raison pour laquelle ses jambes ne furent pas brisées, comme celles des larrons, avec les prophéties ; raconte que le Seigneur, mourant, tourna le visage vers l’Occident, et en dit la raison ; exhorte les lecteurs à tirer fruit spirituel de cette œuvre.
Acar. — 137
Fin de la Table des Chapitres.
À LA SAINTETÉ DE NOTRE SEIGNEUR LE PAPE CLÉMENT HUITIÈME
Me trouvant moi-même (Très Saint Père) avec les très illustres cardinaux de bonne mémoire Carlo Borromeo et Gabriele Paleotti, lorsque nous allâmes à Turin pour visiter la Sainte Sindone, relique si principale, par l’effigie et la forme de tout le corps, laissée imprimée par Notre Seigneur avec son propre sang ; ayant vu une chose si admirable, je restai avec un ardent désir d’en avoir une copie de cette même mesure, afin de pouvoir (en la contemplant à loisir) m’imprimer plus profondément dans l’esprit ces très sacrées plaies, pour le salut de mon âme ; comme aussi de les conserver continuellement en mémoire.
Et ce désir ayant été, peu de temps après, accompli par l’œuvre et la bonté de Son Éminence le cardinal Federico Borromeo, auquel était parvenue entre les mains une copie, relevée fidèlement et soigneusement sur l’original ; en l’examinant souvent, il me vint à l’esprit de faire certaines considérations, et de découvrir certains secrets éclaircis dans ce Linceul : tant sur la qualité des plaies, que sur la forme de la couronne d’épines, sur l’obscurcissement du visage, sur les plaies des mains et des pieds, et sur la large plaie du côté ; et sur les nombreuses et horribles traces au-dessus de la tête, sur la poitrine et sur les épaules ; et, en somme, sur toute la personne, lesquelles choses je confrontai toutes avec l’autorité de l’Écriture Sainte, les dits des Prophètes et les sentences des Saints Pères.
Or désirant que le peuple de Bologne considérât pieusement l’importance de ces sacrées plaies, j’ai résolu, avec le conseil de personnes érudites, de les mettre en lumière, et de les dédier…
…les dédier à Votre Béatitude, comme à celui qui, se tenant dans une prière fréquente et une méditation de l’amour du Christ envers nous, ne peut manquer de ressentir un goût spirituel dans la distincte énumération de la quantité et de la qualité de ses très précieuses plaies.
Et m’aidant en cela de l’exemple de saint Grégoire, qui, dans le livre VIII des Épîtres à Euloge, et dans un autre écrit à l’Italie et à Venance, raconte qu’atteint de douleurs de la podagre, il fut retenu empêché pendant deux années, de sorte qu’il lui était à peine possible de célébrer aux jours de fête ; ce qui, ajouté aux autres afflictions de ces temps-là, rendait sa vie très pénible ; et cependant, dans cet état, il éprouvait combien grand était le soulagement qu’il recevait à se représenter les douleurs de la Passion du Seigneur, comme il l’enseigne dans son Pastoral, où il exhorte les infirmes à trouver consolation dans leurs douleurs, en méditant souvent, partie par partie, ces choses que le Seigneur a souffertes : coups, gifles, crachats, fouets, épines, boisson de fiel, mépris, et la mort même.
Il m’a donc semblé convenir de faire cette dédicace à Votre Béatitude, qui, dans la condition des temps et dans l’infirmité où vous vous trouvez, est comme un portrait de saint Grégoire ; espérant que, en lisant l’explication de ces sacrées plaies, elle pourra pareillement, dans leur considération, tempérer les douleurs de ses infirmités et trouver soulagement dans les travaux que porte avec soi le poids pontifical.
Je supplie donc qu’elle daigne accueillir ce petit signe de l’observance et de l’ancienne dévotion que j’ai envers elle ; et je demeure en baisant ses très saints pieds, et en la priant de me donner sa bénédiction.
De Votre Sainteté,
le très humble et très dévoué serviteur,
Alfonso Paleotti,
Archevêque de Bologne.
PRIVILÈGE
CLÉMENT VIII, PAPE.
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.
Puisque nous avons reçu que tu as récemment rédigé, avec un zèle non moins docte que pieux et dévot, une explication de la Sainte Sindone, dans laquelle Notre Seigneur Jésus-Christ, déposé au tombeau et enveloppé, a laissé à l’Église l’image véritable de son corps, avec le nombre exact des plaies très douloureuses, imprimées par son propre sang, comme mémorial visible de sa Passion ; et que tu entends mettre cette explication en lumière pour l’édification spirituelle du peuple de Bologne et d’autres fidèles chrétiens ;
Nous louons cette œuvre pieuse, que nous recommandons dans le Seigneur, et désirons, et demandons instamment, qu’un tel livre soit conservé entièrement incorrompu, et qu’il soit imprimé avec la plus grande diligence, afin qu’il ne soit en aucune manière déformé, soit par négligence, soit par malveillance, ni même par un changement de titre, ni par une altération de la forme, ni par corruption ou falsification quelconque.
C’est pourquoi, inclinés aux humbles supplications que ta fraternité nous a adressées à ce sujet, nous concédons et accordons à toi, à tes héritiers et successeurs, ou à ceux qui auront de toi cause légitime, pour le délai de dix années à compter de la première impression dudit ouvrage, pourvu toutefois qu’au préalable il ait été approuvé par les Inquisiteurs de la dépravation hérétique ou par le Maître du Sacré Palais, et tant que ladite impression durera, que nul, tant dans la Ville que dans tout l’État ecclésiastique qui nous est soumis, n’ose imprimer ou faire imprimer immédiatement l’œuvre susdite d’explication de la Sainte Sindone, ni la vendre, ni la mettre en vente, ni l’exposer, soit sous le même titre, soit sous un autre, soit avec une forme changée, soit sous quelque prétexte que ce soit, soit traduite en une autre langue, soit par lui-même ou par d’autres, sans une licence expresse de toi, de tes héritiers ou successeurs, ou de ceux ayant cause de toi.
Nous concédons et accordons ces présentes par autorité apostolique, et nous défendons expressément que quiconque ose contrevenir à ce privilège, sous peine de cinq cents ducats d’or de la Chambre apostolique, à appliquer à ladite Chambre, sans préjudice des livres eux-mêmes et des caractères typographiques, durant lesdits dix ans ; interdisant également que quiconque, sans cette licence expresse obtenue par écrit, ose imprimer ladite œuvre dans la Ville ou dans les États ecclésiastiques susdits, ni la vendre, ni la mettre en vente, ni l’exposer de quelque manière que ce soit.
Et nous ordonnons en outre à nos chers fils, les légats du Siège apostolique, ou leurs vice-légats, ainsi qu’aux présidents, gouverneurs, préteurs et autres ministres de la justice des provinces, des cités et des lieux de nos États ecclésiastiques susdits, qu’ils assurent à toi, à tes héritiers et successeurs, ou à ceux ayant cause de toi, une défense efficace en la matière, et que, chaque fois qu’ils en seront requis par toi ou par d’autres susdits, ils exécutent sans délai et irrévocablement les peines susdites contre tous contrevenants.
Nonobstant toutes constitutions et ordonnances apostoliques, statuts, coutumes, confirmations apostoliques, ou toute autre force ou autorité quelconque, privilèges, indulgences et lettres apostoliques concédés, confirmés ou approuvés en sens contraire, et toutes autres choses contraires.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le seizième jour de mars de l’an 1599, de notre pontificat la huitième année.
M. Ver. Barbianus.
ÉPISTRE
Qui doit nécessairement être lue
pour l’intelligence de toute
l’œuvre,
Adressée par Monseigneur Alfonso Paleotti, archevêque,
à ses chères âmes de la Cité
et du Diocèse de Bologne.
Tous ceux qui sont appelés par Dieu à la garde de quelque troupeau par dignité épiscopale doivent avoir les yeux tournés vers ceux qui, comme vers des tabernacles, peuvent recourir aux consolations spirituelles, selon ce que dit l’Époux dans le Cantique, à savoir qu’ils doivent sortir en suivant la trace de leurs troupeaux près des tabernacles des pasteurs.
C’est pourquoi, ayant considéré comment notre protecteur saint Pétrone, pour nous maintenir, nous son peuple, dans la vraie dévotion et la vénération des Saints, et dans la méditation de la Passion du Seigneur,
a d’abord laissé une célèbre collecte de saintes reliques, réduites en précieux vases dans son église de saint Étienne, afin qu’en les honorant nous méritions que les Saints fussent nos intercesseurs auprès de la divine majesté.
Secondement, afin que la sainte Passion de notre Seigneur nous demeurât plus profondément imprimée dans le cœur, il fit faire dans ladite église une similitude de ces saints lieux de Jérusalem où le Seigneur souffrit, nous laissant, pour une mémoire plus particulière, un véritable portrait de son sépulcre.
À l’imitation donc de tant et de tels exemples de notre protecteur, comme aussi de Monseigneur le cardinal Paleotti, de sainte mémoire, dont, dans l’office pastoral, je fus (quoique indignement) le successeur, lequel, par tant d’œuvres excellentes imprimées pour notre bénéfice, ne cessa jamais, tant qu’il vécut, de nous donner de nouveaux documents et des ordres profitables aux âmes, j’ai pensé ne pas tarder davantage à vous donner, par quelque mien travail, un signe écrit de ma bienveillance envers vous ;
moi qui, ayant auparavant recueilli durant de nombreuses années, de divers lieux, une bonne quantité de reliques saintes, ordonnées dans mon sacré mausolée, que j’ai donné à notre Église métropolitaine et fait déposer dans la chapelle de la famille Paleotti dédiée à la Sainte Vierge, j’en suis venu, tant quant à l’ordre — et je dirai aussi quant à la splendeur, qui rend gloire à Dieu — sans dissimuler le goût spirituel que j’en retire par la fréquentation de ceux qui y viennent pour leur dévotion ;
je n’ai pas voulu manquer de suivre les mêmes traces du susdit saint notre protecteur, en cette partie encore, qui consiste à imprimer dans les âmes la Passion de notre Rédempteur ; puisque de lui nous fut laissée la forme fabriquée du sépulcre, dans lequel fut posé son corps, mais que, dans la sainte Sindone qui couvrit Joseph d’Arimathie, se trouve, au lieu de nous, la véritable nouvelle de cette sainte relique, en laquelle est imprimé le vrai mémorial de sa Passion, avec l’apparence de toutes ses très saintes plaies.
Je me suis donc résolu à la présente œuvre, afin que ces plaies vous demeurent imprimées dans le cœur, une à une, en vous les déclarant toutes expressément telles qu’elles se trouvent dites dans ladite sainte Sindone, en les confrontant avec l’Écriture sainte, les Prophètes et les Pères.
Considération très convenable et très nécessaire, puisque Notre Seigneur Jésus-Christ, en saint Matthieu et en saint Luc, dit être nécessaire que s’accomplissent toutes ces choses qui sont écrites de lui dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.
Et comme le dit saint Cyrille, il convient, pour la confirmation de notre foi, que même les moindres choses advenues dans la Passion du Rédempteur vérifient les prophéties ; ce que l’on verra être suivi dans toute l’œuvre, et principalement dans les deux premières de combien grande est la force de ce précieux sang imprimé sur ce Linceul, le saint Pontife Clément VI le dit dans les saints Canons : qu’une seule goutte de ce sang suffirait à sauver le monde entier.
De tant de vertu est donc ce très sacré sang, que les Anges mêmes en ont joui, comme le dit l’évangéliste Jean : Et ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau. Ce qui est entendu par beaucoup des saints Martyrs ; néanmoins Hugues le Cardinal, et quelques autres, l’entendent des Anges ; à savoir que les Anges ont vaincu par la vertu du sang de l’Agneau. Ce que l’on pourrait peut-être entendre ainsi : que, par la vertu de ce sang, furent introduits les hommes rachetés pour remplir les sièges des Anges, demeurés vides par la chute de Lucifer, et de ses partisans ; et que, de cette manière, ce sang leur ait profité.
Ou bien, si nous voulons dire selon l’opinion de certains, que par les Anges sont entendus ceux qui s’appliquent dans la vigne du Seigneur, et même les pasteurs, appelés Anges par l’Apôtre saint Jean dans l’Apocalypse ; lesquels, par la vertu de ce sang si puissant, vainquent l’ennemi et ses ministres, en les chassant de leur troupeau ; ainsi, moi aussi, j’espère obtenir pour votre édification spirituelle une victoire glorieuse.
Ce sang n’a pas profité seulement à la terre et au ciel, mais encore à l’enfer ; vérité que nous ne pouvons savoir par nous-mêmes de quelle manière il y a profité aux esprits angéliques et aux habitants de l’enfer ; mais il est néanmoins vrai que nous devons savoir qu’il y a profité. Et saint Jérôme le dit par ces paroles : Nous ne pouvons savoir comment il a profité aux Anges, et à ceux qui étaient en enfer, et néanmoins nous savons qu’il a profité.
Toutefois, pour apaiser en quelque part l’intelligence et pour émouvoir l’affection, selon ce que nous avons dit du plaisir apporté par ce sang aux Anges, on pourrait dire que les damnés en enfer sont punis citra condignum, c’est-à-dire avec une peine moindre que celle qu’ils mériteraient, comme est l’opinion commune des théologiens ; et que cet allègement, nous pouvons dire qu’il provient du mérite de ce très précieux sang, et qu’ainsi il leur a profité.
On peut encore dire qu’il leur a apporté profit à l’occasion, en ce que moins d’hommes sont damnés, s’il est vrai, comme on le croit vraisemblablement, que le damné occasionne peine accidentelle aux autres. Ainsi, lorsque le riche Épulon, étant dans l’enfer, pria le père Abraham d’envoyer Lazare avertir ses frères afin qu’ils ne tombassent pas dans sa ruine, il ne le faisait pas par amour ni par désir du bien de ceux-ci (affections qui ne se trouvent pas chez les damnés), mais bien pour son propre intérêt, afin que sa peine n’augmentât pas.
Tel et si puissant fut le sang que le très aimant Jésus versa pour nous : non pas une seule fois seulement, ni en petite quantité, mais autant qu’il s’en trouva dans son très sacré corps ; et comme l’enseigne saint Bernard, à plusieurs reprises : dans la Circoncision, dans la sueur du jardin, dans les coups des joues, dans le couronnement, dans la flagellation, dans les plaies des clous, et enfin dans l’ouverture du côté ; et cela non pour autre chose que pour nous montrer sa très ardente charité dans l’abondante effusion de son très précieux sang, qui eut tant de puissance qu’il paya à Dieu la vie pour nous ; et outre cela, il nous donna l’exemple de pâtir, il signifia aussi combien le péché avait pu, tua l’ennemi, et rendit aisée la voie pour monter au ciel.
Toutes ces choses chacun devra les méditer, prenant occasion dans cette sainte Sindone, pour considérer le nombre et la forme de ces très sacrées plaies, et aussi cette abjection dans laquelle fut le Sauveur au milieu du peuple, déplorée par Jérémie, lorsqu’il dit : Il a été posé comme une abjection au milieu du peuple ; ce qui est déclaré du Christ.
Et il faut penser avec grand esprit que Dieu ne s’est pas contenté que ces salutaires plaies fussent seulement prédites par les Patriarches, peintes par les Prophètes, et expliquées par les Saints ; mais qu’il a encore voulu, non avec des ciseaux ni des pinceaux, mais avec ses propres mains et pieds, et même avec tout son corps, et non avec des mélanges de couleurs, mais avec son propre sang, les peindre et les colorer sur ce très sacré linge, il veut encore qu’elles soient continuellement regardées et méditées par ses chers fidèles ; car la contemplation du Seigneur rend l’esprit pur et chaste, et nous préserve des taches du péché ; comme l’explique l’antique écrivain Arnobe, en disant :
De même que, par la faute, nous sommes portés à des désirs variés par la faiblesse vicieuse de notre nature, ainsi, une pureté innée étant restaurée, le Christ souffrant doit toujours être conçu dans nos pensées ; et tandis que nous le prions et nous efforçons de mériter ses dons, nous recevons la volonté de l’innocence, et nous nous préservons de toute souillure par l’éloignement de tous les plaisirs.
C’est pourquoi, sachant que je ne puis offrir à vos âmes de don plus précieux que de leur offrir ces plaies et ce sang, par lesquels vous serez rachetés et sanctifiés, je vous propose ce saint ouvrage de la sainte Sindone, avec lequel, par le moyen de la contemplation, vous les regarderez ; priant le Seigneur que, même dans vos membres, vous ressentiez ces saintes stimulations.
Et afin que chacun puisse tirer fruit et édification de cette œuvre nôtre, nous l’avons composée en langue vulgaire, afin qu’elle soit comprise par les simples ; sans toutefois avoir manqué de satisfaire les érudits, en insérant les sentences de l’Écriture sacrée, des Pères et des auteurs, et en les produire en langue latine.
Dans laquelle œuvre toutes les choses ne seront pas guidées par les disciplines mathématiques, ni autrement spéculatives, prouvées par une démonstration vive ; mais il suffira de considérer que, de telles choses, il n’est pas bon de les chercher de cette manière rigoureuse ; d’autant plus que les Écritures sont faites pour les fidèles et les pieux, qui, par la vivacité de leur foi, en considérant l’objet dont il est question, surpassent la vivacité des raisons.
Maintenant, pour dire de la manière de la tenir, afin d’en tirer profit pour l’esprit, il faudra considérer que, au commencement de l’œuvre, est placé un petit portrait de la sainte Sindone, semblable à l’original même, disposé ingénieusement autour de certaines lettres de l’alphabet, nécessaires à notre intention ; car le pieux lecteur, ayant regardé le dessin d’un côté et de l’autre, pourra prendre un chapitre par jour à méditer, en se servant des pieuses considérations posées à la fin de chaque chapitre, ou d’autres, comme l’Esprit les lui suggérera ; et il prendra garde que, dans les chapitres appropriés à telle ou telle partie du corps du Seigneur, il renvoie le lecteur aux lettres susdites de l’alphabet du dessin, et à la partie qui est traitée dans le chapitre.
Et ainsi, parvenu à la fin de tous, il pourra de nouveau recommencer l’œuvre, afin de bien affermir dans son cœur les stigmates du Sauveur.
Recevez donc, chères âmes miennes, ces quelques travaux miens comme un petit signe du grand amour que je vous porte, me plaignant de ne pouvoir faire davantage ; et je vous prie de vous souvenir de moi dans vos prières, afin que ces plaies pleines d’amour demeurent imprimées dans mon cœur pour mon profit, et dans le vôtre pour votre édification.
COPIE DE LA BULLE DU PAPE JULES II
Pour l’approbation de la sainte Sindone,
et des Heures canoniques
qui s’y récitent dans l’État de Savoie.
Jules, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, pour perpétuelle mémoire.
Le Pontife romain, élevé au sommet de la dignité apostolique, et appelé par disposition divine au Siège sacré de Pierre, désire le salut des fidèles ; surtout de ceux, nobles et également dévots, par lesquels l’immense miséricorde de Dieu envers les fils des hommes est manifestée : eux qui, lorsque, par le péché du premier parent, ils étaient retenus captifs sous la loi de la mort et de la damnation, la merveilleuse profondeur du conseil divin les a relevés, afin que le Fils unique du Père, de même substance que lui, et forme éternelle, assumât la chair, et pour nous souffrît des langues, et portât dans son corps d’autres douleurs ; d’une si grande dilection, d’une si grande ampleur d’amour, qu’innocent, il subit les fouets, les blessures, les épines et les outrages, étant attaché au bois de la Croix, répandant son propre sang, devenu obéissant jusqu’à la mort.
Or, de la contemplation de l’effusion de ce sang, des blessures et des douleurs qu’il souffrit pour notre rédemption, les fidèles du Christ, libérés des gueules infernales, ne doivent pas être ingrats ; mais, avec une pieuse compassion, et des louanges dignes de larmes, ils doivent se souvenir des lieux où le précieux et véritable sang du Christ lui-même, et son image, sont vus et vénérés ; et où la glorieuse Vierge Marie, sa génitrice, qui intercède pour les pécheurs auprès de son Fils, est glorifiée ; et pour le salut et l’exaltation des âmes des fidèles susdits, nous accordons volontiers la grâce.
Et à ceux qui, pour cette raison, par des personnes religieuses et d’autres ecclésiastiques, par l’ordonnance des nobles eux-mêmes, ont été faits pour la louange et la gloire de Dieu, lorsque l’on demande à ce sujet une fortification apostolique, nous y ajoutons l’autorité apostolique, et nous statuons et ordonnons, selon ce que nous jugeons salutaire et opportun dans le Seigneur.
Certes, une supplique nous a été récemment présentée de la part de notre cher fils noble Charles, duc, et de notre chère fille en Christ, noble dame Claude, jadis épouse du noble Philippe, duc de Savoie, aujourd’hui défunt ; laquelle supplique contenait que ledit Charles avait élevé à un rang particulier, comme église collégiale, celle qui est appelée la chapelle sainte du château de Chambéry, dans le duché de Savoie, dépendant du diocèse de Grenoble ; laquelle, du temps de notre prédécesseur de sainte mémoire le pape Paul II, fut érigée ; et ensuite notre prédécesseur de pieuse mémoire Sixte IV voulut qu’elle fût appelée chapelle sainte, comme l’avaient fait auparavant les prédécesseurs ducs de Savoie, à cause de l’affection dévote, et surtout à cause de la très précieuse Sindone,
dans laquelle Notre Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il fut déposé au tombeau, fut enveloppé ; et laquelle est conservée honorablement et dévotement dans une certaine châsse d’argent ; dans laquelle, comme ledit Sixte, notre prédécesseur, l’a affirmé dans un certain traité qu’il a composé sur ce sang, le véritable sang et l’image de Jésus-Christ sont contemplés ; et à cause de la dévotion et de la vénération envers cette relique, surtout aux jours où la Sindone elle-même est exposée, et des miracles que, en ces jours, le Très-Haut accomplit autour de ladite Sindone parmi les fidèles dévots, de grandes foules de fidèles accourent.
Et que l’office propre de ladite Sindone, par certains religieux ou autres personnes ecclésiastiques, avec Messe, Lectures, Chapitres, Versicules, Répons, Hymnes et Prières convenables et dévotes, a été ordonné ; et que le doyen et le chapitre de ladite église, par pieuse dévotion, ont aussi institué que, les jours de sabbat, l’Office de la Bienheureuse Vierge Marie, tel qu’il est célébré dans l’église de Sainte-Marie-Majeure de la Ville, soit célébré solennellement dans cette même église, chapelle dite sainte, sous forme d’office divin, selon que de ladite ordonnance de l’Office de la Sindone, laquelle a été soigneusement rédigée dans la Chancellerie apostolique, et dans laquelle, tous signes et caractères omis, nous avons fait insérer mot à mot les présentes lettres ; et laquelle est dite être plus amplement contenue dans le statut et l’ordonnance du doyen et du chapitre susdits.
C’est pourquoi, de la part du duc et de la duchesse susdits, il nous a été humblement supplié d’ajouter, par confirmation apostolique, une plus ferme vigueur à l’ordonnance de l’Office diurne et nocturne de la Sindone, avec sa Messe, Lectures, Versicules, Répons, Chapitres et Prières, et à tout ce qui y est contenu, ainsi qu’au statut et à l’ordonnance du doyen et du chapitre susdits ; et que l’église susdite, chapelle sainte, doive être appelée chapelle de la sainte Sindone ; et que la solennité ou la fête de ladite sainte Sindone, dans l’octave de la solennité de la sainte Croix, ainsi que l’Office susdit, soient établis et ordonnés pour être célébrés par tous et chacun des sujets dudit duc ; et d’autres choses contenues dans les prémisses, selon qu’il serait jugé convenable par l’autorité apostolique.
Nous donc, par l’autorité de notre sacré apostolat, bien que sans mérite, présidant par disposition suprême, considérant que la sainte Croix, sur laquelle Notre Seigneur Jésus-Christ fut suspendu, et par laquelle nous avons été rachetés, est adorée et vénérée ; il paraît juste et dû que la Sainte Sindone, dans laquelle la relique de l’humanité du Christ, que la divinité s’est unie, à savoir son très véritable sang, est manifestement vue, soit pareillement vénérée et adorée.
Désirant que le culte divin fleurisse et s’accroisse partout, et que les fidèles eux-mêmes, que le même Notre Seigneur Jésus-Christ a lavés dans son sang, ainsi que son glorieux Rédempteur, et sa glorieuse Génitrice, soient honorés par des actions de grâce et des louanges dans la vénération solennelle ; inclinés à de telles supplications, nous approuvons et confirmons l’ordonnance de l’Office diurne et nocturne de la Sindone susdite, avec sa Messe, Lectures, Versicules, Répons, Chapitres, Ordonnances et tout ce qui y est contenu ; et nous approuvons et confirmons également le statut et l’ordonnance de la célébration de l’Office de la Bienheureuse Vierge Marie par le doyen et le chapitre susdits ; et nous les faisons connaître par la teneur des présentes lettres.
Nous suppléons à tous et chacun des défauts, s’il s’en trouvait peut-être en ceux-ci ; et néanmoins nous statuons et ordonnons que l’église susdite, chapelle sainte, soit appelée chapelle de la sainte Sindone ; et que la solennité ou fête de la sainte Sindone susdite, dans l’octave de la solennité de la sainte Croix, ainsi que l’Office susdit, soient célébrés par tous et chacun des sujets dudit duc.
Nonobstant toutes constitutions et ordonnances apostoliques, et autres choses contraires.
Suit dans la bulle l’ordre de l’Office, qui est ici omis.
Afin que donc toutes les choses susdites soient observées.
Que nul donc n’ait la permission d’enfreindre cette page de notre approbation, confirmation, communication, supplétion, statut et ordonnance, etc.
Si quelqu’un osait tenter de le faire, qu’il encourre l’indignation de Dieu tout-puissant, etc.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, l’an du Seigneur 1506, le sixième jour avant les calendes de mai, de notre pontificat la troisième année.
Bulle de plomb pendante.
INDEX DES AUTEURS
CITÉS DANS L’OUVRAGE
A
Aristote.
Habacuc.
Arnobe le Jeune.
Prophète Abdias.
Arnobe l’Ancien.
Artémidore.
Athanase, saint.
Actes des Apôtres.
Augustin, saint.
Alexandre d’Alexandrie.
Ambroise, saint.
Ammonius d’Alexandrie.
Amos, prophète.
Anastase, pape.
Anselme, saint.
Antonin, saint.
Antonio Gallonio.
Apocalypse.
Archidiacre.
B
Baïf.
Bède.
Benaudius.
Bernard, saint.
Bonaventure, saint.
Bréviaire romain.
Brigitte, sainte.
C
Callistrate.
Cantique de Salomon.
Carlo Sigonio.
Cassien.
Cassiodore.
Célius Rodiginus.
César Baronius.
Cyprien, saint.
Cyrille, saint.
Clément d’Alexandrie.
Clémentines.
Concile de Trente.
Cornelius Schulting.
Cornélius Tacite.
Couvre-chef.
D
David, prophète.
Deutéronome.
Diego Stella.
Diodore de Sicile.
Denys le Chartreux.
Dioscoride.
E
Esdras.
Évagre.
Eucher.
Euthyme.
Eusèbe.
Ézéchiel, prophète.
F
Philibert Pingone.
Philôn l’Hébreu.
Firmicus.
Flavius Vopiscus.
François Pétrarque.
François de Tolède.
G
Gabriello Biello.
Genèse.
Gianfénio.
Jérémie, prophète.
Jérôme, saint.
Job.
Judocus Clitovæus.
Georges, patriarche d’Alexandrie.
Josué.
Joachim, abbé.
Jean Chrysostome, saint.
Jean Damascène, saint.
Jean de Montolonie.
Jean Raulin.
Jean de Torquemada.
Juges.
Joseph l’Hébreu.
Justin l’Historien.
Justin martyr, saint.
Glose interlinéaire.
Glose ordinaire.
Grégoire, pape, saint.
Grégoire de Nazianze, saint.
Grégoire de Tours.
Guillaume Durand.
H
Hadrien, pape.
Hadrien Fino.
Hérodien.
Hilaire, saint.
Histoire tripartite.
Hugues, cardinal.
I
Innocent III, pape.
Isaïe, prophète.
Isidore de Péluse.
Isidore, saint.
Irénée, saint.
Ione.
Iuuenco.
L
Lamentations de Jérémie.
Landolf.
Lactance.
Léon, pape.
Lévitique.
Luc, évangéliste, saint.
Lucain.
M
Malachie, prophète.
Marcellus Empiricus.
Marcellus Iureconsultus.
Marc, évangéliste, saint.
Martyrologe.
Matthieu, évangéliste, saint.
Michée, prophète.
N
Nicéphore.
Nicolas de Lyre.
Nonnius.
O
Origène.
Orus Apollon.
P
Paul, apôtre.
Paul Diacre.
Pétrone Arbiter, satirique.
Pierio Valeriano.
Pierre, apôtre.
Pierre Crinito.
Platon.
Plaute.
Pline.
Plutarque.
Polybe.
Polychrone.
Pomélio.
Q
Quintilien.
R
Rois.
Rémi, saint.
Ruffin.
Rupert, abbé.
S
Sacerdotale.
Salomon.
Salutio.
Sagesse.
Sédulius.
Sénèque.
Soixante-dix Interprètes.
Sibylles.
Silvius.
Simon Métaphraste.
Simon de Cassia.
Synode de Nicée.
Sixte Sénès.
Socrate l’Historien.
Sozomène.
Strabon.
Suétone.
T
Tertullien.
Théodoret, historien.
Théophylacte.
Tite-Live.
Thomas d’Aquin.
Thrènes, ou lamentations de Jérémie.
Torquemada.
Tostat.
V
Valère Maxime.
Vincent d’Histoire.
Vincent, saint.
Ulpien.
Z
Zacharie, prophète.
Zonaras.
Zosime.
L’index des choses les plus notables est après la fin de l’ouvrage.
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EXPLICATION DE LA SAINTE SUAIRE DE MONSEIGNEUR
ALFONSO PALEOTTO ARCHEVÊQUE DE BOLOGNE
Intention de l’Auteur.
Comment le Seigneur fut enveloppé dans un linceul net après avoir été descendu de la Croix, où s’imprimèrent par le sang son Image, avant qu’il fût oint de précieux onguents, comment on lui liât les mains et comment on lui posât le suaire sur le visage.
Chap. I.
Puisque nous déclarons la Sainte Suairе, dans laquelle fut enveloppé notre Seigneur après sa mort, et que nous laissons de côté son précieux sang et ses très nombreuses plaies, il paraîtra peut-être étonnant à certains que je me sois mis à déclarer une chose si obscure, n’ayant jusqu’ici été expliquée par personne…
(note marginale : « La Sainte Suairе montre les plaies du Christ encore plus distinctement »)
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… (ce qui m’a poussé) à expliquer ces très claires plaies qu’elle contient.
À cette merveille, voulant satisfaire, je dis que je connais bien l’importance d’un tel sujet, mais que je ne me fie pas tant à ma faiblesse que pour entreprendre entièrement une telle œuvre.
Mais mon intention est seulement d’exciter dans les esprits la mémoire de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, et d’inviter par ce peu de commencement et de simple indication quelques-uns, plus éclairés que moi et plus intelligents, à conduire cette explication à sa juste perfection, ce que je désire de tout cœur.
Je ne me retire pas de cette espérance en voyant que, jusqu’ici, cette chose est demeurée obscure et n’a été déclarée par personne, puisque le Seigneur, par sa divine Providence, révèle dans son Église beaucoup de choses de jour en jour, qu’en d’autres temps il avait tenues cachées.
Ce que voulut dire le Sauveur par ces paroles : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant » ; c’est-à-dire : j’ai bien encore beaucoup de choses à dire, mais vous n’en êtes pas encore capables ; ce qui fut expliqué par saint Grégoire lorsqu’il dit : « Selon l’accroissement des temps croît la science des Pères », c’est-à-dire que, par le progrès des temps, augmente la sagesse des Pères spirituels ; et c’est pourquoi l’Écriture sacrée a voulu être…
(notes marginales : « Dieu révèle les choses secrètes avec le temps » ; « Jean 16, 12 » ; « Homélie 16 sur Ézéchiel » ; « L’Église est semblable à la Lune, qui croît toujours par la lumière du Soleil, laquelle est la Sainte Écriture »)
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… l’Écriture, dit saint Jean Chrysostome, n’a pas été voulue par Dieu au temps de Noé, ni d’Abraham ; mais à la fin, par Moïse, après la création du monde, bien deux mille trois cents ans après, lorsque Dieu, ayant longtemps parlé par le moyen des choses figurées, commença à se complaire à enseigner par la voie de l’Écriture.
Ainsi dit-il : « Non pas au temps de Noé ni d’Abraham, mais par Moïse ce livre fut transmis, et ce seulement après deux mille trois cent soixante-dix ans depuis la création du monde, parce que Dieu ne voulait pas enseigner la nature humaine par les lettres, mais par les choses. »
Ainsi l’intime Écriture sacrée et ses sens, pour être inconnus à la capacité humaine, sont avec le temps pénétrés, selon le bon plaisir divin.
C’est pourquoi saint Bonaventure dit qu’elle est appelée voilée, et signifiée par les dix choses voilées sous les ailes des Chérubins, lorsqu’il dit : « L’Écriture sacrée est voilée, ce qui signifie les dix commandements, qui sont voilés sous les ailes des Chérubins. »
Ainsi beaucoup de mystères de la propre Passion de notre Rédempteur sont passés sous silence par les saints Évangélistes, comme l’atteste Simon de Cassia, disant :
« Parmi les autres choses évangéliques écrites, qui remplissent l’esprit d’admiration, il est très étonnant que, parmi tant de choses de la crucifixion du Christ, tant de douleurs, tant de faits accomplis, si peu aient été exprimés ; un si grand mystère est demeuré caché, et de cette manière par tous les Évangélistes il est traité. »
(notes marginales : Homélie au peuple d’Antioche ; Bonaventure ; Simon de Cassia, De passione, livre XIII, chap. 105)
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… furent interrompus.
De cette manière encore voyons-nous que beaucoup de corps de saints sont restés longtemps cachés, et révélés au temps prescrit par Dieu.
Et cela d’autant plus me réduit à l’espérance, puisque l’abbé Joachim dit que l’on doit bien voir le Suaire, qui fut sur la tête de Jésus, mais que l’expliquer n’est pas permis, sinon peut-être en ce jour qui est déterminé par Dieu.
