Étude comparative entre le Suaire d’Oviedo et le Linceul de Turin
J D Villalaín Blanco
A Sánchez Hermosilla
G Heras Moreno
1998
Heras Moreno, G., Villalaín Blanco, J.-D., & Rodríguez Almenar, J.-M. (1998, June 5–7). Estudio comparativo entre el Sudario de Oviedo y la Síndone de Turín Comparative study of the Sudarium of Oviedo and the Shroud of Turin. In III Congresso Internazionale di Studi sulla Sindone (Turin, Italy). Spanish Centre for Sindonology (CES). Translated by M. Guscin; drawings by M. Ordeig Corsini & E. Rubio Cobos.
IIIᵉ Congrès international d’études sur le Suaire
Turin, du 5 au 7 juin 1998
Étude comparative du Suaire d’Oviedo et du Linceul de Turin
Par :
Guillermo Heras Moreno, ingénieur civil, chef de l’équipe de recherche du Centre espagnol de Sindonologie (EDICES).
José-Delfín Villalaín Blanco, docteur en médecine et en philosophie, professeur de médecine légale à l’Université de Valence (Espagne), vice-président du Centre espagnol de Sindonologie (CES), membre de l’équipe de recherche du Centre espagnol de Sindonologie (EDICES).
Jorge-Manuel Rodríguez Almenar, professeur à l’Université de Valence (Espagne), vice-président du Centre espagnol de Sindonologie (CES), vice-coordinateur de l’équipe de recherche du Centre espagnol de Sindonologie (EDICES).
Illustrations de : Margarita Ordeig Corsini, professeure de dessin, et Enrique Rubio Cobos.
Centre espagnol de Sindonologie (CES).
Traduit de l’espagnol par :
Mark Guscin, B.A., M. Phil. en latin médiéval, membre de l’équipe de recherche du Centre espagnol de Sindonologie (EDICES).
Révision : Guillermo Heras Moreno
CENTRO ESPAÑOL DE SINDONOLOGÍA
Avda. Reino de Valencia, 53, 9º–16ª, E-46005 Valence (Espagne)
Tél./Fax : 96-33 459 47 • E-Mail: linteum@ctv.es
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1 – INTRODUCTION
Depuis que Mgr Giulio Ricci a suggéré avec force en 1985 que le linge vénéré à Oviedo (Asturies, au nord de l’Espagne), connu sous le nom de Suaire d’Oviedo, et le Linceul de Turin avaient réellement été utilisés sur le même cadavre, l’étude séparée de chacun de ces linges a fait d’immenses progrès, selon la terminologie et la rigueur avec lesquelles la méthode scientifique peut aujourd’hui aborder cette hypothèse.
L’article intitulé « Le Suaire d’Oviedo et le Linceul de Turin, deux reliques complémentaires ? » fut présenté au Congrès de Cagliari sur la datation du Linceul en 1990.
Le présent travail peut être considéré comme la seconde partie de cette communication.
Des avancées considérables ont été accomplies dans tous les domaines scientifiques qui n’en étaient alors qu’à leurs débuts en 1990.
Nous ne pouvons pas exposer ici toutes les nouvelles découvertes concernant le Suaire, réalisées depuis cette date. La plupart ont été publiées dans les Actes du Premier Congrès international sur le Suaire d’Oviedo, tenu à Oviedo en 1994.
Conscients du manque général de connaissance sur ce linge, nous reproduisons ci-après les conclusions publiées dans notre étude récente parue dans Biblia y Fe (Bible et Foi), n° 71, sous le titre « Le Jésus historique : le Suaire d’Oviedo », éditée par l’École biblique de Madrid.
Ces conclusions sont les suivantes 1 :
A
Selon le récit de l’évêque Pélage (Pelayo), le Suaire quitta Jérusalem dans l’Arche Sainte (ou coffre sacré) en l’an 614 après J.-C., sous le nom de Sudarium Domini — le Suaire du Seigneur.
Selon ce document, la tradition associe ce linge au suaire de Jésus de Nazareth et à aucune autre personne.
Il convient toutefois de souligner qu’il existe six siècles dépourvus de documentation dans l’histoire du linge.
Si ce tissu est effectivement le suaire de Jésus de Nazareth, il a donc dû être conservé quelque part depuis son utilisation jusqu’à l’an 614, date à laquelle il quitta la Palestine ; mais rien n’est connu avec certitude de ces années intermédiaires.
L’enquête historique sur le linge n’en est encore qu’à ses débuts et tente de faire la lumière sur cette période obscure.
Cependant, il convient de souligner que les informations que ce linge apporte à la compréhension de la mort de l’homme dont il recouvrait la tête sont terribles et bouleversantes.
L’image d’un cadavre suspendu à une croix, le sang s’écoulant par le nez et la bouche, devait être véritablement horrible, surtout pour un juif.
Il est donc compréhensible que, si un linge fut utilisé pour couvrir le visage de Jésus alors qu’il était encore sur la croix, on n’en fit aucune mention, car cela aurait ravivé le souvenir de ce moment effroyable.
En d’autres termes, l’idée du corps mort de Jésus de Nazareth, saignant du nez et de la bouche, était impossible à décrire pour un Juif.
Cela pourrait constituer une explication indirecte du silence entourant l’existence de ce linge jusqu’au moment où il quitta Jérusalem.
L’intérêt médiéval pour les reliques a donné naissance aux seuls documents connus jusqu’à présent qui évoquent l’histoire passée et présente de ce tissu.
Il faut préciser que, dans notre enquête, nous n’avons rien trouvé qui contredise cette tradition, à l’exception de la datation au carbone 14 ordonnée par le professeur Baima Bollone.
Selon cette expérience, le linge daterait du VIIᵉ siècle.
Baima Bollone lui-même déclare que ce résultat ne doit pas être interprété de manière excessive, mais il constitue la première donnée contraire obtenue.
B
Il est également important, du point de vue de la liturgie, de noter que le linge a toujours été vénéré.
Selon nous, cette vénération a été — et demeure encore aujourd’hui — quelque chose d’exceptionnel par rapport à celle d’autres reliques.
La bénédiction du Vendredi saint, l’une des plus importantes de la liturgie catholique, est donnée à l’aide du Suaire.
Cela signifie que son authenticité n’a jamais été mise en doute.
Il possédait même sa propre messe jusqu’au XVIIᵉ siècle, lorsqu’elle fut suspendue en 1640, malgré les supplications de l’évêque d’Oviedo.
Les raisons de la suppression de la messe demeurent inconnues, bien qu’il soit possible qu’elle ait eu quelque rapport avec la confusion autour du mot “sudarium”, parfois appliqué également au Linceul.
Le Linceul de Turin possède en effet sa propre messe depuis 1506, approuvée par le pape Jules II.
Il se peut qu’il ait été considéré comme le véritable “suaire”, plutôt que celui d’Oviedo, dont la seule valeur résidait dans la tradition, car il était impossible de l’identifier avec quelque chose de clairement lié à un être humain, et a fortiori à Jésus de Nazareth.
C – Résumé des résultats obtenus jusqu’à présent à partir des études médico-légales, géométriques et mathématiques réalisées par l’EDICES
Les conclusions suivantes peuvent être affirmées avec certitude 3 :
- Le Suaire d’Oviedo est une relique qui a été vénérée dans la cathédrale d’Oviedo depuis très longtemps.
