Il existe deux copies du saint suaire au Monastère de Guadalupe : voir Guadalupe – Espagne 1588
Domenico Leone détaille beaucoup de choses dans 15 pages de son précieux ouvrage de 1959

Description :
Cette copie du Saint Suaire mesure 4,40 m de long et 1 m de large. Elle reproduit la double effigie du Christ, montrant le visage de face et de dos, comme sur l’original de Turin.
Partie frontale : La longueur totale de la figure corporelle est de 182 cm. Le visage mesure 31 cm de long, tandis que le bras atteint 37 cm et l’avant-bras 28 cm. Les mains mesurent 15 cm chacune. Les membres inférieurs s’étendent sur une longueur de 108 cm, et la plaie du côté mesure 7 cm de long sur 1 cm de large au centre.
Partie dorsale : La longueur totale de la figure corporelle est légèrement inférieure, à 181 cm. La tête avec les cheveux atteint 38 cm. Les membres inférieurs ont une longueur de 107 cm, et le dos, au niveau inférieur des omoplates, a une largeur de 28 cm. Enfin, la distance du bord de l’épaule jusqu’à l’apophyse olécrâne est de 40 cm.
Ces dimensions montrent une précision dans la reproduction de l’effigie du Christ, cherchant à respecter les proportions de l’original.
Inscriptions :
Une inscription entoure les quatre côtés, bien que certains passages soient endommagés.
» A la demande du seigneur Francesco de Ybarra cette peinture a été faite selon le même que le précieux reliquaire qui repose dans la sainte chapelle du château de chambery et elle a été étalée le 1568. »
Conservation
Les deux exemplaires de la copie du Saint Suaire de Turin sont conservés dans la chapelle Saint-Joseph du Monastère de la Vierge de Guadalupe, Guadalupe, Archidiocèse de Tolède, province de Cáceres, Estrémadure, Espagne.

Le monastère royal de Santa María de Guadalupe (en espagnol : Real Monasterio de Santa María de Guadalupe) est un édifice monastique du XIVe siècle situé à Guadalupe, dans la province de Cáceres de la communauté autonome d’Estrémadure en Espagne. Il fut le plus important monastère du pays pendant plus de quatre siècles, les pèlerins y vénérant la Vierge de Guadalupe. Il est inscrit sur la liste de l’UNESCO du patrimoine mondial.
Chacune des copies est enveloppée dans un cylindre de bois et placée dans une boîte recouverte de velours noir, avec des clous et des ornements dorés. La boîte mesure 115 cm de long sur 14 cm de large, évoquant la forme d’un cercueil.
Histoire.
Les copies ont été documentées pour la première fois en 1597 par Fray Gabriel de Talavera, prieur de Guadalupe, qui note qu’elles ont été sanctifiées par contact avec l’original de Turin. En 1743, Fray Francisco de San José, également prieur, a renforcé cette histoire, décrivant les suaires comme des reliques inestimables. Un inventaire de 1820 par Fray Álvaro del Castillo mentionne la boîte contenant les deux suaires sous l’autel de Saint Joseph.
Hypothèse :
Il est possible que ce « Francesco de Ybarra » fasse référence à Francisco de Ibarra y Barresi ( Palerme ? – Fleurus , 29 août 1622) soldat et écrivain espagnol, issu de la famille de la maison d’Ybarra à Eibar. En effet, il se trouve que Francisco de Ibarra y Barresi fut ambassadeur en France à partir de 1593 au nom de Philippe II , né Valladolid , 21 mai 1527 , fils et héritier de Charles Ier d’Espagne et d’Isabelle du Portugal, et qui fut roi d’Espagne du 15 janvier 1556 jusqu’à sa mort en 13 septembre 1598.

Or il se trouve que, pour ses quatrièmes noces, le roi Philippe II épousa en 1570 Anne d’Autriche ( 1549 – 1580). La copie de Valladolid était-elle liée à ce mariage royal et réalisée sous la supervision de Francesco de Ybarra ?
Source
Léone D. (1959) El Santo Sudario En Espana p 47 – 62