Et telles sont ses paroles :
« Il nous suffit de voir le Suaire qui fut sur la tête de Jésus ; il ne nous est pas permis de l’expliquer, sinon peut-être jusqu’au jour où le Seigneur aura établi qu’il soit expliqué. »
Ce qui pourrait peut-être s’appliquer à ce saint linge, qui est communément appelé par tous en Savoie du nom de saint Suaire ; et qui ne fut pas seulement sur la tête du Seigneur, mais enveloppa tout son très saint corps.
Et qu’il suffise pour déclarer mon intention, et pour donner commencement à ce que j’ai proposé.
Il faut donc assurer, puisque tous les Évangélistes s’accordent à dire que notre Seigneur, ayant été cloué nu sur la Croix, après la mort fut Joseph d’Arimathie, son disciple secret, qui obtint de Pilate son corps ; et, pour plus de décence et afin qu’il fût porté couvert au lieu de la sépulture, acheta un linceul de lin, dans lequel, aussitôt descendu de la Croix, il l’enveloppa.
Cela est noté par saint Matthieu en disant : « Ayant pris le corps le corps fut enveloppé dans ce suaire. »
(notes marginales : « Le Suaire, avec révérence, fut porté par Joseph » ; Matth. cap. 27)
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Et saint Luc : « Et, l’ayant déposé, il l’enveloppa dans un suaire. »
Et saint Marc : « Joseph acheta un suaire, et, l’ayant descendu, il l’enveloppa dans un suaire. »
Donc, disent les saints Évangélistes, que le corps du Christ Jésus, descendu de la Croix, fut enveloppé dans ce linceul (dont traitent aussi Vincent l’Historien et Juvencus).
Il est tenu pour certain que, bien que l’on ait oint le corps de myrrhe, d’aloès et de précieux onguents pour observer l’ancienne coutume des Hébreux, et même des Syriens et des Égyptiens, dont l’antiquité se comprend dès le saint Texte de la Genèse, lorsque Joseph, pour donner sépulture à son père Jacob, commanda à ses serviteurs qu’ils préparassent ce corps avec aromates et parfums :
« Il commanda à ses serviteurs médecins d’embaumer son père. »
Saint Grégoire atteste aussi cette coutume en disant :
« Les corps des morts veulent être parfumés de myrrhe et d’aromates, et ensuite brûlés. »
Et d’autres l’affirment encore, comme Alexandre d’Alexandrie et Jean Raulin.
Et bien que ce très saint corps ait été oint de cette manière, et que les mains et les pieds aient été liés, et que l’on ait posé le suaire sur le visage, ces actes néanmoins n’empêchèrent pas l’empreinte déjà faite de tout le corps sur le linceul, aussitôt descendu de la Croix et porté à la sépulture, dans lequel temps se fit l’empreinte de tout le visage, le corps et les plaies, qui se voient expressément dans ce linceul, disant saint Augustin que, bien que Joseph ait enveloppé ce saint corps dans le suaire, il n’est pas pour cela interdit de comprendre que d’autres linges aient ensuite été ajoutés par Nicodème, comme le suaire qui se mettait sur la tête, et les bandelettes avec lesquelles on liait tout le corps.
(notes marginales : Vincent de Beauvais, Speculum historiale, lib. 7, cap. 48 ; Juvencus, Hist., lib. 4 ; « L’usage d’embaumer est très ancien », cap. 50 ; « Empreinte de la figure de Jésus faite dans le Suaire »)
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Ainsi il y eut bien un seul suaire ; toutefois, on peut très véritablement dire qu’on le lia avec des linges, puisque les linges, en latin, sont appelés les choses tissées de lin.
Telles sont les propres paroles du saint docteur :
« Bien que Joseph l’ait enveloppé dans le suaire, on n’est pas empêché d’entendre que d’autres linges aient été ensuite ajoutés par Nicodème, à savoir le suaire qui se mettait sur la tête, et les bandelettes avec lesquelles tout le corps était lié. D’où il s’ensuit qu’il n’y eut qu’un seul suaire, et cependant on peut dire très justement qu’ils le lièrent avec des linges, puisque l’on appelle linges ce qui est tissé de lin. »
La même chose est dite par le cardinal Hugues, et clairement confirmée par Corneille Jansen, par ces paroles :
« Joseph, après avoir descendu le Seigneur de la Croix, l’ayant ensuite déposé, l’enveloppa dans un suaire pur ; puis, ainsi enveloppé, il le mit dans le tombeau ; et ensuite Nicodème, ayant oint le corps du Seigneur, le lia avec des linges, et l’ayant oint, le mit au sépulcre. »
Ce qui veut dire : Joseph déposa le Seigneur de la Croix, et, l’ayant déposé, l’enveloppa dans un linceul le linceul, et ensuite Nicodème, ayant oint ce corps, le liant avec des linges, le déposa ainsi lié et oint dans la sépulture.
(notes marginales : Augustin, De consensu Evangelistarum, lib. 3, cap. 23 ; Jean, cap. 19 ; Concorde des Évangiles, cap. 144)
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Cette Sainte Suairе se trouve aujourd’hui conservée à Turin, gardée avec dévotion, religion et splendeur convenable par le très serein Seigneur Duc de Savoie, parce que l’on peut raisonnablement croire que, même dans les temps passés, et plus encore à l’avenir, le Seigneur l’a conservée et l’a fait conserver en l’honneur de sa Suairе dans cette cité.
Car cette peinture n’est pas comme l’image de Ialysos peinte par Protogène sur les murs de Rhodes, pour laquelle raison Démétrius, roi, se retint de mettre le feu à cette cité, comme le rapporte Plutarque en ces paroles :
« Démétrius, assiégeant Rhodes, épargna l’image de Ialysos peinte par Protogène avec un art admirable. »
Et Pline :
« Le roi Démétrius, appelé le Preneur de villes, n’incendia pas Rhodes, afin de ne pas brûler le tableau de Protogène, placé sur une partie du mur. »
C’est-à-dire que le roi Démétrius, surnommé le Preneur de villes, ne mit pas le feu à Rhodes pour ne pas brûler une peinture de Protogène placée dans le mur du côté où il était campé.
Or, pour venir à la fin de ce chapitre avec quelque pieuse et fructueuse méditation, on peut penser que, lisant dans Isaïe, que les anges dirent au Seigneur, parce qu’il avait teint sa robe de rouge ils l’envoyèrent au Seigneur :
(notes marginales : « Le Suaire est conservé à Turin avec grande vénération » ; « Image d’Ialysos peinte par Protogène » ; Plutarque, De ira ; Pline, liv. 7, chap. 38 ; « Méditation », chap. 63)
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« Pourquoi ton vêtement est-il rouge, et ton habit comme celui de celui qui foule au pressoir ? »
Et dans l’Apocalypse il était vêtu d’un vêtement aspergé de sang :
« Il était revêtu d’un vêtement teint de sang. »
Et Zacharie, en esprit de prophétie, vit de nuit un homme monter sur un cheval roux, disant :
« Je vis de nuit, et voici un homme monté sur un cheval roux. »
Toutes ces choses s’entendent de l’humanité du Sauveur teinte de sang, comme l’enseignent unanimement tous les Pères.
Nous donc, assurément, de ce qui émerveille les anges dans le ciel, devons être ravis non seulement à l’admiration, mais à la dévotion, ayant le Seigneur communiqué cette teinture de sang à la Suairе, qui est le vêtement rouge teint de son sang, et dire :
« Ô Seigneur, pourquoi ton manteau est-il ainsi rouge ? »
Et accompagnant le regard de celui de la très sainte Vierge, participante des douleurs, lesquelles, comme dit Damascène, elle n’eut pas dans l’enfantement, mais les souffrit au temps de la Passion, enfantant de nouveau par la douleur de la compassion maternelle de ses entrailles déchirées.
Ainsi dit-il :
« Les douleurs de l’enfantement, que les femmes éprouvent en enfantant, le Christ les souffrit au temps de la Passion, par la compassion maternelle des entrailles déchirées. »
D’où l’on peut bien dire avec Jérémie :
« Angoisses et douleurs l’assaillirent comme une femme qui enfante. »
(notes marginales : Isaïe, cap. 19 ; Apocalypse, cap. 1 ; Zacharie, prophétie de l’humanité du Christ teinte de sang ; Jean Damascène, De fide orthodoxa, liv. 4, chap. 15 ; Jérémie, cap. 49)
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chap. II
De l’histoire du saint Linceul. Des miracles et des témoignages de celui-ci.
Ce saint Linceul est celui qui, par saint Pierre et par saint Jean l’Évangéliste, fut vu dans le sépulcre, dans lequel avait été enveloppé le corps du Seigneur, avec le suaire, qui avait été posé sur sa tête et sur son visage, avec lequel il avait été lié, selon le témoignage des saints Évangélistes, disant saint Luc de saint Pierre :
« Il vit les linges posés, et s’en alla. »
Et saint Jean dit de lui-même et de saint Pierre :
« Il vit les linges posés, et le suaire qui avait été sur sa tête. »
Et ce saint Linceul, il est croyable qu’il soit toujours resté entre les mains de personnes principales, craintives de Dieu, et qu’avec le temps il soit venu entre les mains des princes chrétiens, comme de Godefroy de Bouillon lors de la prise de Jérusalem, qui en fut roi.
Et successivement après Godefroy, des autres rois de Jérusalem jusqu’à Jean, dernier roi, lequel donna une de ses sœurs nommée Anne en mariage à Louis, duc de Savoie.
Puis, Jérusalem ayant été occupée par les Turcs, Marguerite, descendante de ces rois, fuyant l’ennemi, vint à Chambéry…
(notes marginales : « Le Suaire resta dans le sépulcre du Christ après la résurrection » ; Jean, cap. 24 ; cap. 20 ; « Le Suaire en main de princes chrétiens et des rois de Jérusalem »)
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… trouver Anne, duchesse de Savoie, sa parente, et porta avec elle la Sainte Suairе, afin que, demeurant là, elle ne tombât pas entre les mains des infidèles.
Alors Dieu commença à montrer des signes par le moyen de cette Relique ; car il advint que certains voleurs firent un larcin de diverses choses à ladite Marguerite, parmi lesquelles fut dérobée la Sainte Relique.
Et ceux-ci, voulant la diviser entre eux, se lavèrent les mains et lavèrent la Suairе pour la voir mieux, afin d’en faire disparaître la très sainte effigie ; mais toujours cette image sacrée leur apparaissait, sans jamais perdre ses couleurs ; au contraire, le voleur en resta aveugle.
D’où, le larcin ayant été découvert et les miracles survenus à ces mêmes voleurs ayant été racontés, la dévotion et la vénération envers cette Relique crûrent parmi les peuples.
C’est pourquoi la duchesse la demanda en don à sa parente, laquelle, bien qu’elle ne voulût pas s’en défaire, y fut néanmoins contrainte par un nouveau miracle survenu, qui fut de vouloir partir de Chambéry, ce qu’aucun effort ne put lui permettre d’accomplir.
Cette volonté divine ayant été reconnue, elle laissa la Sainte Suairе.
La duchesse de Savoie, l’ayant reçue de cette duchesse, la transporta en Savoie et la plaça dans une chapelle richement ornée.
Cette histoire est rapportée plus largement par Philibert Pingone, sans toutefois venir à aucune déclaration ni considération sur la Sainte Suairе elle-même, ni sur les plaies du Sauveur.
(notes marginales : « La Suairе fut portée à Chambéry » ; « Miracles de la Suairе » ; Philibert Pingone, Sindon Evangelica)
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Autour de cette très sainte Suairе, il est digne de considération qu’elle soit de lin, comme il ressort clairement de la matière même, laquelle est assez grossière à l’état originel ; elle a douze pieds de longueur et trois de largeur.
Et puisque de cette matière, et puisque le Seigneur y fut enveloppé, il fut ordonné par le pape Sylvestre et introduit dans l’Église que, dans le sacrifice de l’autel, le corporal sur lequel repose notre Seigneur dans l’Eucharistie soit de lin simple, et non de soie, ni d’or, ni d’autre étoffe teinte.
Ainsi le rapporte encore Bède, en alléguant l’ancien rite dans les Gestes pontificaux, et il dit :
« C’est ainsi que nous avons obtenu que le sacrifice de l’autel ne soit pas célébré sur de la soie ni sur une étoffe teinte, mais sur du lin terrestre, comme le corps du Seigneur fut enseveli dans un suaire pur, selon ce qui est établi dans les Gestes pontificaux du pape Sylvestre. »
Et cela est encore affirmé par d’autres.
En outre, la Sainte Suairе fut de lin simple afin de signifier que le lin naît de la terre et qu’avec un grand labeur il est conduit à la blancheur ; et que, de même, le corps du Christ, né de la terre, c’est-à-dire de la Sainte Vierge, par la fatigue de la Passion parvint à la candeur de l’immortalité.
Telle est la pensée de saint Rémi, qui dit :
« Le suaire est un tissu de lin ; or le lin est produit par la terre et, par un grand labeur, est conduit à la blancheur. Cela signifie que le corps du Christ, qui vient de la terre, c’est-à-dire de la Vierge, parvient par la Passion à la candeur, et par le labeur de la Passion parvint à la candeur de l’immortalité. »
(notes marginales : « Le suaire est de lin grossier » ; Bède, In Marcum, lib. 4, cap. 15 ; Isidore de Péluse, lib. 1, cap. 123 ; Matthieu, cap. 27)
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Le Sauveur voulut aussi, dans le sépulcre, être enveloppé dans un simple tissu de lin et placé dans une sépulture simple, afin de condamner l’ambition des riches, qui ne peuvent être accompagnés de leurs richesses, même dans le tombeau.
Ainsi dit saint Jérôme, et il ajoute que celui qui enveloppa Jésus dans une suairе pure le reçut avec un esprit pur.
Telles sont ses paroles :
« Par la sépulture simple du Seigneur est condamnée l’ambition des riches, qui ne peuvent manquer de richesses même dans leurs tombeaux ; et en cela est signifié que celui qui enveloppa Jésus dans un suaire pur l’accueillit avec une âme pure. »
Le Seigneur a donc opéré beaucoup de miracles par ce saint Linceul, et particulièrement lorsque, lors de l’incendie de la chapelle, fondit la châsse d’argent dans laquelle il était conservé ; il demeura cependant indemne du feu, sinon en quelque petite partie, et non pas même une petite parcelle n’en fut atteinte, sans doute par jugement divin, ôtant tout doute qu’il eût pu brûler.
Car Dieu, permettant qu’il brûlât en partie, montra qu’il était de matière par trop apte à brûler, selon ce que dit Pline d’un certain lin appelé amiante, lequel, au feu, ne se consume pas, mais au contraire se purifie et blanchit.
(notes marginales : Jérôme, In Matthaeum, cap. 27 ; « Miracle de la Suairе » ; Pline, Histoire naturelle, liv. 19, chap. 1)
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De cela on reconnut que la Sainte Suairе n’était pas de cette nature, puisque ayant subi quelque peu l’injure du feu ; mais, en la considérant entière et intacte pour le reste, et surtout dans la partie principale de la sainte Image, ce fut un argument très certain de véritable miracle.
C’est pourquoi cette sainte Relique fut ensuite approuvée par diverses formes pontificales :
comme par Paul II, qui l’inséra parmi les choses collégiales de l’Église, où elle fut déposée ;
et par Sixte IV, qui, par une Bulle donnée à Rome l’an 1480, ordonne que sa chapelle doive porter ce titre de Sainte Chapelle, affirmant que dans ce Linceul se trouve le vrai sang du Seigneur, et que l’on y voit au vif sa véritable Image ;
et par Jules II, qui, par une Bulle donnée à Rome l’an 1506, enregistrée au commencement de ce livre, corroborant la vérité du saint Linceul, affirme que s’y trouve le vrai sang du Seigneur, et approuve que dans ladite Sainte Chapelle soient récitées les Heures canoniques de la Sainte Suairе ;
et par Clément VII, qui confirme le tout par une autre Bulle.
De toutes ces approbations fait mention le susdit Pingone.
Cette sainte relique, ainsi approuvée par tant de miracles et authentifiée par l’autorité apostolique, combien doit-elle être estimée, puisque l’Image qu’elle porte est celle que fit Nicodème du Sauveur, qui ruissela de sang et d’eau du côté, comme le rapporte saint Athanase saint Athanase, et le second Synode de Nicée, où l’on lit :
« Du côté de l’Image sortit du sang et de l’eau » ; et en somme, vénération très grande.
(notes marginales : « Le Suaire fut brûlé en quelque partie » ; « Le Suaire approuvé par plusieurs Pontifes » ; « Le vrai sang et la vraie image du Christ dans le Suaire » ; « Heures canoniques de la Sainte Suairе » ; « Image du Christ, faite par Nicodème, aspergée de sang et d’eau »)
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Et de même, quant à l’Image du Sauveur de saint Jean de Latran, qui apparut au peuple romain, comme on le lit dans le Bréviaire, et qui est rapportée par Paul Diacre, par Anastase, et par les modernes, par Carlo Sigonio, elle est justement admirée comme chose miraculeuse, et tenue en grande vénération.
De même doit-on tenir cette Sainte Suairе pour chose très admirable ; et faite par la même personne, le Fils de Dieu, pour être un mémorial vivant de sa grande charité, dans laquelle on voit imprimée une très grande multitude de plaies de ce corps, percé de part en part.
Tu pourras donc, en méditant, pieux lecteur, te rappeler à l’esprit la tunique de Joseph ensanglantée, par laquelle Jacob le Patriarche fut accablé d’excessive douleur, de sorte qu’il eut à dire :
« Une bête féroce l’a dévoré » ; c’est-à-dire qu’une très cruelle bête l’a déchiré ; et, couvert de cilice, il se mit à pleurer douloureusement, sans pouvoir être consolé pendant longtemps.
Et de là, considérer avec un plus grand mouvement de pitié quel dut être le chagrin de la Sainte Vierge, notre Dame, lorsque, devant la sépulture de son très cher Fils, lui fut présenté ce drap teint tout entier de sang, représentant la forme de toutes ses douleurs ces plaies rouges ; comme, en vérité, elle pouvait dire :
« La férocité extrême de la Synagogue en furie m’a dévoré mon Fils. »
Et ainsi, en accompagnant ses douleurs, tu pourras les compatir avec profit spirituel.
(notes marginales : Athanase, De passione Imaginis Domini ; Synode de Nicée II, cap. 2 ; Image du Sauveur de Saint-Jean de Latran ; Bréviaire ; Paul Diacre ; Anastase ; Carlo Sigonio ; Plaies du Christ sur le Suaire ; Genèse 37)
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Chap. III.
De la beauté et de la mesure du corps du Seigneur, et de la longueur de la plaie du côté, et des reins.
Ayant donc contemplé dans le chapitre précédent comment le saint Linceul porte l’empreinte du corps et des plaies du Seigneur, il s’ensuit que nous voyions quelle grandeur y représente la stature de ce corps même, et celles des plaies les plus notables sur la Suairе.
Il faut donc savoir que la Suairе, comme il a été dit ci-dessus, a douze pieds de longueur et trois pieds de largeur.
La forme du corps imprimée en elle se représente, dans la partie antérieure, longue de cinq pieds, et dans la partie postérieure de quatre pieds et dix onces.
Cela parce que, le corps ayant été posé dessus, la partie inférieure du linceul ne touchait pas la tête, ni à l’occiput, c’est-à-dire à l’arrière, là où commence l’ovale ; mais celle qui était au-dessus non seulement touchait le front, mais encore descendait jusqu’à jusqu’à la moitié de la tête, puisqu’elle suivait l’attitude du poser.
(notes marginales : « Longueur et largeur de la Suairе » ; « Image du Christ dans la Suairе » ; « Pourquoi l’empreinte est plus longue à l’avant qu’à l’arrière »)
Page 16
En le considérant donc par la partie antérieure, on comprend la juste stature du Seigneur, et en même temps la convenance des autres membres proportionnés à cette stature.
De là nous pouvons argumenter la beauté prédite par David et par Salomon, disant :
« Beau par-dessus les fils des hommes » ; et encore :
« Voici, tu es beau, mon bien-aimé. »
Ce qui signifie : l’un, plus beau que les fils des hommes ; l’autre : voici, que tu es beau, ô mon bien-aimé.
Ce que saint Grégoire comprend bien de la pureté du Christ dans la divinité et l’humanité, lorsqu’il dit que Dieu est beau, parce qu’il est sans tache de répréhension dans la divinité et dans l’humanité.
Toutefois on peut encore dire que, par la stature même, étant grande, il était encore beau, puisque la grandeur du corps est une partie de la beauté, selon le témoignage d’Aristote, qui dit :
« La magnanimité consiste dans la grandeur ; aussi la beauté réside-t-elle dans un grand corps ; car les petits sont élégants et bien proportionnés, mais non pas beaux. »
Ainsi la magnanimité consiste dans la grandeur, et de même la beauté dans un grand corps ; c’est pourquoi ceux de petite stature seront dits gracieux et bien faits, mais non beaux.
(notes marginales : Beauté du corps du Seigneur ; Psaume 44 ; Cantique 1 ; Aristote, Éthique, IV, 3)
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Et en venant maintenant à la considération des plaies les plus notables, représentées dans la sainte Suairе, dont la grandeur n’est pas communément connue, et ne pouvant, dans le dessin placé au début de l’ouvrage, parvenir à une connaissance distincte de chacune d’elles, nous ferons aussi pour chacune un chapitre particulier.
La plaie donc, que l’on voit aux reins, apparaît fort grande et très fluide par la forte répercussion des flagellations.
La plaie du côté a une longueur d’une once et trois quarts, et une largeur d’une demi-once.
La couronne d’épines, par l’empreinte que l’on voit dans les cheveux autour de la tête, entoure deux pieds ; et de ce que l’on voit, elle occupait depuis le front jusqu’au sommet de la tête, comme l’atteste expressément saint Vincent, disant :
« Ils tressèrent une couronne d’épines marines, et la posèrent sur sa tête » ;
car elle était à la manière d’un bonnet, et ainsi elle couvrait et touchait la tête de tous côtés.
Cela signifie qu’ils tressèrent les rameaux d’une couronne d’épines marines, qu’ils la posèrent sur la tête, et qu’elle était formée comme un bonnet, qui entourait et touchait la tête de toutes parts.
De la représentation de ce très saint corps si cruellement lacéré, il est démontré l’ineffable bonté de notre Seigneur, lequel, en venant, non seulement rendit consolé celui qui le regardait de telle manière qu’il pouvait dire bienheureux ; d’où il dit aux disciples :
« Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez. »
(notes marginales : Plaie des reins très grande ; Mesure de la plaie du côté ; Couronne d’épines formée comme un bonnet ; Saint Vincent, sermon sur la Passion)
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Bienheureux les yeux qui voient les choses que vous voyez ; mais plus bienheureux encore ceux qui, sans avoir eu la grâce ni l’occasion de le voir dans la Suairе, le voient par l’image de celle-ci, comme le Suaire de Rome, qui représente son visage, dans lequel on reconnaît la beauté décrite par Nicéphore, lorsqu’il dit :
« Notre Seigneur Jésus-Christ fut vif, d’un visage excellent, d’une stature du corps proportionnée à sept palmes. Il avait les cheveux châtains, non excessivement denses, mais tombant doucement vers les épaules. Les sourcils noirs, non trop épais. De ses yeux sortait une grâce admirable. Les joues étaient belles, et le nez quelque peu long. La barbe châtaine, non trop longue ; mais les cheveux de la tête étaient longs. »
Ce qui veut dire qu’il avait un visage vif et noble ; une stature du corps bien proportionnée ; les cheveux quelque peu blonds, non très épais et quelque peu ondulés ; les sourcils noirs, non trop arqués ; de ses yeux, qui étaient bleus, sortait une grâce merveilleuse ; le nez était un peu long ; la barbe blonde, non trop longue ; mais les cheveux de la tête étaient longs.
(notes marginales : Luc 10 ; Description des traits du Seigneur ; Nicéphore, Histoire ecclésiastique, liv. I, ch. 40)
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Ceci fit le très bénin Rédempteur dans le linceul, afin de satisfaire au désir du roi Abgar lequel posa sa face sur le tissu, et y imprima son effigie, ne pouvant le peintre, à cause de la splendeur qu’il voyait, en tirer le portrait demandé et désiré par ce roi.
De cette effigie font mention plusieurs auteurs, comme saint Jean Damascène, Nicéphore déjà cité, et Évagre.
Mais, au second Synode, on rapporte en particulier ces paroles de Léon :
« J’allai à Édesse, où je vis une image vénérée, non faite par la main de l’homme, honorée et révérée par le peuple. »
Et non seulement les anciens, mais aussi parmi les modernes, l’illustrissime Baronius en traite abondamment et en rapporte les miracles.
Et bien qu’il n’ait pas laissé mémoire de son visage, lorsqu’il était au sommet de la beauté, il a néanmoins laissé souvenir de cette beauté ineffable dans l’Épouse, dans le Cantique, lorsqu’il dit :
« Mon bien-aimé est blanc et vermeil, choisi entre mille. »
Ce qui signifie : celui que j’aime est blanc et vermeil, choisi entre les milliers des hommes.
Ce que comprend dans un sens spirituel saint Grégoire, disant :
« Il fut blanc par sa beauté, parce qu’il fut sans tache ; et vermeil, parce que, dans sa Passion, il porta les péchés d’autrui. »
(notes marginales : Effigie du Seigneur envoyée au roi Abgar ; Jean Damascène, De orthodoxa fide, liv. IV, ch. 17 ; Nicéphore ; Évagre, Histoire ecclésiastique ; Actes du Synode ; Baronius ; Cantique 5 ; Grégoire, In Canticum)
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mais il a laissé mémoire de tout cela, tandis qu’il était pour notre amour abaissé ; et comme l’a prédit Ézéchiel, il sortit de son propre flanc de l’eau et du sang, en quoi il se plut de nous nourrir, comme dans l’abjection il devint nourriture.
Voici les paroles de ce Prophète :
« Les eaux le nourriront, l’abîme l’exaltera. »
Or, les peintures ordinaires, bien qu’elles soient faites par l’art humain, étant pieuses et dévotes, peuvent exciter à l’amour céleste, comme le dit le saint Concile de Trente, et comme l’enseigne Pétrarque, disant :
« Le plaisir des tableaux, si le conseil regarde l’amour céleste, doit nous avertir et exciter nos origines. »
C’est-à-dire que le plaisir que l’on prend à une peinture, si nous sommes guidés par la dévotion et la raison, doit nous élever à l’amour céleste et nous porter à considérer les réalités mêmes qu’elle représente.
Mais elles doivent encore plus exciter à la componction, comme le dit saint Grégoire, et Bède après lui, par ces paroles :
« L’image du temps présent a coutume de produire beaucoup de componction chez ceux qui la regardent. »
Ces mêmes effets causent les peintures artificielles et humaines, quant à l’amour et à la componction, cependant…
(notes marginales : Ézéchiel, ch. 31 ; Concile de Trente ; Pétrarque, De remediis utriusque fortunae, liv. I, ch. 40 ; Grégoire, Regula, liv. 7, ch. 53 ; Bède ; Psaume 19)
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… devra être excité celui qui regardera cette effigie, non figurée par l’art humain, mais faite par l’Artisan de l’univers avec la mesure de lui-même, et imprimée par son précieux sang.
Et quelle occasion aura-t-il de s’éprendre d’amour du Seigneur, tant pour sa beauté que pour sa bonté, et d’être excité à accompagner par la vertu celui qu’elle représente ?
Car, selon ce que dit Salluste, les images des ancêtres sont un aiguillon vers la vertu pour ceux qui les regardent :
« Lorsque les images des grands sont contemplées, l’âme s’enflamme avec plus de force pour la vertu. »
Tourne ensuite, dévot lecteur, ton regard vers la contemplation de la Sainte Vierge, et considère que les mères ont coutume de prendre plaisir à la beauté de leurs enfants ; et comme elle, dans son Fils si grand et si beau, trouvait toute parure, elle pouvait dire avec le Cantique :
« Beau, blanc et vermeil est mon bien-aimé, et mes yeux sont bienheureux qui le contemplent. »
Mais au contraire, au temps de la Passion, compatis à l’indicible douleur, considérant avec saint Bernard que tant et de telles plaies transpercèrent le cœur de celle-ci ; d’où, au contraire, elle pouvait dire avec Job :
« Ma cithare s’est changée en deuil, et mon instrument en voix de pleurs » ;
c’est-à-dire : ma cithare est changée en lamentation, et l’orgue en voix de pleurs.
(notes marginales : Salluste ; « Une image excite beaucoup à la vertu » ; Apostrophe à la B. Vierge ; Sermon de saint Bernard sur la Vierge ; Job, ch. 30)
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Ainsi, compatissant aux douleurs du Fils et au chagrin de la Mère, il gravera encore en lui-même, par amour pour l’un et pour l’autre, de si pieuses plaies dans le cœur.
Chap. IV.
Du supplice de la Croix. À qui il fut donné.
Comment il fut figuré et prédit.
Et comment, par la crucifixion du Christ, il est devenu signe glorieux.
Puisque, parmi les très saintes plaies du Seigneur que nous avons entrepris de déclarer, une partie fut faite sur son corps tandis qu’il était crucifié, et une autre lors de la flagellation et de la couronnement auparavant, lesquelles cependant sont toutes rapportées à la Croix même, nous ne ferons pas de digression inutile, mais nous nous arrêterons quelque peu à contempler la qualité de ce patibulum.
Il faut donc savoir que le supplice de la Croix, selon ce que rapportent les Romains, fut introduit par Tarquin le Superbe, dernier roi des Romains, comme l’écrit Bénavidius ; et selon le même auteur, les bois destinés à ce supplice étaient faits de bois malheureux, et les arbres inféconds, lesquels, selon Pline et Macrobe, étaient ceux qui ne portaient pas de fruit, et cela pour un opprobre plus grand des crucifiés, puisque la Croix était un supplice non seulement infâme, mais au-dessus de tous les autres ignominieux ; et ce que dit la Sagesse :
(notes marginales : Plaies du Seigneur infligées à la crucifixion ; Tarquin fut le premier à introduire la Croix chez les Romains ; Bénavidius, liv. 2, ch. 4 ; Pline, liv. 36, ch. 27)
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« Condamnons-le à la mort la plus honteuse »,
s’entend de la Croix dans la personne des Juifs, lorsqu’ils délibérèrent de vouloir crucifier le Messie ; ainsi l’entendent saint Jean Chrysostome, saint Thomas et saint Lattance.
À cette mort, les Romains condamnaient les serviteurs les plus vils, qui, pour leurs crimes énormes, étaient châtiés.
Ainsi le rapportent Cornélius Tacite, Bénavidius, Hérodien et Silius.
Ils condamnaient pareillement les larrons publics et fameux, comme l’enseignent Sénèque et Lucain, et d’autres.
Ils condamnaient encore pour ce supplice les assassins et les faux témoins, selon Firmicus et d’autres.
Mais chez les Hébreux, elle n’était pas très en usage, sinon dans quelques cas, comme lorsque Josué la donna au roi de Haï, après avoir pris sa ville, disant le saint Texte :
« Il pendit aussi le roi de Haï au gibet. »
Ce gibet, qui fut la Croix, est montré par les paroles suivantes :
« Ils descendirent son cadavre de la Croix. »
Et Dieu commanda que de tels suppliciés fussent ensevelis le même jour ; ainsi lit-on dans le Deutéronome :
(notes marginales : Macrobe, Saturnales, liv. 3 ; Sagesse, ch. 2 ; Chrysostome ; Thomas ; Lactance ; Tacite ; Bénavidius ; Hérodien ; Silius ; Sénèque ; Lucain ; Firmicus ; Josué, ch. 8 ; Deutéronome, ch. 21)
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« Lorsqu’un homme aura commis un crime digne de mort celui qui aura été déclaré digne de mort, après avoir été pendu au gibet, son cadavre ne demeurera pas suspendu au bois, mais sera enseveli le jour même. »
Ainsi le voit-on observé dans le lieu cité de Josué, lorsqu’il est dit qu’il suspendit le roi au gibet jusqu’au soir et jusqu’au coucher du soleil ; c’est-à-dire qu’il le laissa suspendu jusqu’à la nuit et au coucher du soleil.
Il y avait deux cas particuliers dans lesquels on usait du supplice de la Croix.
L’un était pour les crimes graves, homicides et brigandages, comme l’atteste Philon.
L’autre était lorsque quelqu’un, niant la supériorité due à son Prince, tentait de se faire roi.
L’un de ces deux chefs d’accusation fut imputé à notre Seigneur par les très faux Hébreux, qui attestaient l’avoir trouvé en train de soulever les peuples, de refuser le tribut à l’Empereur, et de se dire roi.
Ainsi le dit saint Luc en ces termes :
« Ils se mirent à l’accuser en disant : Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation, empêchant de payer le tribut à César, et disant qu’il est le Christ roi. »
Mais, de quelque manière que fussent désignés ceux qui étaient condamnés au gibet, ils étaient déclarés maudits dans la loi du Dieu saint.
Ainsi lit-on dans le saint Texte :
« Maudit est l’homme qui pend au bois » ;
et cela est repris par saint Paul.
Mais notre Seigneur, afin d’ôter sur nous la malédiction par sa bénédiction, se rendit obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix, selon les nombreuses figures et prophéties prédites de lui, que pourtant la Sainte Église chante :
« Dieu a régné depuis le bois. »
(notes marginales : Deutéronome 21 ; Galates 3 ; Philippiens 2)
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De ce bois parle Jérémie :
« Mettons du bois dans son pain » ;
ce qui signifie : mettons le bois dans son pain, c’est-à-dire la Croix dans le pain qui est son corps, vrai pain de vie, selon l’interprétation de Tertullien, qui, exposant ce passage, dit :
« Mettons le bois : la Croix dans le pain, c’est-à-dire dans son corps, qui est le pain de vie. »
Cette exposition est semblable à celle de saint Jérôme, de saint Cyprien, de saint Isidore, et des autres.
On peut encore l’entendre, selon les grammairiens, par la figure appelée par les Grecs hypallage, qui transpose les mots ; et ainsi le sens est : mettons le pain, qui est son corps, sur le bois.
Que le Sauveur devait mourir sur ce bois de la Croix, outre de nombreuses figures et sens cachés, l’annonça le prophète Habacuc par ces paroles :
« Les cornes sont dans ses mains, là est cachée sa force » ;
c’est-à-dire qu’il avait les cornes dans les mains, où était cachée sa puissance.
Que cette puissance fût celle de la Croix, l’entendent saint Jérôme, saint Augustin et saint Cyprien.
Cette Croix fut figurée dans le bois du Tau, selon l’opinion commune, et particulièrement selon saint Jérôme, saint Isidore et Tertullien,
(notes marginales : Jérémie ; Tertullien ; Cyprien ; Isidore ; Habacuc ; Figure de la Croix ; Jérôme, In Ezechielem, chap. 9)
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et non sans raison, puisque, chez les Égyptiens, le hiéroglyphe de la Croix, semblable au Tau, signifiait la vie, à la différence de la lettre Theta chez les Grecs, qui signifiait la mort, comme l’attestent les saints historiens Rufin, Socrate et Sozomène, et parmi beaucoup d’autres, Célio Rodigino.