Il contient des taches formées par du sang humain, de groupe AB. - Le tissu est sale, plié, déchiré et partiellement brûlé, taché et hautement contaminé.
Il ne montre toutefois aucun signe de manipulation frauduleuse. - Il semble s’agir d’un linge funéraire ayant probablement été placé sur la tête du cadavre d’un homme adulte de constitution normale.
- L’homme dont le visage fut recouvert par le Suaire avait la barbe, la moustache et de longs cheveux, attachés à la nuque en queue de cheval.
- La bouche de l’homme était fermée, son nez écrasé et dévié vers la droite sous la pression du linge appliqué contre son visage.
Ces éléments anatomiques ont été clairement identifiés sur le Suaire d’Oviedo. - L’homme était mort.
Le mécanisme ayant formé les taches est incompatible avec tout mouvement respiratoire. - À la base arrière de la tête, on observe une série de blessures infligées du vivant par des objets pointus.
Ces blessures avaient saigné environ une heure avant que le linge ne soit posé par-dessus. - La quasi-totalité de la tête, des épaules et au moins une partie du dos de l’homme étaient couverts de sang avant l’application du linge.
Cela est démontré par le fait qu’il est impossible de reproduire les taches dans les cheveux, sur le front et sur le sommet de la tête avec le sang d’un cadavre.
On peut donc affirmer que l’homme avait été blessé avant sa mort par quelque chose ayant fait saigner le cuir chevelu et provoqué des plaies au cou, aux épaules et à la partie supérieure du dos. - L’homme a souffert d’un œdème pulmonaire comme conséquence du processus terminal.
- Le linge fut placé sur la tête en partant de l’arrière, maintenu dans les cheveux par des objets pointus.
De là, il fit le tour du côté gauche de la tête jusqu’à la joue droite, où, pour des raisons apparemment inconnues, il fut replié sur lui-même, se retrouvant plié en accordéon sur la joue gauche.
Il est possible que le linge ait été ainsi disposé parce que la tête faisait obstacle, entraînant un repli sur elle-même.
En plaçant le linge dans cette position, on peut observer anatomiquement deux zones tachées :
— l’une au-dessus de la “queue de cheval”,
— et l’autre au sommet de la partie arrière du crâne.
Une fois l’homme mort, le cadavre demeura en position verticale pendant environ une heure, et le bras droit était levé, tandis que la tête était inclinée de 70 degrés vers l’avant et de 20 degrés vers la droite.
Comment peut-on raisonnablement qualifier cela de « position verticale » ?
Si l’homme du Suaire d’Oviedo avait été suspendu par le seul bras droit, le reste du corps, et particulièrement la tête, se serait trouvé relativement éloigné de ce bras, pendant vers la gauche.
Cette position est incompatible avec celle de la tête telle qu’elle est enveloppée par le linge.
Il est donc facile d’en déduire que le corps était suspendu par les deux bras.
Mais si le corps était suspendu ainsi, sans appui pour les pieds, l’homme serait mort en 15 ou 20 minutes, et il n’y aurait pas eu assez de temps pour générer la quantité de liquide nécessaire à la formation des taches visibles sur le linge.
Si le corps avait été suspendu les deux bras au-dessus de la tête, alors la tête aurait penché vers l’avant et non vers la droite.
Ainsi, la seule position compatible avec la formation des taches observées sur le linge d’Oviedo est celle où les deux bras sont étendus au-dessus de la tête, et les pieds dans une position rendant la respiration très difficile — c’est-à-dire une position totalement compatible avec la crucifixion.
Nous pouvons donc affirmer que l’homme fut d’abord blessé (sang sur la tête, les épaules et le dos), puis « crucifié »⁴. 4
- Le corps fut ensuite déposé à terre sur le côté droit, les bras conservant la même position, et la tête toujours inclinée de 20 degrés vers la droite, formant un angle de 115 degrés par rapport à la verticale.
Le front fut appuyé contre une surface dure, et le corps resta dans cette position pendant environ une heure supplémentaire. - Le corps fut ensuite déplacé, tandis que la main gauche d’une personne tenta à plusieurs reprises de stopper l’écoulement du liquide provenant du nez et de la bouche, en appuyant fortement sur ces zones.
Ce mouvement a pu durer environ cinq minutes.
Pendant tout ce temps, le linge demeurait plié sur lui-même.
Ensuite, le linge fut déplié et enveloppé entièrement autour de la tête, comme une capuche, maintenu à nouveau par des objets pointus.
Cette disposition permit à une partie du tissu, repliée en forme de cône, de tomber sur l’arrière du crâne.
Avec la tête ainsi recouverte, le cadavre fut partiellement soutenu par un poing gauche fermé.
Le linge fut alors déplacé latéralement sur le visage dans cette position.
Ainsi, une fois l’obstacle enlevé (qui pouvait être les cheveux agglutinés de sang ou la tête inclinée vers la droite), le linge recouvrit entièrement la tête, et le corps fut déplacé pour la dernière fois, face contre le sol, appuyé sur un poing gauche fermé.
Ce mouvement produisit la grande tache triangulaire, sur la surface de laquelle on distingue les empreintes en forme de doigts, et, au revers du linge, la courbe imprimée sur la joue.
Comme le mouvement précédent, celui-ci n’a pas pu durer plus de cinq minutes.
- Finalement, arrivé à destination, le corps fut déposé face vers le haut, et, pour des raisons inconnues, le linge fut retiré de la tête.
- Il est possible que de la myrrhe et de l’aloès aient ensuite été répandus sur le linge.
En tenant compte de ces résultats, il est facile de comprendre la conclusion la plus importante du Premier Congrès international sur le Suaire d’Oviedo, qui eut lieu dans cette même ville en 1994 :
Un examen conjoint complet du Suaire d’Oviedo et du Linceul de Turin est nécessaire.
Le but de cette étude est de communiquer aux chercheurs et aux spécialistes du Linceul une étape supplémentaire dans la corrélation des données et des résultats communs aux deux linges.
2 – L’APPROCHE DU PROBLÈME
Même s’il pourrait sembler inutile de le préciser, nous devons commencer par ce que nous avons.
Nous disposons de deux objets archéologiques, deux linges de lin.
Chacun a été décrit par ses spécialistes respectifs.
La possibilité que le Linceul soit le linge funéraire de Jésus de Nazareth, mentionné dans les Évangiles canoniques et apocryphes, a été analysée, de même que la possibilité que le Suaire d’Oviedo soit le « soudarion » mentionné par ces Évangiles, et par celui de Jean, comme étant présent dans le tombeau de Jésus au matin de l’apparition à Marie-Madeleine.
Les informations favorables et défavorables concernant les deux linges ont été évaluées froidement et scientifiquement.
Notre conclusion, à partir de cette évaluation, est que dans les deux cas, il semble beaucoup plus probable que ces linges soient authentiques plutôt que le contraire. 5
Cette opinion se fonde sur la considération globale de toutes les données dont nous disposons.
Il faut aussi rappeler que l’enquête est encore ouverte.
