Hypothèse du Rayonnement Infrarouge

L’hypothèse du rayonnement thermique infrarouge (IR) ou l’hypothèse de l’image de brpulure suggère que l’image sur le Suaire de Turin pourrait être le résultat d’une chaleur intense, capable de brûler la surface du lin de manière extrêmement superficielle.
Geoffrey Ashe a testé cette idée dès 1966, en créant une image rudimentaire à l’aide d’un objet chauffé, ce qui lui a permis de constater des effets visuels similaires à ceux du Suaire. Dès 1978, Vittorio Pesce Delfino a étudié les résultats produits par le STURP et poursuivi dans cette voie. Il a publié un ouvrage très polémique  » E l’uomo creò il Sindone » qui explore comment un rayonnement thermique pourrait reproduire la « double superficialité » de l’image, en ne pénétrant que les fibres externes du lin.

Cette hypothèse du rayonnement thermique infrarouge (IR) est toutefois moins commentée dans les hypothèses sur la radiation ultraviolette (UV), car elle pourrait impliquer un processus de fabrication plutôt que l’action d’un événement lié à l’histoire de Jésus. Ainsi, pour les défenseurs de l’authenticité du Suaire en tant que relique sacrée, la possibilité d’une image produite par rayonnement IR soulève des doutes sur l’origine divine de l’image et ouvre la porte à des interprétations de l’image comme étant d’origine humaine.

L’hypothèse du rayonnement thermique infrarouge (IR) ouvre de nouvelles perspectives pour explorer l’origine de l’image du corps et contribue ainsi à la diversité des hypothèses scientifiques examinant le mystère du Suaire de Turin.

1966 – Geoffrey Ashe

Dans un bref article de 1966 intitulé Quelle sorte d’image ?, publié dans la revue du CISS Sindon, Geoffrey Ashe propose une hypothèse innovante selon laquelle l’image sur le Suaire de Turin pourrait résulter d’une brûlure thermique, suggérant un processus de radiation infrarouge (IR). Son expérimentation a consisté à chauffer un médaillon en laiton représentant un cheval en bas-relief et à y poser un mouchoir blanc, créant ainsi une « image de brûlure ».

Cette technique a permis de reproduire un effet visuel présentant quelques similitudes avec l’image du Suaire, notamment dans la manière dont les zones surélevées du relief laissent une empreinte plus sombre, correspondant à l’intensité thermique émise.

Ashe explore la formation de l’image par un rayonnement IR en remarquant que l’effet de brûlure produit une gradation de couleurs allant du brun foncé aux zones les plus en contact avec le médaillon, jusqu’à un blanc plus éclatant dans les zones de moindre contact. Cette observation permet de déduire que l’image pourrait s’être formée par un rayonnement thermique de faible intensité, sans pour autant percer le tissu, un aspect qui rappelle le caractère superficiel de l’image sur le Suaire. Il écarte alors les hypothèses de peinture médiévale en avançant que ces techniques auraient laissé des traces profondes ou des distorsions dues à l’épaisseur des pigments.

Références :

Ashe, G., 1966, « Quelle sorte d’image ? » Sindon , n° 10, avril, pp.15-19, 16

1982 – Vittorio Pesce Delfino.

Vittorio Pesce Delfino a réagi aux observations du STURP en 1981 avec son ouvrage E l’uomo creò il Sindone. Dans ce livre, très critique et très anti-clérical, écrit par un scientifique ouvertement communiste, Pesce Delfino propose une hypothèse selon laquelle l’image du Suaire de Turin pourrait avoir été formée par un processus thermique, en lien avec un rayonnement infrarouge (IR). Contrairement à d’autres théories de formation par radiation, son approche envisage spécifiquement l’effet de la chaleur pour expliquer la décoloration des fibres de lin.

Approche Thermique et Hypothèse du Rayonnement Infrarouge

E l’uomo creò il Sindone explore l’hypothèse selon laquelle l’image sur le Suaire de Turin serait due à un processus de brûlure thermique intense et localisée, correspondant à un rayonnement infrarouge.

Selon lui, une statue métallique chauffée à une température d’environ 200 ° C pourrait expliquer ce rayonnement IR car la masse chauffée aurait pu transférer de l’énergie thermique à la surface du lin, entraînant une légère brûlure de la couche externe des fibres, sans pour autant pénétrer profondément dans la structure du tissu.

Il détaille les caractéristiques spécifiques du rayonnement IR dans le contexte de ses expérimentations, cherchant à reproduire des effets visuels similaires à ceux observés sur le Suaire.

Dans ses recherches, il détaille les caractéristiques du rayonnement infrarouge et ses effets potentiels sur les fibres de lin, menant des expériences pour simuler des décolorations similaires à celles observées sur le Suaire par le STURP.

Bas relief de Nicola Gagliardi utilisé par Vittorio Pesce Delfino – Fig 55 du livre.

Dans ses expérimentations, Pesce Delfino a utilisé un bas relief crée par le sculpteur Nicola Gagliardi et il a expose des échantillons de lin à un rayonnement IR contrôlé pour évaluer les effets de brûlure superficielle et la décoloration des fibres. Il observe que, sous des conditions spécifiques de température et d’intensité, le rayonnement infrarouge peut produire une décoloration qui ne pénètre que la surface des fibres, évoquant ainsi la caractéristique de superficialité de l’image sur le Suaire.

Vue latérale du bas-relief en bronze réalisé par Nicola Gagliardi – fig. 55 du livre.

Pesce Delfino suggère que l’intensité et la durée de l’exposition thermique doivent être précisément contrôlées pour obtenir une image semblable à celle du Suaire. Cette approche par la brûlure se distingue par son recours à un rayonnement IR plutôt qu’à un rayonnement ultraviolet ou visible, élargissant ainsi les possibilités d’explication scientifique des mécanismes de formation de l’image.

Discussion :

On peut s’étonner que Vittorio Pesce Delfino ait choisi une statue en bronze pour ses expérimentations de reproduction de l’image du Suaire de Turin, étant donné qu’il connaissait les analyses de Walter McCrone, (cité dans l’ouvrage). le chimiste américain avait notamment détecté de petites quantités d’oxyde de fer sur le Suaire. En utilisant un métal ferreux, comme la fonte, Vittorio Pesce Delfino aurait pu mieux évaluer l’effet des résidus de fer dans le processus de création de l’image et on s’interroge sur le choix du bronze pour mener ses expériences. Il est possible que les spécificités des matériaux utilisés aient été influencées par Nicola Gagliardi, un sculpteur avec lequel Pesce Delfino a collaboré, et dont les choix artistiques et techniques ont peut-être guidé la sélection de la statue et des matériaux employés dans les expériences analogiques.

Nous détaillons ces remarques critiques ici : Discussions au sujet de Vittorio Pesce Delfino


Conclusion et Contribution à la Théorie Radiative

L’ouvrage E l’uomo creò il Sindone de Pesce Delfino enrichit le débat scientifique sur l’origine de l’image du Suaire de Turin en proposant une approche basée sur la chaleur et le rayonnement infrarouge.

En se concentrant sur les effets thermiques, il apporte une perspective complémentaire aux théories fondées sur d’autres types de radiation, comme les UV.

Cette hypothèse de formation de l’empreinte sur le Saint Suaire s’intègre dans un cadre plus large de recherches radiatives, tout en posant des questions spécifiques sur l’impact potentiel des rayonnements IR dans la formation d’images durables sur le lin, en relation avec un processus de brûlure contrôlée.

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