Il ajoute encore que, lors de la destruction d’une ville, on trouva sur les murailles des figures de Croix significatives, selon l’interprétation des anciens hiéroglyphes.
C’est pourquoi, dans le Deutéronome, il fut écrit, dirigeant l’avertissement vers la Synagogue :
« Ta vie sera pendante devant toi » ;
c’est-à-dire : ta vie sera suspendue devant toi ; prophétisant la Croix de notre Seigneur, selon l’exposition de saint Augustin, de saint Cyprien, de Tertullien, du pape Léon, d’Irénée, et de Lactance, mais particulièrement, selon les mêmes, Tertullien lit :
« Ta vie sera pendante devant tes yeux » ;
c’est-à-dire : ta vie sera suspendue devant tes yeux.
Cette Croix fut encore figurée lorsque Moïse, bénissant Joseph, dit :
« Les cornes du rhinocéros sont les siennes » ;
ce qui est entendu de la Croix par Justin et par Tertullien.
(notes marginales : Rufin ; Socrate ; Sozomène ; Célio Rodigino ; Deutéronome 28 ; Augustin ; Cyprien ; Tertullien ; Léon ; Irénée ; Lactance ; Justin ; Tertullien)
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Ainsi donc ce bois, qui était un supplice infâme, une peine pour les esclaves, un opprobre pour les larrons, une ignominie pour les assassins, un châtiment pour les homicides des homicides, une mort de scélérats et d’ambitieux du royaume, avec l’accusation de majesté contre le Prince lui-même, et finalement une malédiction de Dieu, fut de telle manière ennoblie par la personne même du Seigneur, qu’elle devint bois de vie et de bénédiction, diadème des princes et enseigne du peuple fidèle ; c’est pourquoi la Sagesse l’appelle bois béni, par lequel se fait la justice :
« Béni soit le bois par lequel se fait la justice. »
Et depuis Constantin le Grand, qui, considérant la vie apportée par ce bois, interdit qu’on s’en servît désormais comme peine ; mais il le prit pour enseigne sous la figure de la Croix, par la vertu de laquelle il fut victorieux contre Maxence, comme le rapportent Zosime et Eusèbe, historiens ; ajoutant qu’il commanda aux soldats qu’ils imprimassent et portassent toujours dans leurs armes ce bois triomphant, avec l’espérance, par sa vertu, de toujours rester victorieux.
Que d’ici prenne occasion une âme contemplative et dévote de méditer la Sainte Vierge, considérant que, de même que la Croix fut prédite à son Fils par ces paroles :
« Ta vie sera suspendue devant toi » ;
de même furent prédits les douleurs à elle, son Fils étant suspendu à la Croix, lui qui était sa vie, devant ses yeux ; et ainsi encore peuvent se comprendre pieusement les paroles susdites dites dans le Deutéronome.
(notes marginales : « La Croix ennoblie par le Christ » ; Sagesse, chap. 14 ; « Le supplice de la Croix aboli par Constantin » ; Zosime, Histoire, t. 3 ; Eusèbe, Vie de Constantin, liv. 4, chap. 21 ; Apostrophe à la B. Vierge)
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C’est pourquoi, dans son cœur maternel crucifié avec lui, elle pouvait dire avec Jérémie :
« Je pleure, et mes yeux versent des eaux, parce que s’est éloigné de moi celui qui me consolait » ;
c’est-à-dire : je pleure, et mes yeux coulent de larmes, parce que mon consolateur s’est éloigné de moi.
Et en plaçant ce bois dans le pain, qui fut le précieux corps de son Fils, elle transperça et traversa son cœur aimant.
Et ainsi la méditer, comme le dit saint Anselme, martyr des martyrs : qu’elle voie son Fils très saint condamné à mort d’une manière infamante ; la très pieuse à la plus douloureuse ; la très juste à l’iniquité la plus extrême ; les membres très délicats cloués à un gibet très cruel ; et levant les yeux vers lui avec des larmes intérieures de compassion, dire :
« Qu’as-tu, Notre-Dame, été réduite à un tel état ? »
Et sentir intérieurement qu’elle répond :
« Ainsi m’ont traité ceux qui devaient aimer mon Fils, étant pourtant tant aimés de lui, lequel, pour les faire bénir par le Père éternel, a ôté de dessus eux toute malédiction. »
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Chapitre V.
Des manières de flageller les coupables qui devaient être crucifiés.
De la représentation universelle des plaies du Seigneur décrites dans la Sindon ; et de la manière dont il fut flagellé à la colonne.
La raison de la flagellation romaine et hébraïque du Christ à la colonne est que, selon l’usage habituel chez les Romains, lorsqu’un homme devait être crucifié, il était auparavant flagellé, comme l’atteste saint Jérôme, disant ainsi : Selon l’usage des Romains, ceux qui devaient être crucifiés étaient d’abord battus de verges ; et il en allait de même selon la loi hébraïque.
Mais les esclaves, pour une ignominie plus grande, étaient flagellés avec des fouets et des lanières ; tandis que les hommes libres étaient battus avec des verges, comme l’ont écrit de nombreux auteurs. Ainsi dit Marcelle : Les esclaves étaient battus de fouets, les hommes libres de verges. Et le Seigneur fut battu comme un esclave, afin que la peine fût plus grave et l’ignominie plus grande.
Cela est expliqué par Célio Rhodigin, qui dit : Les hommes libres étaient battus de verges, les esclaves de fouets.
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Et beaucoup d’autres auteurs sont d’accord avec cela.
Mais lorsque l’accusé ne devait pas mourir, on lui donnait peu de coups ; et avec cette intention, pour délivrer le Christ de la mort, Pilate ordonna qu’il fût battu, disant : Je le ferai châtier et je le relâcherai ; comme l’atteste saint Jean l’Évangéliste, disant : Pilate cherchait à le relâcher. Et toute l’Église des Pères le tient ainsi, en particulier saint Jean Chrysostome : Pilate le fit flageller afin d’apaiser la fureur des Juifs et ensuite de le relâcher ; c’est-à-dire que Pilate flagella le Christ pour atténuer l’animosité des Juifs et ainsi le délivrer de la mort.
Et saint Cyrille dit : Il voulait en effet apaiser le peuple juif de cette manière, puisqu’il n’avait aucune cause pour le condamner, mais méritait qu’il fût absous.
D’autres Pères et auteurs disent la même chose.
Or, selon la loi hébraïque, le nombre des coups était de quarante, comme il est prescrit dans le Deutéronome ; mais selon l’usage des Romains, il n’y avait pas de nombre fixé ; et c’est pourquoi les Juifs pervers, exerçant leur cruauté très maligne contre l’innocentissime Christ, voulurent qu’il fût non pas flagellé selon la loi hébraïque, mais selon la manière des Romains ; ainsi l’atteste saint Jérôme, disant : Le Seigneur fut flagellé selon la loi des Romains.
C’est pourquoi il fut lacéré par d’innombrables coups, ce qui avait été prédit par Job, lorsqu’il dit : Il a multiplié mes blessures sans cause ; c’est-à-dire : il a multiplié les plaies sans raison ; et ailleurs : Il m’a transpercé de plaies sur plaies.
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Nous ne laisserons pas de dire ce que Job allègue dans cette œuvre, non sans raison, comme prophète et comme figure du Christ ; car il fut véritablement tel, comme le prouve ce qu’a dit saint Grégoire, à savoir que Job, par ce qu’il souffrit, figura le Christ ; et par ce qu’il dit, il le prédit. Voici ses paroles :
Il fallait que le bienheureux Job, que la voix faisait parler, par la conduite de sa vie et par ce qu’il supporta et endura, annonçât d’autant plus véritablement les mystères sacrés de la passion, qu’il ne les prophétisait pas seulement en paroles, mais en souffrant.
Et ailleurs, expliquant le nom de Job, il dit qu’il signifie « douleur », par quoi est figuré celui qui porta réellement nos douleurs.
Ainsi Job préfigura la passion de notre Rédempteur par son corps et par sa souffrance, comme son nom même l’indique. Job est interprété comme « douloureux » ; et qui d’autre est figuré par Job souffrant, sinon celui dont il est écrit : Il a vraiment porté nos langueurs et supporté nos douleurs.
Et ailleurs il dit la même chose, non seulement saint Grégoire, mais beaucoup d’autres, que l’on trouve souvent cités ce qui a été allégué à propos de Job, suffira à chacun par l’autorité des Pères cités, et tout cela est bien établi à ce sujet.
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De même fut prédite si clairement et avec douleur la flagellation dans le corps du Sauveur par David, lorsqu’il dit : Ils ont ajouté douleur à mes douleurs ; c’est-à-dire : ils ont ajouté douleur à la douleur de mes plaies. Et ailleurs : Ils se sont rassemblés contre moi, et ils m’ont flagellé sans que j’en connaisse la cause ; c’est-à-dire : les flagellateurs se sont assemblés contre moi sans que je sache pourquoi.
Les Hébreux eurent l’intention de le faire mourir sous les coups, comme le dit Ulpien, et Célio Rhodigin rapporte que beaucoup furent ainsi flagellés à mort. Et c’est pourquoi, comme on le voit dans le dessin, il fut frappé de telle manière que nulle partie du corps ne resta indemne, depuis l’extérieur jusqu’au plus intime du corps du Christ, et jusque dans la profondeur de chaque âme même féroce.
C’est pourquoi saint Bernard dit que tout ce corps était à ce point lacéré par les fouets que, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, il ne s’y trouvait aucune partie saine, avec ces paroles : Tout le corps, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet, n’était pas sans blessures.
Cette forme, ou plutôt cette difformité, qui se voit dans la sainte Sindon, fut prédite par divers prophètes, comme devant être dans le Sauveur, ainsi que le dit Isaïe : Il n’avait ni beauté ni éclat, et nous l’avons vu sans apparence, et nous ne l’avons pas estimé.
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C’est-à-dire : il était sans forme, sans beauté ; et nous le voyons qu’il n’avait plus d’apparence humaine, mais qu’il ressemblait plutôt à un lépreux.
Et Job dit : Mes membres ont été réduits comme à néant ; c’est-à-dire : mes membres sont devenus comme détruits. Et Jérémie dit encore la même chose.
À la vue du saint Linceul dans cette généralité de plaies, on voit se vérifier dans le corps du Seigneur la figure du commandement que Dieu fit à Moïse dans l’Exode, lorsqu’il lui dit de prendre des aromates de bonne odeur, de les piler très finement pour en faire une poudre, et de la placer devant le tabernacle, sur lequel apparaîtrait le Seigneur ; car par les très petites plaies multipliées sur ce corps divin, bien que la divinité n’ait pas souffert, comme le soleil posé sur un arbre ne souffre pas de l’arbre, ainsi que le dit Damascène, néanmoins l’humanité fut comme réduite en poussière, et donna une très suave odeur à notre Père.
Et le Seigneur étant sur le tabernacle, c’est-à-dire sur la Croix (car les instruments de la Passion, comme les clous, la lance et la Croix, sont appelés tabernacles par le même Damascène), conformément à ce passage du Prophète : Nous entrerons dans son tabernacle.
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Dans les tabernacles de celui-ci, il apaisa la colère de Dieu contre le genre humain ; et c’est ici que se reconnaît la force de Jésus notre Seigneur, prédite par le prophète Habacuc : non pas dans le fait de montrer sa puissance, mais dans celui de recevoir les coups de la colère d’autrui pour notre amour.
Cette flagellation fut faite à la colonne, car telle était la coutume de frapper les coupables, comme il ressort de Plaute, qui introduit quelqu’un ordonnant que les coupables soient flagellés, en les liant étroitement à la colonne, et dit : Amène-le ici, et attache-le fermement à la colonne.
Et Eusèbe rapporte ce que dit Philo, à savoir que les tyrans liaient certains martyrs étroitement à la colonne, et ainsi, liés les bras tordus derrière les épaules, ils les frappaient. Voici ses paroles : Ils les attachaient à des colonnes, et après les avoir étroitement liés par les bras, ils les fouettaient.
Et de là, le Sauveur ensanglanta la colonne, comme en témoignent saint Jérôme et saint Grégoire de Tours, et cela se montre aussi à Jérusalem.
Cependant, on ne le frappa pas seulement d’un seul côté, mais on le frappa d’un côté et de l’autre, ce qui se manifeste dans le saint Linceul, puisqu’il apparaît également taché d’un côté et de l’autre. Signe que notre Seigneur fut flagellé des deux côtés ; ce qui ne serait pas facilement cru, puisque les saints Évangiles ne le disent pas…
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mais les signes des plaies apparaissent manifestement dans la sainte Sindon, bien que l’on puisse encore en apporter la preuve par l’autorité de saint Cyrille, qui affirme qu’il fut flagellé aussi sur la partie postérieure, disant : Le Seigneur fut battu dans le dos par ceux qui le flagellaient.
Ainsi, de la même manière que le Sauveur fut lié, cela fut prédit par Ézéchiel par ces paroles : Voici, ô fils de l’homme, je mets sur toi des liens, et tu seras lié par eux ; c’est-à-dire : ô fils de l’homme, tu recevras fortement les liens et tu seras attaché par eux. Et cela est figuré par Samson, qui fut pris et lié par les Judéens, et livré au pouvoir des Philistins, comme on le lit dans le livre des Juges : Les hommes de Juda saisirent Samson, le lièrent et le livrèrent aux Philistins.
Combien cruellement le Christ béni fut traité par les ministres impies dans cette flagellation, et dans le reste de sa passion, on peut le comprendre par la sainte Sindon, et l’on voit combien fut véridique ce qu’écrivit Ammonius d’Alexandrie, qui, dans son Monotesseron, c’est-à-dire dans son livre de la concordance des quatre Évangiles, considérant la cruauté de la flagellation, la peine de la couronne d’épines et l’ignominie des dérisions, dit ainsi : Après avoir été dépouillé, il fut frappé de fouets, une couronne d’épines fut ensuite imprimée sur sa tête, et un roseau placé dans sa main droite, son corps fut couvert de blessures horribles, salutaire pour les soldats, le Roi des Juifs fut pris pour un objet de dérision.
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Ces choses, en les méditant, le lecteur pieux, en regardant la représentation générale de tant de plaies sacrées dans la sainte Sindon, pourra ramener en son esprit le spectacle des blessures et de la mort que le roi de Moab vit lorsqu’il sacrifia son fils premier-né sur la muraille de la cité, où il l’offrit et le répandit en sang, ce qui fut certes un sacrifice impie, comme le disent les trois rois qui l’assiégeaient ; et il pourra considérer combien plus le spectacle du sang du Fils de l’homme, Roi de l’univers, doit avoir force d’émouvoir, d’autant plus que son sacrifice en mourant ne fut ni impie ni vain, mais pieux et, en toute manière, suffisant pour le monde entier.
Et ainsi, tournant l’esprit vers la sainte Vierge, qui fut présente à la flagellation de son fils, comme l’atteste saint Anselme et sainte Brigitte, et considérant les cruels coups qui transperçaient son cœur, elle pouvait dire : Ils m’ont redoublé blessure sur blessure.
Et l’ayant dans son sein après qu’il fut descendu de la Croix, en voyant l’universalité des plaies représentées dans la sainte Sindon, elle pouvait dire avec le Cantique : Mon bien-aimé est pour moi un faisceau de myrrhe ; c’est-à-dire : mon bien-aimé est un faisceau de myrrhe pour moi.
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En le voyant comme une réunion de douleurs et d’amertumes. Et avec cela, compatir avec la sainte Vierge, et par cette compassion, mériter.
Chapitre VI.
De la manière de crucifier, et du titre du Sauveur ; et de la raison pour laquelle Pilate ne voulut pas le changer.
Pour fabriquer la Croix de manière qu’elle fût apte à fixer les clous des mains et des pieds des condamnés, on dressait un bois droit, et on l’assemblait avec un autre bois qui le traversait, et on appelait la Croix « traversée », selon le témoignage de Justin. Cette traverse, sur laquelle on clouait les mains, fut figurée, selon l’interprétation de Damascène et de Tertullien, par Jacob, lorsqu’il croisa les bras dans la bénédiction donnée aux fils de Joseph, posant la droite sur Éphraïm et la gauche sur Manassé, lesquels formaient ainsi la Croix.
Cette Croix, comme le dit saint Isidore, n’était pas seulement une peine grave (en la comparant au gibet de notre temps), mais un long tourment ; car, dit-il, le gibet tue rapidement les pendus, tandis que la Croix les tourmente longuement.
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Et il cite l’Évangile des larrons, auxquels il fut ordonné de briser les jambes, parce que les crucifiés ne pouvaient ainsi mourir rapidement. Telles sont ses paroles : La peine de la croix est plus grande que celle du gibet, car le gibet enlève rapidement la vie aux pendus, tandis que la croix tourmente longtemps ceux qui y sont attachés. D’où il est dit dans l’Évangile, à propos des larrons, qu’ils moururent, et qu’avant le sabbat on les descendit de la croix ; car, s’ils étaient restés sur le bois, ils n’auraient pas pu mourir.
Saint Augustin parle aussi de la longueur du tourment, du supplice très dur et de la mort, dont il n’y avait pas de pire, disant : Le supplice était d’autant plus dur qu’il crucifiait longtemps, et que tous les crucifiés mouraient d’une mort prolongée. Et ailleurs : Il n’y eut rien de plus cruel parmi tous les genres de mort.
C’est pourquoi la croix est appelée une mort cruelle, à cause de la longueur du tourment, comme le dit Sénèque : La croix est une cruauté très âpre, que l’on peut à peine supporter, et le genre de miséricorde est de tuer vite, puisque le tourment le plus extrême est infligé jusqu’à la fin.
Et afin que rien ne manquât à rendre cette peine totalement cruelle et atroce, on plaçait la croix en des lieux éminents et fréquentés, comme sur les monts et dans les voies publiques, afin que le condamné fût vu de tous pour une plus grande infamie. Quintilien le dit, ajoutant encore une autre raison : on le faisait pour émouvoir les peuples par la vue de ces supplices.
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Ces paroles sont les suivantes : Chaque fois que nous crucifions des criminels, on choisit les chemins les plus fréquentés, où beaucoup puissent être émus, et où beaucoup puissent regarder, afin que cette crainte se répande. C’est ce que rapporte Marc Aurèle, et Cornélius Tacite dit la même chose.
Ainsi fut portée la croix de notre Sauveur au mont du Calvaire, comme en un lieu public et éminent ; ce qu’affirme Polycrate, disant : Jésus notre Seigneur fut crucifié au mont du Calvaire, en un lieu public, et le supplice de la croix y fut accompli de manière manifeste.
À l’ignominie de la croix s’ajouta le titre, parce qu’il manifestait la cause de la crucifixion. Cela est rapporté par Suétone, qui raconte que ce titre était porté devant les condamnés. Dion le dit aussi en ces termes : La cause de la mort était indiquée par des lettres. Et d’autres ne manquent pas de l’attester.
Cela, joint aux choses précédentes, fut offert à la mort de l’innocentissime Jésus, comme les causes en sont indiquées en plusieurs lieux du saint texte évangélique ; car les Hébreux, afin d’exercer davantage leur malignité, voulurent ajouter une plus grande calomnie à sa mort, en mettant dans le titre qu’il avait voulu se faire roi des Juifs ; mais parce qu’en vérité il était leur Roi, par divine providence il en advint ainsi.
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Et parce que la cause fut écrite par Pilate : Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs, il ne voulut pas permettre qu’on la changeât, mais répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ; et cela parce que Dieu voulut qu’ainsi fût accomplie la prophétie du Psaume. Et enfin : Tu n’effaceras pas, c’est-à-dire tu ne détruiras pas, selon l’exposition de saint Augustin, qui veut que par ces paroles fût prédit ce titre du Seigneur.
À cela s’accordent saint Cyrille, saint Isidore, Euthyme et Théophylacte, disant que, par divine providence, il ne fut pas changé.
Et que ce titre fut fait par divine disposition, saint Cyprien l’atteste, disant : Pilate, sans le savoir, reçut de Dieu l’ordre d’inscrire le titre ; et ailleurs : Il écrivit le titre en trois langues, et il fixa sur le bois la tablette portant le nom du Roi des Juifs.
Il convenait à notre Sauveur d’avoir ce titre comme Roi triomphant, selon la coutume des triomphes, où l’on plaçait sur des écriteaux le nom, la patrie, la dignité et les sujets du triomphateur ; c’est pourquoi, comme Roi de l’univers, il fut porté dans son triomphe contre le diable, la mort et le péché sur l’arc de la Croix, avec le titre, où furent le nom Jésus, la patrie Nazaréen, la dignité Roi, et les sujets Juifs.
De ce titre sur la Croix, Isaïe semble avoir prophétisé lorsqu’il dit : En ce jour-là il y aura un autel du Seigneur au milieu de la terre d’Égypte, et un titre du Seigneur auprès de sa frontière.
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…et il sera pour signe et témoignage pour le Seigneur, etc.
Et il leur enverra un Sauveur et défenseur, qui les délivrera.
C’est-à-dire : en ce jour-là, l’autel du Seigneur sera au milieu de la terre d’Égypte, et auprès de cet autel se trouvera le titre du Seigneur, qui sera pour signe et témoignage ; et il leur enverra le Sauveur et défenseur pour les délivrer.
La Croix ayant été préparée de cette manière, soit afin que les vêtements rendissent plus facile le clouage, soit pour une plus grande opprobre du condamné, on le dépouillait ; et ainsi, nu, on l’étendait dessus, en lui ouvrant les bras et en disposant les mains à l’endroit où devaient être enfoncés les clous. Alors on étendait la Croix à terre, et on l’y clouait, parfois avec trois clous, mais le plus souvent avec quatre, comme l’affirme Antoine Gallonio ; et parfois on dressait la Croix en terre, et avec des cordes on tirait les mains et les pieds aux endroits où l’on devait clouer le condamné, ainsi dépouillé et nu.
L’ignominie de cette nudité chez les crucifiés est rapportée par Artémidore, qui dit que le fait d’être crucifié était une peine particulière infligée aux pauvres, qu’on dépouillait, disant : La croix était une peine réservée aux pauvres, car on crucifiait nu.
Et on lit chez Denys le Martyr que, après l’avoir dépouillé de ses vêtements et avoir levé les yeux au Ciel, il rendit grâces à Dieu, fut étendu sur le bois et fermement attaché par des clous.
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Toutes les choses précédentes furent faites à Jésus notre Seigneur, car ses vêtements lui furent enlevés, ce qui se déduit de la division faite par les soldats de ses habits, dont parlent tous les Évangélistes ; et saint Bonaventure l’atteste, affirmant que ce fut la troisième fois qu’il fut dépouillé, la première ayant eu lieu devant le peuple, et qu’ils renouvelèrent ses plaies en le dépouillant de ces vêtements, disant : On le dépouilla encore, et pour la troisième fois le Christ fut mis à nu devant toute la multitude, et ses plaies furent rouvertes par les vêtements collés à la chair.
Et de cela témoigne encore Lanzolfo.
La nudité du Sauveur fut prophétisée par Michée lorsqu’il dit : Ils me dépouilleront, et nu je ferai entendre une plainte ; c’est-à-dire : ils dépouilleront le Christ, et nu il se lamentera, etc.
Elle fut figurée dans la nudité de Noé, dont la Genèse dit : Il était nu dans sa tente ; c’est-à-dire qu’il se dépouilla nu dans son tabernacle. Ainsi l’expose saint Cyprien, disant : Nous comprenons dans la Genèse le sacrement de la Passion du Seigneur, car Noé y est figuré comme nu.
Et avec lui s’accordent tous les Pères, en particulier saint Augustin, Rupert l’Abbé et Eucher.
Il convenait que le Christ fût nu sur la Croix, afin que, de même que le premier homme avait habité nu dans le Paradis, ainsi, souffrant nu, le second homme y entrât de manière semblable.
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C’est pourquoi, introduisant l’homme dans le Paradis, il convenait de le dépouiller de ces vêtements dont Adam avait été revêtu lorsqu’il en fut chassé, selon la pensée de saint Athanase et de saint Ambroise, qui dit dans une hymne : Il fallait, en introduisant l’homme dans le Paradis, lui ôter les tuniques qu’Adam avait reçues lorsqu’il en fut expulsé. Et ailleurs : Tel le premier homme avait habité nu dans le Paradis, tel le second y entra.
Le condamné étant donc étendu, les bras ouverts sur le bois transversal, et les pieds sur le bois droit de la Croix, on les clouait avec des clous, comme on le prouve par le témoignage de Sénèque et d’Artémidore, l’un disant : Ils clouent les crucifiés avec des clous, et l’autre : Ils fixent eux-mêmes leurs membres par des clous.
Et l’autre dit : Ils clouent les crucifiés.
De ce clouage il est attesté que l’usage était tel ; non seulement par cela, mais encore par d’autres, et en particulier par Couarruvias, qui affirme clairement que ceux qui devaient être crucifiés étaient fixés par des clous, disant : En crucifiant, les Romains clouaient.
Et la manière était celle-ci : ils clouaient une main d’un côté et l’autre de l’autre côté, c’est-à-dire d’abord la droite, puis la gauche ; ce qui fut ainsi accompli sur notre Sauveur, comme le rapportent sainte Brigitte et le bienheureux Archidiacre, ainsi que saint Jean Montolonio. Ensuite on clouait les pieds, l’un superposé à l’autre, et telle était la manière ordinaire de crucifier.
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Il arrivait encore parfois que l’on liât les condamnés sur les croix, afin qu’ils souffrissent davantage avant de mourir, comme cela fut fait pour saint André en Achaïe, ainsi que l’écrit Abdias, disant que le proconsul le fit flageller et ordonna qu’il fût placé sur la croix, où il fut lié par les mains et par les pieds, sans être cloué, afin qu’il mourût plus tard et dans un plus long tourment ; et il dit : Le proconsul, après l’avoir fait flageller à plusieurs reprises, ordonna qu’il fût crucifié, mais que, nommé expressément aux bourreaux, il fût suspendu les mains et les pieds liés, et non cloué, afin que saint André souffrît plus longtemps sur la croix.
De là il advint que ce glorieux Apôtre resta suspendu sur la croix pendant deux jours entiers. Et comme le rapporte Eusèbe, certains martyrs en Égypte moururent de faim ; et, comme on le lit dans le Martyrologe romain, les saints martyrs Timothée et Maura demeurèrent vivants neuf jours. Justin rapporte aussi, dans les vies des empereurs, que Bomilcar fut crucifié au milieu de la place et mourut de faim, ce qui montre la cruauté des citoyens et de la croix, comme le rapporte un ancien parchemin, et l’atrocité de ce supplice.
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Ainsi donc, nu, les bras étendus, mais cloué par des clous, pendit Jésus notre Seigneur, et de cette manière il vint opposer à tous nos défauts, et à toutes les choses qui empêchaient la voie du salut : car le bois fut opposé au bois ; la main à la main ; les mains étendues à l’incontinence ; les mains fixées et clouées à la légèreté et à l’oisiveté ; et en somme, les extrémités du monde réunies à ce qui avait expulsé Adam du Paradis. Ainsi la hauteur contre la chute ; le fiel contre le goût ; la couronne d’épines contre l’empire du mal ; la mort contre la mort même ; les ténèbres contre la lumière ; et la sépulture contre ce retour sous terre ; et enfin la résurrection pour notre résurrection.
Ainsi parle saint Grégoire de Nazianze en ces paroles : Tu places le bois contre le bois ; le clou contre le clou ; la main contre la main. Là, fortement étendue, contre celle qui s’étendait avec incontinence ; là, clouée et contrainte, contre celle qui était relâchée et libre. Là, les limites du monde réunies, contre celle qui avait chassé Adam du Paradis. Ainsi la sublimité contre la chute ; le fiel contre le goût ; la couronne d’épines contre le règne du mal ; la mort contre la mort ; les ténèbres contre la lumière ; et la sépulture contre ce retour dans la terre ; et la résurrection en vue de notre résurrection.
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Ici, que peux-tu, âme dévote, faire sinon contempler les douleurs du Christ et celles de la sainte Vierge, et considérer quelles furent les douleurs de celle-ci en voyant son Fils bien-aimé nu, les bras étendus ; au lieu d’un lit tendre, étendu sur un bois dur ; au lieu de saints embrassements, fixé par des clous ; et au lieu de la consolation d’avoir fait de sa main les vêtements, le voir dépouillé, et les soldats, dans le rire et le triomphe, se partager ses vêtements en sa présence, et les diviser par dérision devant le Christ, comme le dit saint Cyrille : Les soldats, avec des rires et en triomphe devant leur maître, se partagèrent les vêtements, ajoutant une dérision au Christ.
D’où elle pouvait bien s’écrier et dire : Ô comme est vrai ce que mon Fils a prophétisé par Michée : Sur cela je pleurerai et je hurlerai ; je marcherai dépouillé et nu.
Et ainsi elle disait : Ô mon Fils, tu as bien raison de faire monter vers le Père des paroles de lamentation, en disant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? puisque tu t’en vas non seulement dépouillé de toute consolation, mais aussi privé de tes propres vêtements.
Et ainsi, toi, âme pieuse, nue de tout attachement terrestre, reçois avec un cœur aimant la nudité, la pauvreté et la patience du Christ, en compatissant avec la Vierge immaculée à la douleur de voir conduit à un état si misérable son Fils très aimé.
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Chapitre VII.
Des plaies du Seigneur dans les plantes des pieds, telles qu’elles apparaissent dans la sainte Sindon, et de la manière de méditer les plaies imprimées.
Considère dans le dessin, à l’endroit marqué par la lettre A.
Dieu ayant ordonné, dans l’ancienne Loi, que pour offrir le sacrifice de l’holocauste on sacrifiât un veau, dont on ôtait la peau, puis on en découpait les membres en morceaux, et l’on posait le feu sur l’autel, après avoir d’abord disposé sur celui-ci une grille de bois ; on y plaçait ensuite ces membres découpés, à savoir la tête avec les parties jointes au foie, les intestins et les pieds lavés à l’eau ; et ensuite le prêtre faisait brûler l’holocauste sur l’autel, et l’odeur en montait vers le Seigneur, comme le dit le texte sacré :
« Il immolera le veau devant le Seigneur, après en avoir retiré la peau ; les membres seront découpés, et ils seront disposés sur l’autel, sur le bois préparé au feu ; les membres qui sont la tête et la graisse, les entrailles et les pieds lavés à l’eau, le prêtre les offrira en holocauste sur l’autel, en odeur de suavité pour le Seigneur. »
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On reconnaît ainsi que la sainte Sindon figure véritablement la Passion du Sauveur, en montrant que son corps, pour les flagellations reçues, fut dépouillé de sa peau, et que les membres, bien que demeurant unis au corps, furent néanmoins, par les coups répétés dans la chair, comme découpés en morceaux ; et ainsi, avec les parties internes, il fut placé sur le bois de la Croix, par le feu de son ardente charité, d’où monta une odeur de suavité vers le Père éternel, lequel, par cela même, apaisa sa juste colère contre nous.
Et c’est pourquoi cette Croix, embrasée par ce feu ardent de la Charité et de Dieu, se manifeste en toute chose, en tout lieu ; elle est rendue plus évidente et produit davantage d’effets et de merveilles, tant de la nature que de l’art, comme l’enseigne saint Ambroise, disant que la Croix se forme dans l’univers, divisée en quatre parties, outre la forme que l’on trouve dans l’araire et dans le navire : « La Croix est dans l’araire, dans le ciel, divisée en quatre parties, et dans le navire. »
Et saint Augustin en traite longuement, en montrant toutes les dimensions, c’est-à-dire la largeur, qui est dans le bois transversal où s’étendent les mains, et la longueur, qui va de la terre jusqu’à la hauteur supérieure, disant ainsi : « Nous pouvons comprendre la Croix du Christ, dont la largeur se trouve dans le bois transversal où les mains sont étendues, et dont la longueur s’élève de la terre jusqu’à la hauteur. »
Cette figure nous servant encore à l’intelligence de la sainte Sindon, nous parviendrons à la considération particulière des principales plaies du Christ.
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Christ, en les divisant dans notre esprit, pour faire sur chacune une méditation particulière ; car une telle division minutieuse doit être faite dans la méditation des très saintes plaies du Christ, comme il nous est enseigné dans le Lévitique, sous la figure de l’oblation, lorsque l’on parle de la friture, dans laquelle il fallait diviser minutieusement l’oblation, en disant : « Si ton oblation est une offrande frite, tu la diviseras en petites parts. »
Ce qui, appliqué à notre propos, peut signifier que nous divisons toutes les saintes plaies imprimées sur la bienheureuse Sindon, et que nous les considérons distinctement. Ainsi le dit saint Isidore, exposant le lieu de l’Écriture ci-dessus mentionné, et il l’offre dans le traité de la Passion, où il va considérant minutieusement toutes ces saintes plaies, partie par partie.
Commençant donc par les blessures qui apparaissent sur la sainte Sindon, représentée dans le dessin à l’endroit marqué A, dans les saintes plantes des pieds du Seigneur, lesquelles apparaissent percées par les clous et pleines de sang, on reconnaît comme vérifiée la prophétie d’Isaïe : « De la plante du pied jusqu’au sommet, il n’y a rien d’intact », montrant que les plaies commençaient dans la plante des pieds et montaient jusqu’au sommet de la tête.
Cela fut figuré par Job, frappé par le diable d’une plaie très mauvaise, depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête : « Le diable frappa Job d’un ulcère très douloureux… »
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Explication de la très mauvaise [plaie], depuis la plante du pied jusqu’au sommet.
Elles montrent ces saintes plantes, ainsi déchirées par amour pour nous, avec une fermeté d’âme inébranlable, la vérité de la réponse que le Seigneur donna aux Anges dans Isaïe, en disant : « J’ai foulé seul le pressoir », c’est-à-dire : moi seul j’ai foulé le pressoir, comme s’il voulait dire : en foulant le pressoir des afflictions humaines, mes très saints pieds furent pressés dans le pressoir, d’où jaillit ensuite leur liqueur, c’est-à-dire le sang de mes plaies, lequel Dieu ne voulut pas qu’il fût absorbé par la terre, mais qu’il demeurât imprimé dans ce linge sacré, la sainte Sindon, afin que se vérifiât la prophétie de Job : « Terre, ne couvre pas mon sang », c’est-à-dire : ne couvre pas, ô terre, mon sang, parce qu’il méritait d’être conservé en un lieu où, comme sang du Rédempteur, il pût être honoré par ce culte d’adoration, dit de latrie, qui est donné par les fidèles au saint bois de la Croix, comme le dit David le Prophète à propos de l’adoration de la sainte Sindon dans ce lieu que nous avons maintenant à méditer : « Nous adorerons dans le lieu où ses pieds se sont tenus », c’est-à-dire : nous adorerons dans le lieu où se sont tenus ses pieds.
