Hippolyte Chopin était un érudit français et un photographe amateur, ami d’Ulysse Chevalier.
Le Saint Suaire photographie à l’envers ( 1° janvier 1902)
Suite aux travaux critiques d’Ulysse Chevalier, Hippolyte Chopin publie en 1902, Le Saint Suaire photographié à l’envers, ( Chopin, H. 1902 a ).où il propose que l’image visible sur le suaire est le résultat d’une erreur : selon lui, les Sœurs Clarisses, religieuses de Chambéry auraient cousu le tissu à l’envers en 1534, laissant transparaître une peinture apposée sur l’autre face. ( Chopin, H. 1902 b ).
Ces deux publications, bien que relativement courtes (13 et 15 pages), étaient alors discutées car elle remettaient en question la prise de vue de Secondo Pia en 1898. Par ailleurs, Chopin proposait une analyse issue de son expérience de photographe sur l’origine et la nature du Saint-Suaire.
Une image « photographiée par transparence »
Hippolyte Chopin soutient que cette inversion rend compte de la visualisation d’une image « photographiée par transparence » en prenant appui sur le témoignage des Soeurs Clarisses.
Sa théorie, soutenue également par le chanoine U. Chevalier, utilise des arguments photographiques pour rejeter l’authenticité du suaire.
Critique des Thèses de H. Chopin :
Cependant, Dorothy Crispino a décrit les explications de Hippolyte Chopin, photographe amateur à Ulysse Chevalier en 1900 comme un véritable « jonglage vertigineux entre positif et négatif », la comparant à « un cauchemar de photographe » et un « fouillis prétentieux ».
Paul Vignon a ensuite synthétisé les arguments de Chopin en deux points principaux auxquels il répond :
- Chopin avance que dans des conditions très spécifiques (peut-être une sur- ou sous-exposition, ou un type particulier d’éclairage), certaines plaques pourraient produire une image qui semble directement positive, c’est-à-dire sans inversion des couleurs ou des contrastes. Cependant, Vignon a souligné que ces conditions spéciales n’étaient pas présentes lors de la prise de vue de Secondo Pia, qui a capturé un véritable négatif, identifiable aux marques de brûlure noires devenues blanches et aux taches de réparation blanches apparues en noir sur le négatif.
- Chopin avance aussi que même une plaque négative peut parfois présenter des variations en fonction des couleurs de l’objet, le jaune apparaissant souvent noir. Vignon réfute cette idée en expliquant que cet argument ne tient que si l’objet est multicolore, alors que l’image du Suaire est d’un jaune uniforme, couleur de paille.
De plus, en 1901, le témoignage de Secondo Pia précise qu’il avait utilisé justement un « filtre de couleur jaune très pale » ( cf Lettre au Professeur Benedetto Porro )
Copie de lierre :

Cependant, cette hypothèse est rapidement mise à mal par la découverte de la copie de Lierre, datée et signée de 1516, qui présente une disposition d’image conforme au suaire original, malgré sa fabrication antérieure au travail des religieuses de Chambéry en 1534.
Sources :
- Chopin, H. (1902 a ). Le Saint-Suaire de Turin photographié à l’envers. Paris: A. Picard et fils.
- Chopin, H. (1902 b ). Le Saint Suaire de Turin, avant et après 1534, Paris 1902, 15 pages. ( cité par Chevalier, U; ( 1903 ) Autour des Origines du Suaire de Lirey – Picard ( 1903 ) )
- Vignon, P. ( 1902) Le Linceul du Christ, Ed. Masson, 1902
- Crispino, D. , 1992, Un nouveau regard sur deux points de vue incompatibles »,
Shroud Spectrum International , n° 41, décembre, pp.22-28, 22 ; - Jones, S. E. (2016, décembre 22). Négatif #19 : L’homme sur le Suaire : Les preuves sont accablantes : le Suaire de Turin est le linceul de Jésus ! The Shroud of Turin Blog.