Jacques Evin

Jacques Evin – Photo Patrick Dalmaz ( 2011 )

Jacques Evin, né en 1937, a été directeur du Centre de datation par le radiocarbone de l’université Claude-Bernard-Lyon I à Lyon, notamment en tant qu’ingénieur de recherche du CNRS à Lyon. Jacques Evin a joué un rôle significatif dans les analyses du Saint Suaire de Turin en fournissant des échantillons de lin issu de la chape de saint Louis d’Anjou. , bien que certaines irrégularités aient suscité quelques controverses notamment de la part du CIELT.

Formation et Parcours Professionnel

Jacques Evin, ingénieur de recherche honoraire du CNRS, a été un pionnier dans l’application de la datation par le radiocarbone en France. Il a dirigé le Centre de Datation par le Radiocarbone de Lyon, qu’il a contribué à fonder en 1965. Ce centre est devenu un acteur clé dans les études chronologiques appliquées à l’archéologie et à la préhistoire, particulièrement pour les analyses interdisciplinaires.

  • Directeur du Centre de Datation par le Radiocarbone de Lyon, où il a supervisé les avancées techniques en datation archéologique, notamment sur l’art rupestre avec le développement des techniques de spectrométrie de masse par accélérateur (AMS, pour Accelerator Mass Spectrometry), permettant une analyse plus précise et nécessitant de plus faibles quantités d’échantillons. »
  • Actif dans la Société d’Histoire et d’Archéologie de la Plaine de l’Ain (SHAPA), en tant qu’administrateur.
  • Recherches en paléoenvironnement et préhistoire : Ses travaux ont permis d’approfondir notre compréhension des interactions entre l’homme et son environnement durant l’Holocène, notamment dans les Alpes du Nord.
  • Chercheur émérite, reconnu pour ses approches pluridisciplinaires dans l’étude des sites archéologiques.

Datation du Saint Suaire de Turin

En 1988, Jacques Evin a été sollicité par le Dr Michael Tite du British Museum pour fournir des échantillons de lin médiéval dont le tissage était similaire à celui du Saint Suaire ( non distinguables ) afin de servir de référence lors des tests de datation au carbone 14. Ces échantillons provenaient notamment d’une chape provençale datant de 1296-1297, la chape de saint Louis d’Anjou.

la Chape de Saint Louis d’Anjou – Vue d’Ensemble. Paroisse Sainte Marie-Madeleine – Saint Maximin la Sainte Baume.

Ayant lui même employé la méthode, Jacques Evin était compétent pour produire des échantillons ayant une masse similaire à celle des échantillons du Saint Suaire analysés. Il aurait transmis les échantillons à Gabriel Vial (à vérifier désolé incertitude documentaire sur la source)

Précisions par Jacques Evin :

Monsieur Jacques Evin s’est exprimé au Symposium de Paris, les 7 et 8 Septembre 1989, avec une intervention sur « Echantillons mesurables et leur préparation »

Par ailleurs, Jacques Evin a apporter ici de nombreuses précisions dans la revue  » Montre Nous ton Vrai Visage »

Evin, J. (1989). Commentaire sur la datation. Montre Nous Ton Visage, Cahier n° 2, 21.

Controverses :

Selon le CIELT, plusieurs problèmes liés aux échantillons de contrôle utilisés lors de la datation au carbone 14 du Saint Suaire compromettent l’intégrité du protocole :

Le docteur Tite, homme clé de l’essai, demande à Jacques Evin de lui procurer des fragments d’un tissu ressemblant au Linceul et datant du XIIIe ou XIVe siècle, c’est-à-dire de l’époque convenant le mieux aux partisans de la thèse du faux. Ce sera un tissu de lin trouvé dans une chape provençale de 1296 -1297. Mais Jacques Evin l’apporte trop tard et on ajoute aux trois tubes de chaque laboratoire une petite enveloppe avec un fragment de ce tissu ancien.

Schéma Fr. B. Bonnet-Eymard.
  1. Ajout tardif : Le 21 avril 1988, le Dr Michael Tite n’avait pas reçu les échantillons de Jacques Evin, plaçant les autres échantillons dans des tubes pour les envoyer aux trois laboratoires. Ensuite, les échantillons de contrôle fournis par Jacques Evin auraient été insérés dans une enveloppe après la préparation des tubes principaux, perturbant le processus initialement défini.
  2. Identifiabilité : Les fragments de contrôle, placés dans des enveloppes distinctes, étaient donc reconnaissables par l’équipe des trois laboratoires avant l’analyse, violant le principe de l’analyse à l’aveugle qui garantit que les résultats doivent être basés uniquement sur les propriétés mesurées, et non sur des attentes ou des suppositions préexistantes.
  3. Conséquence : Cette identifiabilité des échantillons de la Chappe de Saint Louis d’Anjou aurait pu biaiser les résultats, car les laboratoires pouvaient potentiellement différencier les échantillons du Suaire des échantillons de référence.

Référence :

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