Kelly Kearse

Enseignant et scientifique, le Dr Kelly P. Kearse est professeur de chimie au Knoxville Catholic High School (Tennessee, États-Unis). Immunologiste de formation, diplômé de la Johns Hopkins University, il a également une expérience de recherche au National Institutes of Health (NIH). Spécialisé en immunologie et en biologie du sang, il s’est imposé depuis 2012 comme l’un des contributeurs les plus techniques et rigoureux à l’étude scientifique du Saint Suaire de Turin.

Son travail se situe à l’intersection de la science médico-légale, de la biologie moléculaire et de la controverse sur l’authenticité du Suaire. Kearse contribue à renouveler ces études par une approche critique, expérimentale et prudente. Ses recherches visent à évaluer la validité des données existantes, à tester des hypothèses alternatives (nature du sang, mécanismes de transfert, persistance de la couleur), et à démontrer que de nombreuses affirmations traditionnelles (sang humain, groupe sanguin AB, ADN identifiable) reposent sur des bases insuffisantes. Tout en restant neutre quant à l’authenticité du Suaire, il défend une exigence de rigueur médico-légale et immunologique, ce qui le distingue de nombreux auteurs plus apologétiques ou spéculatifs.

Thèmes de recherche :

Faute d’avoir encore étudié et traduit les publications de Kelly Kearse, nous analysons les thèmes de ses publications révèlent qui plusieurs axes récurrents :

  1. Nature et authenticité du sang sur le Suaire
    • Dès ses premiers articles (Blood on the Shroud of Turin: An immunological review, 2012 ; Empirical evidence that the blood…, 2013), Kearse démontre que les taches contiennent de véritables composants sanguins (hémoglobine, albumine, immunoglobulines).
  2. Origine humaine du sang sur le Suaire.
    • Toutefois, il remet en question la certitude que ce sang soit humain (Species unknown, 2019 ; Unanticipated issues in serological analysis, 2020), soulignant les limites méthodologiques des tests sérologiques anciens et la possibilité de réactivité croisée avec d’autres espèces. Il s’agit donc d’une prudence méthodologique face aux conclusions hâtives.
  3. Analyse ADN et limites techniques
    • Dans ses travaux de 2013 à 2014 (DNA on the Shroud… ; DNA analysis and the Shroud CODIS), il distingue entre ADN endogène (issu des leucocytes présents dans le sang) et ADN exogène (contaminations par contact humain).
    • Plus récemment (Validation and limitations in DNA analysis…, 2023), il insiste sur les difficultés structurelles d’obtenir des résultats concluants à partir d’échantillons anciens et contaminés, relativisant ainsi les affirmations d’identification humaine ou masculine du sang.
  4. Couleur et état du sang
    • Kearse explore la question de la couleur rouge persistante des taches, considérée comme anormale pour du sang ancien. Il examine plusieurs hypothèses : bilirubine, saponaria, monoxyde de carbone (Investigations into CO exposure, 2017 ; Reddish color investigation, 2020). Ses résultats tendent à montrer que la cause reste indéterminée, certains tests pointant vers des artefacts expérimentaux (glycérine, résidus de préparation du lin).
  5. Transfert et mécanismes d’empreinte
    • Dans plusieurs articles récents (Evaluation of skin contact in Maillard hypothesis, 2023 ; Simple, natural mechanism for transfer of dry bloodstains, 2023), Kearse analyse les modalités possibles de transfert du sang sec sur le lin, critiquant les explications surnaturelles (rayonnement, explosion d’énergie) et privilégiant des mécanismes physico-chimiques simples.
  6. Méthodologie médico-légale et extrapolations
    • En parallèle de ses études sur le Suaire, Kearse publie dans des revues médico-légales sur les processus de séchage, la détection du sérum sanguin (UV 365), et l’influence de conditions environnementales sur les traces biologiques (2020–2023).
    • Ces travaux, même sans mention directe du Suaire, enrichissent son approche et montrent sa volonté d’appliquer des standards scientifiques modernes à l’analyse d’un objet archéologique controversé.

Controverse sur la nature humaine du sang.

Kelly Kearse reconnaît l’importance des travaux menés par Alan Adler et John Heller dans les années 1980, qui ont marqué une étape décisive dans l’étude scientifique du Saint Suaire en concluant que les taches visibles sur la copie apocryphe (!) correspondaient sans doute à du sang humain. Cependant, il en souligne avec rigueur les limites méthodologiques.

