Giovanni Charrier

Giovanni Charrier ( 1920-2000)

Giovanni Charrier (1920-2000) fut l’un des noms les plus respectés de la géologie et de la paléobotanique italiens du XXᵉ siècle, dont l’œuvre scientifique traverse des domaines aussi variés que l’analyse pollinique, la stratigraphie, la géologie historique et l’enseignement universitaire.

Né en Italie au début du XXᵉ siècle, Charrier se distingua par une formation pluridisciplinaire peu commune : il fut lauréat en pharmacie et en sciences naturelles, avant de devenir libre docent (maître de conférences) en paléobotanique et professeur de géologie à la Faculté d’ingénierie du Politecnico di Torino, où il forma plusieurs générations d’étudiants et de chercheurs.

Son intérêt scientifique se concentra sur l’étude des formations végétales anciennes, l’analyse palynologique et les processus sédimentaires, ce qui fit de lui un expert sollicité non seulement dans le milieu académique, mais aussi dans des contextes interdisciplinaires où fossiles et pollens servent de témoignages directs de l’histoire naturelle. geoitaliani.it


La contribution au dossier palynologique du Linceul : un cadre méthodologique essentiel

Lorsqu’en 1976 le Centre international de sindonologie publia dans Sindon un numéro spécial sur les prélèvements de poussières faits par le Dr Max Frei sur le Linceul de Turin, Giovanni Charrier fut invité à rédiger un article dont l’objectif n’était pas de débattre des résultats eux-mêmes, mais de donner au lectorat la clé scientifique nécessaire pour comprendre ce que représente véritablement une analyse pollinique.

Dans son texte intitulé Attualità dei metodi palinologici, Charrier explicite que la palynologie — l’étude des grains de pollen et des spores — n’est pas une simple observation de « taches microscopiques », mais une discipline qui repose sur des fondements biologiques, géologiques et méthodologiques rigoureux :

  • Nature et résistance des pollens : les grains polliniques possèdent une enveloppe externe extrêmement résistante, la sporopollénine, qui permet leur conservation dans des milieux variés et sur de longues périodes.
  • Caractères morphologiques : l’identification repose sur la forme, les structures de l’exine, les pores et colpes ; ces critères sont comparés à des collections de référence (herbiers, banques d’images).
  • Provenance et pollution atmosphérique : Charrier rappelle la dynamique de la « pluie pollinique » — accumulation par les vents de grains provenant souvent de zones très étendues — et les biais possibles lors de prélèvements faits dans des contextes non contrôlés.
  • Méthodologie analytique : l’article décrit le protocole chimique et technique d’extraction des pollens (dissolution des matrices, centrifugation, ultrasons, observations microscopiques optiques et électroniques), soulignant que l’opération est délicate, longue et susceptible d’erreurs ou de contaminations si les précautions ne sont pas rigoureusement observées.

Par là, Charrier offrit une boîte à outils conceptuelle permettant au lecteur de replacer les résultats de Frei dans leur juste perspective scientifique, en soulignant à la fois les capacités mais aussi les limites de l’approche palynologique, notamment en ce qui concerne les contaminations possibles, les remaniements sédimentaires et les interprétations géographiques ou chronologiques qui en découlent.

Références bibliographiques

  • Charrier, G. (1976). Attualità dei metodi palinologici, in Sindon, 18, Quaderno n. 23, p. 10–13.
  • Charrier, G. (1978, 27 août). I pollini al microscopio [Les pollens au microscope] (Professore di Geologia presso il Politecnico di Torino), in La Sindone (Supplément spécial à l’occasion de l’ostension du Saint Suaire de Turin, 27 août – 8 octobre 1978).
  • In memoria del Prof. Giovanni Charrier (31 oct. 2024). Geoitaliani.it: Scienze della Terra e Natura.

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