
Giulio Ricci (né en 1913 – mort en 1995) était un prêtre catholique italien, artiste et sindonologue, très actif dans l’étude scientifique du Saint Suaire et, de façon importante, du Suaire d’Oviedo (Sudarium). Il fut l’un des premiers à proposer sérieusement que le Sudarium d’Oviedo soit un « linge facial » complémentaire au Linceul et qu’il puisse fournir des concordances avec lui. Après avoir fondé le Centro Romano di Sindonologia, il publia de nombreux livres et organisa des expositions pour diffuser ses recherches. 1
Formation, compétences, fonctions
Ricci était prêtre et membre de la Curie Vaticane, et s’intéressait profondément à la combinaison de la foi et de la science dans le domaine de la relique. 2 Il possédait des compétences en arts visuels (peintures, diagrammes), en géométrie appliquée aux traces sanguines, en photographie spécialisée (infrarouge, ultraviolet), et en modélisation médico-légale des écoulements.
Il dirigea le Centro Romano di Sindonologia, qui publiait des études, des expositions et des documents sur le Suaire. 3
Apport au Saint Suaire
- Le travail de Giulio Ricci dans Statura dell’uomo della Sindone (1967) s’inscrit dans une approche résolument anthropométrique et comparative, fondée sur l’analyse des proportions corporelles visibles sur l’empreinte.

- Statura dell’uomo della Sindone (1967) : À partir de documents photographiques et de reconstructions graphiques (notamment des pieds, des avant-bras et de l’axe corporel), Ricci met en évidence des discordances apparentes entre les parties antérieure et postérieure, qu’il cherche à résoudre par des hypothèses de position du corps et de comportement du tissu. Son travail introduit ainsi des modèles explicatifs — dont celui d’une jambe gauche légèrement fléchie et surélevée — pour rendre compte des raccourcissements et déformations observés. Enfin, il propose une lecture globale visant à restaurer une cohérence anatomique du corps, en dépit des anomalies métriques, en recourant à des ajustements géométriques et physiologiques.
- Ricci passa beaucoup de temps à élaborer des reconstitutions artistiques et des diagrammes géométriques des traînées de sang sur le Linceul, afin de donner une lecture visuelle des blessures et de la position du corps. 1

- Il a publié L’uomo della Sindone e Gesù aux Edizioni Studium en . (1969) qui reprend ses réflexions dans une perspectives plus large autour de la reconstitution de la crucifixion de Jésus aboutissant aux propriétés visuelles et géométriques du Saint Suaire.


- Il a publié Via Crucis secondo la sindone aux édtions Ancora (1972) traduit en anglais sous le titre The Way of the Cross in the Light of the Holy Shroud. (1988)
Reconstitution du « Christ sindonologique »
Giulio Ricci, à la fois prêtre, artiste et chercheur, entreprit dès les années 1960 de reconstituer le corps du Christ tel qu’il apparaît sur le Linceul de Turin, dans ce qu’il appela le Cristo Sindonico ou Cristo Sindonologico. Son objectif était de traduire plastiquement les données médico-légales et anatomiques issues du Linceul, afin d’obtenir une représentation réaliste, fondée sur l’observation scientifique et non sur la tradition iconographique.
Cette œuvre résultait d’une analyse géométrique précise : Ricci mesura les distances entre les traces anatomiques (front, nez, lèvres, thorax, genoux, pieds), en tenant compte de la perspective de projection propre au tissu. Il réalisa ainsi un modèle tridimensionnel qui servit à plusieurs expositions du Centro Romano di Sindonologia, notamment à Rome, Turin et Oviedo 4.


Il réalisa aussi des tableaux anatomiques du corps du Christ basé sur ces mesures — des silhouettes grandeur nature accompagnées de commentaires scientifiques, montrant notamment la position des plaies, des écoulements sanguins et des postures articulaires au moment de la mort 5.
Ricci voyait dans cette reconstitution un moyen de faire dialoguer la science et la foi : il s’agissait pour lui d’un Christ historique, reconstruit à partir de données médico-légales, mais également d’un Christ théologique, témoin du mystère de la Passion.

« Ce Christ n’est pas celui d’un artiste, mais celui d’un témoin : celui qui s’est imprimé de sa propre douleur sur le linge. »
(Centro Romano di Sindonologia, catalogue d’exposition, cité dans Shroud News, 1995).