Toutes les études possibles n’ont pas encore été réalisées sur le Linceul ; par exemple, des analyses supplémentaires et un traitement des résultats restent envisageables.
Certains travaux fondamentaux sur le Suaire n’ont pas encore été menés, tels que l’étude historique et l’analyse textile permettant de dater le linge.
Nous pensons qu’il reste davantage à découvrir que ce que l’on sait déjà.
Il n’est pas aisé d’obtenir ni d’assimiler les informations contenues dans ces linges.
Presque chaque méthode d’étude doit être conçue spécifiquement pour les tests à effectuer.
Il est clair que lorsqu’on sort de la routine établie dans n’importe quel domaine de recherche, il faut élaborer une méthodologie propre au cas en question.
Cela implique une probabilité plus grande d’erreurs, tant dans l’analyse des échantillons que dans l’établissement des hypothèses relatives aux résultats obtenus.
Ces résultats doivent être vérifiés par confrontation afin de s’assurer que ce qui a été obtenu peut être accepté.
Tout cela exige du temps et de la lenteur.
Notre équipe a commencé à travailler il y a presque dix ans, et nous en sommes encore aux débuts⁶. 6
Nous tenons à préciser que les auteurs de cette étude n’ont pas vu le Linceul et n’ont pas eu la possibilité de l’étudier directement.
Par conséquent, ce que nous allons dire concernant les comparaisons géométriques ne peut être considéré que comme une information de seconde main, rigoureuse, mais non vérifiée expérimentalement.
Travailler à partir de photographies peut entraîner des erreurs significatives, même si John Jackson 7 fait partie de notre équipe et nous fournit donc des informations de première main.
Aucun résultat de l’étude géométrique qui suit ne peut être considéré comme définitif ou concluant.
Il s’agit d’une poursuite d’un travail similaire entrepris il y a plusieurs années⁸. 8
Cela dit, et avant de mentionner quelque propriété que ce soit de l’image du Linceul, il faut préciser que nous ne savons pas comment cette image s’est formée.
Comme l’image constitue l’élément essentiel de notre comparaison, il convient de le déclarer explicitement avant de commencer :
- Les taches de sang visibles sur le visage de l’image du Linceul ont été produites dans trois dimensions spatiales, et ne sont pas centrées lorsque le Linceul est aplati. Plus une tache est éloignée du centre du visage, plus elle est décentrée, raison pour laquelle les taches du front apparaissent sur les cheveux. Ceci est une conséquence de l’aplatissement du Linceul lors de son effondrement à travers le corps, selon la théorie de Jackson.
- Cependant, l’image dorsale ne s’est pas formée de la même manière que l’image frontale. Cela signifie que les taches de sang sur l’image dorsale ne sont pas déplacées, et donc que les résultats de la comparaison avec le Suaire d’Oviedo ne sont pas identiques à ceux mentionnés au point précédent.
Par conséquent, l’image du visage sur le Linceul et celle que l’on peut obtenir à partir du Suaire ne peuvent pas coïncider sur un même plan,
bien que, si les deux linges ont été utilisés sur le même cadavre, ils doivent présenter les mêmes éléments et caractéristiques, ce qui permet d’établir un lien entre les mêmes éléments de chaque tête.
3 – COMPARAISON GÉOMÉTRIQUE ENTRE LE SUAIRE ET LE LINCEUL
Nous commencerons la comparaison en disant que, du point de vue textile, le linge d’Oviedo est en lin, avec une trame et une chaîne perpendiculaires.
Ce motif est appelé taffetas.
Le Linceul, quant à lui, est en lin à armure chevronnée (herringbone weave).
Au microscope, les deux linges présentent la même épaisseur et le même nombre de fils par unité de surface⁹. 9
Bien que tous deux soient faits de lin et possèdent la même structure microscopique, la différence entre un taffetas et une armure à chevrons montre que le linge d’Oviedo est plus grossier, et qu’il était probablement destiné à un usage domestique, ainsi qu’à essuyer la sueur, ou à être porté sur la tête selon les coutumes de l’époque.
L’armure à chevrons était beaucoup plus coûteuse que tout ce que l’on pouvait trouver à Jérusalem.
Elle provenait normalement de Syrie, plus précisément des oasis autour de la ville de Palmyre, ainsi qu’on nous l’a indiqué à l’Institut Rockefeller de Jérusalem.
Les Évangiles nous disent que le linceul dans lequel le corps de Jésus de Nazareth fut enveloppé avait été acheté par Joseph d’Arimathie, un homme riche et influent.
Le silence à propos du suaire pourrait être lié à son usage et aux circonstances dans lesquelles il fut employé.
Du point de vue romain, il semble qu’aucun linge n’était normalement utilisé pour couvrir le visage des personnes crucifiées.
Les cadavres étaient en général jetés dans une fosse commune, sans aucune cérémonie,
car la crucifixion était réservée aux crimes tels que la haute trahison ou la rébellion militaire,
et jamais appliquée aux citoyens romains 10
D’autre part, dans les crucifixions juives, il était habituel de donner au condamné une boisson droguée, ou de l’eau pour soulager sa soif, afin que le supplice dure plus longtemps ;
il était également coutumier de couvrir le visage du cadavre lorsque celui-ci devenait défiguré.
Cela était fait par des Juifs pieux qui étaient présents lors de la crucifixion.
Cette situation put changer complètement lorsque Pilate donna la permission d’emporter le corps.
La vue du cadavre ensanglanté, avec un visage défiguré et du liquide d’œdème pulmonaire s’écoulant du nez et de la bouche, aurait dû suffire à justifier l’usage d’un linge pour couvrir le visage, conformément aux prescriptions générales concernant le sang dans le Pentateuque,
et aux instructions spécifiques du Sanhédrin.
Il était également absolument nécessaire d’arrêter l’écoulement du sang, car, pour un Juif, la présence de sang était insupportable et devait être évité à tout prix.
Tout ce qui était taché de sang devait être enterré avec le cadavre.
Du point de vue géométrique, nous pouvons comparer la tête de l’homme du Linceul à celle de l’homme du Suaire, puisque, comme nous l’avons déjà indiqué, le linge d’Oviedo fut utilisé pour envelopper une tête humaine.
Le processus qui a provoqué la mort de ces deux hommes doit également être comparé du point de vue médico-légal.
En troisième lieu, les deux têtes ont laissé des taches de sang sur leurs linges respectifs.
Il s’agit donc d’une double comparaison : la géométrie des taches et le sang lui-même.
Dans l’intention de suivre un ordre chronologique aussi proche que possible de ce qui s’est réellement passé, nous devons mentionner en premier lieu le travail déjà cité de Giulio Ricci présenté lors du Premier Congrès international sur le Suaire d’Oviedo, ainsi que ses études publiées auparavant dans le livre L’Uomo della Sindone è Gesù.
Ses premières conclusions sur le linge d’Oviedo sont publiées dans cet ouvrage.
Il y propose une superposition macroscopique acceptable de la partie que nous appelons « Obverse Left » (OL) avec le visage de l’image du Linceul.
Ricci attire notre attention sur plusieurs points :
« Le premier élément caractéristique qui attira mon attention en septembre 1965 fut une tache de sang que j’avais observée quelques mois auparavant sur le côté droit de la bouche de l’homme du Linceul. » 11
Comme on le voit, Ricci se réfère à la première fois où il examina le linge d’Oviedo.