Combien fut grand le tourment du Seigneur pour être ainsi déchiré en ce lieu des plantes, où se rassemblent tous les nerfs, qui, dans toutes les parties du corps, se distribuent, et pour cette connexion naturelle par laquelle, entre les parties du corps, toutes les membres viennent à être tourmentés, comme le dit Job : « Maintenant mon tourment m’a accablé, et tous mes membres ont été réduits à néant », c’est-à-dire : maintenant ma douleur m’a oppressé, et mes membres sont réduits à rien.
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Et David, prévoyant que ces saintes plantes devaient répandre le sang si abondamment qu’elles devaient imprimer non seulement leurs traces comme sang, mais apparaître comme plongées dans le sang, dit : « Ton pied sera plongé dans le sang ».
Se vérifie donc le saint Linceul par les Prophètes en cette partie des plantes.
Et cela nous donne courage pour être forts, afin que nous combattions l’antique serpent, qui mord toujours au talon ; car les Romains, pour stimuler les vertus, avaient coutume de conserver les images de leurs ancêtres afin d’inciter à les imiter par la mémoire fréquente qu’ils en avaient devant les yeux, comme le rapportent Quintus Maximus, Publius, et Scipion, qui avaient coutume de dire que les statues animaient l’âme à la vertu, par la vue des images de leurs aïeux, par ces paroles : « Quintus Maximus, Publius et Scipion, chefs de notre cité, avaient coutume de dire : lorsque nous regardons les images de nos ancêtres, notre âme s’enflamme surtout pour la vertu. »
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Ce que disent aussi d’autres auteurs, comme Polybe, Corneille Tacite et Carlo Sigonio. Combien plus devons-nous nous-mêmes, en regardant le saint Linceul, figure de notre Seigneur et Sauveur Jésus, et en considérant la fermeté de ses très saints pieds ensanglantés, devenir fermes et droits dans les batailles de cette vie, et les pieds de cette crucifixion du Christ nous aideront-ils dans cette vie ?
Je propose ici au dévot lecteur la sainte Vérité devant les yeux de l’esprit, afin qu’il contemple ces saintes plantes transpercées, déchirées et ensanglantées, d’où il reconnaîtra être vrai ce que le Père a dit de son Fils aux Anges : qu’il était jeté dans le pressoir entre les clous et le bois de la Croix, et que, comme l’avait prédit Job, il avait une très mauvaise plaie dans les plantes. Qu’il prenne plaisir à accueillir dans son cœur ces saints pieds, à les baiser, à les lier, et avec un affectueux amour à les serrer ; maintenant de cette manière, non seulement en les mortifiant, mais en mourant avec eux, tant est grande la douleur, qu’il peut dire avec raison avec Jérémie : « Grande comme la mer est ta douleur », c’est-à-dire : ton affliction est aussi grande que la mer. Et qu’ainsi le dévot lecteur compatît avec larmes et soupirs au cœur douloureux de Notre-Dame.
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Chapitre VIII.
Des plaies sur les cuisses et les jambes du Seigneur, jusqu’aux reins dans la partie postérieure.
Considère le dessin à l’endroit qui est marqué par la lettre B.
Il apparaît sur la sainte Sindon, en remontant des plantes des pieds par l’arrière vers les jambes et les cuisses jusqu’aux reins, que nécessairement le Seigneur fut frappé depuis le cou d’un côté et de l’autre ; ainsi prophétisèrent Jérémie et David, disant l’un : « Ils ont bâti autour de moi », et l’autre : « De nombreux veaux m’ont entouré, de puissants taureaux m’ont assiégé », voulant montrer qu’il fut entouré de bourreaux ; de là il advint que, comme sous un déluge, se déchaîna la rage commune de ceux qui le flagellaient, se vérifiant ainsi ce que Job avait prédit en esprit lorsqu’il dit : « Il m’a assailli de toutes parts et m’a brisé, il m’a placé comme un signe pour la cible ».
Se vérifie pareillement ce que disait Jérémie, prévoyant que par ces coups les impies Juifs, semblables aux ennemis de son sang très innocent, voulaient lui ôter la vie : « Arrachons-le de la terre des vivants ». Et ailleurs : « Tous mes ennemis ont dit : Dévorons-le », c’est-à-dire : supprimons-le de la terre des vivants.
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Et cela est peut-être ce que David le Prophète dit, pour montrer cette âme cruelle des Juifs, en la personne de notre Seigneur : « Je suis répandu comme de l’eau ». Car, de même que l’eau, à la différence des autres liquides, ne laisse ni odeur ni trace sur le bois, ainsi, selon certains contemplatifs, notre Seigneur par la mort n’aurait laissé aucune mémoire de lui.
De la force que montra le Sauveur dans ces jambes et ces cuisses, on pourrait dire que se vérifia ce que Salomon avait prédit dans le Cantique : « Ses jambes sont des colonnes de marbre, fondées sur des bases solides », c’est-à-dire : ses jambes furent comme des colonnes de marbre, fondées sur leurs bases, voulant dire qu’elles étaient si solides et fortes, fondées sur ces saints pieds stables et fermes, qu’elles résistaient à toutes les flagellations ; desquelles jambes dit Rupert l’Abbé qu’elles étaient si intactes qu’elles nous montrent que toutes les voies du Seigneur furent droites et inviolables, signifiant par là que ses jambes et ses voies sont les mêmes, disant ainsi : « Les jambes intactes du Seigneur sont droites et inviolables, ce qui signifie ses voies ».
Il est certain que les coups furent d’une âpreté et d’un excès extrêmes sur les cuisses et les jambes, celles-ci étant riches en nerfs et très sensibles. C’est pourquoi le Seigneur, lorsqu’il parlait de sa Passion, rappelait particulièrement la flagellation, comme on le lit dans saint Matthieu : « Il sera livré aux Gentils pour être flagellé ». Et David, l’ayant prédit, disait : « Il fut flagellé tout le jour », c’est-à-dire : il fut flagellé tout le jour. Certains exposent ces paroles « tout le jour » comme signifiant cruellement, comme s’il avait été toute une journée entière exposé aux coups de fouet.
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De cette flagellation, il plut à la piété de notre Seigneur de nous laisser, comme autant de caractères écrits avec le sang, les traces de ses jambes et de ses cuisses dans la partie postérieure de la sainte Sindon ; afin que les simples d’esprit et même ceux qui ne savent pas lire, par l’apparence de ces salutaires plaies, en prennent connaissance, comme on le lit dans les livres des savants, ce que dit à ce propos saint Grégoire : « On se sert de la peinture dans les églises, afin que ceux qui ne savent pas lire, en voyant sur les murs ce qu’ils ne peuvent lire dans les livres, le lisent par les images ». C’est pourquoi la peinture est appelée une écriture muette.
Ainsi, dans le second concile de Nicée, est louée la sentence de Basile qui dit cela. Et dans le sixième concile, dans l’épître du pape Adrien à l’empereur Constantin, on trouve exprimée la même idée par ces paroles : « Ce que la lettre annonce par l’écriture, la peinture le montre par la vision »,
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dans les temples, les histoires évangéliques, afin que les hommes illettrés, et ceux qui ne peuvent lire les livres sacrés (dont ils forment la plus grande part), par ces choses composées rendent gloire à Dieu et ramènent dans leur esprit ce que, dans la chair, a souffert notre Seigneur Jésus-Christ.
Le Sauveur a donc voulu, au moyen de cette sainte Sindon, nous donner à comprendre les sentiments qui sont les siens, à la manière hiéroglyphique dont se servaient les Égyptiens autrefois, lorsqu’ils peignaient des figures d’animaux divers, et les utilisaient comme des lettres, comme le rapporte Philon, disant qu’ils écrivaient la philosophie occulte au moyen de lettres hiéroglyphiques, c’est-à-dire de signes d’animaux. Ainsi l’affirme Diodore de Sicile, disant que les Éthiopiens exprimaient les paroles non par syllabes ou par la composition de lettres, mais par des images et des figures. Ce qui veut dire qu’ils n’usaient pas de l’écriture faite de syllabes et de lettres, mais d’images et de figures d’animaux. Cela est confirmé par le témoignage de Pline, d’Orapollon et de Pierio Valeriano.
Et de même que Dieu avait promis par la bouche du prophète Zacharie de tailler une sculpture en un seul jour et d’ôter l’iniquité, en disant : « Voici que je graverai sa sculpture, et j’ôterai l’iniquité en un seul jour », cela s’est accompli en Christ, vraie pierre, et pierre gravée dans la Passion, dans laquelle furent frappées les plaies par les clous, la croix et la lance, comme l’explique saint Jérôme en interprétant ce passage par ces paroles : « Cette pierre sera blessée par les clous, la croix et la lance du soldat ».
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Ainsi Jésus, notre Seigneur, nous a maintenant laissé peinte la forme de cette sculpture, c’est-à-dire celle de ses plaies rédemptrices, dans la sainte Sindon, dans cette partie des jambes et des cuisses, en les peignant avec son propre sang ; non pas au moyen de signes hiéroglyphiques comme les Égyptiens, ni auparavant sous la figure de l’agneau pascal, du bélier ou d’autres animaux, par lesquels, dans l’ancienne Loi, il figurait son intention ; il ne nous montre pas des formes d’animaux divers, comme il le montra à saint Pierre dans le linceul, selon le récit des Actes des Apôtres, mais au lieu de ces choses, il nous montre la forme de ses très saintes plaies, comme une expression de son esprit ; il nous parle ainsi par cette figure avec amour, et nous manifeste le concept de son divin amour, qui l’a conduit à agir avec nous de cette manière.
Ici donc le dévot lecteur peut se représenter devant les yeux de l’esprit la sainte Vierge, laquelle, ayant vu le Seigneur de la Croix, embrassant ses jambes et ses cuisses ainsi déchirées, ressentit une douleur très cruelle ; et avec elle, en les embrassant et en compatissant intérieurement, il pourra dire : Ce sont là ces jambes, ô très saint Christ, que tu appelais par la bouche du Cantique, colonnes de marbre, fondées sur leurs bases ? Comment donc, ainsi écorchées, sont-elles réduites à néant ? Et il peut encore ajouter : Ô mon Sauveur, pourquoi me parles-tu ainsi, comme mort, par cette image de tes plaies ? Afin que, comme le sang est plus vivant que la peinture, ainsi l’empreinte de celui-ci soit plus vivante dans mon cœur.
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Et ainsi, comme la sainte Vierge, étant dans une si grande angoisse, pouvait dire avec Jérémie : « Qui donnera à ma tête de l’eau, et à mes yeux une source de larmes ? », c’est-à-dire : Qui donnera de l’eau à ma tête, et à mes yeux des sources de larmes ? Ainsi le lecteur, s’appropriant ces plaintes, pourra souffrir avec elle et accepter le signe hiéroglyphique que le Seigneur lui envoie.
Chapitre IX.
Des plaies des reins du Seigneur, et du recouvrement de l’os, et des douleurs qu’elles lui causèrent dans la Passion.
Considère le dessin à l’endroit marqué par la lettre C.
Parmi les saintes plaies (qui furent très douloureuses pour notre Seigneur), une principalement se fait remarquer dans la considération attentive de la sainte Sindon, laquelle fut sans doute d’une grande douleur pour le Seigneur, tant à cause de sa grandeur que du lieu sensible où elle fut imprimée. Et bien que l’on n’en ait pas tant de connaissance, il n’est pas surprenant…
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…parce que le Seigneur se complaît souvent à ne pas découvrir tous ses mystères en un seul temps, afin que la nouveauté de ce qui est connu fasse croître de temps en temps la dévotion ; toutefois, il ne manque pas d’en donner quelque indice pieux aux personnes dévotes, outre ce qui en a été dit plus haut.
Cette plaie était en effet très grande, et elle causa à notre Seigneur une douleur inestimable, parce qu’elle se trouvait dans une partie très sensible ; et à cause de l’écorchement, elle mit à découvert l’os ; à cause des répercussions des coups de fouet sur cet endroit ; à cause de l’inondation du sang provenant d’une veine très large ; à cause de l’appui des poids et du choc des vêtements ; à cause du fait qu’il devait soutenir le poids de la Croix ; à cause du fait que cette partie si déchirée était pressée contre le bois ; et enfin parce que, pour accroître la plaie, on étirait par force les bras et les jambes jusqu’aux lieux de la crucifixion ; toutes ces choses, réunies et considérées ensemble, nous donnent occasion de répandre abondamment des larmes et des soupirs.
Cette plaie fut comprise par Jérémie lorsqu’il dit : « Il m’a placé comme une cible dans son carquois ». Il a placé dans ses reins ses flèches ; mais Job l’avait prédit plus clairement encore, disant : « Avec des armes, ils ont accumulé les plaies sur mes reins ». C’est-à-dire : avec leurs armes, ils ont fait un amas de plaies sur mes reins. Et ailleurs, montrant la rupture de la chair par les coups répétés, il dit : « Il m’a brisé par plaie sur plaie ».
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Il avait prédit en outre que, par cette plaie, l’os devait être découvert, comme on le voit dans la Sindon, par ces paroles : « Les tables de sa chair et de ses os furent mises à nu ». Comprends : sa chair et ses os, qui étaient couverts, furent découverts.
Ce sont là les illusiones dont les reins du Seigneur étaient remplis, et dont il se plaignait par la bouche du Prophète, n’ayant aucune santé dans sa chair, lorsqu’il disait : « Mes reins sont remplis d’illusions, et il n’y a aucune santé dans ma chair ».
Il ne s’agit pas ici d’une plaie simple, causée par une seule blessure ; mais, comme on le voit dans la Sindon, c’est un amas de plaies, ce qui accroît d’autant plus la douleur du Seigneur. Cette répercussion et cette multiplicité de coups furent offertes par Diego Stella, qui en donne la raison lorsqu’il dit : « Plaie sur plaie, lividité sur lividité, fracture sur fracture, sang sur sang ». Car, puisque le nombre de nos péchés fut innombrable, le Christ fut flagellé pour nos péchés, qui étaient innombrables.
Ce qui signifie que furent ajoutées sur le corps du Christ béni (et spécialement en cette partie) plaie sur plaie, lividité sur lividité, fracture sur fracture, sang sur sang ; de sorte que ses plaies furent sans nombre, et la cause en fut de les rendre proportionnées à la multitude de nos péchés, pour lesquels il fut flagellé, ceux-ci étant également sans nombre.
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Il s’ensuit donc que notre Seigneur, affaibli par ladite plaie, privé de forces dans le dos, portant la Croix, ne pouvant la soutenir, comme le rapporte l’Écriture, tomba à terre ; et ainsi se vérifia la prophétie de Jérémie : « Il mettra sa bouche dans la poussière, peut-être y aura-t-il encore espérance ». C’est-à-dire : il mettra sa bouche dans la poussière, afin que, tombant ainsi, il nous soit donné espérance d’adoucir la cruauté des croix futures.
C’est pourquoi les peuples, ayant été instruits à le connaître et à l’aimer par le moyen de l’image de celui-ci, laquelle il leur laissa pour être représentée devant leurs yeux, comme l’affirment Zosime et Pierre Crinito, plus chacun s’enflamme à l’aimer en le regardant et en contemplant son portrait, et en lui la plaie si profonde de ses reins, avec l’os découvert, expression de la blessure douloureuse qu’il a subie par amour pour nous. Et pour confirmer cette charité, il convient de considérer comment le Seigneur voulut être blessé en ces reins, afin de nous montrer que nous devons réprimer les appétits charnels, qui ont leur origine en ce lieu.
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Ici un esprit pieux pourra tourner les yeux de l’intelligence vers la sainte Vierge, et ceux du cœur vers la bienheureuse Sindon, et contempler d’une part la douleur du Rédempteur, et de l’autre la douleur de la Mère en cette immense plaie, l’os étant découvert, et dire : Ce sont là ces reins que toi, ô très aimante Mère, tu ceignais de langes, ton très cher Fils ! Or voici que, comme Job le dit, par plaie sur plaie on en était venu à découvrir l’os. Il n’est donc pas étonnant que, portant la Croix, il soit tombé à terre, conformément à la prédiction de Jérémie ; et ainsi, on peut dire que, douloureuse, elle baise cette sainte plaie, et que, par pitié, elle couvre l’os de larmes, de la cruauté des impies ministres le recouvrant ; et qu’en l’embrassant de même, le dévot contemplatif, considérant avec piété la sainte Sindon en cette partie, accompagne la Vierge douloureuse.
Chapitre X.
Des plaies dans le dos et les épaules du Christ, faites par les coups, et par le port de la Croix.
Considère le dessin à l’endroit marqué par la lettre D.
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Il est vrai que, par manque d’intelligence, certaines plaies sont peu considérées, bien qu’elles soient vues et connues : telles sont celles du dos et des épaules, chargées de sang et gonflées, tant à cause du port de la Croix que des coups reçus, comme il apparaît sur la sainte Sindon. Supposons d’abord, chez les condamnés à être crucifiés, que chacun portait le bois de sa propre croix, comme le rapporte Plutarque, disant : « Chaque malfaiteur porte sur son corps sa croix ». C’est-à-dire : chaque délinquant porte sa croix sur sa propre personne. Et Artémidore dit : « Celui qui doit être crucifié la porte ». C’est pourquoi Notre-Seigneur, condamné par Pilate, se vit imposer de porter cette Croix, sur laquelle il devait mourir, comme le dit saint Jean l’Évangéliste : « Et portant sa Croix, il sortit ». Et saint Augustin le note, disant : « Il alla au lieu où il devait être crucifié, portant sa Croix ». Et saint Jean Chrysostome dit qu’on lui imposa la Croix comme à un coupable : « Ils lui imposèrent la Croix comme à un malfaiteur ». Et saint Athanase dit que le Christ porta sa Croix. Saint Cyrille le considère ainsi, comme Rédempteur, et dit que porter la Croix ne convenait pas à lui, mais bien à nous, transgresseurs. Et Euthyme le considère comme un vaillant soldat, qui portait la lance avec laquelle il devait abattre l’adversaire, et il dit…
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« Le Christ, portant la Croix, la portait non pour lui-même, mais pour nous, transgresseurs ». Et un autre : « Il portait la Croix sur ses épaules, comme un vaillant soldat la lance par laquelle il devait abattre l’adversaire ». Et ailleurs : « D’abord ils lui imposèrent la Croix, comme à un condamné, et la portant, il sortit ».
Par ce port de la Croix du Seigneur s’accomplit la figure d’Isaac, qui porta le bois du sacrifice, sur lequel il devait être immolé, figure très claire, comme le dit saint Jean Chrysostome : « Isaac porta le bois, mais alors cela se faisait dans la volonté du Père seulement ; c’était une figure, maintenant la réalité s’accomplit ». Et Tertullien dit : « Lorsque Isaac était conduit par son père au sacrifice, et qu’il portait le bois, cela annonçait le Christ, concédé par le Père comme victime, portant le bois de sa Passion ».
Ce fut aussi par ce port de la Croix, avec la puissance de cette même Croix, que s’accomplit ce qui avait été prédit par Isaïe, par ces paroles : « Le principat a été placé sur son épaule ». C’est-à-dire : le pouvoir a été mis sur son épaule ; et c’est de la Croix, et de la force de cette même Croix, que vient…
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…ce qui est exposé en ce lieu par saint Ambroise, par saint Justin et par Tertullien. En particulier Tertullien dit parmi ces choses :
« Quel roi, en effet, porta jamais l’insigne de son pouvoir sur l’épaule, et non sur la tête une couronne, ou dans la main un sceptre, ou quelque autre signe propre au vêtement royal ? Mais notre seul Roi des siècles, le Christ Jésus, porta sa gloire, sa puissance et sa sublimité sur son épaule, c’est-à-dire la Croix, selon la prophétie : et le Seigneur régnera par le bois ».
C’est-à-dire : aucun roi ne porta les insignes de son pouvoir sur les épaules, mais plutôt la couronne sur la tête, le sceptre dans la main ou quelque autre signe de la royauté ; mais le seul vrai Roi des siècles, le Christ Jésus, porta sur ses épaules sa puissance et la sublimité de sa nouvelle gloire, c’est-à-dire la Croix, conformément à la prophétie : « Il régnera par le bois ».
Et outre cela, le pape saint Léon dit :
« Le Seigneur fut livré à la volonté des pécheurs, abaissé jusqu’à l’indignité du supplice ; mais il fut élevé afin que s’accomplît ce que le prophète Isaïe avait annoncé, disant : Voici qu’un enfant nous est né, et la souveraineté est sur son épaule ».
Et lorsque donc le Seigneur porta le bois de la Croix, qui signifiait pour lui le sceptre, le pouvoir était certes caché aux yeux des impies et des incrédules, mais il se manifestait aux fidèles comme un grand mystère : le très glorieux vainqueur du diable et très puissant destructeur des forces ennemies portait le beau trophée de son triomphe, et par une patience inouïe introduisait dans tous les royaumes un bois qui devait être adoré.
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Ce qui veut dire : puisque le Seigneur fut livré à l’arbitraire des ministres cruels, il fut fait porteur de son propre supplice pour accomplir la prophétie d’Isaïe : « Un enfant nous est né, et l’empire est sur son épaule ».
En portant donc le Seigneur le bois de la Croix pour le couvrir de l’insigne de la puissance, il était pour les yeux des impies un grand sujet de dérision ; mais pour les fidèles il manifestait un grand mystère : car le très glorieux vainqueur du diable et très puissant destructeur des forces ennemies portait le trophée de son triomphe, et introduisait dans tous les royaumes, par une patience inouïe, le bois qui devait être adoré.
Cette Croix portée par le Christ fut cette clé dont parlait Isaïe : « Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule ; il ouvrira, et nul ne fermera ; il fermera, et nul n’ouvrira ». C’est-à-dire : je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule ; il ouvrira, et nul ne pourra fermer ; il fermera, et nul ne pourra ouvrir.
Combien ce portement de la Croix fut pénible et grave pour le Seigneur, cela est rendu clair par la sainte Sindon en ce lieu, où apparaissent de très grandes ruptures ; et c’est pourquoi, les Hébreux doutant qu’il pût, à cause de cela, arriver jusqu’au Calvaire avec la Croix, ils contraignirent Simon de Cyrène à la porter, comme le disent les saints Évangélistes.
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Ils furent en effet grands, ces tourments du Sauveur, sur les épaules, à cause de la lourdeur de la Croix, comme l’avait prophétisé David lorsqu’il dit : « Les pécheurs ont bâti sur mon dos, ils ont prolongé leur iniquité ». Les pécheurs ont construit sur moi, et ont prolongé leur iniquité.
Le dévot de la très sainte Vierge pourra ici pieusement considérer comment, tandis qu’elle déposait de la Croix le corps de son Fils, et voyait le Seigneur sur le bois, en regardant les graves blessures des épaules, alourdies encore davantage et ouvertes par le poids de la Croix, écorchées, et par le sang figé rendu liquide par la crucifixion, elle méditait la douleur de celui-ci dans la douleur de Jésus, disant : Ô mon Seigneur, est-ce là ce principat que, selon Isaïe, tu devais porter sur les épaules, causé par le port de la Croix ? Combien pénible fut ton sceptre royal que tu as porté sur toi ! Combien douloureuse fut cette construction de douleurs sur les épaules, que David avait prédite en disant que sur lui furent édifiés de cruels ministres pour bâtir une œuvre faite de coups larges, de chair meurtrie, d’épaules ensanglantées et écorchées, comme sur une pierre frappée et à nouveau chose fut soumise à la ténacité de la Croix. Et il revient à elle de la méditer, de la serrer sur son sein, et de presser de ses mains cette partie, laquelle, dans la chair tendre, entourée de douleurs anciennes et délicates, fut pour cela transpercée avec d’autant plus de douleur.
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Chapitre XI.
Des cheveux du Seigneur en ces parties, qui sont ensanglantées et souillées.
Considère le dessin à l’endroit marqué par la lettre E.
Le Seigneur ayant la tête toute ensanglantée, le sang, en se multipliant, inonda les cheveux déchirés, lesquels, comme on peut le reconnaître par les signes visibles sur la sainte Sindon, perdirent leur couleur naturelle. De cette inondation prophétisa Jérémie en disant : « Les eaux ont inondé au-dessus de ma tête, et j’ai dit : je suis perdu ». Ce qui, pourtant, dans les Écritures, signifie aussi le sang.
Et l’auteur sacré prédit que ces cheveux, par l’abondance du sang, devaient changer de couleur, lorsqu’il dit : « Comment l’or est-il obscurci, et sa couleur changée ? » C’est-à-dire : comment l’or est-il obscurci et sa couleur changée ? Mais en particulier de ces cheveux baignés de sang parla Salomon en disant…
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« Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, car ma tête est pleine de rosée, et mes boucles des gouttes de la nuit ». C’est-à-dire : ouvre-moi, ô ma sœur, amie et colombe, car ma tête est pleine de rosée, et les boucles de mes cheveux sont pleines des gouttes de la nuit. Il montre ainsi avec quel amour l’Époux de notre âme, le Christ, nous appelait à lui ouvrir, désirant mourir par la Passion, car, exclu de la porte, il se tenait dehors, dans la rosée, mouillant ses cheveux ; et les boucles recevaient les gouttes de la nuit ; puisqu’elles étaient étendues, souillées, et réduites en quelque partie à la peau nue, comme on le voit clairement sur la sainte Sindon, où, sur le front, une partie est si dépouillée qu’il n’y reste plus la peau entièrement couverte.
Nous pouvons encore, pour parler du délice de l’Épouse dans le Cantique, considérer le grand désir qu’avait le Christ Sauveur de souffrir pour nous et d’opérer notre salut ; car, bien que son corps et ses cheveux aient été couverts de très vifs flots de sang, et que, par la force des épines piquantes et aiguës, il fût non moins semblable à la rosée mordante, qui ne rafraîchit guère mais blesse plutôt, il fut néanmoins très prompt à souffrir encore davantage, s’il eût été possible, parce que ce sang, qui en lui était très abondant, était encore véritablement efficace pour nous.
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Ces cheveux ainsi teintés de sang sont propres à blesser le cœur de nous autres ; c’est pourquoi il est écrit : « Tu as blessé mon cœur, ô ma sœur, mon épouse, par un seul de tes cheveux ». C’est-à-dire : tu m’as blessé le cœur, ô ma sœur et épouse, par un seul cheveu de ton cou.
Cette consolation fut figurée en Samson, lequel, comme on le lit dans le livre des Juges, perdit ses cheveux par le rasoir, par la main de Dalila ; de quoi parle saint Ambroise, disant que Samson fut figure du Christ Nazaréen. Et non seulement de la peau écorchée, mais aussi du sang et de l’humidité, parle Jérémie lorsqu’il dit : « Les os de ma peau se sont desséchés, et elle est devenue comme du bois ». C’est-à-dire : la peau s’est attachée à l’os, s’est durcie et est devenue semblable au bois.
À ce terme furent réduits ces cheveux blonds, devenus ensanglantés par les gouttes de la nuit des ténèbres et de l’obscurité, qui sont les gouttes de sang répandu pour nos péchés, et avec tant d’amour répandu pour racheter l’Épouse, qui est notre âme. Ainsi, rougissants par le sang, il avait été prédit par Isaïe à cette heure-là, lorsqu’il dit : « La tête est devenue comme la pourpre du Roi ».
Ce qui nous montre combien, par amour, tout fut donné pour nous ; que même les parties extrêmes du corps, qui sont pourtant l’ornement et la parure de la tête, c’est-à-dire…
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C’est-à-dire : les cheveux, il les a laissés être aspergés de sang et souillés, recueillant le sang sur eux comme un signe de son amour.
Ici se présente à une âme contemplative l’occasion de méditer avec quelle tendresse Notre-Dame n’a pas voulu laisser aucune partie d’un si délicat chef être négligée et ensevelie, elle qui ne l’arrangea pas convenablement, toute douloureuse alors, voyant les blondes chevelures du Seigneur ainsi souillées, maltraitées, et, par la viscosité du sang coagulé ensemble, avoir perdu leur beauté et leur couleur ; de sorte que l’esprit dévot pourra, avec des larmes intérieures, dire avec Jérémie : « Comment l’or s’est-il obscurci, ayant l’eau, ô Seigneur, inondé sur ta tête ? » Comment, en ces cheveux, se voit vérifiée la parole du Sauveur : « Tes cheveux sont devenus comme la pourpre royale » ? Ô mon Seigneur, toi qui avais les cheveux sur le front, qui donnaient tant de grâce ! Ô cheveux ondoyants, ensanglantés ! S’ils ont, par amour de l’Épouse, tenu le sang, ils ont pourtant bien transféré la douleur, par leur vue, dans l’âme souffrante de la Vierge immaculée.
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Chapitre XII
De la couronne d’épines jamais donnée à d’autres qu’au Christ. Pourquoi elle lui fut donnée, et de l’effet qui en résulta.
Considère le dessin à l’endroit marqué par la lettre F.
Les Évangélistes s’accordent à dire que les ministres de Pilate posèrent sur la tête du Seigneur une couronne d’épines, tressée par eux, selon saint Matthieu : « Ayant tressé une couronne d’épines, ils la posèrent sur sa tête ». Et saint Marc : « Ils lui imposèrent une couronne d’épines ». Et saint Jean : « Les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la posèrent sur sa tête ».
Que cette couronne fut imposée plus par permission que par ordre de Pilate, et que les soldats, peut-être corrompus par les Juifs, l’imposèrent pour accroître la peine et la dérision du Seigneur, plutôt que par ordre de Pilate lui-même, c’est ce que signifie le témoignage de saint Jean, montrant que Pilate le fit fouetter, disant : « Pilate prit Jésus et le fit flageller ». Mais de la couronne, il ajoute : « Les soldats tressèrent… », et c’est ce que note saint Jean Chrysostome ; bien que saint Augustin pense raisonnablement qu’il n’y eut pas de commission de Pilate, au moins il y eut permission.
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Et saint Léon, pape, considérant cela, dit : « Pilate permit que Jésus fût outragé par de multiples moqueries et qu’il fût tourmenté par des injures immodérées ». C’est-à-dire : Pilate permit que Jésus fût outrageusement insulté, raillé et maltraité par de grandes injures.
Cette couronne était tressée d’épines très dures et très aiguës, telles que le montrent celles que l’on voit conservées en nos temps parmi les saintes reliques ; et il est aisé de croire que ce furent celles-là mêmes que l’on voit, pour qui observe dans la sainte Sindon la forme des plaies qui furent sur la tête du Sauveur. De l’avis de beaucoup, et très vraisemblable, ces épines provenaient d’une certaine plante appelée communément, pour cette raison, l’épine du Christ, laquelle croît très abondamment autour de Jérusalem, tant parce que les ministres pouvaient la trouver facilement, que parce qu’elle possède des épines très âpres et très aiguës.
À cela s’ajoute le témoignage de Marcello Empirico, Herba salutaris, qui dit ces paroles : « L’herbe salutaire a des faisceaux d’épines blanches, dont le Christ fut couronné ». C’est-à-dire : un faisceau d’herbe salutaire, à savoir l’épine blanche, dont le Christ fut couronné. Et cette plante est ainsi décrite par Dioscoride, livre premier. Mais nous ne laisserons pas de dire que…
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…des Pères de l’Église, comme Grégoire de Tours dans ses Miracles, comme Hugues le Cardinal, et comme tous ceux qui disent que la couronne du Christ fut faite de joncs marins très âpres et très piquants, à quoi s’accordent aussi certains modernes, comme Toledo et Guillaume Durant, lequel, la nommant de cette manière, affirme l’avoir vue en France, parmi les trésors du Roi.
Quant à déterminer de quelle plante elle fut faite, laissons-en la décision à d’autres ; il nous suffit, pour notre propos, de savoir qu’elle fut tressée d’épines très dures et très aiguës.
Mais ceci est de haute intelligence : pourquoi ces ministres de Pilate et les Romains donnèrent-ils au Seigneur une couronne d’épines, ne trouvant pas qu’une telle couronne eût jamais été donnée à personne jusque-là, ni comme peine, ni comme déshonneur, ni comme dérision — car jamais on ne couronnait quelqu’un ainsi — mais on donnait les couronnes comme prix et triomphe d’œuvres fameuses, selon la qualité et la diversité des entreprises, donnant des couronnes de chêne, de lierre, d’or, et d’autres plantes, et aussi d’or, ou murales, ou vallaires, et autres diverses, selon la diversité des victoires, comme le déclare Callistrate dans son Catalogue de la gloire du monde.
Pourquoi donc donnèrent-ils au Seigneur cette nouvelle couronne, et voulurent-ils que celui qu’ils condamnaient comme séducteur contre César fût hors de l’usage des rois après la flagellation et couronné d’épines, et mis sur la Croix avec cette même couronne ? Il faut répondre simplement que cela fut fait pour dérision, en se moquant de lui comme s’il se faisait roi ; et pour la dérision on ajouta encore le roseau et la pourpre.
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Mais pour comprendre avec un sentiment plus profond cette haute providence de Dieu, il faut savoir pour quelles raisons multiples il fut couronné de cette manière. Premièrement, pour accomplir ce qui avait été figuré dans le bélier qui apparut à Abraham avec les cornes prises dans les épines, comme on le lit dans la Genèse : « Je vis le bélier retenu par les cornes dans le buisson ». Ce qui fut déclaré par la Glose et par saint Jérôme, qui vit dans ce bélier une image de la divinité du Christ — car le sacrifice de sa Passion appartient à celle-ci — et dans les épines l’humanité, qui souffre à cause de nos péchés, qui en furent la cause ; d’où il dit : « Le Seigneur était attaché entre les épines des pécheurs : la divinité fut intacte, comme Isaac fut délivré par la main de l’ange ; mais le bélier fut pris entre les buissons, ainsi l’humanité du Christ souffrit entre les épines de nos péchés ».
Ensuite, parce que Dieu, ayant maudit la terre à cause du péché d’Adam, en donnant pour peine à l’homme qu’elle produirait des épines et des ronces — ce que dit le texte sacré : « Maudite soit la terre à cause de ton œuvre ; elle produira pour toi des épines et des chardons » — il convenait que le Sauveur mourût non seulement pour nous purifier de la faute…
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…mais encore pour nous délivrer de la peine du péché, afin qu’il nous montrât que, par sa Passion, il ôtait l’une et l’autre. Tout cela est prouvé par l’autorité de tous les Pères, mais particulièrement par saint Jérôme, qui dit clairement en parlant du Christ : « Par la couronne d’épines fut dissoute l’ancienne malédiction : “des épines et des ronces elle produira pour toi” ». Et saint Isidore dit que la terre, devenue maudite après le commandement violé par nous, produisit des épines ; et que le Sauveur était venu prendre sur lui tout mal, et que c’est pourquoi, comme triomphateur, il fut couronné.