Les tests employés à l’époque — tels que la benzidine, l’orthotolidine ou certains dosages enzymatiques — étaient certes adaptés aux moyens disponibles, mais demeurent aujourd’hui considérés comme peu spécifiques, car ils peuvent également réagir à d’autres substances oxydées, ou encore à certains pigments ou même à de la rouille. Autrement dit, ces tests étaient problématiques du fait des questions scientifiques liées à l’examen du Saint Suaire … comme à l’examen de la copie apocryphe ( les hypothèses au sujet d’indices d’une fabrication éventuelle sont similaires ici )

Selon Kearse, ces résultats annoncées par Adler et Heller ne sauraient constituer une preuve définitive de la présence de sang humain, et leur interprétation a parfois été présentée de manière plus probante qu’elle ne l’était en réalité. Dans une perspective médico-légale moderne, insiste-t-il, les éléments avancés par Adler et Heller ne suffiraient pas à établir une certitude « au-delà de tout doute raisonnable ».

Pour Kearse, la question mérite donc d’être réexaminée avec les méthodes contemporaines de la biologie : analyses génétiques de l’ADN, immunohistochimie, spectroscopie et autres techniques avancées capables de distinguer de manière non équivoque le sang humain d’autres substances. Il ne rejette pas pour autant l’apport d’Adler et Heller, qu’il considère comme des pionniers, mais plaide pour que leurs conclusions soient replacées dans leur contexte et réévaluées à la lumière des outils scientifiques actuels.

Bibliographie de Kelly P. Kearse :

  • Kearse, K. P. (2012, août). Blood on the Shroud of Turin: An immunological review. ShroudScience Group.
  • Kearse, K. P. (2012, novembre 25). Cloning the man on the Shroud of Turin: The media’s hyperbole with the double helix. Shroud of Turin Blog.
  • Kearse, K. P. (2013, janvier 21). DNA on the Shroud of Turin: Distinguishing endogenous versus exogenous DNA. ShroudScience Group.
  • Kearse, K. P. (2013, janvier 21). Empirical evidence that the blood on the Shroud of Turin is of human origin: Is the current data sufficient? ShroudScience Group.
  • Kearse, K. P. (2014, janvier 21). DNA analysis and the Shroud of Turin: Development of a Shroud CODIS. ShroudScience Group.
  • Kearse, K. P., & Heimburger, T. (2014, janvier 21). The Shroud blood science of Dr. Pierluigi Baima Bollone: Another look at potassium, among other things. Shroud of Turin Blog.
  • Kearse, K. P. (2017, octobre 10). Investigations into the effect of carbon monoxide exposure on bloodstain color: Implications for the Shroud of Turin. ShroudScience Group.
  • Kearse, K. P. (2019, mai 19). The Shroud of Turin, the relics of Jesus and Eucharistic miracles: The significance of type AB blood. Academia.edu.
  • Kearse, K. P. (2019, mai 26). The blood on the Shroud of Turin: Species unknown. Academia.edu.
  • Kearse, K. P. (2020, avril 28). Ultraviolet 365 as an alternative light source for detection of blood serum. Journal of Forensic Sciences. https://doi.org/10.1111/1556-4029.14380
  • Kearse, K. P. (2020, juin 16). The reddish color of bloodstains on the Shroud of Turin: Investigation of two hypotheses. Journal of Historical Archaeology & Anthropological Sciences, 5(3).
  • Kearse, K. P. (2020, décembre). Unanticipated issues in serological analysis of blood species: The Shroud of Turin as a case example. Forensic Science International: Reports, 2.
  • Kearse, K. P. (2020). A revised, natural explanation for the Shroud of Turin image: Creation of a composite Maillard reaction. Journal of Historical Archaeology & Anthropological Sciences, 5(5).
  • Kearse, K. P. (2021, mars 26). Environmental influence on blood serum detection using ultraviolet 365. Journal of Forensic Science and Research, 5, 030–036.
  • Kearse, K. P. (2022, novembre 11). Visualization of plasma and serum pattern formation in drying drops of blood. ARC Journal of Forensic Science, 6(1), 1–5.
  • Kearse, K. P. (2022, septembre 23). Ultraviolet fluorescent detection of elevated bilirubin in dried blood serum. Journal of Forensic Science and Research.
  • Kearse, K. P. (2023, juillet 5). Evaluation of the potential role of skin contact and transfer in the Maillard hypothesis of image formation on the Shroud of Turin. Journal of Historical Archaeology & Anthropological Sciences.
  • Kearse, K. P. (2023, août 28). The effect of humidity on blood serum pattern formation and blood transfer. Journal of Forensic Science and Research, 7, 40–48.
  • Kearse, K. P. (2023, septembre 8). A simple, natural mechanism for the transfer of dry bloodstains onto the Shroud of Turin. International Journal of Archaeology, 11(2).
  • Kearse, K. P. (2023, septembre 11). Inadequacies in serological ABO typing of ancient artifacts: The Shroud of Turin as a case example. International Journal of Forensic Sciences, 8(3).
  • Kearse, K. P. (2023, août 17). Validation and limitations in the DNA analysis of aged bloodstains: The Shroud of Turin as a sample case. Forensic Science International: Reports, 8.

(Référence sans date précise)

  • Kearse, K. P. (n.d.). What type of blood is present on the Shroud of Turin? Existing data vs. to be determined. ShroudScience Group.

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