À cette époque, personne ne savait encore comment cette tache particulière avait été produite.
Aujourd’hui, nous savons qu’il s’agit de sang humain du groupe AB sur les deux linges.
Ricci poursuit :
« Je dois souligner qu’il était, et qu’il est encore, difficile de distinguer cette tache sur les photographies normales du Linceul. Deux ans plus tard, en 1967, j’envoyai à John Jackson (STURP) l’une des photos prises par Enrie, photographe officiel du Linceul en 1931.
Il me renvoya une amélioration de cette photographie, laquelle appuyait cette hypothèse, déduite d’une simple étude axiométrique du visage sindonique, et qui me permit de mieux distinguer le côté droit de la bouche, dont l’interprétation demeure confuse sur les photographies ordinaires du visage.Grâce à cette méthode, un écoulement de sang coagulé était visible sur toute la barbe —
ce qui n’apparaît pas sur le côté gauche de la bouche.Cette observation particulière, encore inconnue à l’époque dans les études sur le Linceul,
acquit davantage de crédibilité lorsqu’une étude ultérieure fut réalisée sur les mouvements de l’homme du Linceul sur la croix. Son premier mouvement alla d’une position penchée en avant à un relèvement du corps, accompagné d’un déplacement relatif vers la droite. … ce qui permit à l’homme de parler, et c’est précisément lorsqu’il s’inclina vers la droite que le sang s’écoula du côté droit de sa bouche…» 11
Ricci indique ensuite qu’après l’étude des mouvements sur la croix, deux mouvements distincts apparurent clairement : d’abord, l’homme se pencha en avant, puis il se redressa vers le haut et vers la droite.
Nous ne sommes pas d’accord avec Ricci au sujet du sang sorti du côté droit de la bouche.
Nous pensons qu’il s’agit d’un sang post-mortem, c’est-à-dire écoulé après la mort.
Il s’agit d’une coïncidence significative que la position relative de la tache par rapport à la bouche soit très semblable sur les deux linges ; mais il faut aussi souligner que l’angle formé par la tache par rapport au plan horizontal moyen de la bouche est d’environ 115°.
Cet angle se forme lorsque la tête est inclinée vers la droite 12
L’angle mesuré sur le linge d’Oviedo, déplié sur une surface plane, est d’environ 119°, et environ 110° sur le Linceul.
Ces résultats sont géométriquement cohérents.
En tenant compte du fait que nous ignorons comment l’image du Linceul s’est formée,
si nous la considérons comme une projection verticale du cadavre sur le linge (hypothèse de Jackson), nous devrions obtenir un angle plus petit, puisqu’il s’agit d’une projection sur une surface dont la courbure diminue au fur et à mesure que le linge s’affaisse.
L’angle mesuré sur le linge déplié doit donc être légèrement supérieur à l’angle réel,
comme on peut facilement le constater sur toute surface pliable.
L’angle formé par le plan défini par l’axe de la bouche et l’axe symétrique de la tache de sang,
avec le plan horizontal, au moment où l’image fut formée,
est d’environ 17°, ce qui est compatible avec la première position du Linceul.
Quant à la surface de chaque tache de sang, elle est de 1 980 mm² sur le Suaire d’Oviedo et de 1 310 mm² sur le Linceul de Turin, ce qui reste cohérent pour les raisons géométriques déjà expliquées.
Le deuxième détail qui attira l’attention de Ricci fut :
« … l’extrémité gauche de la barbe, qui comporte plus de poils que la droite.
Les poils de l’extrémité droite semblent moins denses.
Cela est vrai sur le Linceul, et quelque chose de semblable peut être observé sur le linge d’Oviedo.En comparant la photographie grandeur nature du visage du Linceul prise par Enrie
avec celle que j’avais apportée d’Oviedo, et en les superposant l’une à l’autre… j’ai été stupéfait par la correspondance parfaite de l’image du Linceul avec le contour macroscopique du suaire.En d’autres termes, la superposition était claire, non seulement avec le premier élément (le sang du côté droit de la bouche), mais aussi avec le second, l’extrémité gauche de la barbe.
Il en va de même pour le côté droit de la barbe, plus clairsemé – on observe la même chose sur le suaire.
Cela pourrait constituer une “confirmation” de l’hypothèse selon laquelle le Linceul de Turin et le Suaire d’Oviedo furent placés sur le MÊME VISAGE. »
Les détails suivants doivent être notés lors de l’analyse de ce résultat :
Comme nous venons de le voir, Mgr Ricci ne fit qu’une comparaison macroscopique entre la partie du suaire qu’il pouvait observer (et que nous avons appelée Obverse Left) et l’image du visage sur le Linceul.
Si l’on observe l’avers du linge d’Oviedo à l’œil nu, sans jamais avoir procédé à des études microscopiques, il pourrait sembler s’agir de la partie qui fut en contact direct avec le visage.
Il est également clair que Ricci découvrit la symétrie entre les deux grandes taches de l’avers du suaire (OL et OR) sur le linge et montra, en même temps, que le linge avait été plié sur lui-même.
Le problème consiste à déterminer de quelle manière il avait été plié.
Selon nos observations microscopiques, il n’y a aucun doute quant à la partie du linge qui fut en contact direct avec le visage du cadavre celle que, dans tous nos travaux, nous avons appelée “Revers gauche” (Reverse Left).
Le linge fut plié de telle sorte que le visage imprima directement ses taches sur cette partie,
puis le sang traversa l’Avers droit (Obverse Right) et l’Avers gauche (Obverse Left), tandis que le Revers droit (Reverse Right) se trouvait à l’extérieur.
Cela peut être confirmé sans le moindre doute, pour deux raisons significatives :
- Tout le Revers gauche est recouvert de sang, et l’on y trouve beaucoup plus de substance hématique que sur toute autre zone.
- La marque de pliure, qui indique la façon dont le linge fut plié, se trouve sur le Revers et non sur l’Avers.
Ainsi, la partie du linge qui fut en contact direct avec le visage est bien le Revers gauche ;
les deux groupes de taches internes sont ceux de l’Avers, et le groupe le plus externe correspond à ce que nous avons appelé le Revers droit.
Nous souhaitons faire une observation importante au sujet du travail de Ricci :
En comparant le suaire avec le Linceul de Turin, il a choisi la mauvaise zone,
ce qui a entraîné un problème insoluble pour Ricci : celui de déterminer comment placer correctement le linge sur la tête qu’il avait tachée.
Ricci effectue d’autres comparaisons entre les deux linges et conclut finalement :
« … La clé de lecture de cette étude comparative est le sang, tout comme sur le Linceul.
Cependant, alors que le Linceul, contrairement à toutes les œuvres d’art qu’il a inspirées au cours des siècles, nous permet de reconstituer entièrement, et presque de manière descriptive,
chacune des cinq phases de la Passion de l’homme qu’il enveloppait,le suaire d’Oviedo, comme le suggère saint Jean dans son Évangile, se limite à la phase finale de la crucifixion, c’est-à-dire à la descente de la croix.
Ce fut un geste pieux que de couvrir le visage “défiguré”, marqué par les ecchymoses et le sang abondant.