Telles sont les paroles de ce grand Père : « Puisque la terre, après le commandement violé par nous, fut chargée de malédiction, produisant des épines, le Seigneur, afin de guérir toute blessure en lui-même, fut couronné d’épines comme vainqueur ». Et saint Ambroise entend aussi cette couronne comme le signe triomphal de la victoire remportée par le Christ sur les péchés, et dit ainsi : « La couronne d’épines attachée à sa tête, que montre-t-elle sinon le don de l’œuvre divine ? Que la gloire de Dieu soit recherchée par les péchés du monde, comme par des épines victorieuses ? » Et Tertullien, figurant lui aussi dans les épines les péchés produits par la terre de la chute…
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Notre chair dit que le Seigneur, avec sa tolérance sur la tête, a brisé toutes les armes de la mort ; voici ses paroles :
« Par les épines et les ronces, figures des délits que la terre de la chair nous a produits, il a détruit toutes les pointes de la mort, en les supportant sur la tête du Seigneur ».
C’est précisément ce que dit Cornelio Giansenio en ces termes :
« Par la couronne d’épines nous comprenons que le Seigneur a pris sur lui les épines de nos péchés, que la terre de notre cœur maudit avait produites ».
Il n’est pas loin de cela ce que dit le susdit Rupert l’Abbé :
« Par la couronne d’épines on signifie sans ambiguïté ce que disait le Prophète : il a porté nos péchés. Les épines, en effet, désignent les péchés ».
C’est-à-dire : par cette couronne est signifié ce que disait le Prophète : qu’il porterait nos péchés, les épines signifiant les péchés eux-mêmes.
Le Seigneur voulut encore être couronné d’épines pour arracher les sollicitudes de cette vie ; ainsi parle saint Athanase en ces termes :
« Tu peux voir avec quelle raison il a voulu porter la couronne d’épines : afin d’arracher les sollicitudes de notre vie ».
Les sollicitudes sont donc comprises sous le nom d’épines, parce que, selon le très savant Toledo, elles sont encore la peine du péché.
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Et de plus, pour signifier prophétiquement que nous fûmes autrefois sans fruit, mais que maintenant nous sommes devenus aptes à fructifier, en étant greffés autour de la Tête, dont il est le Chef. C’est ce qu’entend par la couronne d’épines Clément d’Alexandrie, qui dit :
« La couronne du Seigneur signifie prophétiquement que nous, qui étions autrefois stériles, avons été rendus féconds, nous qui avons été plantés autour de lui par l’Église, dont lui-même est la tête ».
Notre Sauveur voulut en outre que, par cette pénalité de l’épine piquante, il fût ceint d’un diadème, afin de nous signifier qu’il traverserait toutes les parties de la peine par l’épine, et pour montrer qu’il endura une douleur incroyable ; ce que David avait prédit lorsqu’il disait :
« Je suis tombé dans ma ruine, tandis que l’épine s’enfonçait dans ma tête ».
C’est-à-dire : j’ai été ruiné à mon propre détriment, tandis que l’épine se plantait dans ma tête.
Il dit cela pour donner autorité à ce qui est dit pour la consolation des personnes affligées, car il n’est pas convenable que la tête, pleine d’épines, soit un membre délicat ; et aussi pour accomplir la prophétie d’Isaïe, lequel parle de cette couronne lorsqu’il dit :
« Tu seras couronné de tribulation ».
« Tu mettras ta balle dans la terre large et spacieuse, tu y mourras, et là sera le char de ta gloire ».
Excellente prophétie pour notre propos, puisque cette couronne d’épines est une véritable couronne de tribulation donnée à notre Seigneur, avec laquelle il scella sa mort sur la Croix, son véritable char triomphal.
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En soumettant le Christ à une telle couronne, s’est vérifiée la prédiction du Sauveur dans le Cantique, lorsqu’il parlait de la tête du Seigneur et de sa beauté insigne, en nommant son amie un lis parmi les filles, comme un lis parmi les épines, disant :
« Comme le lis parmi les épines, ainsi est mon amie parmi les filles ».
Car telle devait être l’humanité du Christ, lis très pur parmi les filles des hommes, qui étaient toutes épines et ronces, comme apparaît la tête du Seigneur lui-même, au milieu de ces épines fichées.
Ce ne furent pas seulement les Prophètes qui prédirent une telle couronne du Rédempteur ; mais les Sibylles elles-mêmes la prophétisèrent expressément, dont l’une, appelée Érythrée, dit en parlant du Messie :
« Il portera une couronne d’épines ».
Et un autre rapport, cité par Lactance, reprochant à la Synagogue sa future cécité, comme si elle avait été passée au crible, selon ce que dit le Prophète, dit ainsi :
« Elle ne reconnut pas ton Dieu, mais elle le couronna d’épines ».
Combien grande fut la douleur du patient Jésus, non seulement à cause de l’acuité, mais aussi à cause de la durée de cette si pénible couronne ; ce que la pieuse considération apprend encore par Origène, qui voulut noter que, bien qu’il soit écrit que le Sauveur fut de nouveau dépouillé, mais de la…
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Les Évangélistes n’ont rien écrit de la couronne d’épines après cela, parce qu’ils voulaient nous signifier qu’une fois qu’elle lui fut posée, elle ne lui fut plus jamais enlevée ; et saint Jean dit :
« Et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre ».
Mais les Évangélistes n’écrivirent rien de tel au sujet de la couronne d’épines ; c’est pourquoi nous pouvons rechercher la raison pour laquelle ils voulurent sortir de ce point, à savoir que la couronne, une fois imposée, ne fut jamais retirée.
Ce qui peut donner matière à considérer la douleur que souffrit le Seigneur pour avoir gardé ces épines fixées sur la tête si longtemps, après qu’ils lui eurent donné ces coups avec le roseau, et qu’ils l’eurent ensuite placé sur la Croix ; où, ne pouvant appuyer la tête sans accroissement d’une douleur immense, il se trouva en toute manière dans une peine extrême par cette couronne parmi ses autres douleurs infinies ; lesquelles toutefois, pesées avec le grand amour qu’il portait au genre humain et le désir de notre salut, ne lui firent pas sentir la pointe, comme le dit saint Cyprien, qui avec admiration et crainte respectueuse s’adresse au Christ en disant :
« J’ai considéré tes œuvres, et je vois que tu ne te plains pas des clous qui percent les pieds sacrés, ni des blessures qui transpercent les mains, ni de l’angoisse des plaies, ni des épines qui piquent la tête ; mais tu insistes seulement pour signifier de quelle manière tu sembles abandonné de Dieu, étant exposé aux injures et aux moqueries des Juifs…
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…par amour, parce que tu ne parles nullement de la douleur, toi qui souffres les blessures de ces clous qui transpercent les pieds, qui percent les mains, ni des tourments des épines qui piquent la tête ; mais tu presses seulement pour signifier comment tu sembles abandonné de Dieu, étant exposé aux injures et aux moqueries des Juifs.
Cela offre à une âme pieuse l’occasion de considérer la très sainte Vierge, regardant ce délicatissime chef, si misérablement entouré d’épines très aiguës, laquelle, les liant avec ses mains sur la tête de son Fils comme une couronne, voit les épines pénétrer jusqu’à l’os, ensanglantant toute la tête ; elle pourrait dire avec Isaïe :
« Je t’ai bien vu, ô mon Fils, couronné de la couronne de tribulation, et entouré comme une balle, tourmenté de toute part » ;
et avec elle, regardant le dévot Lecteur avec l’œil de l’affection ainsi déchirée, dire :
« J’ai bien voulu être, ô mon Sauveur, un lis candide ; maintenant je te vois comme un lis parmi les épines ; je ne m’étonne plus de voir ta tête abaissée sur la Croix, puisque par les pointes le bois redoublait le tourment. Hélas, pourquoi t’ont-ils donné une couronne d’épines d’autant plus douloureuse et plus opprobreuse qu’elle est plus nouvelle et inouïe ? »
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Et ainsi contempler la Notre-Dame, qui baise et rebaise ce chef sacré, et en essuie le sang, sentant son cœur transpercé par ces épines très cruelles, et recevant d’elles le couteau prédit par Siméon.
Chapitre XIII.
Comment la couronne d’épines ne cerna pas seulement la tête du Seigneur, mais la couvrit toute jusqu’au sommet.
Voyez le dessin à l’endroit marqué par la lettre G.
Celui qui observe la tête du Seigneur dans l’empreinte de la Sainte Sindon reconnaît très clairement que les piqûres des épines ne forment pas seulement un cercle autour ; mais qu’elles montent continuellement jusqu’au sommet, ce qui montre évidemment que la couronne était faite de plusieurs tours, qui occupaient toute la tête.
En confirmation de cela, tous les Pères l’affirment ; mais en particulier saint Bernard offre tout le chef du Seigneur comme étant empalé, avec ces paroles :
« Mais même sa couronne fut un supplice pour lui, et elle déchira sa tête par mille piqûres ».
Ce qui signifie : mais même sa couronne lui fut un tourment, et elle le lacéra par mille piqûres…
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Il plaça donc sur sa très belle tête. Et saint Vincent, non seulement explique cette forme dans la couronne, mais remarque encore expressément que, en soixante-douze endroits, la tête du Seigneur fut blessée par elle, la couronne du Christ étant faite à la manière d’un bonnet. Avec ces paroles :
« Et ils placèrent sur sa tête une couronne, laquelle en soixante-douze endroits blessa cruellement la tête, car elle était à la manière d’un bonnet. »
Ainsi prophétisa Ézéchiel, lorsqu’il dit :
« Ta couronne t’a entouré. »
Et Job dit de même, en disant :
« Il a saisi ma nuque et m’a brisé »,
c’est-à-dire : elle l’a saisi et a pressé sa tête.
Mais clairement il apparaît que la couronne entourait en toute part la tête du Seigneur, d’après ce que dit saint Anselme, en affirmant que le sommet même était offensé par mille blessures, avec ces paroles :
« Mille blessures très précieuses blessèrent le sommet de sa tête. »
Et plus clairement encore, cela est dit par sainte Brigitte dans la révélation qu’elle eut, lorsqu’elle dit :
« Le sommet de ma tête et toute ma tête étaient lacérés par les pointes. »
C’est-à-dire : par des blessures de pointes, le sommet et tout le reste de la tête me furent lacérés.
Et en un autre endroit :
« Comme ma tête de toute part était couverte de sang, ainsi le sang jaillissait de partout »
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c’est-à-dire : puisque ma tête était blessée de toute part, et que de tous les côtés coulait le sang.
Outre les autorités citées, s’ajoute le témoignage de beaucoup qui ont vu cette même couronne en France, et rapportent qu’elle est faite de nombreux cercles, lesquels forment une sorte de casque.
La tête du Seigneur, lorsqu’on la voit de la manière dont elle est représentée sur la sainte Sindone, ainsi blessée par les pointes d’une telle couronne, achève la figure de l’agneau pascal, duquel Dieu commandait que la tête fût blessée.
À la vue de ce Roi ainsi couronné, la Sainte Église invite dans le Cantique, en disant :
« Sortez et voyez, filles de Sion, le roi Salomon dans le diadème dont sa mère l’a couronné. »
C’est-à-dire : Sortez, ô filles de Sion, et voyez le roi Salomon avec la couronne dont sa mère l’a couronné.
En ce passage, saint Bernard s’explique, entendant le Christ couronné d’épines comme le roi Salomon. Et saint Isidore, expliquant la parole « sa mère », déclare :
« Par la couronne dont il fut couronné par sa mère »,
c’est-à-dire : la couronne d’épines posée sur sa tête par la Synagogue.
Et il dit :
« Dans la couronne dont sa mère l’a couronné, c’est-à-dire la couronne d’épines imposée sur sa tête par la Synagogue. »
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Mais il ne suffit pas au Christ d’être seulement accablé par l’oppression, car les épines lui pénétrèrent la tête de toutes parts, la déchirant par toutes ces nombreuses pointes ; ils y ajoutèrent encore les insultes et les moqueries des ministres insolents, qui, lui donnant un roseau en main et le revêtant de pourpre, le tournaient en dérision comme un faux roi ; et lui voilant le visage, ils disaient :
« Devine qui t’a frappé. »
Ils accomplirent ainsi la prophétie d’Ézéchiel, qui dit :
« Tu voileras ton visage et tu ne verras pas la terre, parce que je t’ai établi comme signe pour la maison d’Israël. »
C’est-à-dire : tu te couvriras le visage et tu ne verras pas la terre, car je t’ai établi comme prodige pour la maison d’Israël.
De cela fut figure Samson, moqué par les Philistins, comme on le lit dans le livre des Juges, et David outragé par Shimeï dans les livres des Rois.
Cette dérision fut prédite par Jérémie, lorsqu’il dit :
« Je suis devenu une fable et un objet de dérision »,
c’est-à-dire : je suis devenu un sujet de moquerie et d’opprobre.
En trois insignes royaux fut raillé le Sauveur : dans la pourpre, dans la couronne, et dans le sceptre, conformément à l’offense de Vgonius le cardinal, qui dit :
« Ils le raillaient dans la couronne, dans la pourpre et dans le sceptre. »
Saint Jérôme en rend la raison, en disant :
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« Dans un manteau écarlate œuvre des nations, elles étaient ensanglantées. Dans la couronne d’épines, il maudit l’antique péché. Dans le roseau, il mit à mort les animaux venimeux. Et plus encore. De même qu’il tenait le roseau en main, afin d’écrire le sacrilège des Juifs, c’est-à-dire : par le vêtement de pourpre il soutint les effusions de sang et les œuvres féroces des nations ; par la couronne d’épines il nous libéra de l’ancienne malédiction ; et par le roseau il tua les animaux empoisonnés. Et il ajoute qu’il tenait le roseau en main pour écrire le sacrilège des Juifs. »
Saint Hilaire ajoute une belle considération, décrivant le Roi tel qu’il était en vérité, et dit :
« Le Seigneur fut flagellé, on lui imposa le manteau écarlate et le vêtement de pourpre, on lui mit le roseau dans la main droite, et à genoux on l’adora. »
C’est-à-dire : le Seigneur fut flagellé, on lui posa le manteau rouge, la couronne d’épines, et le roseau en main, et à genoux fléchis il fut adoré ; ce que l’on montrait comme un Roi (même feint) selon la mentalité des Juifs et des ministres cruels, et c’est pourquoi ils le vêtirent non de pourpre, mais d’écarlate, couleur non dissemblable de la pourpre, mais beaucoup plus vile, comme l’observe Baïfio ; mais selon la vérité, il fut couronné Roi de tous les martyrs.
Contemple ici le deuil de la sacrée Vierge, comme elle se sentait intérieurement appelée à voir le Seigneur, vrai Salomon, avec le diadème dont il était couronné. Et vois le douloureux spectacle…
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… avec quels yeux elle désirait regarder autour d’elle les pointes des épines qui arrivaient jusqu’au sommet de la tête. C’est pourquoi, en pleurant, elle pouvait dire avec Job :
« Ils m’ont blessé et brisé la nuque. »
Et en baisant la tête en toutes ses parties, comme elle l’aurait désiré, puisque de ses yeux coulaient des larmes en si grande abondance, elle aurait pu laver chacune de ces plaies avec ces larmes. Ainsi pourra tout fidèle dévot, en regardant la sainte Sindone avec une affection pieuse, accompagner méritoirement de ses bénites larmes celles du Seigneur.
Chapitre XIV.
Des coups portés au visage du Seigneur. De l’arrachage de la barbe et des coups avec le roseau.
Vois le dessin au lieu marqué H.
Puisque nous avons expliqué les plaies dans une partie de la sainte Sindone, qui montre le dos et les flancs, en commençant par les plantes des pieds jusqu’au sommet de la tête, venons maintenant à examiner la partie de devant.
En commençant par ce visage divin, lequel, bien que obscurci, ensanglanté et défiguré…
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il montre la barbe arrachée en de nombreux endroits ; et le visage lui-même, livide par la mort et tuméfié par les coups reçus, mais encore non sans quelque teinture de sang, qui coulait de la tête jusque sur les yeux.
À ce sujet se sont accomplies de nombreuses prophéties, comme celle de la barbe arrachée, dont parle Isaïe au nom du Christ :
« J’ai offert mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. »
Sur quoi dit Nicolas de Lyre :
« Bien que l’Écriture, dans les Évangiles, n’ait pas dit qu’ils lui arrachèrent la barbe, néanmoins le Seigneur était préparé à souffrir encore cela, de la même manière qu’il souffrit des choses plus grandes, puisque toutes ne sont pas écrites. »
Combien fut grand l’opprobre du Christ lorsqu’on lui arracha la barbe, on peut le recueillir de ce que dit Clément d’Alexandrie, dans le Pédagogue, parlant de ces poils de la barbe, lorsqu’il dit :
« Dieu a fait ces poils en si grand nombre, afin qu’ils servent en même temps à la prudence et à la dignité des hommes. Et en vérité, il est impie d’arracher la barbe, qui est une beauté naturelle, une beauté générative et innée. »
C’est-à-dire : Dieu a fait tant d’estime de ces poils qu’il a voulu que les hommes les aient bien ensemble avec la prudence. Et plus encore.
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Il est chose laide d’arracher la barbe, laquelle est une beauté innée et une beauté générative et noble. Et dans les livres des Rois, lorsque fut rasée la moitié de la barbe des ambassadeurs de David, fut figurée cette ignominie du Sauveur, dit l’Écriture :
« Ils furent très honteusement confondus »,
c’est-à-dire qu’ils furent très laidement couverts de honte. Et cette honte fut si extrême que, pour cette seule raison, David fit la guerre contre les Ammonites et les détruisit.
Les Prophètes aussi ont prédit que la vénérable face du Sauveur devait être ignominieusement traitée. C’est pourquoi Isaïe dit :
« Je n’ai pas détourné mon visage de ceux qui m’injuriaient et de ceux qui crachaient. »
Je n’ai pas soustrait mon visage aux injures et aux crachats.
De plus, Job le prédit au chapitre 16, outre les injures, encore par les coups :
« Ils ont frappé ma mâchoire par des reproches »,
c’est-à-dire : par des injures ils m’ont battu le visage. Et encore, gonflée par la passion et par les pleurs :
« Mon visage s’est enflé à cause des pleurs. »
Et Jérémie, prévoyant combien volontairement il supporterait ces coups portés au visage, dit :
« Il offrira la joue à celui qui le frappe. »
À cause de ces coups, il fut transformé de telle manière qu’il donna occasion à Isaïe de dire :
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« Presque méconnaissable son visage était méprisé, au point que nous ne le reconnaissions pas.
Cela revient à dire qu’il était si défiguré qu’il avait perdu l’effigie propre à l’homme, de sorte qu’il n’était plus reconnu.
« Nous l’avons regardé, et il n’avait pas d’apparence ; c’est pourquoi nous ne l’avons pas reconnu »,
c’est-à-dire : nous l’avons regardé, et l’ayant vu sans forme humaine, nous ne l’avons même pas reconnu.
Nous voyons pareillement dans la sainte Sindone les yeux du Seigneur obscurcis et irrigués de sang, de telle sorte qu’il fut nécessaire que leur vue en fût obscurcie, conformément à ce qu’avait dit Job :
« Mes paupières se sont obscurcies. »
Et Jérémie :
« Mon œil est affligé »,
c’est-à-dire : mon œil est demeuré affligé.
Car ces très purs yeux du Seigneur, qui ne se détournaient jamais en aucune manière, qui ne répandaient que des rayons très purs de bonté et de pitié, furent assaillis par des eaux de tribulation, qui, d’abord dans le jardin, à cause des ruisseaux qui coulaient, furent converties en cette sueur qui, du sommet de la tête, se fit comme des gouttes de sang tombant à terre ; et finalement, depuis la tête même, par la violence des pointes, le sang irrigua le visage et les yeux ; ce qu’explique très bien saint Anselme en disant :
« En frappant la tête avec la lance, ils s’efforçaient d’imprimer la couronne sur sa tête, de telle sorte que le sang coulait sur son visage. »
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Tu vois encore dans la sainte Sindone que la bouche du Sauveur était ensanglantée, tant par l’irrigation du sang descendu de la tête vers le front et les yeux, que par le coup cruel porté à la joue. De cette bouche ensanglantée prophétisa Salomon, en disant :
« Tes lèvres sont comme un ruban écarlate »,
c’est-à-dire : tes lèvres sont comme une bande de couleur semblable à la pourpre.
Ne leur suffisant pas, aux ministres cruels, de battre avec leurs mains cette divine face du Rédempteur, ils utilisèrent encore les roseaux pour un plus grand mépris et une plus grande douleur, ce qui fut aussi prédit par Michée par ces paroles :
« Ils frapperont la joue du juge d’Israël avec un bâton »,
entendant par là le roseau, avec lequel il fut frappé à la tête et au visage, selon l’exposition de saint Jérôme, qui dit :
« Il n’y a pas d’insulte faite à la Trinité lorsque, avec un roseau, les Romains frappèrent la tête du juge d’Israël, en disant : Prophétise-nous, ô Christ, qui est celui qui t’a frappé »
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Pour cette raison, la face du Sauveur, telle qu’elle apparaît imprimée sur le linceul avec sa propre forme, montrant le sang par son écoulement, non seulement par l’effigie et les traits, mais encore par l’excès de son amour envers nous, doit être adorée ; car elle fut avec toute dévotion révérée, ainsi que le saint Visage de Rome, donné par le Seigneur à sainte Véronique pour être vénéré ; lequel, comme l’attestent de très graves auteurs, sortit de la face même du Rédempteur à ce moment-là, alors qu’il était encore vivant.
Qu’il soit matière de méditation pour le chrétien pieux de considérer quel fut le grand douleur de la très sainte Vierge, en regardant la délicate face de son petit Fils, laquelle elle avait tant de fois tenue pure, et avec laquelle jour après jour elle avait tendrement coutume de le regarder, et avec grand amour parfois encore de l’embrasser, et de la voir alors frappée et transformée, et la barbe arrachée, sans forme humaine ; de sorte qu’elle pouvait bien dire avec Isaïe :
« La face de mon Fils est cachée et transformée » ;
et avec Job :
« Ils ont frappé les joues. »
Et voyant les plaies et la tuméfaction du visage douloureusement, avec Michée, dire :
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« Ils ont frappé la joue, ils ont frappé la face de mon Fils. »
Et ainsi, accompagnant par une pieuse lecture la douleur de la sainte Vierge, on pourra dire en se tournant vers le Christ :
« Ô mon Seigneur, où est ton front serein ? où sont tes yeux divins ? »
Ainsi, en méditant, la très sainte Vierge, qui embrassait la face de son Fils, excitera elle-même à la compassion en embrassant son image dans la sainte Sindone.
Chapitre XV.
Des plaies dans les bras et dans la poitrine du Seigneur, et de la douleur qu’il souffrit dans son cœur à cause d’elles.
Vois le dessin au lieu marqué par la lettre I.
Descendant du saint visage vers les bras, et en joignant ensemble les plaies de la poitrine, laissant de côté pour l’instant la plaie du côté, dont nous parlerons après la mort dans le dernier chapitre, on voit, à cause des grandes écorchures et de l’abondance de sang dans les bras, tant sur la partie antérieure que postérieure, plaie sur plaie accomplie, ce que dit Jérémie :
« Ils ont meurtri et entaillé ma peau. »
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Le Seigneur a voulu le broyer dans l’infirmité.
Le Seigneur a voulu le réduire à une bassesse extrême.
Et encore Jérémie :
« Tu m’as placé comme un objet de mépris au milieu des peuples »,
c’est-à-dire : tu m’as mis comme vil et abject au milieu des nations.
Les bras sont ensanglantés, comme on le voit dans la sainte Sindone, par les lourds coups qui les frappèrent de toutes parts, et par la multitude de ce sang qui sortit des clous ; d’où s’achève la parole de Job, qui parle en particulier des bras en ces termes :
« Détruis la beauté de sa peau, et que la mort première consume ses bras » ;
ce qui signifie : détruis la beauté extérieure, et que la mort primogénite consume ses bras.
Ces bras ainsi maltraités furent figurés par les cornes du bélier, qui apparut sur la montagne dans le sacrifice d’Isaac ; comme le dit Bède, qui entend par ces cornes les bras du Christ Sauveur crucifié, blessés au milieu, avec ces paroles :
« Par les cornes du bélier, nous comprenons les bras du Sauveur crucifié, blessés au milieu. »
Ce sont là les signes de l’amour que désire l’épouse, qui souhaite que l’époux la tienne sous ses bras, lorsqu’elle dit :
« Place-moi comme un sceau sur ton bras. »
Et ce sceau se vérifie dans les plaies imprimées sur les bras, qui montrent l’amour de notre Seigneur.
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Et il faut encore ajouter à ces coups que ces bras furent tirés par force, parce qu’ils arrivèrent à la crucifixion en étant tirés par les nerfs, dans l’ouverture et la tension ; et par leur force on peut dire vérifié ce que disait le Prophète :
« Tu as rendu mes bras comme un arc de bronze »,
c’est-à-dire : tu as disposé mes bras à la manière d’un arc de métal.
Et ce que l’on lit dans les livres des Rois :
« Tu as mis mes mains pour le combat, et tu as rendu mes bras comme un arc de bronze »,
c’est-à-dire : tu as disposé mes mains au combat, et réduit mes bras à la ressemblance d’un arc de bronze.
De cet arc résulte l’effet que, plus il a été tendu, avec d’autant plus grande force il a frappé au front l’antique Goliath.
Ce sont ces bras ainsi ouverts que disait le Sauveur dans l’Évangile :
« Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants (parlant de la cité de Jérusalem), comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu ? »
Ce qui signifie : combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ?
Lesquelles ailes, en tant de manières, apparaissent pour nous comme profitables : nous y ajouterons des plumes, nous nous y attacherons par la contemplation et par la méditation, qui nous feront voler de la terre, et de la considération des choses terrestres…
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… élevant l’esprit vers le Ciel dans la méditation du Seigneur, qui s’est tant humilié lui-même pour réduire et accueillir nous autres sous ses bras ; où se vérifiera ce que dit Malachie :
« Pour vous qui craignez mon Nom se lèvera le Soleil de justice, et la guérison sera dans ses ailes »,
c’est-à-dire : pour vous qui craignez mon Nom se lèvera le Soleil de justice, et la guérison sera dans ses ailes.
C’est pourquoi disait le Prophète :
« Qui me donnera des ailes comme la colombe, afin que je vole et que je me repose ? »
La poitrine du Christ apparaît aussi blessée de toutes parts, pleine de sang et de très nombreuses meurtrissures, comme le saint tabernacle de notre bien, dans lequel, comme dit saint Paul :
« Habite corporellement toute la plénitude de la divinité. »
Elle fut figurée par l’Arche, qui se trouvait dans le Sanctuaire, dans laquelle, comme on le lit dans l’Écriture sainte et comme l’enseigne saint Paul, se trouvait l’urne d’or qui contenait la manne tombée dans le désert, la verge d’Aaron qui avait fleuri, et les tables du Testament ; parce que de cette Arche sacrée et précieuse est sortie la manne céleste qui nourrit, à savoir sa chair précieuse dans le sacrement de l’Eucharistie ; et la verge d’Aaron a fleuri, c’est-à-dire la dignité ecclésiastique…
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… et l’autorité signifiée par cette verge ; et les tables du Testament en sont sorties ; ayant ainsi été vérifiées dans cette poitrine aimante les figures de l’Ancien Testament, et conjointes avec le Nouveau.
Dans cette sainte poitrine s’est accompli le sacrifice, par lequel la colère de Dieu contre nous fut apaisée ; et ce fut alors que le Christ, Prêtre éternel, éleva les bras sur la Croix, et les mains, qui par l’élévation des mains et par le sacrifice furent prédites par David, lorsqu’il dit :
« L’élévation de mes mains est un sacrifice du soir »,
c’est-à-dire : l’élévation de mes mains est le sacrifice du soir.
C’est pourquoi ce sacrifice est ainsi appelé, selon saint Isidore, lorsqu’il explique ce passage, soit parce que déjà venait le soir, c’est-à-dire la fin du monde, ou bien parce que, au déclin du Soleil vers le soir, le Seigneur, levant les mains, offrit lui-même en sacrifice ; et ainsi furent effacés tous nos péchés.
Voici les paroles de saint Isidore :
« Au moment où le monde venait vers le soir, lorsque le Soleil déclinait vers le soir, le Seigneur, élevant ses mains, s’offrit lui-même en sacrifice, et nos péchés furent effacés. »
Les coups continuels qui se voient sur cette poitrine éclaircissent l’insulte faite aux coups portés contre le Seigneur, prédite par Zacharie :
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« Ils me frapperont, ils regarderont celui qu’ils ont transpercé, c’est-à-dire : ils verront celui contre lequel ils ont exercé l’impiété de le crucifier.
Ce passage est lu par soixante interprètes :
« Ils regarderont vers moi à cause de ce qu’ils ont insulté »,
c’est-à-dire : ils me regarderont, parce qu’ils m’ont fait outrage.
Et saint Augustin, joignant l’une et l’autre lecture, dit qu’ils l’ont insulté et l’ont transpercé ; puisque l’insulte ne manqua en aucune partie de la Passion, car ils lui firent outrage en le prenant, en le liant, en le condamnant, en le revêtant d’un vêtement d’ignominie et d’opprobre, en le couronnant d’épines, en le frappant à la tête avec des roseaux, et à genoux pliés en se moquant de lui l’adorèrent ; ils l’insultèrent encore lorsqu’il portait la Croix, et lorsqu’ils le virent suspendu au bois.
Ainsi, ne suivant pas une seule de ces deux interprétations, mais les joignant toutes deux ensemble dans la lecture — qu’ils l’ont insulté et l’ont transpercé — nous venons à connaître plus pleinement la vérité de la Passion du Seigneur.
Voici les propres paroles de saint Augustin :
« Ils l’ont insulté et l’ont transpercé. Et cette insulte universelle ne manqua pas à la Passion du Christ. Car étant détenu, lié, jugé, revêtu d’un vêtement ignominieux, couronné d’épines, frappé à la tête avec le roseau, adoré par dérision à genoux fléchis, portant sa Croix, et suspendu au bois, il fut insulté,
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c’est pourquoi, ne suivant pas une seule interprétation, mais voyant qu’ils l’ont insulté et l’ont transpercé, nous comprenons plus pleinement la vérité de la Passion du Seigneur.
À présent, en contemplant plus minutieusement la poitrine, considérée par saint Jérôme comme battue et flagellée, lorsqu’il dit :
« Jésus fut livré aux ministres pour être battu, et ils frappèrent ce très sacré corps, et cette poitrine capable de Dieu »,
c’est-à-dire : Jésus fut livré aux ministres pour être frappé, lesquels rompirent et ouvrirent ce très sacré corps et cette poitrine capable de Dieu, c’est-à-dire dans laquelle habitait la divinité.
Nous la voyons figurée dans le Rational que portait Aaron le prêtre, lequel Dieu commanda qu’il fût fait de fils de plusieurs couleurs, tissé sur le pectoral, d’or, d’hyacinthe, de pourpre et d’écarlate doublée, et de byssus retors ; et qu’on y plaçât quatre rangs de pierres, dans lesquelles étaient gravés les noms des fils d’Israël ; et qu’on plaçât dans le même Rational la doctrine et la vérité, qui devaient être sur la poitrine d’Aaron ; lequel devait porter les iniquités de ceux qui offraient.
Ainsi le dit le texte sacré :
« Le Rational que le juge fit fut de tissu aux multiples couleurs, selon l’ouvrage du tisserand, d’or, d’hyacinthe, de pourpre, d’écarlate teinte deux fois et de byssus retors. »
Et peu après :
« Tu placeras en lui quatre rangs de pierres. »
Et plus encore :
« Ils porteront les noms des fils d’Israël. »
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Et ensuite :
« Tu placeras dans le Rational du jugement la doctrine et la vérité, qui seront sur la poitrine d’Aaron. »
Et il ajoute finalement :
« Aaron portera leurs iniquités, ceux qui les offriront. »
Tout cela se voit dans la sainte Sindone être rapporté à la figure des coups portés sur la poitrine du Sauveur, se découvrant en elle la véritable pourpre, qui est le sang du salut ; l’ordre des pierres, qui est une texture de plaies, véritables gemmes, dans lesquelles sont décrits les noms des fils d’Israël, puisque par cette précieuse poitrine ensanglantée furent inscrits dans le livre de la vie les fidèles, véritables fils d’Israël.
Cela montre que cette poitrine lacérée est doctrine et vérité.
Doctrine, parce qu’elle nous enseigne la manière de nous offrir nous-mêmes, la poitrine et le cœur, à tous les coups qui sont préparés dans le combat spirituel.
Vérité, parce qu’y sont vérifiées les paroles des Prophètes qui ont parlé de lui, car ainsi humilié et avec la poitrine déchirée, il devait, pour nos péchés, faire obstacle et bouclier contre la colère du Père éternel.
Et comme Aaron portait les péchés de ceux qui offraient dans le Rational, ainsi notre Seigneur a porté nos fautes et nos peines, et nous a réconciliés avec le Père.
Est signifiée encore cette poitrine si lacérée dans le temple mystique, dans lequel il y avait de nombreux ornements faits en réseau, qui en toute part étaient pleins de pointes.
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Ce qui est ainsi figuré, comme dit Rupert abbé, le temple figurait le Christ ; ces nombreuses blessures étaient les ornements faits en réseau.
Les coups portés au cœur du Seigneur ont, dans leur douleur, accompli ce que disait David :
« Mon cœur est troublé, et la crainte de la mort est tombée sur moi »,
c’est-à-dire : mon cœur est bouleversé, et la peur de la mort m’a assailli.
Quel fut le douleur de la sainte Vierge, chacun peut le penser, voyant les saintes bras du Seigneur toutes ensanglantées par les multiples coups de fouet, écorchées et devenues livides. C’est pourquoi le chrétien pieux, pensant accompagner avec affection les douleurs de la Mère et du Fils, pourra dire avec Job :
« Tes bras, ô Seigneur, bien qu’ils aient été atteints par la mort primogénite, qui est le péché, mort de l’âme et premier fruit de cette nature humaine, ces bras furent bien appelés arc, car en les regardant, ô très sainte Vierge, ainsi lacérés, tu jettes cet arc au cœur une très aiguë douleur. Et en poursuivant de contempler cette sainte poitrine, si misérablement frappée et ensanglantée, dis :
« Ô poitrine bienheureuse ; bienheureuse intérieurement, misérable extérieurement ; immaculée à l’intérieur, ensanglantée à l’extérieur ; toi dont la poitrine virginale donna le lait, et par les cruels ministres de l’iniquité, le sang lui fut arraché par force.
