Giovanni Busnelli

Giovanni Busnelli

Cassina Ferrara, Saronno, 1866 – Rome, 1944

Père Giovanni Busnelli, jésuite, archiviste puis rédacteur de la « Civiltà Cattolica » une revue jésuite italienne fondée en 1850, organe officieux du Saint-Siège. Il était également un spécialiste des études philosophiques, historiques, littéraires, dantesques, également peintre paysagiste de talent.

Busnelli Giovanni 1937 – L’ultima pineta del Tuscolo
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Contribution au Saint Suaire : sur Vignon (1938) et la recherche scientifique sur la Sainte-Suaire

Dans son article de 1938, « L’Histoire et la Science face au Saint Suaire« , le père Giovanni Busnelli S. I. rend hommage au dernier ouvrage de Paul Vignon (Le Saint Suaire de Turin devant la science, l’archéologie, l’histoire, l’iconographie, la logique, 1938), saluant un travail savant, systématique et interdisciplinaire, mobilisant science expérimentale, logique, iconographie et histoire pour approcher l’énigme du suaire.

Selon Busnelli, Vignon déploie une triple démonstration :

  • Anatomique et médico-légale (la figure correspondrait bien à un crucifié tel que Jésus),
  • Historique (traces, mentions, et silences explicables dans les siècles anciens),
  • Iconographique (le passage du Christ imberbe au Christ barbu dans l’art dès le Ve siècle comme effet de la connaissance de l’image du Suaire).

Busnelli souligne également les recherches médicales italiennes, notamment celles du Dr Giovanni Judica Cordiglia, professeur de médecine légale à l’Université de Milan, qui en 1938 publia dans L’Avvenire d’Italia un article sur les causes de la mort du crucifié vu à la lumière du suaire, en récusant la thèse de Pierre Barbet sur une péricardite hydrocardiaque.

Judica Cordiglia, à partir de centaines d’autopsies, estime que la perforation au flanc a probablement provoqué une péricardite sierosa traumatica, liée aux violences extrêmes de la flagellation, justifiant la présence de liquide dans la cavité thoracique et donc la cohérence du récit évangélique. Busnelli le cite comme un témoin crédible, validant expérimentalement les indices du suaire.

C’est pourquoi, malgré l’admiration qu’il exprime pour l’ouvrage de Vignon, Busnelli introduit un point de réserve critique sur ses explications au sujet du sang, du sérum et des caillots de sang humidifiés, qui témoigne de son exigence et de sa rigueur :

« Che se ancora restano alcuni punti non del tutto chiariti del sangue e dei grumi che in essa appaiono, le posteriori indagini, se verrà concesso di poterle estendere, varranno a recare la luce desiderata. Ma ciò che finora s’è accertato, non ne soffre verun danno. » 2

Traduction :

« S’il reste encore quelques points du sang et des caillots qui y apparaissent qui ne sont pas entièrement clairs, des investigations ultérieures, si on permet de les étendre, pourront apporter la lumière souhaitée. Mais ce qui a déjà été établi n’en souffre aucun dommage. »

Cette remarque, bien que discrète, suggère que l’interprétation des taches de sang ni par Vignon ni par Pierre Barbet ni par Judica Cordiglia n’est pas encore entièrement convaincante aux yeux de Busnelli. Il reconnaît la solidité générale de la démonstration de Vignon, mais laisse la porte ouverte à de futurs approfondissements, en particulier sur le plan médico-chimique

Bibliographie sur le Saint Suaire :

  • Busnelli, G. (1938, 18 giugno). La storia e la scienza davanti alla Santa Sindone. La Civiltà Cattolica: pubblicazione periodica per tutta l’Italia, 89, 532–552

Spécialiste de Dante : ( parce que c’est intéressant ! )

Ses travaux ont profondément marqué l’exégèse philosophique et théologique de l’œuvre de Dante Alighieri. Convaincu que la Divina Commedia ne pouvait être comprise sans une connaissance approfondie de la philosophie et de la théologie du Moyen Âge, il défendit avec vigueur l’idée que la pensée de Dante s’enracinait prioritairement dans la tradition thomiste, par l’intermédiaire de saint Thomas d’Aquin, qu’il considérait comme la source principale de l’inspiration philosophique et doctrinale de Dante, derrière Aristote et les autres autorités médiévales.

Sa démarche contrastait avec celle de contemporains comme Bruno Nardi, qui insistaient davantage sur l’influence d’Albert le Grand, de l’averroïsme latin ou du néoplatonisme. Leur opposition aboutit à une controverse célèbre autour de la monographie de Busnelli sur la cosmogonie et l’anthropogenèse dans Dante (1922), à laquelle Nardi répondit dans un article devenu classique (Il tomismo di Dante e il Busnelli S.J., 1923).

Bibliographie sur Dante :

  • Busnelli, G. (1906). La concezione del Purgatorio di Dante. La Civiltà Cattolica, LVII(3), 1534-1545.
  • Busnelli, G. (1907). L’ordine morale del Purgatorio di Dante. La Civiltà Cattolica, LVIII, I-V.
  • Busnelli, G. (1907). L’Etica Nicomachea e l’ordinamento morale dell’Inferno di Dante. Bologna: Tip. Gamberini e Parmeggiani.
  • Busnelli, G. (1909). Il simbolo delle tre fiere dantesche. Roma: Tip. della Civiltà Cattolica.
  • Busnelli, G. (1911). Il concetto e l’ordine del Paradiso dantesco. Città di Castello: Lapi.
  • Busnelli, G. (1912). Il criterio distributivo dei beati nel Paradiso di Dante. La Civiltà Cattolica, LXIII(1), 410-428.
  • Busnelli, G. (1922). Cosmogonia e antropogenesi secondo Dante e le sue fonti. Roma: Tipografia Poliglotta Vaticana.
  • Busnelli, G. (1929). L’origine dell’anima razionale secondo Dante e Alberto Magno. La Civiltà Cattolica, LXXX(III), 229–347.
  • Busnelli, G. (1933). Dante vivo. Roma: Industria Tipografica Romano.
  • Busnelli, G., & Vandelli, G. (Éds.). (1934–1937). Convivio (edizione critica commentata). Firenze: Sansoni.

Études critiques sur Giovanni Busnelli

  • Nardi, B. (1923). Il tomismo di Dante e il Busnelli S.J.. Giornale Storico della Letteratura Italiana, LXXXI, 307–334. Repris in Saggi di filosofia dantesca (pp. 341–380). Firenze: La Nuova Italia, 1967.
  • Gilson, É. (1953). Dante et la philosophie (2ᵉ éd.). Paris: Vrin.
  • Mondrone, D. (1944). Scrittori al fineggio, Série III, Rome, pp. 259–35
— Notes —
  1. in Un appassionato pittore del Tuscolo, Milano, Pro Familia, n. 26, 27 giugno XV, p. 339. https://dizionariodartesartori.it/opere/lultima-pineta-del-tuscolo [↩]
  2. Busnelli, G. (1938, 18 giugno). La storia e la scienza davanti alla Santa Sindone. La Civiltà Cattolica: pubblicazione periodica per tutta l’Italia, 89, 532–552 [↩]

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