La présence du suaire sur son visage fut limitée au bref laps de temps nécessaire pour transporter le corps du Seigneur mort du Calvaire jusqu’au tombeau voisin. »
Nous souhaitons réaffirmer l’importance du travail de Ricci —
il constitue une étape décisive pour tout étudiant du suaire, et pour nous, un souvenir précieux.
Il y aura toujours un “avant” et un “après” Ricci dans l’étude du linge d’Oviedo.
À présent que nous présentons notre propre travail, comme dans toutes nos communications,
il nous faut clarifier certains points afin d’éviter toute interprétation erronée ou confuse.
Nous avons vu que Ricci compara la morphologie et les blessures des deux visages en les superposant sur une surface plane.
Nous avons également commencé notre analyse de cette manière, et c’est ce que nous avons présenté lors du Congrès de Cagliari en 1990¹². 13
Mais il est maintenant temps de franchir une étape supplémentaire.
Cette comparaison est valable pour se faire une première idée et pour attirer l’attention sur la similitude entre les linges.
Cependant, elle ne peut être plus qu’une première approche,car les taches des deux linges ne coïncident pas nécessairement sur une surface plane.
Des taches produites par le même visage à des moments différents peuvent se trouver en des positions qui ne peuvent pas être superposées si les linges sont dépliés et étalés à plat.
Même dans ce cas, il aurait fallu que les linges soient placés avec une extrême précision,
sans être du tout déplacés pendant la formation des taches, et que la méthode exacte de transfert des taches du visage au linge soit connue.
Or, ce n’est pas le cas ici.
Sur le linge d’Oviedo, on peut observer des mouvements latéraux au niveau du front,
de sorte que les mêmes taches apparaissent en plusieurs endroits.
Nous avons déjà mentionné les difficultés qui apparaissent lorsque nous essayons de comparer les taches de sang et l’image sur le Linceul, il faut rappeler — sans entrer dans trop de détails de ce genre de considérations — qu’un même visage peut produire des taches différentes (surtout sur des linges distincts) et que des visages différents peuvent produire des taches très similaires sur des linges différents. Ainsi, les analyses comparatives sur une surface plane ne peuvent fournir qu’une idée de base pour l’étude des deux visages.
Des informations plus précises peuvent être obtenues par l’étude visant à déterminer s’il est possible d’établir entre les deux linges une correspondance quantifiable, évaluable en termes de probabilité géométrique.
Comme nous l’avons déjà indiqué, nous pensons que la partie du suaire qui fut en contact direct avec le visage est celle appelée Revers gauche (Reverse Left) ; nous devrions donc pouvoir montrer l’existence de certaines coïncidences entre les éléments anatomiques suivants du visage de l’homme du suaire et de celui de l’homme du Linceul : 14
- Le nez : une surface totale de 2 280 mm² sur le suaire et de 2 000 mm² sur le Linceul.
- Les arcades sourcilières.
- L’absence de pommette droite, correspondant au gonflement observé dans cette zone sur le Linceul.
- Un gonflement sur le côté droit du nez, d’environ 100 mm² sur le suaire et 90 mm² sur le Linceul.
- La pointe du nez, les narines et les ailes du nez.
- La position et la taille de la bouche, en particulier l’écoulement de sang sur le côté droit, déjà mentionné et décrit pour la première fois par Ricci.
- Le menton.
- La forme de la barbe.
Si l’on observe ensuite le quadrant avant gauche de l’homme du Linceul et celui du suaire d’Oviedo, on peut voir qu’il existe une correspondance presque biunivoque entre la position et la taille des taches sur chaque linge. Cependant, celles du linge d’Oviedo occupent une surface plus large, comme on peut géométriquement s’y attendre, le mouvement décrit par Jackson dans sa description de la formation de l’image du Linceul pouvant être constaté ici. 15
La surface de ces taches est de 686 mm² sur le suaire et de 528 mm² sur le Linceul, soit une coïncidence de 80 % sur une surface plane, et de 88 mm² sur le suaire contre 70 mm² sur le Linceul, avec un déplacement latéral d’environ 2 cm, la tache du linge d’Oviedo se trouvant dans la position la plus externe.
Si l’on observe la zone frontale droite, on remarque que la goutte de sang au-dessus du sourcil gauche est géométriquement compatible avec la tache située exactement dans la même région sur le suaire ; les deux zones mesurent 80 mm², et la position relative est pratiquement identique sur les deux linges. Il est intéressant de noter que cette tache apparaît à deux endroits sur le linge d’Oviedo, signe évident que le tissu a été déplacé latéralement sur le visage.
La correspondance entre les taches de sang sur les deux linges est donc acceptable (dans les zones où le visage est visible de face), et il en va de même pour les marques ou traces visibles sur chacun. Cette correspondance est évidente tant par la taille des taches, leur position relative sur chaque linge, que par leur origine. Si l’on observe en détail les taches sur le visage du Linceul, il semble qu’elles aient été doucement “traînées” vers la droite, ce qui correspond parfaitement à la direction déduite et décrite plus haut pour le mouvement du corps de l’homme du suaire d’Oviedo.
En résumé des coïncidences entre les taches de sang visibles sur chaque visage, on peut affirmer qu’il est possible d’établir une correspondance selon les aspects suivants : — La taille des taches est géométriquement compatible, de même que leur position relative sur chaque linge. — Le sang est humain, de groupe AB sur les deux linges. — Les taches formées par le sang versé de son vivant sont identiques sur chaque linge. — Les taches occupent les positions prévisibles selon la formation de l’image du Linceul, en tenant compte du mouvement latéral découvert par Lavoie et accepté par Jackson. Mais les coïncidences ne s’arrêtent pas là.
Rappel de la manière dont le suaire fut placé sur la tête qui l’a taché : la première étape consista à le fixer à l’arrière de la tête et à la queue de cheval au moyen d’objets pointus (des épingles en os ou quelque chose de similaire). Le linge tombait sur l’épaule gauche et sur le haut du dos de l’homme en question, puis contournait le côté gauche du visage. Le suaire d’Oviedo montre que toute la zone qu’il a touchée était entièrement couverte de sang AVANT que le sang ne s’écoule du corps mort.
Ce point marque une grande correspondance entre les deux linges, car les taches à l’arrière de la tête sur le Linceul coïncident avec celles du suaire, tant par leur taille, leur position relative que par leur origine (sang versé de son vivant). De plus, les deux linges sont tachés de sang sur toute la partie correspondant à la joue gauche. Les zones tachées sur les deux linges mesurent 2 455 mm² pour le Linceul et 267 mm² pour le suaire. Il est pratiquement possible de superposer la zone du suaire à celle du Linceul correspondante, de sorte que la parabole crânienne déjà décrite sur le suaire épouse la même région de l’image dorsale du Linceul, en suivant les taches de sang¹⁵. 16
Les taches de sang sur l’arrière du corps de l’homme correspondent également sur les deux linges. Sur le suaire d’Oviedo, elles se trouvent dans les coins inférieurs gauche et droit.
Un autre point mérite d’être souligné : on observe une quasi-absence de mouvement lorsque les images dorsales du Linceul sont comparées à leurs équivalents sur le suaire, ce qui correspond parfaitement à la théorie de Jackson sur la formation de l’image.