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Poitrine qui déjà, quand tu étais resserrée, ô très sainte Mère, comme Arche céleste, nous communiquais la manne de douceur. Ô cœur enfermé dans cette poitrine (comme l’a prédit David), troublé : comment, au lieu de me consoler selon l’usage, maintenant tu m’attristes ? Ainsi, en compatissant avec toi, pourra-t-on entendre le cœur en accompagnant ses saintes larmes.
Chapitre XVI.
Des plaies du Seigneur dans les mains, et de la qualité des clous qui les transpercèrent.
Vois le dessin au lieu marqué par la lettre K.
Venant maintenant à traiter des mains. Apparaissent dans la sainte Sindone les mains longues et très belles, et la main gauche posée sur la droite en forme de croix, comme on le voit sur le dessin au lieu marqué par la lettre K. Et dans la main gauche se voit une grande plaie ronde, qui verse une grande abondance de sang, par laquelle il apparaît très clairement que notre Seigneur fut cloué sur la Croix par de gros clous dans les mains, comme c’était la coutume des Romains, et comme il a été dit plus haut. Cela apparaît aussi par ce que dit saint Thomas l’Apôtre dans l’Évangile :
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« Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans le lieu des clous, je ne croirai pas »,
c’est-à-dire : si je ne vois dans ses mains la perforation des clous, et si je ne mets mon doigt dans le lieu des clous, je ne croirai pas.
Et ensemble on voit par la sainte Sindone se vérifier ce qu’avait ainsi prophétisé Zacharie au sujet de ces plaies, en ces paroles :
« Quelles sont ces plaies au milieu de tes mains ? »,
c’est-à-dire : quelles sont ces cruelles plaies au milieu de tes mains ; lequel passage est entendu par les saints Docteurs de ces plaies du Seigneur dans les mains transpercées par les clous, comme le disent saint Thomas et expliquant ces paroles :
« Ils ont percé mes mains et mes pieds. »
Et saint Jérôme explique ainsi ces paroles :
« Quelles sont ces plaies au milieu de tes mains ? Le sens est : pourquoi es-tu attaché au gibet ? Pourquoi tes mains ont-elles été transpercées par des clous ? »
Ainsi encore ce passage est entendu par Rupert abbé selon la Glose ordinaire. Et on voit que c’est ainsi que l’entend encore la sainte Église, qui lit dans l’Épître de la Messe ces plaies prophétisées. L’existence de ces plaies des mains fut prophétisée par David, disant :
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« Ils ont percé mes mains », c’est-à-dire : ils ont transpercé mes mains ; ce passage explique les plaies faites par les clous dans les mains et les pieds du Christ, selon saint Bernard, saint Augustin, Rupert, saint Anselme, saint Jérôme ; et encore, conformément à la lettre hébraïque dans la traduction des Psaumes, ce passage est ainsi rendu :
« Ils ont percé mes mains et mes pieds. »
Ces plaies dans les mains furent très pénibles, étant transpercées par des clous très gros ; et, en partie tant distendues, et supportant le poids de tout le corps, il était nécessaire qu’elles s’élargissent, et qu’elles répandent une abondance de sang, et qu’elles fissent découvrir les os extérieurs du corps du Seigneur, de sorte qu’ils pouvaient être comptés ; et c’est ce que dit David :
« Ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os. »
À cet endroit, confiant, saint Augustin dit :
« On ne pouvait mieux décrire l’extension du corps sur le bois que par ces mots : ils ont compté tous mes os »,
c’est-à-dire : on ne pouvait plus vivement décrire l’extension d’un corps sur la Croix que par dire : ils ont compté tous mes os.
Ces saintes mains, étant clouées à la Croix et retombant vers le bas, furent irriguées par des gouttes de sang qui coulaient entre les doigts ; ce qui explique la parole du Cantique :
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« Ses mains sont tournées en or, pleines de jacinthes »,
c’est-à-dire : les mains sont d’or, faites au tour, et pleines de jacinthes, nommant jacinthes les précieuses gouttes de sang, qui furent d’un tel prix qu’elles purent racheter la nature humaine.
Les jacinthes sont encore des fleurs de couleur céleste, parce qu’en vertu de ce sang, sorti des mains, les grâces célestes nous furent ouvertes, et le ciel fut ouvert ; lequel, par leur splendeur illuminé, rend un signe continuel du triomphe du Seigneur et de notre rédemption.
Ce sont ces mains dont le Cantique dit encore :
« Mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts sont pleins de myrrhe très éprouvée »,
c’est-à-dire : mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts sont pleins de myrrhe très pure ; car la myrrhe signifie la mortification, et c’est pourquoi la myrrhe fut offerte par les Mages au Rédempteur.
Ainsi, ces très saintes mains, en perdant leur vigueur à cause des blessures correspondant aux nerfs, en distillant le précieux sang des doigts, ont produit une myrrhe très éprouvée, en passant ce sang sacré en chaque douleur du précieux onguent de myrrhe qu’avaient apporté les Orientaux ; et c’est pourquoi saint Isidore dit :
« Mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts sont pleins de myrrhe »,
ce que la Sagesse a dit spécialement à cause de la perforation des clous, et à cause de la malice par laquelle il devait être crucifié.
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Comprenant ce passage des clous, qui devaient transpercer les mains du Seigneur. Et parce que de ces mains devait sortir une grande vertu, ces blessures furent appelées fenêtres obliques, lesquelles furent figurées par ces fenêtres obliques et torses que Salomon fit dans le temple, desquelles on lit dans le livre des Rois, où il est dit :
« Il fit dans le temple des fenêtres obliques. »
Car encore le corps du Seigneur est appelé temple par l’Évangéliste Jean, lorsqu’il dit :
« Il disait cela du temple de son corps. »
Et Ézéchiel, décrivant ce temple mystique, dit que dans le vestibule et dans le temple même, il y avait des fenêtres obliques. Et ces fenêtres sont déclarées être telles, que dehors elles sont très étroites, mais qu’au dedans elles s’élargissent beaucoup, et portent une grande abondance de lumière, comme l’expliquent saint Jérôme, saint Grégoire, Rupert abbé et Nicolas de Lyre.
Et en signifiant ce temple comme le corps de notre Seigneur, comme l’expliquent les saints Pères, ces saintes plaies sont signifiées par les fenêtres obliques, qui ont donné vie et lumière au monde ; lesquelles, bien que peu considérées par ceux qui les regardent seulement de l’extérieur, néanmoins, lorsqu’on les considère avec un cœur pieux, s’élargissent beaucoup et donnent vie et lumière.
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Le lecteur chrétien pieux méditera ici la sainte la sainte Vierge, qui, angoissée, considère l’excessive douleur de son Fils dans ces délicates mains, en leur partie nerveuse. Et elle dira avec Zacharie :
« Quelles sont ces plaies, ô très sainte Mère, au milieu des mains de ton très innocent Fils, qu’il a reçues dans la maison de ceux qui l’aimaient, ou qui devaient l’aimer ? »
Et en admirant les doigts ensanglantés, elle ajoutera :
« Ô Reine des Anges, sont-ce là ces mains pleines de jacinthes ? sont-ce là ces doigts tournés de Salomon ? Ô quelle myrrhe très éprouvée, myrrhe très pure, distillent et diffusent dans ton très chaste cœur ! »
Et en se représentant cela, celle qui baise ces plaies, en baisant l’image de la Sindone, dira :
« Il me plaît bien, Seigneur, que ces plaies t’aient été si pénibles, en supportant le poids de tout ton corps lacéré, et en te faisant découvrir les os sacrés de ta poitrine. »
Ainsi, en compatissant, elle en retirera du fruit en regardant et en considérant ces plaies si cruelles et si âpres, qui furent pour notre Seigneur redoublées sur la Croix.
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Chap. XVII.
Explication Des plaies dans le ventre, et de la douleur dans les viscères du Seigneur ; et de la cause pour laquelle elles lui furent d’une peine plus âpre, bien qu’elles fussent plus petites que les autres.
Voyez le dessin à l’endroit marqué M.
La chair du Sauveur, en chacune de ses parties, fut très délicate, par l’œuvre du Saint-Esprit, à partir du sang très pur de la sacrée Vierge notre Dame Marie ; mais en celle du ventre, comme plus conjointe aux viscères, elle dépassait en délicatesse ; et elle était par nature très tendre ; ce qui rendit les coups en cette partie notablement douloureux ; et on les voit sur la sainte Sindone, bien que plus petits qu’en un autre lieu, mais en nombre plus grand, parce qu’il ne pouvait s’y former de grandes plaies, à cause du resserrement que faisait le ventre à l’égard des coups ; ce qui cependant n’est pas un indice de moindre douleur ; au contraire, à cause de l’excès, causé par le resserrement du ventre, qui faisait remonter les viscères, tandis que celui-ci se contractait et portait sur lui la force des coups ; d’où extérieurement et intérieurement le Seigneur eut une douleur âpre en cette partie ; laquelle douleur pénétrante à l’intérieur fut figurée dans l’Agneau pascal.
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duquel Dieu ordonna qu’on ne brisât pas les os, en figure de ce véritable Agneau immaculé Jésus, duquel, par la rage de la haine, ils devaient briser les os, en les consommant et en les détruisant par force de coups et d’innombrables flagellations, répétées sur le ventre et correspondantes aux viscères.
Que cet agneau figurât notre Seigneur, le bienheureux Justin martyr le déclare entre autres, exposant la manière dont l’agneau était rôti chez les Hébreux, c’est-à-dire attaché à deux bois, l’un droit et l’autre transversal, à la manière de la croix, et ainsi il dit : Agnus Paschalis, in figuram cuius solitus erat assari, affixus duobus lignis, recto et transverso, in modum crucis expansis.
Des coups en cette partie prophétisa Job, en disant : Interiora mea efferbuerunt absque ulla requie. Mes entrailles furent faites furieuses, et privées de tout repos.
Et de la douleur des mêmes viscères Jérémie : Viscera mea conturbata sunt. Mes viscères furent troublés.
Et de ce trouble des viscères, et du ventre plus particulièrement, dit le même : Vide Domine, quoniam tribulatus est venter meus. Vois, Seigneur, que mon ventre est affligé.
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Laquelle tribulation causa dans le bienheureux Christ ce que dit David, en le précédant en esprit : Factum est cor meum tanquam cera liquescens in medio ventris mei, c’est-à-dire : Mon cœur est devenu comme une cire fondue au milieu du ventre.
Il dit : au milieu du ventre ; soit en prenant le ventre pour la poitrine ; soit parce qu’il était tant affligé, lacéré et déformé en cette partie, qu’on distinguait à peine le ventre de la poitrine ; il paraissait que le cœur était tombé, ne pouvant être retenu en son lieu, et parmi les viscères frappés, offensé et douloureux ; ou bien parce que l’âme, par la douleur du ventre, pour y courir, s’y offrait, et s’y liquéfiait par la douleur à cause des plaies redoublées reçues en ce lieu.
Qui peut donc penser qu’une simple douleur des viscères soit capable de faire perdre la vie, quand fut si douloureuse la douleur redoublée du Seigneur, intérieurement et extérieurement en cette partie ; et d’autant plus qu’aux fouets s’ajoutait la haine et la rage des flagellateurs, lesquels ne savaient mieux exprimer ce que Job circonscrivait, que par les yeux terribles et par le regard de mépris, lorsqu’il dit : Terribilibus oculis intuitus est me, c’est-à-dire : Il m’a regardé avec des yeux terribles.
Or que devons-nous faire nous-mêmes, en contemplant un portrait si saint et si pieux ; lisons ce que saint Jean Chrysostome dit, qui tout le ramène à considérer le portrait de saint Paul ; ce que rappellent Simon Métaphraste et Georges, patriarche d’Alexandrie.
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Nous ne devons pas encore nous émouvoir de celui-ci, qui est du Christ, et est effigie non de couleurs comme celui-là, mais de son sang ; et ce même sang est la monnaie par laquelle a été faite notre rédemption. Regardons-le encore, non avec les yeux terribles des ministres cruels, mais avec les yeux pieux de Chrysostome. Émouvons-nous pareillement, non comme ceux-là avec rage, mais avec tendresse, puisque nous le voyons déformé et lacéré par la multitude des flagellations en ces parties mêmes qui devaient être les plus couvertes et les plus respectées.
Dieu ne voulut jamais, dans l’ancienne Loi, laisser voir sa figure, mais il dit à Moïse : Videbis posteriora mea, faciem autem meam videre non poteris, c’est-à-dire : Tu verras bien mes parties postérieures, mais tu ne pourras pas voir mon visage.
Il ordonna en outre qu’on fît l’arche, les chérubins, comme nous l’avons dans ce même passage, et dans les Nombres, le serpent, et d’autres choses encore, qui toutes préfiguraient sa Majesté, de laquelle il avait dit : Non videbit me homo, et vivet. L’homme ne pourra me voir et vivre.
Or quelle grâce nous a-t-il faite, de ne pas s’être couvert d’aucun voile, qui nous l’ait dissimulé ;
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mais frappé, flagellé et lacéré en ces parties mêmes qui, même si nous voulions les exposer ainsi lacérées, seraient naturellement cachées à la vue d’autrui ; et celui qui ne voulut pas même se laisser ombrager dans sa gloire, s’est donné à être vu minutieusement dans sa misère. Et avec quel amour devons-nous l’embrasser par la méditation, et baiser une à une, avec l’intime affection du cœur, ces saintes plaies, qui par amour pour nous ont affligé jusqu’aux entrailles ?
Et en élevant l’esprit vers la sainte Vierge, considérons que ce tendre ventre, dans le temps où il fut conjoint, avant de naître, aux très pures viscères de celle qui l’avait porté, délicat et tendre, étant maintenant vu par elle en telle manière lacéré, et puisque les viscères intérieures toutes étaient troublées, causait en elle une affliction inexplicable ; laquelle nous pouvons contempler avec l’œil de la considération, voyant la Mère douloureuse se presser contre la poitrine le Fils lacéré, et accompagner sa douleur de ses propres larmes.
Ô Seigneur, comment, par tant de flagellations, ton ventre a-t-il été troublé, et comment, au milieu de celui-ci, s’est dissous ton cœur à la manière d’une cire liquéfiée ?
Comment tes viscères ont-elles été rendues furieuses et bouillonnantes ?
Et à la même Vierge dire : Tu devais bien souffrir, Dame, puisqu’alors tu n’as pas seulement pu ne pas guérir, mais pas même réchauffer ni consoler ton Fils ;
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tandis qu’il était accablé de douleur, par d’abondantes larmes arrosant ces parties, en les lavant, qui étaient devenues si horribles et déformées. Et avec cette compassion, tendrement pleurer.
Chap. XVIII.
Des plaies du Seigneur dans les cuisses, et les jambes dans la partie antérieure, qui par la rage des bourreaux furent lacérées jusqu’au vif.
Voyez le dessin, à l’endroit marqué par la lettre N.
Rapporte Eusèbe de Césarée que certains saints martyrs étaient crucifiés sur de basses croix, contre lesquelles se jetaient des ours et des lions, qui les dévoraient, en commençant par les cuisses et les jambes dans la partie antérieure, comme cela fut fait à sainte Blandine. Il dit ainsi : Blandina vero ligno suspensa, bestiis irruentibus ad vorandum est proposita, c’est-à-dire : Blandine, suspendue au bois, fut exposée aux bêtes pour être dévorée.
Et Flavius Vopiscus dit de même du très illustre notaire nommé Mnestheus, également exposé aux bêtes avec ces paroles : Mnestheus postea surreptus ad stipitem feris est obiectus. Et le même est rapporté par Tertullien.
Mais pire encore firent les Hébreux envers notre Seigneur…
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… comme instigateurs de la cruauté des ministres de Pilate ; car eux, comme des lions, desquels David fit comparaison, rapaces et rugissants (Sicut leo rapiens, et rugiens), grinçaient des dents pour dévorer, consumer et réduire à néant toute leur rage, non pas tant sur la personne du Seigneur, mais sur l’homme même ; afin qu’il ne restât jamais dans la mémoire des gens souvenance de lui.
De telle intention il est clairement déclaré par Jérémie, quand il dit : Et nomen eius non memorabitur amplius, c’est-à-dire : qu’il n’y ait plus mémoire de son nom.
Ces chiens et lions voraces, pour la commodité de le lacérer, exercèrent très manifestement leur cruauté sur les cuisses et les jambes du Seigneur, et ils auraient, pour abattre le divin édifice du Temple de ce sacré corps, rompu et brisé ces célèbres colonnes, s’ils l’avaient pu ; et cependant, en cette partie antérieure, on voit sur ces jambes et cuisses des plaies et des écorchures très longues, vérifiant le dit de Job : Destruxit me undique, et pereo, et quasi evulsæ arboris sustulit speciem meam.
Il m’a détruit de toutes parts, et je péris ; et il m’a ôté la forme, comme à un arbre arraché de ses racines.
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De même les cuisses et les jambes du Rédempteur, qui le faisaient se tenir debout, ont été par les coups affaiblies de telle manière que l’arbre, c’est-à-dire son précieux corps, vrai arbre de la vie, est demeuré comme privé de racines, et a perdu sa force et sa forme ; car on voit les jambes et les cuisses, dans cette partie antérieure, avec de telles écorchures, qu’on peut bien dire que la force leur a été ôtée ; d’où, ces écorchures étant faites très larges, et d’où s’écoula une grande quantité de sang, tout ce très saint corps fut réduit à l’aridité, conformément à la prédiction de David, qui dit : Ossa mea sicut cremium aruerunt, c’est-à-dire : Mes os sont devenus arides, comme les restes d’une chose brûlée.
Et de même que, pour abattre un arbre et l’arracher de ses racines, on fait autour des fosses, de même, pour détruire ces cuisses et ces jambes, fondement du très sacré corps du Seigneur, on voit dans la bénie Sindone, en cette partie, des entailles à la manière de fosses, semblables à l’effet que l’on avait coutume de faire chez les martyrs avec l’instrument dit scorpion.
Or que feras-tu, homme, plante céleste, comme le disait Platon, lequel en tant que tu peux espérer fructifier, puisque tu as inséré le rejeton sur le tronc de cet Arbre, qui te donne l’être et le vivre, maintenant que tu vois ton tronc être…
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… ainsi écorcé et réduit à l’aridité ? Ne seras-tu pas continuellement affligé et mal content ; ou bien n’engendreras-tu pas une telle impression dans ton esprit, que, de même que, par divers concepts dans la fantaisie, il se forme parfois de telles impressions, qu’encore que les enfants ne fassent que songer à des cornes et à des fruits, il leur en vient des traces ; comme on le voit, et comme l’ont enseigné les très grands auteurs Plutarque et Pline ; ainsi ton âme, comme enceinte de l’amour céleste et divin, imprime toutes ses puissances de caractères et figures de ces plaies, conservant perpétuellement dans la fantaisie le vif portrait de celui qui les a laissées imprimées dans cette bénite Sindone. Et de ces fruits, que, par la vertu de ce tronc, elle est appelée à produire, qu’ils aient toujours ajoutés les signes de la passion de ces saintes plaies conçues.
Très pieuse sera une élévation de l’âme de la sainte Vierge, la méditer et penser ainsi avec saint Antoine : che stabat verecunda, modesta, lacrymis plena, doloribus immersa, c’est-à-dire : qu’elle se tenait pudique, modeste, pleine de larmes et plongée dans les douleurs ; mais pourtant si conforme au vouloir divin que, comme dit saint Anselme, et le rapporte saint Antonin : Si oportuisset ad implendam secundum rationem voluntatem Dei, ipsa Filium in Cruce posuisset, et obtulisset ; car elle ne fut pas de moindre perfection et obéissance qu’Abraham
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pour accomplir la volonté de Dieu, selon la partie raisonnable ; elle-même aurait placé sur la Croix et offert le Fils ; parce qu’elle ne fut pas d’une moindre perfection et obéissance qu’Abraham ; et accompagnant sa douleur, le pieux contemplateur pourra, en voyant ces cuisses et ces jambes, lesquelles toujours marchèrent et conduisirent les autres par la voie de la sainteté, livides et écorchées, les embrasser avec affection chrétienne et les étreindre, comme le fit cette très chaste Vierge dans l’enfance, l’accueillant dans son sein tendre ; et dire avec Bède :
« Je vois, ma Dame, vérifié dans ton Fils et mon Sauveur ce que Job dit de ces plaies, c’est-à-dire que, parce que les jambes furent frappées au fondement de la racine, elles ont perdu leur force. »
Et ainsi, en méditant cette partie, ensemble joindre les larmes avec les douleurs.
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Chap. XIX.
De la crucifixion des pieds de Notre Seigneur, et des plaies qui s’y découvrent.
Voyez le dessin à l’endroit marqué O.
En descendant ensuite aux pieds, dans la partie antérieure, il apparaît que, ceux-ci ayant été cloués à la Croix, et ensuite laissés imprimés dans la sainte Sindone, le Seigneur y a imprimé les pieds, comme le démontre le fait qu’on n’y voit pas deux grandes blessures de clous, ce qui ferait de grandes plaies à leur sortie dans les plantes, en jetant abondance de sang. Et ainsi se vérifie ce que dit David : Foderunt manus meas, et pedes meos, comme aussi avec beaucoup d’autorité les saints Pères ont montré que cette prophétie s’entend des plaies faites par les clous dans les mains et les pieds de notre Seigneur ; desquelles encore Zacharie prophétise, bien que plus universellement, en disant : Aspicient ad me, quem confixerunt, c’est-à-dire : Ils regarderont vers moi, qu’ils ont transpercé ; ce que confirme saint Jean dans l’Apocalypse en disant : Videbit eum omnis oculus, et qui eum pupugerunt, comme le note saint Thomas en ce lieu, saint Augustin, et saint Isidore, disant : Manibus, pedibusque confixus fuit, quia manus et pedes non confodiuntur nisi eius, qui in ligno suspenditur.
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Cette clouure dans les sacrés pieds du Seigneur lui fut extrêmement pénible, étant en cette partie très sensible et nerveuse ; et cette grande douleur fut révélée au Seigneur à sainte Brigitte, disant : Non habebam aliud sustentaculum, nisi clavos. Interiora mea omnia arida, et contracta fuerunt. Cor meum plenum erat dolore, quod quia recentissima natura erat, et optima, ideo dolor quassus de nervis exibit ad cor, iterum a corde ad nervos, et sic augmentabatur dolor, et prolongabatur mors ; c’est-à-dire : Je n’avais d’autre soutien que les clous. Tous mes intérieurs étaient desséchés et contractés. Mon cœur était plein de douleur, laquelle, parce que la nature était très récente et très excellente, faisait que la douleur, secouée des nerfs, passait au cœur, et du cœur de nouveau aux nerfs ; et ainsi la douleur augmentait et la mort se prolongeait.
Et saint Bernard, parlant de ces mêmes clous, dit qu’ils poussaient un grand cri par leur apparence et par la douleur qu’ils donnaient, en disant : Clamat clavis, clamat vulnus, quod in Christo fit Deus reconcilians mundum sibi ; c’est-à-dire : Le clou crie, la blessure crie, parce que Dieu en Christ réconciliait le monde avec lui.
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Mais, les voyant dans la sainte Sindone, les deux pieds séparés, avec les trous des clous sur le cou-de-pied, il ne s’ensuit pas de là que chacun des pieds eût son clou, et que le Seigneur ait été cloué avec quatre clous, comme il semble que le voulût saint Cyprien, nommant les clous des pieds au pluriel, disant : Clavis sacros pedes terebrantibus, c’est-à-dire : les clous qui percent les pieds sacrés ; car saint Grégoire de Tours et sainte Brigitte disent : Duobus clavis ad crucis stipitem pedes transfiguntur, c’est-à-dire : avec deux clous les pieds furent transpercés et fixés au bois de la Croix ; ce qu’a aussi estimé plus probable le très docte cardinal Toledo, outre beaucoup d’autres modernes, qui recueillent le nombre de quatre clous du nombre des soldats qui crucifièrent le Christ, et qui divisèrent les vêtements du Christ en quatre parts, à chacun soldat la sienne ; ce que rapporte Giansernio. Et avec probabilité on peut juger que ce nombre de quatre a singulièrement plu à notre Seigneur, puisque sur la Croix encore saint Paul considère quatre dimensions, quand il dit : Ut possitis comprehendere cum omnibus sanctis, quae sit latitudo, longitudo, sublimitas, et profundum.
Ce qui signifie : « afin que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur. »
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Ce lieu est expliqué par saint Augustin en plusieurs passages de la Croix, non par lui seul, mais par saint Cyrille, par Rupert, et par saint Anselme, lesquels considèrent ces quatre parties, parce que le Christ, par la Croix, devait embrasser l’univers, le divisant en quatre parties. Et c’est pourquoi Giansernio dit que la division des vêtements signifie les quatre parties du monde, ramenées à la foi en vertu de la passion du Christ. Et très gracieusement Sedulius, dans ce même nombre quaternaire, considère l’acquisition de l’univers. D’où il dit : Quattuor inde plagas quassat totius orbis, c’est-à-dire : De là il rassemble les quatre parties du monde.
D’autres cependant furent plus satisfaits du nombre de trois clous, comme saint Grégoire de Nazianze disant : Triclavi repugnant ligno, c’est-à-dire : attaché au bois par trois clous ; et saint Bonaventure disant : Illi tres clavi sustinent totius corporis pondus, c’est-à-dire : ces trois clous soutiennent le poids de tout le corps ; et saint Anselme et Nonnius disant : Magno et singulari clavo pedis utriusque pedes simul transfixi facti, pedibus mutuo impositis, et complicatis, c’est-à-dire : par un grand et unique clou, les deux pieds furent ensemble transpercés, les pieds étant placés l’un sur l’autre et joints ; et parmi les Modernes, Sigonio et Tollet considèrent que le Seigneur, étant cloué…
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Des deux pieds avec un seul clou, a souffert une plus grande douleur, parce que le clou devait être plus grand, et que le pied qui fut posé au-dessus de l’autre fut plus cruellement tourmenté, pour avoir reçu une blessure plus large, le clou étant aussi plus gros du côté supérieur ; comme en fait on voit dans la sainte Sindone qu’un pied a une plaie plus large que l’autre, et aussi plus grande que l’autre, ce qui se déduit des trous et de la qualité du coup de marteau. Et cette opinion est d’autant plus probable que l’on voit communément les crucifiés avec un pied cloué au-dessus de l’autre.
On ne peut cependant pas, d’après la sainte Sindone, éclaircir avec évidence si le Seigneur fut crucifié avec trois ou avec quatre clous. Mais le pieux lecteur pourra considérer la douleur du Seigneur dans ces pieds, selon l’esprit que Dieu lui suggérera de méditer tantôt avec trois, tantôt avec quatre clous le Seigneur crucifié, comme, par la méditation, il lui semblera plus conforme et plus profitable pour son âme.
Un de ces clous fut placé dans le frein du cheval de Constantin empereur par sainte Hélène, sa mère ; afin que, par ce clou, Constantin fût protégé dans les batailles, comme on le lit dans l’Histoire tripartite, et l’atteste saint Ambroise ; et auprès de lui toute la schiera des historiens ecclésiastiques, comme Ruffin et Nicéphore et Théodoret.
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Mais au-delà de cela, ce clou placé dans le frein de Constantin voulut aussi signifier ce qui se trouve dans la prophétie de Zacharie, quand il dit : In die illa erit quod super frenum est sanctum Domino ; ainsi l’écrit l’Histoire tripartite en parlant de sainte Hélène : Alios clavos freno equino permisit, et cæteram Imperatoris agens, et veterem prophetiam adimplens. Autrefois, Zacharie le prophète s’était écrié en disant : Il y aura ce qui est sur le frein consacré au Seigneur tout-puissant.
Et saint Ambroise, parlant de Constantin le Grand, dit : Cuius temporibus impletum est illud propheticum. In die illa erit quod super frenum est sanctum Deo omnipotenti.
Ce qui s’accomplit lorsque sainte Hélène plaça le clou dans le frein de Constantin ; et Grégoire de Tours, parlant des clous avec lesquels le Christ fut crucifié, dit : De quibus non est ignotum Zachariam vaticinasse prophetam. Erit, inquit, quod in os equi ponitur sanctum Domino.
Ce que rapporte encore Nicéphore, Théodoret et Sozomène ; et cette exposition est appelée pieuse par saint Jérôme ; bien qu’il ne l’approuve pas entièrement, il la remet toutefois au jugement du lecteur prudent. Et saint Cyrille, approuvant cette pensée, conclut de manière conséquente que Dieu a voulu honorer, par une prédiction prophétique, et par cela même, la grâce d’un empereur d’une si grande piété.
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Il n’est pas incroyable, dira quelqu’un, ni étranger à la bienséance, que Dieu se soit souvenu, et que la prédiction prophétique ait honoré un empereur d’une si grande piété. Et finalement Francesco Ribera l’approuve, et tient cette opinion pour pieuse et convenable.
Quelle fut la douleur de notre Dame lorsque, tenant alors dans ses bras son Fils, elle voyait ses pieds ainsi déchirés, et par la fixation écorchés, lacérés et ensanglantés, au point qu’ils avaient perdu leur forme, celui qui pourra être médité par une âme dévote, se la représentant devant ses yeux, et disant :
Ah très pure Mère, quels furent les douleurs âpres, couvrant la blessure et les trous de ces fissures, parce que ces deux clous lui transpercèrent le cœur ; et contemple que, poussée par un affect amoureux, toute tremblante et angoissée, les baisant, raidie et immobile, et les comparant, en regardant ces blessures, à baiser aussi le Linceul, et contempler l’excès d’amour du Seigneur et les cruels douleurs de sa très immaculée Mère.
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Chap. XX.
De la plaie du côté du Christ dans la partie droite. De ses effets et vertus qui en suivent.
Voyez le dessin à l’endroit marqué L.
Déjà l’ouverture du côté, qui fera l’accomplissement de la déclaration des plaies évidentes dans la sainte Sindone, doit avertir que, du rapport à la vie dans sa partie finitive, on comprend vraiment que le Seigneur eut la blessure du côté dans la partie droite, causant, comme il a été dit, une semblable apparence par l’empreinte faite au visage ; d’où il résulte plus solide, comme l’enseignent certains Docteurs, que la blessure fut affirmée dans la partie gauche, corroborant leur opinion par ceci que, de même qu’Ève fut formée du côté gauche, ainsi l’ouverture dans le corps du Seigneur fut de ce même côté.
Mais bien que les prophéties et les Pères montrent le contraire, car Ézéchiel le prédit dans la droite, en disant : Egredient aquæ redundantes a latere dextro. Et c’est à quoi abondèrent les Docteurs, quant au sang sorti de cette plaie, selon l’intention de saint Isidore ; mais expressément le pape Innocent III affirme la même chose, disant :
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Calix ponitur ad dextrum oblati latus, quasi sanguinem suscepturus, qui de latere Christi dextro creditur vel certatur profusisse ; c’est-à-dire : Le calice est placé au côté droit de l’hostie, comme devant recevoir le sang que l’on croit, ou que l’on tient pour certain, avoir coulé du côté droit du Christ ; conformément à ce que dit Hugues : Hostia, quæ iuxta calicem consignatur, sic debet esse posita, ut sua, et calicis positione, dextrum Christi latus repraesentet ; c’est-à-dire : L’hostie, qui est marquée près du calice, doit être placée de telle manière que, par sa position et celle du calice, elle représente le côté droit du Christ.
De la même manière est compris le dit d’Ézéchiel par saint Augustin, qui dit : Hostium Christi de latere dextro accepit, profecto illud est vulneris, quando latus crucifixi lancea vulneratum est ; c’est-à-dire : Ève reçut la porte du Christ du côté droit ; c’est bien cette plaie, quand le côté du crucifié fut blessé par la lance. Et Rupert abbé dit : Dominici corporis de latere dextro aquæ viventes, aquæ salutifere egressæ sunt ; c’est-à-dire : Du côté droit du corps du Seigneur sortirent des eaux vives et salutaires.
Ceci est confirmé par l’usage de la sainte Église, qui, dans les crucifix, peint l’ouverture sur le côté droit.
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Cette ouverture fut grande, telle que nous le montre la sainte Sindone ; et telle elle peut se comprendre par le fer de la lance, qui est bien large, conservé à Rome dans l’église de Saint-Pierre ; et telle la désigne le Sauveur lui-même, lorsqu’il dit dans l’Évangile à saint Thomas de mettre sa main dedans, disant : Affer manum tuam, et mitte in latus meum ; c’est-à-dire : Présente ta main, et mets-la dans mon côté.
La figure d’une telle ouverture fut en Adam et en Ève, parce que celle du côté d’Adam endormi fut formée en figure que, du Christ dormant sur la Croix, et de son côté, devait être formée son Église, selon le sacrement que nous découvre saint Paul, disant : Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Christo et in Ecclesia. Ce que signifient les Pères en bon nombre, comme saint Augustin en plusieurs lieux, Rupert abbé, Clément pape dans les Canons, et Eusèbe ; mais Tertullien le dit clairement en ces paroles : Si Adam de Christo figurabatur, somnus Adæ mors erat Christi, dormiturus in mortem, ut de iniuria perinde lateris eius vera mater viventium figuraretur Ecclesia ; c’est-à-dire : Si Adam figurait le Christ, le sommeil d’Adam était la mort du Christ, qui devait dormir dans la mort, afin que, de la blessure de son côté, fût figurée l’Église, vraie mère des vivants.
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De cette blessure sortit beaucoup de sang, qui pourtant de cela fut très abondant dans la représentation de la sainte Sindone ; et ce ne fut pas seulement du sang qui en sortit, mais, comme l’écrit saint Jean l’Évangéliste, aussi de l’eau. Pierre, vrai père de ses fils, voulut après sa mort, par signe d’un amour particulier envers le Christ notre Seigneur, être enseveli la tête en bas, et avec lui son épouse, pour nous enrichir souverainement ; ayant donné tout son sang, versé en toute part, comme on l’a vu, il versa encore un fleuve dans les veines intimes de précieux sang, pour le répandre après la mort, l’accompagnant de ces dons par lesquels il rendit infiniment riche son Église.
Il convenait que (mort qu’il fut) ce sang abondant sortît, parce qu’après sa mort, prenant efficacité et dilatant l’infinité de sa passion, jaillirent de ladite plaie les sept Sacrements, versant le sang pour la rédemption et l’eau pour l’ablution du saint Baptême. Ainsi parle saint Augustin en ces paroles : Lancea latus aperuit, ut illic quodammodo vita ostium panderetur, unde Sacramenta manaverunt ; c’est-à-dire : La lance ouvrit le côté, afin qu’y fût ouverte en quelque manière la porte de la vie, d’où jaillirent les Sacrements.
