François Capré

Portrait anonyme du XVIIᵉ siècle, conservé à l’Académie de Savoie, Chambéry. 1

François Capré de Megève (v. 1600 – après 1662) est un juriste, historien et administrateur savoyard du XVIIᵉ siècle, connu pour son travail sur les institutions de la Maison de Savoie et pour avoir laissé un témoignage historique important sur le Saint Suaire de Turin.

Originaire de Flumet, en Savoie, est président à la Chambre des comptes de Savoie et obtient l’anoblissement par ses fonctions. C’est lui qui est à l’origine de l’acquisition de la seigneurie de Megève pour sa famille.


Fonction et carrière

Capré appartient au milieu administratif et juridique savoyard. Il travaille en lien avec :

  • l’administration du duché de Savoie,
  • les institutions financières et judiciaires,
  • la Chambre des comptes de Savoie, organe essentiel de contrôle administratif et financier de l’État savoyard.

Son œuvre témoigne d’un accès direct aux archives ducales, ce qui lui donne une valeur documentaire majeure.


Œuvre principale

Son ouvrage majeur est :

Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye, justifié par titres, statuts, ordonnances, édits & autres preuves tirées des archives (Lyon, Guillaume Barbier, 1662)

Ce livre :

  • retrace l’histoire administrative de la Savoie,
  • compile des actes officiels,
  • conserve des documents aujourd’hui parfois disparus,
  • constitue une source capitale pour l’histoire institutionnelle savoyarde.

Importance pour l’histoire du Saint Suaire

L’ouvrage contient également un traité sur le Saint Suaire de Turin (pp. 391-406), qui :

  • rappelle les circonstances de la possession du Suaire par la Maison de Savoie,
  • rapporte les ostensions et la dévotion associée,
  • compile des éléments historiques tirés des archives ducales.

relation intellectuelle et documentaire directe entre François Capré et Samuel Guichenon

Ces sources permettent d’établir une relation intellectuelle et documentaire directe entre François Capré et Samuel Guichenon, et pas seulement une proximité de milieu. François Capré et Samuel Guichenon entretenaient des relations suivies de travail et de correspondance. Une correspondance conservée pour les années 1651–1657 concerne directement la préparation du Catalogue des chevaliers de l’Annonciade de Capré (1654). Capré y utilise explicitement l’Histoire de Bresse de Guichenon comme source. Une lettre datée du 30 décembre 1659 atteste encore leurs échanges quelques années plus tard. Les deux hommes appartiennent donc à un même réseau historiographique savoyard, fondé sur l’échange de documents, de références et d’informations historiques. 2

Bibliographie :

voir article wikipedia : Famille Capré de Megève

Bibliographie essentielle — ordre chronologique

  • Capré, F. (1662). Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye, justifié par titres, statuts, ordonnances, édits & autres preuves tirées des archives. Lyon : Guillaume Barbier. Source primaire fondamentale : Capré écrit à partir des titres et archives de la Chambre des comptes. L’édition compte 406 pages.
  • Foras, A. de. (1863). Armorial et nobiliaire de l’ancien duché de Savoie (vol. 1, « Capré de Megève », pp. 302–303). Grenoble : Allier Frères. Référence généalogique ancienne essentielle pour la famille, ses armes, sa devise et ses alliances.
  • Costa de Beauregard, P. (1863). Communications sur Samuel Guichenon, ses relations avec François Capré, et sur le projet de mariage entre Louis XIV et la princesse Marguerite-Yolande de Savoie. Dans Mémoires de l’Académie impériale de Savoie, 2e série, t. V. Étude spécifiquement consacrée aux relations Capré–Guichenon.
  • Costa de Beauregard, P. (1863). Recherches sur le livre anonyme, ouvrage inédit de Guichenon. Mémoires de l’Académie impériale de Savoie, 2e série, 5, 59–104.Replace Capré et Guichenon dans le même réseau historiographique savoyard.
  • Biver, A. (1922). Communication sur une correspondance inédite entre Capré et Guichenon de 1651 à 1657 à propos du Catalogue des chevaliers de l’Annonciade. Mémoires et Documents, 60, 26–27. Probablement la référence secondaire la plus directement probante pour établir leur collaboration.
  • Chaix d’Est-Ange, G. (1909). Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle (t. VIII, pp. 225–226). Évreux : C. Hérissey. Particulièrement utile pour François Capré, son accession à la noblesse et l’établissement de la famille à Megève : c’est notamment la source invoquée pour son anoblissement par ses fonctions et son rôle dans l’acquisition de la seigneurie.
  • Perrillat, L., & Townley, C. (2018). Dictionnaire des magistrats du Sénat et de la Chambre des comptes de Savoie (1559–1848). Chambéry : Union des sociétés savantes de Savoie. À privilégier pour replacer François Capré dans son milieu professionnel et institutionnel, plutôt que dans la seule tradition généalogique
— Notes —
  1. Département de la Savoie. (2025). Les tableaux de l’Académie de Savoie s’offrent une nouvelle jeunesse. La Rubrique des patrimoines de Savoie, 54. Document et reproduction du portrait p 18 [↩]
  2. Le point le plus fort est la correspondance inédite de 1651 à 1657 signalée par André Biver : elle porte précisément sur le Catalogue des chevaliers de l’Annonciade de Capré, publié en 1654. La notice Sabaudia confirme les dates, le sujet et les deux protagonistes.

    Cette collaboration laisse aussi une trace dans l’ouvrage même de Capré : son Catalogue des chevaliers de l’Ordre du Collier de Savoye indique qu’il est « justifié » notamment par l’Histoire de Bresse de Monsieur Guichenon. Autrement dit, Capré utilise explicitement Guichenon comme source historique.

    Le dossier est renforcé par Pantaléon Costa de Beauregard. Son étude de 1863 sur les relations entre Guichenon et Capré s’appuie sur leur correspondance et traite également des travaux historiques et politiques de leur temps. Une autre étude du même volume, consacrée à un ouvrage inédit de Guichenon, classe ensemble Capré, Guichenon, le père Monod et Christine de France dans le même contexte historiographique savoyard.

    Enfin, une source indépendante du XIXe siècle apporte un détail particulièrement révélateur : Paul Allut cite une lettre de François Capré à Guichenon datée du 30 décembre 1659, conservée dans la correspondance manuscrite de Guichenon à la Bibliothèque de l’Institut. Cela montre que leurs échanges se poursuivent au-delà de 1657.[↩]

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