4 – Comparaison médico-légale : les deux linges ont-ils été utilisés sur le même corps ?
Il nous faut à présent parler du sang, élément commun aux deux linges. Nous avons déjà indiqué qu’il s’agit, dans les deux cas, de sang humain du groupe AB¹⁶. 17
La preuve définitive serait le test ADN sur les linges, encore en attente en raison des difficultés liées au travail sur du sang ancien et du faible nombre de cellules disponibles.
À ce stade, nous ne pouvons que reprendre la question de Ricci :
— Les deux linges ont-ils été utilisés sur le même corps ?
— Peut-on dire que ce corps était celui de Jésus de Nazareth ?
Du point de vue archéologique, les linges d’Oviedo et de Turin présentent plusieurs points communs quant à leur usage, notamment les suivants :
- Du point de vue textile, rien n’exclut qu’ils aient existé à la même époque, si ce n’est les résultats du carbone 14 (XIIIᵉ ou XIVᵉ siècle pour le Linceul, VIIᵉ siècle pour le suaire). Il existe d’ailleurs de nombreux linges en lin plus anciens¹⁷. 18
- D’un point de vue médico-légal, il est clair que le Linceul a enveloppé le corps mort d’un homme flagellé, couronné d’épines et crucifié. Le suaire d’Oviedo a recouvert la tête d’un corps dont la mort est parfaitement compatible avec la crucifixion, ainsi qu’avec les blessures infligées avant la mort visibles sur le Linceul. Les deux morts sont donc très semblables.
- Le Linceul enveloppa tout le corps, y compris la tête. Le suaire, lui, enveloppa toute la tête du cadavre et toucha les épaules (notamment la gauche) ainsi qu’une petite partie du dos. La correspondance entre les taches de sang des deux linges est pratiquement biunique, c’est-à-dire que chaque tache possède une contrepartie sur l’autre linge, quant à la taille et au groupe sanguin, tout en tenant compte des marges d’erreur. Cette correspondance est évidente sur tout le pourtour de la tête.
Les taches du côté gauche du visage montrent le mouvement latéral décrit par Jackson : plus les taches sont éloignées du centre du visage, plus ce mouvement est perceptible. Il faut aussi souligner que les taches de sang sur la tête de l’homme du Linceul montrent des traces d’avoir été recouvertes d’un autre linge. La nature spécifique de ces taches et leur position relative sur les deux linges coïncident à un degré tel qu’il serait nécessaire de vérifier sur le Linceul si cette coïncidence est également visible au revers de chaque linge. Cela permettrait d’évaluer la probabilité géométrique de la formation des taches lorsque les linges sont dépliés à plat.
On peut alors poser la question suivante :
— Quelle est la probabilité que deux ensembles de taches, formés au hasard, à des moments différents et sur des corps distincts, correspondent à ce point sur une surface plane ?
Bien que nous ne disposions pas encore d’une réponse chiffrée, il est évident que cette probabilité est extrêmement faible. Si l’on y ajoute les conditions physiques (temps écoulé, mécanismes de formation des taches) et historiques, une seule conclusion s’impose : tout semble indiquer que les deux linges ont enveloppé le même corps, et que ce corps était celui de Jésus de Nazareth, un Juif crucifié à Jérusalem sous le gouverneur romain Ponce Pilate, le 3 avril 33 (ou le 7 avril 30), vers midi, au lieu appelé Golgotha¹⁸. 19
Malgré le caractère positif de cette conclusion, rappelons ce qui fut dit au début de cette présentation géométrique : cette conclusion pourrait être totalement erronée et doit être réévaluée par des études directes sur le Linceul lui-même.
- Quoi qu’il en soit, il convient d’attirer l’attention sur certains points souvent négligés, tels que : Pour une raison encore inexpliquée, le suaire d’Oviedo fut retiré du corps dont il avait enveloppé la tête. Le linge fut ensuite conservé et vénéré. La tradition rapporte que cela n’a rien d’étonnant si le corps en question était celui de Jésus de Nazareth, puisque l’on sait qu’il fut enveloppé dans un linceul, et que l’Évangile de Jean, en décrivant la position du suaire par rapport au linceul, indique qu’il avait été ôté avant que le linceul ne soit utilisé.
Des arguments similaires peuvent être avancés à propos du Linceul. Une coïncidence souvent négligée mérite ici d’être soulignée : les corps des deux linges n’ont jamais été retrouvés. Cette coïncidence n’a de sens que si le corps était celui de Jésus de Nazareth. Une autre hypothèse — peu probable et illogique — serait que le suaire d’Oviedo ait été fabriqué artificiellement, ce qui irait à l’encontre des conceptions de l’époque et supposerait une connaissance physiopathologique que personne ne possédait alors.
Le suaire d’Oviedo n’a pu être placé entre le visage et le Linceul, car, dans ce cas, l’image du Linceul ne se serait pas formée. Ainsi, dans le cas de Jésus de Nazareth, nous avons cette double coïncidence : l’usage inhabituel du linge appelé suaire et la disparition du corps sur lequel il fut utilisé.
Ni le Linceul ni le suaire n’ont jamais été associés à un autre corps que celui de Jésus de Nazareth. Par conséquent, nous pouvons dire que le Linceul de Turin et le Suaire d’Oviedo fournissent des informations parfaitement cohérentes avec celles des linges mentionnés dans les Évangiles. Le seul élément négatif reste la datation au carbone 14, qui introduit des disparités pour les deux linges¹⁹. 20
Cette contradiction rend, selon nous, le résultat du carbone 14 très difficile à interpréter, car même si le corps n’était pas celui de Jésus de Nazareth, rien ne permet d’affirmer que les deux linges n’ont pas couvert le même corps. Cela impliquerait immédiatement un décalage de sept siècles dans la datation au C14.
En dehors de leur lien avec les linges évangéliques, ces deux pièces nous fournissent, du point de vue archéologique, des informations précieuses — tant en quantité qu’en qualité — sur le traitement d’un cadavre crucifié et les rites funéraires pratiqués en Palestine il y a deux mille ans. Ces données ne peuvent être falsifiées. Les circonstances exceptionnelles de ce cas nous permettent de les relier à Jésus de Nazareth, aucun autre corps n’ayant jamais été identifié comme source des taches et de l’image étudiées ici.
Commentaire final
En conclusion, les études menées jusqu’à présent sur le suaire d’Oviedo ont révélé un ensemble d’informations d’une importance considérable. Comme nous l’avons souvent affirmé, le Sudarium Domini couvrit la tête d’un corps mort dans des conditions totalement compatibles avec la crucifixion. L’homme en question avait été préalablement blessé, au point que ses cheveux, le haut du dos, ainsi que les parties du cou et du torse touchées par le linge étaient imprégnés de sang.
C’est ce que le tissu lui-même nous dit. Si l’on ajoute à cela que ce linge a toujours été associé à Jésus de Nazareth, on peut affirmer que tout ce que nous avons découvert jusqu’ici concorde parfaitement avec ce que l’on sait de la Passion et de la mort du Christ sur la croix.
