Giuseppe Caselli

CASELLI, Giuseppe (1916–1985)

Médecin italien né à Sassuolo (Émilie-Romagne), Giuseppe Caselli a apporté une contribution significative à l’analyse médico-légale du Saint Suaire de Turin par ses études publiées entre 1939 et 1977. Bien que parfois désigné comme chirurgien de Fossano, il était probablement rattaché à l’Ospedale SS. Trinità. Il repose au Cimetière monumental de San Prospero à Sassuolo.

Contributions au Saint Suaire :

Dès 1932, âgé seulement de 16 ans, il se rend à Turin pour étudier les photographies de Giuseppe Enrie, qu’il qualifie de limpides et déterminantes 1 . En 1939, il présente au congrès de Turin un rapport intitulé Constatations de la médecine moderne sur les empreintes du Saint Suaire, publié dans La Santa Sindone nelle ricerche moderne. Il y distingue différents types d’hémorragies (artérielles, veineuses, hypostatiques), analysant les empreintes selon des critères anatomo-pathologiques modernes.

Il identifie une lésion artérielle à la tempe droite et une hémorragie veineuse frontale, en forme de « 3 inversé », liée aux blessures de la couronne d’épines. Il différencie le sang cadavérique hypostatique des pieds (associé à une position verticale) du sang actif des poignets, indiquant une blessure infligée avant la mort. Il analyse également les transferts sanguins issus de la blessure thoracique, interprétés comme témoins d’un basculement du corps entre position verticale et horizontale.

Caselli commente l’absence des empreintes de pouces, qu’il attribue à une lésion du nerf médian par le clou au poignet, en accord avec les hypothèses de Pierre Barbet. Dans un article de 1977, il critique les conclusions de la Commission Pellegrino (1969–1976), regrettant l’absence d’expertise médico-légale et la non-exploration du revers du tissu. Il réaffirme à cette occasion la validité de ses analyses de 1939.

Mais au travers de ses deux articles de 1939 et 1952, ce médecin italien a apporté une contribution significative à l’étude scientifique du Saint Suaire de Turin, notamment en ce qui concerne les caractéristiques des empreintes de sang visibles sur la relique.

Il était présenté comme un chirurgien et si nous supposons qu’il exerçait à Fossano, il faudrait rechercher en direction de l’Ospedale SS. Trinità. ( existant depuis 1724 dans la ville )

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Analyse des traces de sang ( 1939 )

En 1939, son intervention intitulée « Constatations de la médecine moderne sur les empreintes du Saint Suaire » présentée dans l’ouvrage La Santa Sindone nelle ricerche moderne (pp. 23-36) est précieuse car elle combine une analyse scientifique des empreintes à un historique des recherches antérieures, notamment celles de Pierre Barbet et Rudolph W. Hyneck.

Caselli a étudié les différentes marques de sang sur le Saint Suaire en distinguant divers types d’hémorragies et en les mettant en perspective de façon critique avec les récits évangéliques sur la crucifixion. Il analyse notamment la nature des empreintes de sang à partir de critères anatomo-pathologiques modernes, différenciant les hémorragies en fonction de leur origine et de leur nature (artérielle, veineuse, mixte, ou hypostatique).

  1. Taches de Sang Artériel et Veineux

    Caselli observe plusieurs types d’hémorragies sur les empreintes faciales du Suaire, attribuées aux blessures causées par la couronne d’épines.

    Par exemple, il identifie une lésion artérielle à la tempe droite, visible par l’aspect vif et dense du sang. À l’inverse, il remarque une hémorragie veineuse plus sombre sur le front, formant une rigole en forme de « 3 inversé ». Ces observations suggèrent des lésions distinctes de l’artère temporale superficielle et des veines frontales. Ces observations seront reprises par le Dr. Sebastiano Rodante (1976, 1976) : par des arguments tirés de l’histoire de la médecine, Rodante réfute l’idée que l’image soit une œuvre artistique, arguant qu’aucun artiste avant le XVIIe siècle ne disposait des connaissances physiologiques nécessaires pour différencier le sang artériel et veineux, tels qu’observés sur le Suaire.
  2. Hémorragies Hypostatiques
    Caselli souligne des différences entre le sang issu des blessures aux poignets et celui des pieds.

    D’une part, il décrit le sang provenant des pieds comme étant cadavérique et hypostatique, conséquence de la position verticale du corps avant l’extraction des clous. Ce type de sang montre des caillots peu définis, sombres et opaques, caractéristiques du sang post-mortem.

    D’autre part, le sang des poignets présente des caractéristiques différentes. Caselli note que ce sang est plus fluide et présente des caillots bien définis, indiquant une circulation sanguine active au moment de la blessure. Cela suggère que les blessures aux poignets ont été infligées alors que le cœur battait encore, entraînant une hémorragie plus prononcée et une coagulation plus nette.

    L’argument médico-légal est que suite à une blessure chez une personne vivante la coagulation diffère entre le sang artériel, riche en oxygène et sous forte pression, et le sang veineux, plus sombre et pauvre en oxygène, ce qui influence la vitesse et l’apparence des caillots. Dans le sang artériel, l’oxygène accélère la formation de fibrine, produisant des caillots denses et vifs. En revanche, le sang veineux coagule plus lentement, formant des caillots plus sombres et épais.
  3. Transferts Sanguins et Analyse des Sérums

    Caselli note également deux transferts sanguins principaux provenant de la blessure causée par la lance dans la région thoracique.
    Le premier transfert, perpendiculaire à la blessure, est cohérent avec une position verticale du corps, tandis que le second, traversant la région lombaire, indiquerait une position horizontale.
    Ces marques permettent de différencier le sang provenant de l’oreillette droite ( notamment selon Pierre Barbet), qui présente un aspect de sang vivant, du sang cadavérique plus dense issu des veines médiastinales.
  4. Absence des Empreintes de Pouce

    Dans ses observations, Caselli commente également l’absence des empreintes de pouce sur le Suaire, attribuée à une lésion du nerf médian causée par les clous dans les poignets en accord avec Pierre Barbet.
    Ce phénomène, lié à une contraction musculaire spécifique, est une preuve supplémentaire de l’authenticité médicale des empreintes.

Caselli en 1977 :

Après avoir formulé de nombreuses remarques critiques sur les conclusions des experts de la Commission Pellegrino, Caselli écrit dans son article  » « Les expertises de 1969-1976 ont-elles contredit les études précédentes ?

 » … Je peux déclarer que je suis prêt à souscrire aujourd’hui encore à tout ce que j’ai exposé au Congrès de Turin en 1939 dans mon rapport sur les constatations de la médecine moderne concernant le Suaire de Turin, ainsi que dans d’autres travaux publiés dans des journaux et revues. »

Il reproche que le rapport ne contient pas la contribution d’un médecin légiste ni l’absence d’un examen du revers de la toile.


Références :

— Notes —
  1. Dans son article de 1977, il écrit :  » En 1932, j’ai été parmi les premiers à me rendre à Turin pour voir, admirer, étudier et vénérer les belles photos de Enrie, si limpides dans leurs merveilleux contrastes. » [↩]

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