Giovanni Riggi di Numana (1935-2008) est un scientifique italien réputé pour sa contribution majeure à l’étude du Saint Suaire de Turin.

Contribution au STURP – 1978
En tant que micro-analyste, Riggi a été étroitement impliqué dans les analyses du Suaire depuis 1978, où il participa au projet d’examen scientifique STURP (Shroud of Turin Research Project).

Il a utilisé un mini-aspirateur pour recueillir des poussières séculaires entre le Suaire et son tissu de doublure. Il identifia ainsi des pollens et des acariens, qu’il compara aux spécimens des momies égyptiennes du Musée égyptien de Turin.
Il inséra également une caméra endoscopique permettant d’obtenir les premières images du dos du tissu, révélant ainsi de nouvelles informations sur la distribution des taches de sang.

Carbone 14 en 1988 :
En 1988, Riggi joue un rôle central dans le prélèvement d’échantillons de tissu destinés à la datation au carbone 14.

Riggi, très scrupuleux dans son approche, documenta minutieusement chaque étape de ce prélèvement en réalisant une vidéo ( voir notre section Films )

Cependant, les conclusions controversées de cette datation, qui conclut alors à une origine médiévale de la relique, firent l’objet de débats et de critiques, certaines évoquant des anomalies dans les fibres prélevées et une possible contamination ou restauration historique de l’échantillon.
Riggi, financé personnellement, enregistra l’événement sur vidéo et conserva plusieurs fragments de lin dans un coffre sécurisé, selon lui avec l’accord du cardinal Ballestrero.
Ces fragments supplémentaires furent plus tard utilisés par d’autres chercheurs, mais l’utilisation non autorisée des échantillons souleva des questions, et le cardinal Saldarini demanda leur retour, ce qui limita par la suite le rôle de Riggi dans les recherches sur le Suaire.
Utilisations controversées des échantillons de Riggi.
Les travaux du Dr Garza-Valdès : ( 1988 )
Le journaliste italien Dr. Piero Di Pasquale, qui découvrit que le Dr. Garza-Valdes de l’Université du Texas avait travaillé sur des échantillons du Suaire, obtenus grâce à Giovanni Riggi, le scientifique ayant prélevé les échantillons pour la datation en 1988. Garza-Valdes découvrit une « couche bioplastique » sur certains échantillons qui, selon lui, pourrait avoir faussé les résultats de datation, renforçant l’intérêt scientifique pour l’ADN du Suaire.
Les travaux du Dr Victor Tryon (1993)
En 1993, les échantillons furent examinés par des scientifiques de l’Université du Texas, notamment le Dr. Tryon, qui confirma la présence de sang humain. Victor Tryon souleva la possibilité de découvrir l’origine ethnique et des indices génétiques potentiellement liés à la naissance vierge en analysant cet ADN. Ce sujet a généré de nombreux débats éthiques, d’autant plus que l’Église, par la voix du Cardinal Saldarini, a rapidement demandé le retour de tous les échantillons dispersés pour mettre fin aux tests non autorisés.
Les travaux de Giulio Fanti et Saverio Gaeta ( 2013 )
Dans leur ouvrage Il Mistero della Sindone, Giulio Fanti et Saverio Gaeta présentent des analyses scientifiques sur des fibres provenant du Saint Suaire, prétendument prélevées en 1988 et transmises par Giovanni Riggi. Les analyses de Fanti, utilisant la spectroscopie infrarouge et Raman ainsi qu’un test mécanique multi-paramétrique, situent l’origine du Suaire autour du Ier siècle après J.-C., contredisant ainsi les résultats de la datation au carbone de 1988, qui dataient le tissu au Moyen Âge.
Cependant, la véracité de ces fibres reste incertaine. Le Cardinal Cesare Nosiglia, alors gardien du Suaire à Turin, a rapidement souligné l’absence de garanties quant à l’authenticité de ces échantillons, soulignant que les résultats des tests ne pouvaient donc pas être officiellement reconnus. La première limite est donc que les fibres utilisées par Fanti proviennent d’une source non autorisée, ce qui jette un doute sur leur authenticité en tant que parties vérifiées du Suaire. La seconde limite réside dans la méthodologie : les tests FT-IR, Raman et multi-paramétriques utilisés pour ces datations sont peu répandus et n’ont pas encore une reconnaissance bien établie dans le domaine de l’archéologie pour authentifier des artefacts anciens. ( Ian Wilson, 2013)
Bibliographie Sélective
- Riggi di Numana, G. (1981). The Dusts of the Holy Shroud of Turin – Progress Report on the Work of the Turin Section of STURP. New London, CT.
- Riggi di Numana, G. (1988). Rapporto Sindone. Milano: 3M Edizioni.
- Wilson, I. (1996). Science Fiction to Science Fact? Cloak and Dagger with Shroud DNA. British Society for the Turin Shroud, Newsletter No. 43, June/July.
- Gonella, L., & Riggi di Numana, G. (2005). Il Giorno più Lungo della Sindone. Cronache e Documenti sulle Operazioni di Prelievo dei Campioni per la Radiodatazione del Telo Sindonico (1986-1988). Fondazione 3M.
- Wilson, I. (2008). Giovanni Riggi: A Tribute. BSTS Newsletter No. 67 – June 2008
- Fanti, G., & Gaeta, S. (2013). Il Mistero della Sindone: Le sorprendenti scoperte scientifiche sull’enigma del telo di Gesù [The Mystery of the Shroud: The amazing scientific discoveries about the enigma of Jesus’ winding sheet]. Rizzoli.
- Wilson, I. (2013). Editor’s Book Reviews: Giulio Fanti and Saverio Gaeta, Il Mistero della Sindone (2013). British Society for the Turin Shroud Newsletter, (77), June 2013.
- Lucotte, G., & Thomasset, T. (2017). Scanning electron microscopic characterization and elemental analysis of one hair located on the face of the Turin Shroud. Archaeological Discovery, 5(1), Article ID:72729, 21 pages.