Le suaire d’Oviedo constitue en lui-même un document digne d’une étude approfondie. Il est probable que nous ne soyons encore qu’au début du déchiffrement de toutes les informations qu’il contient. De même que nous avons découvert que le corps avait été placé sur son côté droit, d’autres découvertes pourraient encore venir éclairer davantage ce qui arriva au corps de Jésus, depuis l’heure qui suivit sa mort sur la croix, au moment où le linge fut posé sur son visage, jusqu’à la mise au tombeau. au moment où le suaire fut retiré afin que le corps puisse être enveloppé, très probablement, dans le Linceul de Turin.
L’hypothèse selon laquelle le suaire d’Oviedo pourrait être celui de Jésus de Nazareth implique que son étude soit replacée dans son contexte historique et culturel. Pour cela, il est essentiel de le relier à d’autres documents décrivant les circonstances de l’époque, comme c’est aussi le cas du Linceul et de son environnement géographique à Jérusalem. De la comparaison de ces deux linges résulte une coïncidence frappante, qui ne peut qu’attirer l’attention de quiconque les étudie sérieusement.
Il est évident que différents visages peuvent produire des taches similaires, et qu’une simple observation macroscopique des marques visibles sur ces deux linges ne peut mener qu’à une conclusion : il vaut la peine de poursuivre l’enquête. Une information plus déterminante est que, tandis que les taches sur les visages des deux linges coïncident de manière satisfaisante, celles situées à l’arrière de la tête coïncident également, et le groupe sanguin est le même dans les deux cas.
Les taches de sang versé du vivant correspondent à d’autres taches de sang versé du vivant, et les taches de sang post mortem à leurs contreparties respectives (le sang sortant du côté droit de la bouche, la forme de la barbe et le front). Toutes les blessures produites par des objets pointus sur la nuque du suaire coïncident parfaitement avec celles observées dans la même zone du Linceul, et dans les deux cas, il s’agit de sang répandu avant la mort.
Il s’agit, sans aucun doute, d’une coïncidence inattendue — que Ricci ne put percevoir en raison de son erreur concernant la partie du suaire en contact direct avec le visage — mais très révélatrice. Il n’existe aucun autre cas connu de crucifixion où la victime aurait été préablement couronnée d’épines. L’hypothèse de John Jackson sur la formation de l’image du Linceul et le mouvement latéral des taches décrit par Lavoie et Adler (Biblia y Fe, n°70) se retrouve précisément sur les taches correspondantes du suaire, sur la partie avant gauche. Cela aussi est surprenant, car ni Lavoie, ni Adler, ni Jackson ne connaissaient en profondeur le suaire d’Oviedo — ils n’avaient donc aucune idée préconçue susceptible d’orienter leurs observations. Toute personne examinant les deux linges perçoit immédiatement cette correspondance, même si son interprétation exacte demande du temps et une étude approfondie du mode d’application de chacun des linges.
Le Linceul de Turin et le suaire d’Oviedo sont deux linges qui doivent être étudiés conjointement, sans pour autant négliger leur valeur individuelle. Les informations tirées de l’un peuvent éclairer la compréhension de l’autre. Ce travail devrait intéresser tout chercheur étudiant la figure de celui que nous appelons aujourd’hui « le Jésus historique », car, comme nous l’avons souvent répété, ces linges pourraient constituer des documents apportant des informations exceptionnelles sur les détails essentiels de la vie et de la mort de Jésus de Nazareth.
Ces deux linges pourraient bien être ceux que Marie-Madeleine découvrit « le premier jour de la semaine, à l’aube »²⁰. 21
Valence (Espagne), juin 1998
— Notes —- La méthode employée dans l’étude du linge consiste en :
– Observation du tissu ;
– Analyse physique et mathématique des données obtenues, et élaboration d’une hypothèse théorique sur ce qui a pu se produire et comment cela aurait pu engendrer les résultats analysés ;
– Conception d’expériences ou de tests, puis leur exécution ; recherche de paramètres permettant de caractériser et d’analyser les résultats obtenus ;
– Comparaison des résultats expérimentaux avec les données relevées sur le linge ; conception de nouvelles expériences intégrant les paramètres identifiés lors de l’analyse du linge d’Oviedo ;
– Expériences supplémentaires pour vérifier que les résultats obtenus sont compatibles avec les observations faites sur le linge du point de vue physique ;
– Rédaction des rapports correspondants ; réunions, symposiums ou congrès réunissant l’ensemble de l’équipe pour valider et approuver les résultats.Cette méthodologie est similaire à celle utilisée dans tout projet de recherche physique ou biologique, en termes généraux.
D’un point de vue scientifique, un long délai doit s’écouler avant que les résultats puissent être considérés comme définitifs.
Il est évident que les résultats doivent être interprétés globalement : tout résultat isolé doit être compatible avec l’ensemble.
S’il ne l’est pas, il faut vérifier la manière dont il a été obtenu.
C’est exactement le cas des résultats obtenus par le professeur Baima Bollone lorsqu’il fit dater le linge par la méthode dite du carbone 14.[↩] - La contribution de Baima Bollone au « Premier Congrès international sur le Suaire d’Oviedo » peut être consultée dans le Livre des Actes du congrès, pages 428–429 :
« Le résultat n’est pas facile à interpréter, en raison des difficultés bien connues de la datation des textiles, ainsi que des conditions dans lesquelles l’échantillon fut conservé depuis son prélèvement (1979) jusqu’à son arrivée entre nos mains, quelques années après la mort de Frei en 1983.
……………………………
Les textiles laissés à eux-mêmes dans des conditions atmosphériques normales sont sujets à devenir hautement contaminés.
Les premières observations réalisées sur le Linceul de Lirey–Chambéry–Turin au microscope électronique par P. L. Baima Bollone, P. Coero Borga et E. Morano, en 1978, ont montré une grande quantité de matière contaminante ne faisant pas partie du tissu original.
Le Suaire d’Oviedo a également subi l’explosion de la Cámara Santa en 1934, dont des traces sont visibles sur le spectre des rayons X.
La datation au carbone 14 que nous avons ordonnée ne doit être considérée que comme un stimulant en vue de recherches plus précises effectuées dans de meilleures conditions. »Indépendamment de ces résultats, ni l’EDICES ni la cathédrale d’Oviedo n’ont connaissance des méthodes employées, et aucun rapport de laboratoire définitif n’a été vu.
Les autorités de la cathédrale n’ont pas été informées de l’analyse, et aucun laboratoire spécifique n’a été mentionné.Compte tenu des difficultés inhérentes à la datation du lin (voir Orazio Petrosillo et Emanuela Marinelli, La Sindone: un enigma alla prova della scienza, éd. Rizzoli Libri, Milan 1990, pp. 145 et suiv.), notre équipe étudie la possibilité de répéter l’expérience, en l’associant à d’autres procédures destinées à recouper les résultats.
Les échantillons dont l’origine est connue devraient être datés simultanément avec l’échantillon anonyme (blind sample).
Ce sont les procédures dites de contrôle, sans lesquelles il est impossible de déterminer si la méthode employée est totalement fiable ou non.D’un autre côté, si le résultat déjà obtenu est exact, alors le tissu daterait du VIIᵉ siècle, ce qui soulèverait la question suivante :
— il ne pourrait pas s’agir du suaire de Jésus de Nazareth, alors pourquoi l’appeler “Sudarium Domini” ?Si c’était une contrefaçon, cela n’aurait de sens que si le linge avait déjà une notoriété propre, ainsi qu’une fonction connue.