Dans les années 1980, Ricci réalisa une sculpture en relief de ce Christ sindonologique, exposée à Rome et plus tard à Oviedo, pour rapprocher visuellement les correspondances entre le Linceul et le Sudarium 6.
Apport au Suaire d’Oviedo (Sudarium)
Début des études sur le Sudarium
- Ricci est reconnu comme l’initiateur des études scientifiques sur le Sudarium d’Oviedo à partir de 1965, en suggérant qu’il pourrait être le linge facial mentionné dans l’Évangile.
- Il proposa la notion de compatibilité entre le Sudarium et le Linceul, en envisageant que le Sudarium aurait été appliqué sur le visage d’un corps ensanglanté et que certaines taches symétriques dans le Sudarium pouvaient correspondre à celles du Linceul. 7
- Il étudia la géométrie des taches sur les deux faces du tissu, soulignant que deux grandes taches dans le Sudarium d’Oviedo sont pratiquement symétriques, ce qui pourrait indiquer qu’elles avaient été produites par contact avec le tissu plié. 8
- Il corréla certains motifs du Sudarium avec l’image du visage du Linceul — par exemple, des écoulements naso-buccaux, des taches proches du front — pour soutenir l’idée d’une relation fonctionnelle plutôt que matérielle. 2
- Il participa à la mise en valeur d’expositions photographiques, avec des clichés en lumière visible, infrarouge et ultraviolette pour comparer visuellement les taches. 8
Limites reconnues et prudence
- Ricci lui-même ne prétendait pas à une preuve absolue d’identité entre les deux textiles : il admettait les différences de tissage, de conservation, de contaminations historiques, et appelait à des études complémentaires. 8
- Il soulignait qu’une correspondance entre taches ne suffit pas à garantir une origine commune, mais qu’elle peut être un soutien dans un ensemble de preuves. 2
5) Bibliographie (sélection)
- Ricci, G. (1967). Statura dell’uomo della Sindone. Assisi: [s.n.].
- Ricci, G. (1969). L’uomo della Sindone e Gesù Edizioni Studium. ( voir 5 ° édition pour Suaire d’Oviedo )
- Ricci, G. (1972). Via Crucis secondo la sindone aux édtions Ancora
- Ricci, G. (1988). The Way of the Cross in the Light of the Holy Shroud. ( trauction anglaise de Via Crucis secondo la sindone)
- Morgan, R. Shroud News. (1995, avril). Monsignor Giulio Ricci (In Memoriam).
- Wilson, I. BSTS Newsletter. (1995). Obituary: Monsignor Giulio Ricci.
- Centro Español de Sindonología ( CES ) (n.d.). “Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo.”
- “The Sudarium of Oviedo – Digital Sindonological Lexicon.” (n.d.). 9
- “The Sudarium of Oviedo.” (n.d.). In The Sudarium of Oviedo: Signs of Jesus Christ’s Death. 10
- Shroud News, 1995[↩][↩]
- BSTS Newsletter, 1995[↩][↩][↩]
- Shroud News, 1995); “Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo”, n.d.) [↩]
- Shroud News, 1995, Monsignor Giulio Ricci (In Memoriam), https://www.shroud.com/pdfs/sn088Apr95.pdf[↩]
- BSTS Newsletter, 1995, Obituary: Monsignor Giulio Ricci, https://www.shroud.com/pdfs/n40part5.pdf[↩]
- Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo, n.d., https://www.linteum.com/el-santo-sudario-investigaciones-estudios.php[↩]
- Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo, n.d.); BSTS Newsletter, 1995)
- Sur son initiative, le palynologue suisse Max Frei fut invité à étudier le Sudarium d’Oviedo, et il identifia des pollens, certains en commun avec ceux du Linceul, ce qui renforça l’hypothèse d’un parcours géographique connexe. ((Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo, n.d.); The “Other” Shroud of Christ, n.d.[↩]
- Investigaciones realizadas / El Santo Sudario de Oviedo, n.d.[↩][↩][↩]
- https://leksykonsyndonologiczny.pl/en/history-of-the-research-on-the-shroud/comparative-analyses/sudarium-of-oviedo/[↩]
- https://api.pageplace.de/preview/DT0400.9781000565096_A43187701/preview-9781000565096_A43187701.pdf[↩]