
Franco A. Testore (1925-2018) était professeur au Politecnico di Turin, où il dirigeait le Département des textiles. Le 21 avril 1988, il a été l’un des deux experts en textiles invités à superviser le prélèvement d’un échantillon du Suaire de Turin pour la datation au carbone 14. Aux côtés de Gabriel Vial, il a observé la découpe de l’échantillon, effectué par le professeur Giovanni Riggi di Numana, et a procédé à la pesée des échantillons destinés aux laboratoires de datation
Pesée des échantillons du Suaire de Turin (1988)
Lors des prélèvements du Suaire de Turin en 1988 pour la datation au carbone 14, des divergences ont émergé concernant les dimensions et les poids des échantillons, soulevant des questions sur la fiabilité des analyses.

Franco Testore, présent lors des prélèvements réalisée par Giovanni Riggi, a d’abord déclaré que la bande de tissu mesurait 81 mm x 16 mm et pesait 300 mg, avant d’être divisée en trois échantillons d’environ 53 mg chacun. Toutefois, il a corrigé ses déclarations quelques mois plus tard, indiquant qu’un des échantillons avait été complété par une petite bande pour atteindre le poids requis. Ces modifications ont été publiées dans les actes du Symposium International du CIELT en 1989, témoignant des ajustements nécessaires pour concilier les poids.
Les incohérences relevées, notamment entre les rapports publiés dans Nature (1989) et les déclarations de Testore, ont suscité des critiques. Certains chercheurs, comme le frère Bonnet-Eymard, ont même évoqué l’hypothèse d’une substitution frauduleuse d’échantillons lors des prélèvements, sans parvenir à apporter d’arguments totalement probant.
Voir Problème des pesées dans les déclarations de Franco Testore
Une Copie Parfaite du Saint Suaire en 2009 ?
Le 17 septembre 2009, lors de la Biennale de Chianciano, le Professeur Franco Testore a tenu une conférence au Musée d’Art de Chianciano intitulée « Arte, Fede e Scienza » (Art, Foi et Science), consacrée à la Sainte-Suaire de Turin. Cet événement a été largement couvert, notamment par un reportage de Teleidea.
Testore a revendiqué être le seul universitaire à avoir réalisé une copie parfaite de la Sainte-Suaire. Ce qu’il entend par « copie parfaite » repose sur une reproduction qui respecte fidèlement les dimensions, les détails visuels et les caractéristiques uniques du Suaire, telles que les effets d’ombre et de lumière, et les traces énigmatiques qui composent l’image du corps, mais aussi le caractère d’empreinte négative et les caractéristiques d’empreintes conformes à la tri-dimensionnalité.
Malgré ses revendications, il est surprenant que Franco Testore n’aie pas publié les détails de ses procédés techniques dans une revue.
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Transcription de l’entretien de 2009 :
( à partir de 0 ‘ 48 » )
Franco Testore :
Le plus grand mystère du Saint Suaire est la formation de l’image. Jusqu’à présent, personne n’a réussi à faire quelque chose de similaire. C’est à dire qu’il existe des peintures, des étampes, des photographies, mais identiques ou similaires à l’original, il n’en existe aucune.
en fait, il ( ce visage ) est fait sur une toile de lin, aux caractéristiques similaires à l’original. Il possède également deux caractéristiques typiques du Saint Suaire et uniques : La négativité et la tri-dimensionnalité. Jusqu’à présent, toutes les études scientifiques faites sur le Saint Suaire disent que cela pourrait dater du I er siècle, sauf la datation au carbone 14. ( … )[ coupure montage ]
Journaliste : Alors on pourrait dire que grâce à vous le mystère de la formation de l’image est résolu
Franco Testore :( … ) Je n’ai pas utilisé de moyens modernes. Celui qui l’ a fait, s’il l’a fait, ce n’est pas un faussaire parce qu’il n’a jamais dit que cela venait de Jésus Christ. Quelqu’un a dû le faire et c’était d’une façon ou d’une autre un génie. C’est un chef d’œuvre par les moyens utilisés. Les moyens électroniques, le laser, etc … n’existaient pas mais il existaient …
Je suis le seul qui ai réussi à repartir de zéro et suis arrivé à cette image en prenant une approche différente. Les autres n’y sont jamais arrivé.
Une autre démarche de Franco Testore fut la donation des reproductions créés à des figures de renom ou des institutions :
- Une au Musée d’Art de Chianciano.
- Une au Cardinal Carlo Maria Martini Archevêque de Milan du 29 décembre 1979 au 11 juillet 2002
- Une à Carlo Azeglio Ciampi. économiste, banquier et homme d’État italien, président de la République italienne de 1999 à 2006.
Turin 2010 :

Barrie Schwortz rapporte que Testore n’était pas d’accord avec certaines de ses conclusions critiques, par rapport aux recherches de Ray Rodgers, Sue Benford et Joseph Marino.
Références :
- Testore, F. A. ( septembre et octobre 1989). Le Saint Suaire. Examen et prélèvement effectués le 21 avril 1988. In Actes du Ier Symposium Scientifique International du CIELT : Le Saint Suaire de Turin, Examen scientifique. Paris : CIELT. page 45 – 46
- C.I.E.L.T ( 1989 ) Actes du Ier Symposium Scientifique International du CIELT Ier Symposium Scientifique International du CIELT, Paris, 1989
- Museodarte. (2009, 7 octobre). Conferenza sulla Sacra Sindone di Torino del Professore Franco Testore al Museo d’Arte di Chianciano. [Vidéo YouTube].
- Schwortz, B. (2010). Turin 2010 – A Personal Report. STERA, Inc. Disponible sur https://www.shroud.com/pdfs/turin%202010%20report.pdf