Quel intérêt y aurait-il à vénérer un chiffon sale, taché du sang d’un cadavre, sous le nom — rien de moins — de “Suaire du Seigneur” ?Selon le résultat du carbone 14, il aurait quitté Jérusalem dès sa fabrication.
Ainsi, ce linge, utilisé pour recouvrir la tête d’une personne cruellement exécutée, aurait été appelé le linge du Seigneur, en souvenir de ce qui s’était produit six siècles auparavant, sans aucune référence à un linge qui aurait recouvert le visage et la tête de Jésus alors que son corps mort était encore sur la croix.Nous ne pensons pas que ce résultat soit suffisant pour écarter la tradition, bien qu’il n’existe aucune documentation connue sur le linge pendant les six premiers siècles.
Seul un objet connu peut être falsifié, non un objet inconnu et de surcroît dégradant.
Cela montre la nécessité d’élaborer un programme de datation rigoureux, en utilisant toutes les méthodes disponibles.
Nous y travaillons actuellement.[↩] - Actes du Premier Congrès international sur le Suaire d’Oviedo, Centre Espagnol de Sindonologie, Valence, 1996.
Voir les communications de Ángel del Campo, José Antonio Sánchez et Delfín Villalaín.
Voir également les Actes du Deuxième Congrès national de Paléopathologie, Valence, 1993.[↩] - Nous n’avons observé aucun signe indiquant la manière dont l’homme fut attaché à la croix.[↩]
- ⁵ Nous disons délibérément « possible » plutôt que « probable ».
La probabilité est un concept mathématique dans lequel des événements successifs sont également possibles.
Dans ce cas, nous ne connaissons aucun autre linge semblable à l’un ou à l’autre qui pourrait être « possiblement » authentique.
Puisque ces linges sont uniques quant aux informations qu’ils contiennent, il n’est pas strictement correct de parler de “probabilité”.
Si les linges en question ne sont pas les véritables linges funéraires de Jésus de Nazareth, nous n’avons aucune idée d’où pourraient se trouver les véritables, s’ils existent encore.[↩] - Cela ne correspond pas à ce que l’on peut lire dans certains ouvrages qui contredisent ce que nous avons fait et présenté dans divers congrès pour discussion et analyse.
À de très rares exceptions près, il s’agit d’affirmations faites dans une ignorance totale des résultats.
Il faut du temps pour pouvoir dire quelque chose de sérieux, mais il n’est pas plus rapide de trouver une base solide pour le rejeter.[↩] - Coordinateur du Shroud of Turin Research Project (STURP), l’équipe américaine qui a observé et étudié le Linceul en 1978.[↩]
- El Sudario de Oviedo y la Síndone de Turín, ¿dos reliquias complementarias? », in Datazione della Sindone, Cagliari, 1990.[↩]
- « La Sindone: Indagine Scientifica », Actes du Congrès de Syracuse, 1987. [↩]
- Lorsque nous étions à Jérusalem en septembre 1995, nous avons parlé avec le Dr Vassilios Tzaferis,
Directeur du Département des fouilles archéologiques à l’Autorité des Antiquités d’Israël,
et nous lui avons posé la question suivante :Selon le récit de Flavius Josèphe, après l’invasion romaine de Jérusalem en l’an 70 apr. J.-C.,
il ne restait plus de bois pour crucifier les gens.
Comment se fait-il que, si tant de personnes sont mortes de cette manière, on n’en ait trouvé aucun vestige à Jérusalem ?Il répondit que le cadavre était normalement descendu de la croix après qu’on lui ait brisé les bras et les jambes, puis jeté dans une fosse commune. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’aucun reste n’ait été identifié, car les bras et les jambes étaient perdus, et il n’est pas facile de les associer à une crucifixion [↩]
- Ricci, L’Uomo della Sindone è Gesù. [↩][↩]
- ¹¹ Cet angle a été mesuré à l’aide d’un goniomètre, en plaçant une tête en verre dans une position permettant de reproduire les taches sur le suaire, comme cela est décrit dans les Actes du Congrès d’Oviedo. Il s’agit donc d’un angle mesuré, qui peut être considéré comme le véritable angle sur le linge d’Oviedo déplié. [↩]
- « El Sudario de Oviedo y la Síndone de Turín, ¿dos reliquias complementarias? », dans Datazione della Sindone, Cagliari, 1990.[↩]
- 13 Toutes les mesures des taches, des distances, etc., doivent être comprises comme approximatives, en particulier dans le cas du Linceul, où il n’est pas possible de déterminer avec précision les contours des taches.[↩]
- Jackson J 1998 « Aproximación al Jesús histórico I : La Síndone de Turín », Biblia y Fe, n°70, Escuela Bíblica, Madrid, 1998 [↩]
- 15 Comme on peut le voir sur l’illustration, la différence de surface calculée pour les deux zones s’explique par le fait que la zone correspondante sur le Linceul inclut toute la surface tachée à la base de l’arrière de la tête, tandis que sur le suaire, la surface concernée est beaucoup plus réduite. Elle s’ajuste toutefois parfaitement à la zone correspondante du Linceul. Cette différence est probablement due au fait que les taches se sont formées à des moments différents sur chacun des linges : sur le suaire, au moment où il fut placé sur la tête (c’est-à-dire alors que le corps était encore sur la croix), seules les taches provoquées par la réouverture des plaies sont visibles, lorsque cette partie de la tête frottait contre le bois de la croix. Une heure plus tard, le linge fut à nouveau taché lorsqu’il entra en contact, sous son propre poids, avec la zone précédemment mentionnée.
Les taches sur le Linceul, en revanche, durent se produire lorsque le corps fut déposé face vers le haut, de sorte que tout le poids de la tête pressa sur le linge, ce qui entraîna la formation d’une surface tachée beaucoup plus étendue — inversement à ce qui s’est produit avec le suaire d’Oviedo.
Ce qui ressort véritablement, c’est que les taches correspondant à la base de l’arrière de la tête sur le suaire s’ajustent parfaitement à la même zone sur le Linceul, lorsque les deux courbes crâniennes (paraboles) coïncident.
La taille moyenne des petites taches se révèle également identique sur les deux linges — comprise entre 0 et 75 mm².[↩]
- 16 Pour le Linceul, voir Biblia y Fe, n°70, et pour le suaire, voir Biblia y Fe, n°71. [↩]
- ¹⁷ Dans son ouvrage L’Uomo della Sindone è Gesù, Ricci mentionne également la présence de plusieurs espèces de pollens originaires de Palestine sur les deux linges. Nous n’avons pas abordé cette question, car elle fait encore l’objet d’une étude en cours au sein de notre équipe.[↩]
- ¹⁸ Il s’agit des deux dates les plus probables selon la bibliographie spécialisée. Le 3 avril nous paraît être la plus vraisemblable des deux. Voir Biblia y Fe, n°71. [↩]
- ¹⁹ Ces datations montrent-elles à quel point la méthode du carbone 14 est utile pour dater le lin ? Il semblerait que oui. [↩]
- Jean 20. [↩]