Georges Porché

Georges Porché (1871-1942) , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, a contribué à la diffusion des connaissances sur le Saint Suaire de Turin en traduisant en français l’ouvrage de Giuseppe Enrie intitulé « Le Saint Suaire révélé par la photographie« .

Parcours et Formation

Georges Gustave Antoine Porché, né le 30 décembre 1871 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), est un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, figure notable dans le domaine ferroviaire en Afrique du Nord, notamment au Maroc.

Georges Gustave Antoine Porché, ancien élève de l’École polytechnique (promotion 1890), débute sa carrière comme ingénieur des Ponts et Chaussées à Gien, avant d’être détaché au Ministère des Affaires étrangères. Ce poste l’amène à occuper plusieurs fonctions à l’international, en particulier en Afrique du Nord. En Tunisie, il est ingénieur à Sfax, puis devient directeur général des travaux de Tunisie et directeur des travaux de Tunis. Sa carrière se poursuit au Maroc, où il est nommé directeur général de la Compagnie franco-espagnole du Chemin de Fer de Tanger à Fez en 1919, poste qu’il occupe jusqu’en 1934.

Georges Porché est décoré à plusieurs reprises pour ses contributions. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 10 mars 1908, avec une remise de médaille par Eugène Regnault, Ministre de France à Tanger. Le 17 février 1918, il est promu Officier de la Légion d’Honneur, cette fois décoré par le Général Hubert Lyautey, Résident Général au Maroc, avec qui Porché entretient une relation professionnelle étroite. Enfin, il est élevé au rang de Commandeur de la Légion d’Honneur le 24 janvier 1933, par Albert Lebrun, Président de la République française.

Il décède le 11 mai 1942 à l’âge de 70 ans.

Contribution au sujet du Saint Suaire :

George Porché était un proche de Giuseppe Enrie et il assista à l’exposition du Saint Suaire de près tout comme Paul Vignon ou encore Secondo Pia ( Tonelli, 1931 )

traces de brûlure


Don Tonelli écrit que, dans la nuit du 22 mai 1931, alors que le Suaire était exposé sans verre pour le travail photographique de Giuseppe Enrie, le professeur George Porché attira l’attention sur des petits trous, remarquant qu’il s’agissait de marques de brûlure, différentes de celles causées par l’incendie de Chambéry en 1532. ( Tonelli, 1931 ). Ces traces de brûlure sont visibles sur la copie de Lierre (Belgique) de 1516

Traducteur de Giuseppe Enrie

Couverture de la traduction française de 1936 de l’ouvrageLe Saint Suaire révélé par la photographie« . par Giuseppe Enrie

Cette traduction, publiée en 1936, a permis au public francophone d’accéder aux analyses photographiques détaillées réalisées par Giuseppe Enrie lors de l’ostension solennelle du Saint Suaire en 1931.

Introduction à l’ouvrage d’Enrie – 1935 :

Dans son introduction à l’ouvrage de Giuseppe Enrie, Georges Porché dresse un panorama riche et documenté sur les enjeux techniques et historiques liés aux photographies de 1931 et sur la figure même d’Enrie, qu’il tient en haute estime. L’analyse de cette introduction documente l’état des réflexions scientifiques au lendemain de la prise de vue d’Enrie.

Il souligne que ces images officielles, prises en 1931, constituent la base des études contemporaines sur le Saint Suaire, bien qu’elles aient été obtenues dans des conditions de grande précipitation : « la série des opérations de 1931, exécutées hâtivement au milieu des cérémonies d’une ostension publique, n’a pu être complète. »

Les photographies d’Enrie s’ajoutent à celles réalisées par Secondo Pia en 1898, dans des conditions techniques plus rudimentaires. Les progrès rapides des sciences optiques et photographiques sont notés par Porché : « En 1898, certains auraient pu penser déjà que la question photographique était vidée… À l’heure actuelle, on ne sait lequel des deux artistes il faut admirer le plus, le premier pour le résultat obtenu dans des conditions à tous égards défectueuses, le second pour le progrès accompli. »


Examens scientifiques du Saint Suaire :

Dans son introduction (1935), Porché aborde ensuite les possibilités d’exploration technique supplémentaires qui permettraient d’approfondir l’étude du Saint Suaire, notamment par des techniques d’imagerie non encore disponibles à l’époque, comme les rayons infrarouges ou les rayons X : « la photographie n’a, jusqu’ici, utilisé couramment qu’une petite octave du clavier des radiations […] notre perception visuelle que photographique ne nous révèle qu’un aspect très particulier, très subjectif, de l’univers. » Ces méthodes pourraient un jour révéler des détails invisibles aux techniques classiques : « une longue inscription que la première [image] ne permettait pas de soupçonner. »

De plus, Porché invite à des techniques spécifiques comme la photographie en lumière diffuse ou mobile, voire la transparence, qui permettrait de mieux cerner la structure du tissu et d’obtenir des images de son autre face.

Porché appelle à une collaboration entre disciplines pour enrichir les études sur le Saint Suaire. Il espère que l’histoire, la physique et la chimie travailleront ensemble, tout en rappelant le rôle fondamental du Professeur Vignon, pionnier dans ce domaine. Il mentionne également d’autres chercheurs, tels que le Dr. Barbet, l’Ingénieur Gérard Cordonnier, Antoine Legrand et le R.P. d’Armailhacq,

Dans sa conclusion, Porché justifie son choix de traduire « Linceul » plutôt que « Suaire », affirmant que le terme est plus exact : « comme M. Vignon, dans son grand travail de 1902, j’ai partout employé le mot ‘Linceul’ au lieu du mot ‘Suaire’ […] ‘linge’ serait peut-être encore plus juste. »

source :

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