Et ailleurs : Mortuo Christo, lancea perforatur latus, ut super effluant Sacramenta, quibus formaretur Ecclesia ; c’est-à-dire : Le Christ étant mort, son côté fut percé par la lance, afin que de là s’écoulent les Sacrements par lesquels l’Église devait être formée.
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Et il le dit encore ailleurs plus expressément. Saint Cyrille le dit ainsi : Unus militum lancea latus eius compungit, qui illico sanguinem simul et aquam emisit, benedictionis mysticæ ac sancti Baptismatis originem ; c’est-à-dire : Un des soldats perça son côté avec la lance, et aussitôt il en sortit ensemble du sang et de l’eau, origine de la bénédiction mystique et du saint Baptême.
À cela s’ajoute la parole de saint Cyprien, qui dit : De latere tuo fons egreditur in vitam æternam profluens, et de eadem consubstantiali origine divinis limitibus aqua et sanguis emanant ad complementum, perfectionemque totius iustitiæ, Sacramenta in perpetuum duratura ; c’est-à-dire : De ton côté sort une source qui s’écoule vers la vie éternelle, et de cette même origine consubstantielle jaillissent l’eau et le sang, pour l’accomplissement et la parfaite consommation de toute justice, et pour les Sacrements destinés à durer à jamais.
Mais n’oublions pas ce que saint Jérôme nous dit en un lieu : Latus Christi percutitur lancea, et Baptismi atque Martyrii pariter Sacramenta funduntur. Et ailleurs : Latus lancea vulneratum aquis fluxit et sanguine, Baptismum nobis et martyrium dedicans.
Cela signifie que du côté ouvert du Christ jaillirent les Sacrements du Baptême et du Martyre, de celui par l’eau, et de celui par le sang, à notre profit.
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Cette ouverture, avec l’effet qu’elle devait produire, fut prédite par Ézéchiel, lorsqu’il dit : Aqua descendebant in latus templi dextrum. Et un peu après il dit : Et erunt pisces multi satis postquam venerint illuc aquæ istæ, et sanabuntur, et vivent omnia, ad quæ venerit torrens, et abundabit super illas piscatores ; c’est-à-dire : Les eaux descendront du côté droit du Temple ; il y aura beaucoup de poissons, car ces eaux y viendront, et ils recevront la santé, et toutes les choses auxquelles parviendra ce torrent vivront, et il y aura abondance au-dessus des pécheurs.
Cette prophétie s’entend de l’eau du Baptême, selon saint Jérôme, qui dit : Intelligere possumus prima hominis peccata significare, quæ ingrediuntur nobis aquas Domini dimittuntur, et Baptismi ostendunt gratiam salutarem, et initia sunt profectuum ; c’est-à-dire : Nous pouvons entendre que les premiers péchés de l’homme sont signifiés, lesquels sont remis quand nous entrons dans les eaux du Seigneur, et qu’ils manifestent la grâce salutaire du Baptême et sont les commencements des progrès.
Il ne s’en écarte point Dionysius Cartusianus : Alii vero convenientius, ut opinor, aquas intelligunt fontem Baptismi, qua Christus et Ecclesia habuit ortum ; c’est-à-dire : D’autres plus convenablement, à mon avis, entendent ces eaux comme la source du Baptême, par laquelle le Christ et l’Église ont eu leur origine.
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Ces eaux sont donc la source du Baptême, laquelle eut son origine dans l’Église du Christ.
Ô donc ouverture salutaire, d’où jaillit le sang très précieux, qui nous délivre de l’enfer, et l’eau très pure, qui lave nos âmes et les rend aussi blanches que les colombes, lesquelles se cachaient dans cette Arche du Testament, vues dans l’ouverture du Temple de Dieu dans le ciel, comme le dit saint Jean : Apertum est templum Dei in cælo, et visa est Arca testamenti.
Ces colombes de nos âmes sont invitées par la pierre du Christ à entrer dans les fentes de ses plaies, par la bouche du Sauveur, disant : Veni columba mea in foraminibus petræ ; c’est-à-dire : Viens, ô ma colombe, dans les fentes de la pierre, qui par les très saintes plaies du Christ sont devenues telles fentes de la gloire.
De cette ouverture Salomon a prophétisé, disant : Vulnerasti cor meum ; c’est-à-dire : Tu as blessé mon cœur.
De cette ouverture jaillit une eau telle qu’elle peut laver et effacer toute tache. Et il en jaillit un sang d’une telle efficacité qu’il peut briser cet ongle de diamant dans lequel le péché était gravé au stylet de fer. De quoi Jérémie écrit : Peccatum Iudæ scriptum est stylo ferreo in ungue adamantino. Et en changeant le stylet de fer en sang distillé par l’amour dans le cœur seul de notre Rédempteur, fut brisée la dureté du péché et de notre cœur adamantin.
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Ce sang, par sa vertu de corroborer et de consoler, fut prédit par Job, sous le nom de vin divin, par ces paroles : Lavabit in vino stolam suam, et in sanguine uvæ pallium suum ; c’est-à-dire : Il lavera dans le vin sa robe, et dans le sang de la grappe son manteau ; parce que cette grappe de raisin pend de la vigne de la vie, qui est le dernier sang, conservé jusqu’à l’ouverture du côté, lavera, brisera et consolera les cœurs de ceux qui s’en approprieront les mérites.
Véritablement, le sang et la véritable eau sortirent de la poitrine du Rédempteur, comme nous l’enseignent à croire les saints Canons, outre l’Évangile lui-même ; et ils sortirent après la mort, ce qui fut chose admirable, comme le montre saint Ambroise, et il fonde le miracle, disant que, bien que le véritable sang soit sorti, ce fut néanmoins chose miraculeuse qu’il sortît d’un mort, étant donné que le sang se coagule après la mort dans les corps.
Du corps donc incorruptible du Christ, bien que mort, sortirent la vie du sang et de l’eau pour tous ; car de lui jaillissent l’eau et le sang. L’un qui lave, et l’autre qui rachète. Voici les paroles de saint Ambroise :
Questa che he lui, & questa che ne ricomperi.
Ecco le parole d’Ambrogio santo.Lice verum, sanguis exierit, miraculosa fuit exitio sanguinis ex mortuo, cum post mortem sanguis congelatur, nam vivus post mortem sanguis non circorporis congelat.
Ex illo autem incorrupto lice corpore sed defuncto communione manabat aqua enim, & sanguis exivit, illa aqua diluit, ille qui redimat.
Traduction :
Celui-ci est ce qu’il est, et celui-ci est ce par quoi il nous a rachetés.
Voici les paroles de saint Ambroise.
Il est permis de dire la vérité :
du sang est sorti ; la sortie du sang fut miraculeuse.
Chez le mort, puisque après la mort le sang se coagule, car chez un vivant le sang, après la mort, ne se coagule pas dans le corps.
Or, de ce corps incorrompu, bien que défunt, s’écoula par une communication l’eau en effet, et le sang sortit : cette eau purifia, et ce sang fut celui qui racheta.
p. 133
Il ne sortit pas seulement le sang de la poitrine du Christ, tandis qu’il pendait à la Croix ; mais encore, après qu’il fut déjà versé, le sang sortit de la sainte Sindone, où l’on voit un bon nombre de gouttelettes. Ce qui pourrait accroître la merveille à l’égard de l’opinion de saint Ambroise ; bien qu’on puisse dire que, en cela, le miracle ne consista pas tant dans le fait que le sang sortît d’une telle plaie, et que l’eau et le sang devaient sortir mêlés ensemble ; mais que, de notre Seigneur, ils sortirent distinctement et en un même temps ; et pour cela saint Jean le dit. Et afin que cela parût plus évident, chose miraculeuse, pour donner force à son dire, il ajoute qu’il l’a vu lui-même, et en rend témoignage : Exivit sanguis, et aqua ; et qui vidit, testimonium perhibuit.
De ce sang et de cette eau, et de leur effet de la Rédemption et du Baptême, saint Jean parle lorsqu’il dit : Hic venit per aquam et sanguinem Iesus Christus, non in aqua solum, sed in aqua et sanguine ; c’est-à-dire : Jésus-Christ est venu par l’eau et par le sang, non seulement par l’eau.
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Et ailleurs : Tres sunt qui testimonium dant in terra, spiritus, aqua, et sanguis ; c’est-à-dire : Il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l’Esprit, l’eau et le sang.
Telles donc et si grandes furent les saintes plaies du Seigneur. Et bien que, dans la Résurrection, il n’en retînt que cinq, ce ne fut pas parce que, dans la Passion, il n’eût eu d’autres plaies dans le corps, lesquelles il ne voulut pas retenir dans la Résurrection ; mais il retint les plaies susdites. Et il est bon de rendre raison de chaque mystère et chose à la personne à laquelle le Seigneur concède beaucoup plus de sa grâce que de ce dont il a voulu que nous participions dans notre faiblesse ; néanmoins nous dirons qu’il ne voulut pas qu’apparussent sinon celles qu’il avait reçues dans le spectacle public des peuples, sur son corps sur la Croix, cette Croix qui, comme dit Isaïe, est le char de sa gloire, dans laquelle s’accomplit son triomphe, au moyen de ces cinq plaies antérieures sacrées. Parce que les autres, outre qu’elles ne pouvaient être dites blessures, n’étant pas faites par le fer, mais coups, piqûres et écorchures, ou choses semblables, étaient comme des préambules tendant à la fin de la Croix.
On peut dire encore qu’il retint ce nombre de plaies pour vérifier la figure d’Ève et celle des cinq pierres avec lesquelles David abattit Goliath.
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Et leur signification dans les cinq portiques de la Piscine.
Ainsi donc, le Sauveur, mort de cette manière, par ces plaies vainquit Lucifer, le Péché et la Mort même, dans leur plus grande vigueur ; et c’est pourquoi nous ne devons pas craindre désormais celles-ci, puisqu’il est ressuscité, assis à la droite du Père.
Après l’ouverture de ce sacré flanc, ayant ainsi accompli toutes les prophéties, et ayant par là formé son Église, et nous ayant donné les très saints Sacrements, en ce point se termina cette prophétie d’Isaïe : Consummationem, et abbreviationem Dominus Deus exercituum faciet in medio omnis terræ ; c’est-à-dire : Le Seigneur Dieu des armées accomplira une consommation et une abréviation au milieu de toute la terre ; ce qui est le lieu où il fut crucifié, lequel se tient au milieu de la terre, conformément à ce que dit le Prophète : Operatus est salutem in medio terræ.
Pour terminer toutes les prophéties susdites, et particulièrement celle d’Isaïe par ces paroles : Consummationem Deus exercituum faciet. Et pour montrer comment il accepta tout ce qui était écrit de lui, il inclina la tête sur la Croix en disant : Consummatum est ; afin qu’encore par sa parole cette prophétie d’Isaïe fût vérifiée. Et dans cet abaissement de la tête il ne laissa aucun nouveau mystère, dit et déclaré par saint Jean Damascène,
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et ce qu’inclina à croire l’Occident, c’est-à-dire que la Gentilité, dans l’état de damnation, en la regardant et en l’imitant, devait jouir du mérite de sa passion salutaire, obstinément refusée par l’Hébraïsme. Ainsi dit Damascène : Verum Christus crucifixus ad Occidentem respiciebat, c’est-à-dire : Le Christ crucifié regardait vers l’Occident. Et il veut que cela soit une tradition apostolique. Et Giudoco Clitoueo fait une grande réflexion sur cela, disant : Et illud non perfunctorie prætereundum est, quod Christus crucifixus ad Occidentem respiciebat ; c’est-à-dire : Il ne faut pas passer légèrement sur ce fait que le Christ crucifié regardait vers l’Occident ; afin de faire entendre qu’il regardait vers nous, ses chers peuples, et qu’il devait placer sa foi et son Église en ces régions, et nous concéder le fruit de son sang salutaire.
Toi, âme pieuse, tu pourras considérer quelle fut la douleur de la sainte Vierge, tandis que, dressée la Croix, ayant senti avec grand fracas son Fils bien-aimé rendre l’esprit ; et déjà, voyant être achevées les Écritures et la vie de son très aimé Fils, sentir les insultes contre lui encore s’endurcir sur le corps mort, par le coup de lance qui lui ouvrit la poitrine. Avec elle tu pourras, en méditant, dire à cet impie : Ah cruel ministre de l’iniquité n’es-tu pas encore rassasié de ta cruauté ?
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Désires-tu encore du sang d’un cadavre ? Ahimé, comme est vrai ce que de cette ouverture prophétisa Ézéchiel, que s’ouvrirait le côté droit du Temple avec un grand flot d’eau. Et en la méditant toute affligée, avec affect amoureux, tu l’accompagneras de larmes, comme elle accompagna de douleurs l’innocentissime Fils, ouvrant le cœur, qui répandait des yeux une grande abondance de larmes.
Ainsi feras-tu, fixant les yeux sur la sainte Sindone, et méditant ainsi large et sanguine la plaie.
Chap. XXI.
De l’intégrité des os du Seigneur, et de la cause pour laquelle, après la mort, il fut frappé au côté. Avec une brève considération pour le Lecteur sur les plaies décrites.
Car, comme nous l’avons dit plus haut, on intervint pour beaucoup de martyrs crucifiés, qui souffrirent plusieurs jours sur la croix, comme les saints Timothée et Maura, et beaucoup d’autres ; parce que, selon la loi des Hébreux, on ne devait pas, le sabbat, jour saint dédié à Dieu, laisser les corps morts sur la croix, et encore moins en celui qui suivait la passion du Sauveur, qui était le grand sabbat de la solennité de leur Pâque ;
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mais afin d’accélérer ceux qui devaient mourir, pour les retirer ensuite de la croix, ils faisaient briser les jambes aux crucifiés. Saint Augustin raconte cela, disant : Ideo frangebantur crura, ut morerentur, et auferrentur de ligno, ne pendentes in crucibus magnum diem festum sui diuturni cruciatus horrore fœdarent ; c’est-à-dire : C’est pourquoi on leur brisait les jambes, afin qu’ils mourussent et fussent retirés du bois, et qu’ainsi, pendants aux croix, ils ne souillassent pas par l’horreur de leur long supplice le grand jour de la fête.
Ainsi parle pareillement saint Cyrille.
C’est pourquoi les Hébreux allèrent trouver Pilate, le priant de donner ordre que, selon leur coutume, à Jésus et aux deux larrons crucifiés, on brisât les jambes et qu’ils fussent retirés de la croix, comme on le lit dans le saint Texte : Iudæi rogaverunt Pilatum, ut frangerentur eorum crura, et tollerentur. Mais la divine providence avait prévenu le dessein des Hébreux, car les jambes des larrons furent brisées, et Jésus se trouva déjà mort ; mais ils ne le quittèrent pas sans assurance, ni sans être confirmés par le coup de lance donné dans le côté par le soldat. Ainsi le racontent saint Cyrille et Nicolas de Lyre.
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Mais lorsqu’ils arrivèrent à Jésus, et le virent déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais l’un des soldats lui ouvrit le côté avec la lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau », c’est-à-dire : Étant arrivés auprès de Jésus, le voyant mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais l’un des soldats, avec la lance, lui ouvrit le côté, d’où sortirent immédiatement le sang et l’eau ; et cela est noté aussi par Lactance, ancien et grave écrivain.
La cause de ce coup de lance donné au Sauveur est déclarée par saint Ambroise, disant que le démon fit en sorte qu’il fût blessé au côté par l’arme du soldat, croyant pouvoir étouffer ce second Adam par le côté, comme il avait fait le premier. Mais le Seigneur Jésus, frappé au côté par la blessure, produisit la vie, effaça tout péché, renversa l’adversaire, à qui il avait enlevé par sa main la mort du larron. Mais écoutons les propres paroles du saint Docteur :
In costa eum telum militis voluit vulnerare, reputans, quod hunc sicut Adam per costam posset opprimere ; sed vulneratus in latere Dominus Iesus vitam produxit e vulnere, evacuavit omne peccatum, deiecit adversarium, cui latronis mortem eripuit.
Il s’ensuivit en outre de ce coup un jugement très élevé : que, tandis que, pour prouver qu’il était mort, ils le frappèrent, la divine providence avait disposé que ce qui devait provenir d’une telle ouverture manifestât trois effets importants.
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Premièrement, qu’il était véritablement mort, parce qu’il avait le pouvoir de déposer et de reprendre l’âme : Potestatem habeo ponendi animam, et potestatem habeo iterum sumendi eam. Et que par conséquent il n’était pas au pouvoir des Juifs de lui briser les jambes de force, comme ils le firent aux larrons.
Secondement, que, tandis qu’on faisait la preuve qu’il était mort, de cette ouverture sortit notre vie, jaillissant aussitôt une fontaine de sang et d’eau ; d’où il forma l’Église et nous donna la vie, étant la fontaine de tous les Sacrements.
Troisièmement, par la lance ils s’assurèrent de la mort, et ainsi ils s’abstinrent de lui rompre davantage les os, comme ils avaient fait auparavant à Pilate ; et ainsi fut parfaitement accomplie la prophétie : Os non comminuetis ex eo, lorsque Dieu commanda que, en mangeant l’agneau pascal, on n’en brisât aucun os, selon l’observation de saint Jean l’Évangéliste, qui rapporte expressément ce passage en disant : Facta sunt enim hæc, ut Scriptura adimpleretur : Os non comminuetis ex eo.
Ces choses furent faites afin que l’Écriture fût accomplie, qui dit : Vous n’en briserez aucun os.
Ce qui est noté et rapporté par saint Isidore.
Ainsi, les os du Rédempteur étant demeurés intacts, puisqu’ils ne pouvaient être brisés, furent figurés les saints de l’Église, forts dans le combat, que jamais l’ennemi ne peut briser.
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Ce grand mystère de l’intégrité des os du Christ est clairement découvert par le saint Linceul, qui représente tout le corps entier ; ce qui conduit à l’accomplissement de la vérité de toutes les saintes plaies du Seigneur, l’intégrité des os avec la ressemblance de son corps déposé de la Croix, imprimé de son très précieux sang.
Voici donc, âmes chères, l’explication et l’épilogue de toutes les plaies du Sauveur, telles qu’elles apparaissent en cette sainte Sindone, exprimées au vif par son vrai sang, autant que légèrement il m’a été possible, avec la sainte Écriture qui les a figurées, avec les Prophètes qui les ont prédites, et avec les Pères qui les ont éclaircies.
Et en voyant comment toutes, même les plus petites plaies, sont ainsi apparentes, étant faites précisément selon ce que les prophéties ont annoncé, que chacun, avec un cœur pieux, avec une profonde tendresse, et avec de vraies larmes, accepte leur efficacité, voyant encore comment la sainte Église catholique et apostolique, de la personne de Jésus notre Seigneur, et par ces plaies, a pris constant fondement ; d’où, par notre déclaration, doivent rester confondus les Hébreux, convaincus les hérétiques, et compungés les pécheurs.
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Explication
Exhortation de l’Auteur à l’âme
Reste maintenant, âmes qui m’êtes chères, à affermir les yeux de l’âme sur cette sainte Sindone, en prenant dans le cœur ces plaies rédemptrices, et en les reconnaissant comme des tourments et des peines dues pour nos propres péchés, à la manière dont saint Ambroise fit comprendre au bon larron, lequel comprit que Jésus avait reçu ces plaies pour les péchés d’autrui, et reconnut que ces blessures dans le corps du Christ n’étaient pas celles du Christ pour lui-même, mais bien celles du larron ; et pour cela il commença davantage à aimer, ayant reconnu ses propres blessures dans ce corps très innocent.
Disons avec saint Ambroise ces paroles :
Le larron comprit que Jésus avait reçu les plaies pour les péchés d’autrui, et reconnut que celles qui étaient dans le corps du Christ n’étaient pas les plaies du Christ, mais celles du larron ; et c’est pourquoi il aima davantage, après avoir reconnu dans le corps d’autrui ses propres blessures.
Ainsi, en les reconnaissant comme nôtres, et en les enfonçant dans notre cœur, nous pourrons dire avec l’Apôtre :
Je porte dans mon corps les plaies du Seigneur.
Et en nous appropriant leur mérite, nous pourrons espérer entendre les paroles dites au larron :
Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.
Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis, étant émus de pitié pour tant de coups amers accumulés sur ce corps très pieux pour notre salut. Et considérant, comme le rapportent les saints Évangélistes…
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…que le Soleil, la Lune et toutes les parties lumineuses du monde manifestèrent tristesse et douleur, s’obscurcissant à la mort de l’Auteur du salut, comme cela fut prédit par le prophète Zacharie :
Il y aura un jour connu du Seigneur, qui ne sera ni jour ni nuit ; et au temps du soir, il y aura de la lumière.
Et par Ézéchiel :
Je ferai obscurcir tous les luminaires du ciel, et je répandrai les ténèbres sur la terre.
Et par Amos :
Il arrivera en ce jour-là, dit le Seigneur Dieu, que le soleil se couchera en plein midi, et que j’obscurcirai la terre en plein jour.
Ainsi nous aussi, mais bien davantage encore, compatissant avec le Seigneur, devons montrer de la tristesse devant un spectacle si douloureux, en considérant surtout que la Passion du Christ Sauveur a surpassé toutes les douleurs des martyrs, comme l’affirme saint Thomas.
Et pour parfaire la compassion, méditons l’affliction de la glorieuse Vierge, notre Dame, que nous avons accompagnée comme pas à pas, et maintenant considérons en elle la plénitude et le compendium de toutes les douleurs, lorsqu’elle vit l’Agneau très innocent rendre l’âme, celle qui avait allaité celui qui devait donner la vie et l’esprit aux hommes, voyant mort l’Auteur de la Vie, et condamné à l’opprobre du supplice le Saint des saints.
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Alors nous pouvons nous présenter devant les yeux du Père, accueillir mort sur notre sein le Fils très aimé, déjà descendu de la Croix, et baiser toutes les chairs et toutes les blessures de ce corps sacré.
Et ainsi, avec des larmes et des soupirs, accompagner les onctions précieuses par lesquelles ce corps très meurtri fut préparé pour le sépulcre, enveloppé dans la sainte Sindone, celle-là même qui avait uni son cœur à celui de son Fils très aimé, et l’ensevelit avec un amour maternel très profond.
Table de toutes les choses contenues dans le présent ouvrage
A
Abgar, roi favorisé par le Christ par une image miraculeuse – p. 18
Acerbité de la douleur du Christ lors de l’enclouement des mains – p. 104
et des pieds – pp. 50 et 120
L’eau du côté du Christ signifie le Baptême – p. 135
Eau vraie sortie du côté du Christ – p. 132
Adam endormi, figure du Christ mort – p. 127
Préfiguration de la Majesté de Dieu – p. 111
Adoration latrique due à la Sainte Sindone – p. 50
Affection de l’Auteur envers son peuple, dans la lettre au peuple – p. 8
Affect à méditer dans la Sindone du Christ souffrant – p. 111
Agneau pascal, comment il fut rôti par les Hébreux – p. 109
Agneau pascal, figure du Christ – p. 109
Arbres malheureux sont ceux qui ne portent pas de fruit – p. 22
Ammonites détruits par David, pour avoir rasé la barbe de ses ambassadeurs – p. 88
André Apôtre attaché à la croix – p. 44
André Apôtre vécut deux jours sur la croix – p. 44
L’âme, comment elle peut fructifier en contemplant les plaies du Christ – p. 115
Âme invitée dans les plaies du Christ – p. 131
Âmes candides comme des colombes – p. 131
Ouverture du côté du Christ figurée – p. 127
Ouverture du côté du Christ dans la partie droite – p. 125
Ouverture du côté du Christ prédite – p. 125
Approbations de la Sainte Sindone par l’autorité apostolique – p. 13
Arche du Sanctuaire – p. 96
Arc des bras du Christ renversa l’antique Goliath – p. 95
Aridité dans le corps du Christ prédite – p. 115
Bélier aux cornes prises dans les épines, figure de la couronne d’épines du Christ – p. 75
Bélier, figure de l’humanité du Christ – p. 75
Armoire de tout notre bien est la poitrine du Christ – p. 96
Couronnes, figure du Christ – p. 99
La couronne du prêtre portait sur la poitrine la doctrine et la vérité – p. 99
La couronne portait l’iniquité des offrants – p. 99
B
Barbe donnée par Dieu aux hommes avec la prudence – p. 88
Barbe du Christ arrachée en plusieurs endroits, prédite – p. 87
Barbe, ornement ingénieux et beauté virile – p. 88
Baptême issu du côté du Seigneur – pp. 128–129
Coups portés au Christ prédits – p. 53
Coups portés au Christ sans nombre – chap. 8, 9, 10 ; pp. 15, 17, 18
Coups dans les viscères et le ventre du Christ prédits – p. 109
Beauté du Christ prédite – pp. 26 et 19
Beauté dans la grandeur du corps – p. 16
Bénédiction et Baptême ensemble par le sang et l’eau du côté du Christ – p. 129
Blandine martyre exposée aux bêtes sur la croix – p. 113
Bouche du Christ ensanglantée, prédite – p. 91
Bulles pontificales en approbation de la Sindone – p. 13
Bon larron crucifié pria contre la croix – p. 44
Bras du Christ battus, prédits et figurés – pp. 93–94
Bras du Christ étendus – p. 95
Bras du Christ comme arc de bronze – p. 95
Bras du Christ percés, nous tiennent par les liens du véritable amour – p. 94
Bras du Christ tendus, prédits – p. 95
C
Cadavres se partageaient anciennement – p. 5
Chute du Christ prédite – p. 61
Cause pour laquelle le côté du Christ fut ouvert – p. 139
Cause pour laquelle le Christ ne put porter la croix – p. 61
Cause pour laquelle le Christ se complut à laisser son image dans la Sindone – p. 18
Cause pour laquelle cette œuvre est en langue vulgaire – voir dans la lettre au peuple – p. 7
Calice au côté de l’Hostie, ce qu’il signifie – p. 125
Chapelle de la Sindone ardente, et la Sindone préservée du feu – p. 12
Chapelle de la Sindone appelée Sainte Chapelle – p. 13
Cheveux du Christ baignés de sang, prédits – pp. 69–70
Tête du Christ couronnée, appelée lys parmi les épines – p. 79
Tête du Christ déchirée, prédite et figurée – p. 84
Tête du Christ ensanglantée de toutes parts à cause de la couronne d’épines – p. 83
Tête du Christ pelée en quelque endroit – p. 68
Chair du Christ très délicate – p. 108
Char triomphal du Christ, quel il fut – p. 78
Coffret d’argent, où la Sindone fut liquéfiée par le feu, et la Sindone sauvée – p. 12
Clé mystique de David, quelle elle fut – p. 66
Église enrichie par le Christ – p. 128
Église assimilée à la Lune – p. 2
Église de la Sindone érigée en insigne collégiale – p. 13
Église de saint Étienne faite à l’imitation du saint Sépulcre – voir la lettre au peuple – p. 3
Église formée du côté du Christ – p. 128
Gros clous traversèrent les mains du Christ – p. 103
Les clous du Christ font un grand cri – p. 119
Clous avec lesquels le Christ fut crucifié, combien ils furent – pp. 120–121
Clous, combien on utilisait le plus souvent pour crucifier – p. 41
Clou du Christ dans un frein, prédit – p. 122
Clous du Christ avant d’atteindre un cœur humain – p. 70
Le Christ abaissa la tête en mourant, et pourquoi – p. 135
Christ battu avec des roseaux, prédit – p. 91
Christ battu en un endroit et en un autre – p. 54
Christ battu selon trois genres égaux, et leur signification – p. 85
Christ beau – p. 16
Christ cible des frappeurs – p. 53
Christ bafoué comme faux roi – p. 85
Christ tombe sous la croix, et pourquoi – p. 61
Christ foule le pressoir – p. 50
Christ candide et vermeil – p. 19
Christ inclina la tête vers l’Occident en mourant, et pourquoi – p. 136
Christ fixé en croix, prédit – p. 118
Christ avec le roseau à la main, comme avec la plume pour écrire le sacrilège des Juifs – p. 85
Christ avec la couronne d’épines nous libéra de l’ancienne malédiction – p. 76
Christ par sa tolérance émoussa les armes de la mort – p. 77
Christ consola celui qui le regardait – p. 17
Christ couronné d’épines, et pourquoi – p. 73
Christ couronné d’épines, prédit – pp. 78–84
Christ couronné d’épines nous rend aptes à porter du fruit – p. 78
Christ couronné d’épines sans ordre de Pilate – p. 72
Christ crucifié, opposé à tous nos défauts – p. 45
Christ crucifié nu, et pourquoi – p. 42
Christ déformé par les coups – p. 89
Christ très délicat de complexion – p. 108
Christ descendu de la croix, comme il fut enveloppé dans la Sindone – p. 4
Christ appelé Roi dans le titre contre la volonté des Juifs – p. 40
Christ blessé au côté, et pourquoi – p. 138
Christ figuré dans Samson – p. 70
Christ flagellé à l’instance des Romains, et non des Juifs – p. 30
Christ a laissé dans la Sindone mémoire de lui, et de la de sa Passion – p. 20
Le Christ a porté toutes nos fautes – p. 100
Le Christ épris de notre âme – p. 69
Le Christ cloué d’abord par la main droite, puis par la gauche – p. 43
Le Christ insulté et conspué – p. 97
Le Christ invita l’Apôtre Thomas à mettre la main dans son côté – p. 127
Le Christ lié à la colonne, prédit – p. 35
Le Christ lié deux fois à la colonne – p. 34
Le Christ maudit pour nous bénir – p. 24
Le Christ fut fixé en croix avec de gros clous – p. 102
Le Christ, en mourant, nous libéra de la faute et de la peine – p. 76
Le Christ mourut, parce qu’il le voulut – p. 140
Le Christ mort vainquit nos ennemis dans leur plus grande vigueur – p. 135
Dans ses douleurs, le Christ surpassa tous les Martyrs – p. 143
Le Christ nu sur la croix – pp. 4 et 42
Le Christ nu, prédit et figuré – p. 42
Le Christ, Père pieux – p. 128
Le Christ comparé à un arbre – p. 115
Le Christ parle amoureusement dans la Sindone – p. 57
Le Christ souffrit au ventre extérieurement et intérieurement – p. 108
Le Christ, pourquoi il se complut à laisser son effigie dans la Sindone – p. 18
Le Christ voulut être enveloppé d’un simple linceul de lin dans le sépulcre – p. 12
Le Christ frappé en un endroit et en un autre – pp. 34 et 53
Le Christ frappé au visage avec des roseaux – p. 91
Le Christ, par la fatigue de la Passion, parvient à l’immortalité – p. 11
Le Christ blessé aux reins pour réprimer en nous les appétits charnels – p. 61
Le Christ pierre taillée, prédit – p. 56
Le Christ portant la croix trouée, et prédit – p. 64
Le Christ portait le trophée de son triomphe en portant la croix – p. 66
Le Christ portait la croix comme un soldat la lance, pour abattre l’adversaire – p. 63
Le Christ porta sa propre croix, et pourquoi – p. 63
Le Christ porta nos fautes – p. 100
Le Christ, quand il imprima son effigie dans la Sindone – p. 5
Le Christ Roi des Juifs – p. 39
Le Christ Roi des Martyrs – p. 86
Le Christ se souvenait souvent de sa flagellation – p. 55
Le Christ ne retint que cinq plaies dans la Résurrection, et pourquoi – p. 134
Le Christ moqué comme faux roi – p. 84
Le Christ moqué, figuré et prédit – p. 85
Le Christ pierre taillée, prédite – p. 56
Le Christ se complut dans son abaissement – p. 20
Le Christ s’est donné pour nous jusqu’aux extrémités de son corps – (sans pagination indiquée dans la page fournie)
Le Christ répandit son sang sept fois – voir dans la lettre au peuple – p. 5
Le Christ dépouillé nu trois fois – p. 42
Le Christ époux de notre âme – p. 64
Le Christ marqua ses plaies dans la Sindone de son propre sang – p. 1
Le Christ transformé par les coups au visage – p. 89
Le Christ tout meurtri, prédit et figuré – p. 49
Le Christ venu au monde pour nous libérer de la faute et de la peine – p. 75
Le Christ venu au monde pour prendre sur lui tout mal – p. 76
Le Christ oint de myrrhe, d’aloès et d’onguents précieux – p. 5
Circonférence de la couronne d’épines – p. 17
Cochenille, ou graine, couleur semblable à la pourpre mais plus vile – p. 86
Colonne où le Christ fut montré à Jérusalem – p. 34
Compassion que nous devons avoir pour le Christ et pour la Mère – p. 143
Condamnés à la croix la portaient sur leurs épaules – p. 63
Embaumement des cadavres usité chez les Syriens, les Égyptiens et les Hébreux – p. 5
Confession du Christ sur la croix, prédite – p. 118
Considérations de l’Auteur autour de la Sindone – p. 2
Constance de la Bienheureuse Vierge – p. 116
Coutume ancienne d’embaumer les cadavres — p. 5
Accomplissement des prophéties du Christ, annoncé d’avance — p. 135
La contemplation du Seigneur rend l’esprit pur, et pourquoi — p. 6
(voir dans la lettre au peuple)
Controverse entre les Pères sur le nombre des clous — p. 118
Couronne du Christ faite de joncs marins, selon certains — p. 74
Couronne du Christ faite de nombreux cercles d’épines — p. 82
Couronne du Christ d’épines très dures et très aiguës — p. 73
Couronne d’épines, couronne triomphale du Christ — p. 76
Couronne d’épines, dite couronne de tribulation — p. 74
De quelle plante étaient les épines — p. 72
