Photographies du Saint Suaire en 1898

Né en 1824 en Italie, ce prêtre catholique se distingue par la diversité de ses centres d’intérêts et ses compétences en sciences, reflétées dans ses nombreuses publications en sciences naturelles. Lors de l’ostension de 1898, il réalise une photographie clandestine du Saint Suaire alors que Secondo Pia réalise la photographie officielle.
Un jésuite passionné de sciences :
Nous n’avons pas encore trouvé de données précises sur sa biographie, mais principalement sur ses contributions à l’Eglise et à la Science.
Jésuite de formation, il se distingue comme fondateur de la « Società dei Fasti eucaristici » pour célébrer la présence réelle de Jésus-Christ et son sacrifice pour l’humanité.
Prêtre métérologue :
Mais Gianmaria Sanna Solaro se fait connaître également pour ses travaux scientifiques en météorologie, publiant notamment une Nouvelle théorie de la grêle, en 1863 par la Société météorologique de France ( Sanna Solaro, G. M. (1863) .

Pierre cb — Travail personnel ( Wikipedia France 2024 )
Puis en 1870, il publie Recherches sur les causes et les lois des mouvements de l’atmosphère : vents rectilignes à Paris ( Sanna Solaro, G. M. 1870), un ouvrage qui illustre ses compétences en recherche scientifique.
Prêtre paléontologue :
Par ailleurs, le révérend père Gianmaria Sanna Solaro s’intéressait visiblement à un domaine sensible à l’époque pour l’Eglise : la paléontologie. Cette science des fossiles et des anciennes formes de vie, s’était développée rapidement au XIXe siècle et avait mis en lumière l’ancienneté de la Terre et l’évolution des espèces, remettant en question la chronologie biblique de la Création de la Terre et de la vie sur Terre.

Il publie ainsi à Toulouse une courte brochure sur la découverte récente de fossiles d’une espèce d’un des plus grands mammifères terrestres connus qui aient jamais existé : le Deinotherium , un lointain ancêtre de l’eléphant 1 : Mémoire sur le premier bassin de Dinothérium découvert dans le département de la Haute-Garonne
Photographe du Saint Suaire en 1898
En 1898, Sanna Solaro, en tant que membre du Club de Photographes Amateurs auquel appartenait également Secondo Pia, parvient à réaliser un cliché « clandestin » du Saint Suaire de Turin, contribuant ainsi à l’étude et à la documentation de cette relique.

La S. Sindone che si venera a Torino ( 1901 )

En 1901, il publie La S. Sindone che si venera a Torino à Turin, un ouvrage dans lequel il témoigne notamment des conditions de la photographie de son collègue et ami Second Pia. Cet ouvrage contient également une histoire très documentée du Saint Suaire s’appuyant sur les sources documentaires anciennes, ainsi que des reproductions d’autres photographies du Saint Suaire prises en 1898 par lui même.
L’ouvrage présente d’abord un tirage positif et négatif de la vue d’ensemble de l’autel et du Saint Suaire dans le cadre ( page 143 – 144 )


L’ouvrage présente également un tirage positif et négatif d’un agrandissement du visage de Jésus ( page 145 – 146 )


observation et hypothèses au sujet des Clichés
On peut supposer que Giovanni Maria Sanna Solaro utilisait également une place de verre avec une émulsion orthochromatique ( puisque c’était la technologie dominante de l’époque ). Il est probable qu’il n’a pas utilisé de filtre jaune pâle et que l’exposition fut sans doute différente en terme de durée par rapport à celle de Secondo Pia.
Par ailleurs,Giovanni Maria Sanna Solaro a pris ses clichés alors que la foule était présente et l’image est moins nette car les chocs causés par les pas des personnes qui défilaient faisaient vibrer le sol sur lequel son trépied photographie devait être placé. Ainsi, la netteté de l’image est moindre du fait de l’oscillation du plan focal de l’appareil optique durant l’exposition du film.
Postérité :
Giovanni Maria Sanna Solaro décède en 1908 mais son ouvrage est un alors un ouvrage de référence souvent cité notamment par Paul Vignon ou Noguier de Malijay. La polémique suscitée par les hypothèses sceptiques du chanoine Ulysse Chevalier a conduit notamment Noguier de Malijay a faire connaître au public francophone l’existence de l’ouvrage de Giovanni Maria Sanna Solaro dans ses propres livres.
Références :
- Sanna Solaro, G. M. (1863). Nouvelle théorie de la grêle. Versailles : Beau jeune imprimeur de la Société météorologique de France.
- Sanna Solaro, G. M. (?) Mémoire sur le premier bassin de Dinothérium découvert dans le département de la Haute-Garonne. Toulouse : impr. de Pradel et Blanc.
- Sanna Solaro, G. M. (1870). Recherches sur les causes et les lois des mouvements de l’atmosphère : vents rectilignes. Paris : Bureau de la revue « Les Mondes ».
- Sanna Solaro, G. M. ( 1901 ) La S. Sindone che si venera a Torino , Turin, Vincenzo Bona.
- Wikipedia contributors. (2024). Deinotherium. 19 Octobre 2024
- le Deinotherium faisait partie de l’ordre des Proboscidiens (Proboscidea), du grec proboskis qui signifie « trompe », à savoir un ordre de mammifères caractérisés par celle-ci. Ils ne sont représentés, à l’heure actuelle, que par les éléphants de la famille des éléphantidés. Voir par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Deinotherium [↩]