Couronne d’épines faite à la ressemblance d’un cheveu — pp. 17, 82
Couronne d’épines figurée — p. 75
Couronne d’épines enfoncée sur la tête du Christ en soixante-douze endroits — p. 82
Couronne d’épines ôtée de la tête du Christ après la mort par la main de la Bienheureuse Vierge — p. 81
La couronne d’épines ne fut jamais donnée auparavant à aucun autre que le Christ — p. 74
La couronne d’épines couvrait toute la tête du Christ — p. 17
Pourquoi la couronne d’épines fut donnée au Seigneur — p. 75
La couronne d’épines fut posée sur la tête du Seigneur non plus en vie, mais après la mort — p. 80
La couronne d’épines fut posée sur la tête du Seigneur sans ordre de Pilate — p. 72
Pilate — p. 72
Couronne d’épines prédite — pp. 75, 78, 83, 84
Grandeur de la couronne d’épines en circonférence — p. 17
Poids de la couronne d’épines sur le Christ — p. 78
La couronne d’épines se trouve en France — p. 83
Couronnement du Seigneur prédit par les Sibylles — p. 79
Différentes couronnes données en récompense des œuvres glorieuses — p. 74
Corps des saints restés cachés pendant longtemps — p. 3
Les corps morts ne devaient pas rester en croix le sabbat — p. 137
Corps du Christ, arbre de vie — p. 115
Corps du Christ lacéré — p. 30
Corps du Christ appelé Temple — p. 114
Corporale de la Messe, et pourquoi il est de lin — p. 11
Constantin, empereur favorisé de Dieu — p. 123
Constantin, empereur, prit la Croix pour enseigne — p. 27
Côté du Christ ouvert du côté droit — p. 125
Côté du Christ ouvert, afin que s’écoulent les Sacrements — p. 128
Croix donnée comme peine par les Hébreux — p. 23
Croix donnée comme peine par les Romains — p. 23
Croix, char triomphal du Christ — p. 78
Croix, comment elle était fabriquée — p. 37
Croix portée par celui qui y était condamné — p. 22
Croix du Christ, clé mystique de David — p. 66
Croix, supplice dur et mort cruelle — p. 38
Croix fabriquée de bois maudits — p. 22
Croix figurée — p. 37
Croix figurée de diverses manières — pp. 25, 27
Croix, hiéroglyphe de la vie chez les Égyptiens — p. 26
La croix a quatre montants — p. 125
Croix ignominieuse, mais désormais ennoblie — p. 27
Croix, enseigne de l’empereur Constantin — p. 27
Croix, bois béni — p. 27
Croix, mort infâme et ignominieuse — p. 23
Croix ennoblie par le Christ — p. 27
Croix peu utilisée par les Hébreux — p. 23
Croix, supplice plus pénible que tout autre — p. 38
Croix dressée dans des lieux élevés et fréquentés — p. 38
Croix portée par les condamnés — p. 63
Croix interdite sous peine de mort — p. 27
Croix prophétisée et figurée — p. 25
La croix se dresse presque en tout lieu — p. 48
La croix fut l’échelle du Christ, prédite — p. 64
La croix, supplice très cruel, comparé au gibet de notre temps — p. 3
Croix, trophée du triomphe du Christ — p. 66
La croix se trouvait dans un temple de païens — p. 26
Les crucifiés étaient livrés aux bêtes, afin que ceux qui avaient été crucifiés fussent dévorés par les bêtes — p. 113
Les crucifiés étaient exposés aux bêtes — p. 113
Les crucifiés étaient liés aux croix pour qu’ils endurent un tourment plus long — p. 44
Les crucifiés ôtaient leurs vêtements de croix au moment de mourir — (voir)
C
Coutume ancienne d’embaumer les cadavres. — 5
Accomplissement des prophéties du Christ, prédit. — 135
La contemplation du Seigneur rend l’esprit pur, et pourquoi. Voir la lettre au peuple. — 6
Controverse entre les Pères sur le nombre des clous. — 118
Couronne du Christ faite de joncs marins, selon certains. — 74
Couronne du Christ faite de nombreux cercles d’épines. — 82
Couronne du Christ faite d’épines très dures et très aiguës. — 73
Couronne d’épines, couronne triomphale du Christ. — 76
Couronne d’épines, dite couronne de tribulation. — 74
Couronne d’épines, de quelle plante elle fut faite. — 72
Couronne d’épines faite à la ressemblance d’un cheveu. — 17, 82
Couronne d’épines figurée. — 75
Couronne d’épines enfoncée sur la tête du Christ en soixante-deux endroits. — 82
Couronne d’épines enlevée de la tête du Christ après la mort par la main de la Bienheureuse Vierge. — 81
Couronne d’épines jamais donnée auparavant à d’autres que le Christ. — 74
Couronne d’épines occupait toute la tête du Christ. — 17
Couronne d’épines, pourquoi elle fut donnée au Seigneur. — 75
Couronne d’épines posée sur la tête du Seigneur, et non enlevée avant, mais après la mort. — 80
Couronne d’épines posée sur la tête du Seigneur sans ordre de Pilate. — 72
Pilate. — 72
Couronne d’épines prédite. — 75, 78, 83, 84
Couronne d’épines, quelle était sa grandeur en circonférence. — 17
Couronne d’épines, combien elle pesait sur le Christ. — 78
Couronne d’épines se trouve en France. — 83
Couronnement du Seigneur prédit par les Sibylles. — 79
Couronnes diverses en récompense des œuvres glorieuses. — 74
Corps des saints cachés pendant longtemps. — 3
Les corps morts ne devaient pas rester en croix le sabbat. — 137
Corps du Christ, arbre de vie. — 115
Corps du Christ lacéré. — 30
Corps du Christ appelé Temple. — 114
Corporale de la Messe, parce qu’il est de lin. — 11
Constantin empereur favorisé par Dieu. — 123
Constantin empereur prit la Croix pour enseigne. — 27
Côté du Christ ouvert du côté droit. — 125
Côté du Christ ouvert, afin qu’en sortissent les sacrements. — 128
Croix à laquelle on condamnait les Hébreux. — 23
Croix à laquelle on condamnait les Romains. — 23
Croix, char triomphal du Christ. — 78
Croix, comment elle était fabriquée. — 37
Croix de celui qui la portait en soi. — 22
Croix du Christ, clef mystique de David. — 66
Croix, supplice dur et mort cruelle. — 38
Croix fabriquée de bois maudits. — 22
Croix
Croix figurée. — 37
Croix figurée sous diverses formes. — 25, 27
Croix hiéroglyphe de la vie chez les Égyptiens. — 26
Croix a quatre postures. — 125
Croix ignominieuse, mais maintenant ennoblie. — 27
Croix, enseigne de l’empereur Constantin. — 27
Croix, bois béni. — 27
Croix, mort infâme et ignominieuse. — 23
Croix ennoblie par le Christ. — 27
Croix peu usitée par les Hébreux. — 23
Croix peine plus dure que tout autre supplice. — 38
Croix dressée dans des lieux élevés et fréquentés. — 38
Croix portée par les condamnés. — 63
Croix interdite à donner comme peine. — 27
Croix prophétisée et figurée. — 25
Croix se dresse en toute chose. — 48
Croix fut l’étable du Christ, prédite. — 64
Croix, supplice très cruel, comparé au gibet de nos temps. — 3
Croix, trophée du triomphe du Christ. — 66
Croix trouvée en un temps de païens. — 26
Crucifiés exposés aux bêtes, afin que ceux qui étaient crucifiés fussent dévorés par les fauves. — 113
Crucifiés exposés aux bêtes. — 113
Crucifiés attachés aux croix, pour qu’ils aient un tourment plus long. — 44
Crucifiés étaient enlevés de la croix le soir même où ils mouraient. — (voir auteur)
Crucifiés maudits de Dieu. — 24
Crucifiés morts de faim sur la croix. — 44
Crucifiés ne pouvaient mourir vite. — 38
Crucifiés nus. — 41
Crucifixion, comment elle se faisait. — 37, 41
Crucifixion de saint André apôtre. — 44
Cruauté des Juifs contre le Christ. — 53
Cruauté des ministres de Pilate contre le Christ. — 53
Cœur du Christ liquéfié par la douleur. — 110
Crurifragium pratiqué par les Juifs, et pourquoi. — 138
Cœur du Christ troublé, prédit. — 109
Cœur, pourquoi dit par le prophète être dans le ventre. — 110
D
Damnés plongés en enfer contre toute justice. Lettre au peuple. — 5
Démétrius roi ne osa Rhodiens pour une peinture de Protogène. — 7
Le démon pensa vaincre le second Adam, comme il avait vaincu le premier. — 139
Dérision du Christ figurée et prédite. — 85
Description des fatigues du Christ. — 18
Différence entre esclaves et libres dans la flagellation. — 39
Dimensions observées dans la Croix. — 48
Dieu donne indication de ses secrets à des personnes dévotes. — 59
Dieu dans l’ancienne Loi ne voulut pas montrer son visage. — 111
Dieu ne donna pas de loi au temps de Noé et d’Abraham, et pourquoi. — 3
Dieu ne découvre pas tous ses mystères en un seul temps. — 58
Dieu parla par le moyen des figures. — 3
Dieu révèle jour après jour à son Église ses connaissances. — 2
Divinité du Christ ne souffrit pas dans la Passion. — 33
Division des plaies du Christ dans la contemplation. — 49
Division des vêtements du Christ. — 121
Douleur des épaules du Christ prédite. — 67
Douleur du Christ dans le ventre. — 110
Douleur du Christ par les mains transpercées. — 104
Douleur du Christ par les pieds transpercés, prédite. — 50
Douleur du Christ sur la croix, combien elle fut grave. — 119
Douleurs du Christ diverses à cause de la couronne d’épines. — 80
Douleurs du Christ ont dépassé celles de tous les martyrs. — 143
Douleurs du Christ dans le ventre, figurées. — 108
Douleurs du Christ par la couronne, graves quant à la Passion et quant à la durée. — 79
Douleurs du Christ par la plaie des reins. — 59
Doctrine et vérité dans la poitrine du Christ. — 100
Dureté du péché brisée par le sang du Christ. — 131
E
Effets du côté ouvert du Christ. — 131, 139
Efficacité du sang du côté du Christ. — 131
Efficacité du sang du Christ. Lettre au peuple. — 4
Effigie de la Croix en plusieurs choses. — 48
Effigie du Christ sur un linge, envoyée par lui au roi Abagar. — 18
Effigie du Christ, lorsqu’elle fut imprimée sur le Suaire. — 5
Égyptiens écrivaient par signes hiéroglyphiques, c’est-à-dire par figures d’animaux. — 56
Élévation des mains dans le sacrifice du Christ, prédite. — 97
Épilogue de l’ouvrage. — 142
Explication du saint Suaire difficile. — 1
Exhortation de l’auteur aux âmes de son troupeau. — 142
Ève formée du côté gauche d’Adam. — 127
Les Évangélistes ont passé sous silence de nombreux mystères de la Passion, et pourquoi. — 3
F
Face du Christ battue de roseaux, prédite. — 91
Face du Christ gonflée par les coups. — 89
Face du Christ avait beauté et décence avant d’être couverte de sang. — 87
Face du Christ transformée par les coups. — 89
Face de Dieu cachée dans l’ancienne Loi. — 111
Fantaisie humaine doit retenir la ressemblance du Christ. — 116
Faisceau de myrrhe tel qu’il fut — 35
Traits du corps du Christ — 18
Faveur faite par Dieu à l’empereur Constantin — 124
Blessure du côté du Christ fut grande — 127
Fer de la lance qui blessa le Christ, montré à Rome — 127
Figure de l’ouverture du côté du Christ — 127
Figure de la nudité du Christ — 43
Figure de la Passion du Christ — 47
Figure des bras du Christ frappés — 94
Figure des cinq plaies du Christ — 135
Figure des blessures du Christ — 101
Figure des plaies du Christ aux pieds — 49
Figure des plaies obliques dans les mains du Christ — 106
Figure de la poitrine du Christ — 96, 99, 100
Figures et prophéties du Christ tourmenté — 110, 127
Figure du Christ aux pieds blessés — 49
Figure du Christ blessé — 49, 96
Figure du Christ portant la Croix — 64
Figures de la couronne d’épines du Christ — 75, 84
Figures de la Croix — 25, 26, 37
Figures et prophéties du Christ moqué comme un faux roi — 85
Fenêtres obliques dans le Temple de Salomon — 106
Fictions pieuses pour nous enflammer à l’amour du Christ — 142
Flagellation du Christ faite en toutes les parties du corps — 34, 53
Flagellation du Christ figurée, dite précédemment — 31, 32
Flagellation différente entre esclaves et hommes libres — 29
Flagellation avant la crucifixion selon l’usage des Romains et des Hébreux — 29
Flagellation prédite du Christ — 55
Flagellation qui tuait parfois — 32
Forme de la croix en plusieurs manières — 48
Force des bras du Christ — 95
Force du Christ dans les jambes, prédite — 54
Force du Christ prédite — 34
Fruits ne pouvant être produits par nous sans le Christ — 115
Fruits devant être reçus avec les signes des plaies du Christ — 110
G
Jambes du Christ, colonnes de marbre — 54
Les jambes du Christ souffrirent beaucoup dans la flagellation — 55
Les jambes du Christ conduisirent toujours les autres sur la voie de la sainteté — 117
Les jambes entières du Christ signifient ses voies droites — 54
Les jambes du Christ écorchées en certaines parties — 114
Jambes et cuisses du Christ lacérées, prédite — 114
Jambes brisées à la crucifixion pour le faire mourir — 138
Clous dans les mains du Christ, quels ils furent — 105
Jacob patriarche enseveli après la mort — 5
Gialiso peint par Protogène — 7
Hiéroglyphes des Égyptiens — 56
Habit sacerdotal d’Aaron — 99
Hébreux qui donnaient la peine de la croix — 23, 24
Hébreux assimilés à des ours et à des lions — 114
Hébreux sous quel prétexte crucifièrent le Christ — 24
Hébreux très cruels — 31
Hébreux doutant si le Christ était mort, s’en assurèrent par la lance — 138
Hébreux et Romains flagellaient les condamnés à la croix — 29
Hébreux pourquoi insistaient pour que le Christ fût descendu de la croix — 137
Hébreux voulaient faire mourir le Christ sous les fouets — 32
Hélène, reine sainte, posa un clou du Christ dans le frein du cheval de l’empereur Constantin son fils — 123
Herbe salutaire, dite la plante de la couronne du Christ — 73
Hippalage, figure des grammairiens — 25
Histoire du Linceul — 9
Holocauste, dans lequel on dépeçait les victimes — 47
Heures canoniques du Linceul, récitées en Savoie — 13
Pourquoi le côté fut ouvert à gauche du calice — 126
Humanité du Christ quasi réduite en poussière — 33
Les hommes de petite stature ne peuvent être dits beaux — 16
L’homme, plante céleste — 115
I
Ignominie du Christ pour l’arrachement de la barbe — 88
Ignominies du Christ, prophétisées — 32
Image des empereurs d’Orient envoyée aux peuples juifs — 61
Image du Sauveur apparue miraculeusement aux Romains — 14
Image du Christ faite par Nicodème avec le sang et l’eau du côté — 13
Image du Christ envoyée par lui-même au roi Abgar — 19
Image du Christ dans le Linceul — 13
Image du Christ dans le Linceul, parce qu’il se montra plus long dans la partie de devant que dans l’autre — 15
Image de Gialiso peinte par Protogène, qui libéra Rhodes de l’incendie — 7
Images des ancêtres, incitations à la vertu — 21
Images des saints, pourquoi elles sont peintes dans les églises — 20, 55
Les empereurs d’Orient faisaient connaître et aimer leurs sujets par les portraits — 61
Empire du Christ sur son épaule — 65
Empreinte du Linceul avec le propre sang du Christ, quand elle fut faite — 6
Empreintes des pieds montrant le droit, celui qui est achevé — 120
Imputation faite au Christ parce qu’il fut crucifié — 24
Clouage des mains du Christ fait avec de gros clous — 103
Injure faite à la Trinité dans la Passion du Christ — 92
Inondation de sang sur la tête du Christ, prédite — 68
Enseigne de Constantin empereur fut la Croix — 27
Enseignes royales du Christ dans la Passion, déclarées — 85
Intégrité des jambes du Christ montre ses voies droites — 54
Intégrité de l’os du Christ figure la force des saints — 141
Intégrité de l’os du Christ montrée dans le Linceul — 141
Intégrité de l’os du Christ, prédite — 141
Intention de l’Auteur dans l’Œuvre — 8 (lettre au lecteur)
Intention de Pilate dans la flagellation du Christ — 30
Instruments de la Passion du Christ, dits tabernacles — 33
Insulte faite au Christ par les bourreaux — 97
Isaac figure de la divinité du Christ — 75
L
Lance dans la poitrine du Christ du côté droit — 126
Lance dans la poitrine du Christ, pourquoi elle fut donnée — 138
Lance dans la poitrine du Christ produisit trois effets — 137
Latrie et adoration dues au Linceul — 50
Liens du Christ, prédits et figurés — 35
Loi de Dieu, pourquoi elle ne fut pas donnée au temps de Noé ni d’Abraham — 3
Lois malheureuses, ce qu’elles signifient — 22
Linceuls, c’est-à-dire linges de lin, plus d’un dans le sépulcre du Christ — 6
Linceul montré à saint Pierre en vision — 57
Hommes libres condamnés à la croix étaient flagellés avec des verges — 39
Livre pour les idiots, ce qu’il est — 55
Lin amiante ou asbestin ne se consume pas dans le feu — 12
Linges indiquent que les côtes furent de lin — 6
Lombes du Christ cruellement frappées — 50, 60
Lombes du Christ frappées pour réprimer nos appétits charnels — 61
M
Taches en plusieurs parties — 116
Malédiction de la terre — 75
Malignité des Hébreux contre le Christ — 39
Mains du Christ dorées tout autour, prédites — 105
Mains du Christ ensanglantées, prédites — 105, 106
Mains du Christ percées au milieu — 103
Mains du Christ pleines de jacinthes — 105
Mains du Christ pleines de myrrhe — 105
Mains du Seigneur montrées dans le Saint Linceul longues et très belles — 102
Manne pleuva dans le désert — 95
Main droite du Christ clouée avant la gauche — 43
Marguerite de sang, roi de Jérusalem, porta le Linceul en Savoie — 9
Marie Vierge conforme à la volonté divine dans la Passion du Fils — 116
Marie Vierge eut le résumé des douleurs du Christ — 120
Marie Vierge eut dans la Passion du Christ des douleurs qu’elle n’eut pas dans l’enfantement — 8
Marie Vierge, martyre des martyrs — 28
Martyrs crucifiés vivaient plusieurs jours sur la croix — 44, 137
Martyrs crucifiés exposés aux bêtes — 113
Martyrs crucifiés mouraient parfois de faim sur la croix — 44
Martyre annoncé par la blessure du côté du Christ — 149
Méditation à faire sur le Linceul — 35
Méditation pour compatir avec la Bienheureuse Vierge — 7, 14, 21, 27, 35, 46, 51, 57, 62, 67, 71, 81, 86, 92, 101, 107, 112
Méditation de la Passion du Christ aide les affligés — 43
Membres du Christ tous lacérés — 48
Ministres couronnèrent le Christ sans ordre de Pilate — 73
Ministres de Pilate auraient voulu effacer encore le nom du Christ — 114
Miracles du Linceul — 10, 12
Miracles de l’image du Christ faite par Nicodème — 13
Miracle du sang et de l’eau sortis du Christ mort — 132
La myrrhe préserve les corps de la putréfaction — 5
La myrrhe signifie mortification — 105
Myrrhe, onguent de grand prix en Orient — 105
Mystères de la Passion du Christ passés sous silence par les Évangélistes — 3
Mystère des holocaustes où les victimes étaient coupées en morceaux — 47
Mystère de l’oblation de la farine — 49
Mystère survenu dans l’inclinaison de la tête du Christ mort — 135
Mesure du Linceul — 11, 12
Malfaiteur crucifié exposé aux bêtes — 113
Modes de crucifier — 41, 43
Manière d’enflammer l’amour du Christ — 142
Manière d’ajouter des plumes aux ailes du Christ — 95
Manière de tirer profit en contemplant les plaies du Christ — 115
Manière de lier les reins pour la flagellation à la colonne — 34
Manière de contempler le Christ dans sa Passion — 111
Manière de servir du fer dans la présente œuvre pour la méditation — 8
Monde reconduit à la foi par la Passion du Christ — 124
Mont Calvaire, lieu public — 39
Mort du Christ au milieu de la terre — 135
Mort du Christ, sacrifice du soir — 97
Mort du Christ, notre vie — 140
Mutation de la couleur et des cheveux du Christ, prédite — 68
N
Nudité convenant au Christ crucifié, et pourquoi — 42
Nudité du Christ prédite et figurée — 42
Nombre des clous indéterminé chez les Pères — 118
Nombre des clous, quel il fut — 120, 128
Nombre des coups imposés par les Hébreux dans la flagellation — 30
Nombre quaternaire, dans lequel le Christ s’est complu dans la Passion — 125
O
Obéissance de la Bienheureuse Vierge — 116
Oblation de la farine, divisée minutieusement — 49
Yeux du Christ aspergés de sang — 90
Yeux du Christ obscurcis par le sang, prédits — 90
Yeux du Christ rayonnant de bénignité — 90
Yeux du Christ teints de sang, prédits — 90
Yeux terribles des bourreaux du Christ, prédits — 110
Occident regardé par le Christ pendant la crucifixion — 135
Ombres de la Majesté de Dieu — 111
Opinion erronée sur la lance du Christ — 125
Opinions diverses sur le nombre des clous — 120
Opprobres sur le visage du Christ, prédits — 89
Ornements du Temple faits avec art — 101
Obscurité à la mort du Christ, prédite — 143
Os du Christ entiers, prédits — 140
Os du Christ entiers signifient la constance des saints — 141
Os du Christ couverts dans les lombes — 60
P
Linge envoyé par le Christ avec son effigie au roi Abgar — 18
Parties lumineuses du monde donnant un signe de douleur à la mort du Christ — 143
Parties qui naissent séparées — 116
Passion du Christ dite abréviation — 135
Passion du Christ plus lourde que les douleurs de tous les martyrs — 143
Passion du Christ quand elle fut âpre — 35
Pasteurs appelés anges — 4
Péchés signifiés par les épines — 77
Péché écrit au diamant avec le fil de fer — 131
Peine de la croix, à qui elle était donnée — 23
Peine de la croix interdite par Constantin empereur — 27
Coups dans les lombes du Christ pour réfréner nos appétits charnels — 61
Bourreaux du Christ disposés tout autour — 52
Saint Pétrone porta beaucoup de reliques à Bologne — 2
Poitrine du Christ, armoire de tous nos biens — 95
Poitrine du Christ capable de la divinité — 99
Poitrine du Christ contient doctrine et vérité — 100
Poitrine du Christ figurée — 96, 99, 100
Poitrine du Christ tuméfiée et ensanglantée — 96
Poitrine du Christ, porte de la vie — 128
Plaie du côté du Christ à droite — 17, 125
Plaie du côté du Christ figurée — 127
Plaie des lombes du Christ, prédite — 59
Plaie des lombes est un amas de plaies — 60
Plaie des lombes couvre les os du dos — 60
Plaies des mains du Christ figurées — 104
Plaies du Christ plus petites encore dans le Linceul — 1, 141
Plaies du Christ dues à nous pour nos péchés — 142
Plaies du Christ divisées minutieusement par la méditation — 49
Plaies du Christ avant, pendant et après la crucifixion — 22
Plaies du Christ imprimées dans le Linceul jamais multipliées — 1
Plaies du Christ innombrables, et pourquoi — 61
Plaies du Christ, lumière et vie du monde — 106
Plaies du Christ dans les mains dites fenêtres obliques — 106
Plaies du Christ en partie cachées, en partie manifestes hors du temps Manifestation — 3
Plaies du Christ infligées par la pierre — 131
Plaies du Christ, signes hiéroglyphiques — 56
Plaies du Christ doivent être méditées une à une — 49
Plaies du Christ toutes dirigées vers la Croix — 22
Plaies dans le corps du Christ peu considérées, non vues — 63
Plaies dans les mains du Christ, prédites — 104
Plaies dans les pieds du Christ, prédites et figurées — 53
Plaies conservées par le Christ dans la Résurrection furent faites sur la Croix et par le fer — 134
Plaies universelles dans les mains du Christ figurées — 103
Plante des épines du Christ, dite herbe salutaire — 73
Plantes des pieds du Christ, qui devaient imprimer la trace, prédites — 51
Plantes des pieds du Christ lacérées et ensanglantées dans le Linceul — 49
Plantes des pieds du Christ lacérées, prédites et figurées — 49
Pied gauche du Christ très blessé et lacéré — 122
Pieds du Christ foulés dans le pressoir — 50
Pieds du Christ crucifiés ajoutent constance — 52
Pieds du Christ ensanglantés, prédits — 51
Pieds du Christ montrent deux grandes blessures de clou sur le cou-de-pied — 118
Pierre taillée, dite par Zacharie, telle qu’elle fut — 56
Pierres précieuses dans la poitrine du Christ, ce qu’elles signifient — 100
Pilate ne commanda pas, mais permit la couronnation du Christ — 73
Pilate voulait délivrer le Christ de la mort — 30
Le peintre ne put représenter le Christ à cause de la splendeur de son visage — 89
Peinture libéra Rhodes de l’incendie — 7
Peinture libre, ou écriture des idiots — 55
Peinture, écriture muette — 55
Peintures excitent à la componction et à l’amour céleste — 20
Peintures, pourquoi elles sont dans les églises — 55
Pompes dans les sépultures reprises — 13
Port de la croix du Christ était un grand mystère — 75
Port de la croix pénible — 66
Prétexte des Hébreux dans la crucifixion du Christ — 24
Prophétie de la bouche du Christ ensanglantée — 97
Prophétie des cheveux du Christ baignés de sang — 68, 70
Prophétie des yeux du Christ teints de sang — 90
Prophétie du corps du Christ amaigri — 115
Prophétie du côté du Christ ouvert — 12, 130
Prophétie du côté du Christ ensanglanté — 91
Prophétie de la chute du Christ — 61
Prophétie de la canne avec laquelle le Christ fut frappé — 91
Prophétie de la croix portée par le Christ — 64
Prophétie du visage du Christ frappé — 89, 91
Prophétie du visage du Christ transformé — 89
Prophétie de la force du Christ dans les jambes — 54
Prophétie de l’intégrité de l’os du Christ — 140
Prophétie de l’intention des Juifs de tuer le Christ dans la flagellation — 55
Prophétie du changement de couleur dans les cheveux du Christ — 68
Prophétie du trouble du cœur du Christ — 101
Prophétie des jambes et des cuisses du Christ lacérées — 114
Prophétie des mains du Christ ensanglantées — 104
Prophétie et figure de la nudité du Christ — 42
Prophétie des plaies dans les bras du Christ — 94
Prophétie de l’insulte des bourreaux faite au Christ — 98
Prophétie de l’obscurcissement des yeux du Christ — 90
Prophétie des os découverts du Christ par la plaie des lombes — 60
Prophétie des regards terribles des bourreaux du Christ — 110
Prophétie de l’obscurité dans la mort du Christ — 143
Prophétie du titre du Christ — 40
Prophétie du Christ cloué à la Croix — 119
Prophétie du Christ couronné d’épines — 83, 84
Prophétie du Christ portant la Croix — 64, 67
Prophétie et figure des liens du Christ — 45
Prophétie d’un clou du Christ dans un frein — 122
Prophéties de la couronnation du Christ — 78, 79, 83
Prophéties de la Croix — 25
Prophéties du visage du Christ outragé — —
Prophéties de la flagellation du Christ — 31, 33, 35, 55
Prophéties de l’humanité du Christ teinte de sang — 8
Prophéties de la plaie des lombes du Christ — 59
Prophéties et figures des plantes des pieds du Christ blessées — 49
Prophéties du ventre du Christ lacéré — 109
Prophéties du Christ moqué — 85
Prophéties accomplies du Christ — 135
Prophéties accomplies dans les choses minimes de la Passion du Christ — 3
Les prophètes prédirent l’avenir comme passé — 79
Protogène, peintre — 7
Q
Vanité des plaies faites par la couronne sur la tête du Christ — 82
Quatre clous de la crucifixion du Christ — 121
Quatre dimensions observées dans la Croix — 48
Quatre postures de la Croix — 121
Quatre soldats crucifièrent le Christ — 121
R
Rabbia des ministres contre le Christ, prédite — 110
Récolte de reliques dans l’église métropolitaine de Bologne — 2
Raisons pour lesquelles le Christ conserva les cinq plaies seulement après la Résurrection — 135
Rameau premier fut la plante de la couronne du Christ — 73
R
Rational d’Aaron, figure de la poitrine lacérée du Christ — 99, 100
Roi de Haï crucifié par Josué — 23
Roi de Moab sacrifia son fils — 30
Reliques de saints inconnues jusqu’à un certain temps — 3
Reliques portées à Bologne par saint Pétrone, lettre au peuple — 2
Riches recueillirent les richesses jusque dans les sépulcres — 12
Portrait du Christ dans le Linceul émouvait les cœurs — 111
Portrait miraculeux du Christ envoyé par lui au roi Abgar d’Édesse — 18
Portrait de saint Paul émouvit saint Jean Chrysostome — 111
Rhodes, cité sauvée de l’incendie parce qu’une image peinte par Protogène ne brûla pas — 7
Romains donnaient la croix comme peine — 23
Romains enflammaient les vertus par les portraits de leurs ancêtres — 51
S
Sabbat, jour solennel des Hébreux — 137
Sacrements jaillis du côté ouvert du Christ — 130, 128
Sainte Écriture voilée — 3
Sacrifice de l’holocauste, comment il se faisait — 47
Sacrifice du roi de Moab — 30
Sacrifice du Christ accueilli par le feu de sa charité — —
Sacrifice accompli dans la poitrine du Christ — 97
Sang, qui sort d’un mort est chose miraculeuse — 133
Sang de la tête du Christ assimilé à la rosée — 69
Sang de la poitrine du Christ appelé vin — 132
Sang du Christ réjouit les anges, lettre au peuple — 4
Sang du Christ monnaie de notre rédemption — 111
Sang du Christ ne devait pas être couvert par la terre — 50
Sang du Christ répandu pour notre salut — 70
Sang du Christ véritable dans le Linceul — 13
Sang et eau véritables et distincts sortirent de la poitrine du Christ — 128, 132, 133
Sang et eau sortis du côté du Christ formèrent l’Église — 140
Sang fit la colère du Christ, prédite — 105
Sang répandu par le Christ sept fois, lettre au peuple — 5
Sanson figure du Christ — 70
Saints figurés dans l’intégrité de l’os du Christ — 141
Sagesse des Pères augmentée avec le progrès des temps — 2
Sceptre du Christ, tel qu’il fut — 64
Écriture sainte dite voilée — 3
Écriture sainte pénétrée peu à peu avec le temps — 3
Écriture sainte écrite au temps de Moïse, et non de Noé ni d’Abraham — 2
Signe de David contre les Ammonites — 88
Signes d’amour sur le bras embrassé par l’Épouse — 94
Signes royaux par lesquels le Christ fut moqué — 84
Ressemblance du Christ décrite — 18
Serpent ancien n’insidia le talon — 51
Serviteurs, avant de crucifier, flagellaient avec des verges — 29
Regards cruels des bourreaux du Christ, prédits — 110
Sibylle prédirent la couronnation du Christ — 79
Signification de l’enseigne royale par laquelle le Christ fut moqué — 85
Simon de Cyrène porta la croix pour le Christ — 67
Sindone approuvée par les souverains pontifes — 13
Sindone faite de plusieurs pièces, et pourquoi — 13
Sindone cause de la conservation de la cité de Turin — 7
Sindone achetée par Joseph d’Arimathie — 4
Sindone appelée aussi suaire — 4
Sindone doit être adorée par adoration de latrie — 50
Sindone de lin grossier — 11
Sindone donnée à la duchesse de Savoie — 10
Sindone fut vue dans le sépulcre par Pierre et Jean apôtres — 9
Sindone tenue en vénération par les peuples — 10
Sindone entre les mains de princes chrétiens et des rois de Jérusalem — 9
Sindone livre pour les simples — 55
Sindone mémorial de la Passion du Christ, lettre au peuple — —
Sindone montre que le Christ fut battu en toutes les parties — 35
Sindone montre la barbe du Christ arrachée en de nombreux endroits — 88
Sindone montre l’intégrité de l’os du Christ — 132
Sindone ne précise pas si le Christ fut crucifié avec trois ou quatre clous — 120
Sindone montre les plaies encore plus petites du Christ — 1, 141
Sindone, pourquoi elle est de lin — 12
Sindone portée de Jérusalem en Savoie, miraculeusement préservée — 10
Sindone, combien elle est grande — 15
Sindone déposée dans une chapelle richement ornée — 10
Sindone volée, montre des miracles — 10
Sindone sauvée du feu — 12
Sindone parvint entre les mains de Godefroy de Bouillon — 9
Sindone vêtement rouge — 7
Soldats qui crucifièrent le Christ furent quatre — 121
Soleil obscurci à la mort du Christ avec tous les luminaires du ciel — 143
Sollicitudes intérieures pour les épines — 77
Sommeil d’Adam figure de la mort du Christ — 127
Arrachage de la barbe du Christ, prédit — 87
Bris des jambes à la crucifixion, parce qu’il était encore vivant — 138
Épines de la couronne du Seigneur, de quelle plante elles furent — 73
Épines produites par la terre comme peine du péché — 75
Les épines signifient les péchés et les sollicitudes de cette vie — 77
Le suaire du Christ ne devait pas être déployé avant le temps prescrit par Dieu — 4
Suaire de Rome — 18
Supplice de la croix, à qui il était donné par les Romains et les Hébreux, et pourquoi il fut donné au Christ — 22, 23
Supplice de la croix comparé au gibet de notre temps — 3
Supplice de la croix très pénible, et pourquoi — 37
Supplice de la croix plus âpre que tout autre — 38
Supplice de la croix interdit par Constantin — 27
T
Tyrannie orgueilleuse, inventrice de la croix chez les Romains — 2
Tables du Testament — 96
Ténèbres à la mort du Christ, prophétisées — 143
Trésors spirituels des siècles, lettre au peuple — 1
Trésor du Christ donné après la mort — 128
Tau, figure de la Croix — 25
Thita chez les Égyptiens signifie mort — 26
Timothée et Maura vécurent neuf jours sur la croix — 44, 37
Titre convenant au Christ comme roi triomphant — 40
Titre du Christ établi par disposition divine — 40
Titre du Christ immuable, prédit — 40
Titre placé au-dessus des crucifiés — 39
Titre porté devant les condamnés — 39
Christ foulé dans le pressoir — 50
Trophée du triomphe du Christ — 66
Tronc de l’humanité du Christ — 116
Turin conservée par Dieu par la vertu du Linceul — 7
V
Ventre du Christ durement frappé, figuré — 108
Ventre du Christ frappé, figuré — 108
Ventre du Christ, par le consentement des entrailles, ne pouvait recevoir une grande plaie — 108
Ventre du Christ plein de nombreuses plaies et fissures — 108
Verge d’Aaron — 96
Les siècles doivent avoir leurs trésors spirituels, lettre au peuple — 1
Vêtement rouge du Christ par le Linceul — 7
Vêtements du Christ partagés par les soldats — 46, 121
Victimes de l’holocauste coupées en morceaux — 47
Onguent de myrrhe de très grand prix en Orient — 105
Saint Visage de Rome formé sur la face du Christ — 92
Fin de la Table.