Le tissu de la Sindone est-il authentique ? Conclusions discordantes des experts
28 Mars 1976
La Stampa. (1976, 28 mars). Le tissu de la Sindone est-il authentique ? Conclusions discordantes des experts. La Stampa.
La Stampa – Dimanche 28 mars 1976
Le tissu de la Sindone est-il authentique ?
Conclusions discordantes des experts
La commission a été nommée il y a six ans par l’archevêque Pellegrino –
Un professeur de technologie textile de Gand déclare : « Il pourrait dater de l’époque de Jésus »
Conférence de presse sur la Sindone, hier au séminaire ( samedi 27 Mars 1976 ) où s’exprime Mgr Jose Cottino, vice-président de la commission nommée par le père Pellegrino il y a sept ans pour étudier « scientifiquement, mais à titre personnel » certains aspects « techniques » de la relique conservée dans la chapelle du Duomo et propriété de l’ancien souverain Umberto de Savoie.
L’occasion de revenir sur ce sujet controversé est la présentation en avant-première aux journalistes des conclusions auxquelles sont parvenus les différents chercheurs désignés par l’archevêque. Conclusions non homogènes face à une question fondamentale :
« Le tissu vénéré comme relique est-il authentique ? Et les empreintes visibles sont-elles du sang humain ? »
Le professeur Cesare Codegone, directeur de l’Institut de physique technique et d’installations nucléaires du Politecnico de Turin, chargé d’étudier la datation du tissu par isotopes radioactifs (examen au carbone 14), déclare qu’une telle analyse n’est pas possible.
Au chef du service de radiologie de l’hôpital Mauriziano, le professeur Enzo Dolorenzi, il avait été demandé s’il était envisageable d’intervenir sur la Sindone par des examens radiologiques :
« Des recherches de ce type, répond-il, ne donneraient pas de résultats utiles. »
Il a également été proposé une analyse hématologique afin d’établir si les « taches » présentes sur la relique sont du sang ou non. Le professeur Giorgio Frache, de l’Institut de médecine légale de Modène, et ses collaborateurs Maria Rizzatti et Emilio Mari affirment :
« La réponse négative des investigations effectuées ne permet pas une exclusion absolue de la nature hématique du matériau examiné. »
Aucun globule rouge n’a été identifié par le professeur Guido Filogamo, professeur titulaire d’anatomie humaine à l’Université de Turin, qui a procédé à une observation au microscope.
En revanche, le professeur Gilbert Raes, directeur du laboratoire de technologie textile de l’Université de Gand, conclut que le tissu examiné « pourrait également être contemporain de Jésus-Christ ».
Est également suggestive l’hypothèse avancée par l’ancienne surintendante aux galeries et aux œuvres d’art, Noemi Gabrielli, selon laquelle les « taches » seraient l’œuvre d’un « grand artiste » actif vers la fin du XVe siècle, « qui aurait utilisé la technique du sfumato léonardesque ». Si ce n’était pas le véritable linceul mentionné par les Évangiles, il faudrait le considérer, du point de vue de l’art figuratif, comme un chef-d’œuvre.
Enfin, sont rappelés les résultats de l’enquête menée par le professeur Max Frei de Zurich, anticipés par La Stampa. Mgr Cottino a reconnu que le chercheur suisse a effectué des prélèvements de pollen en présence des autorités ecclésiastiques, « apportant, même à titre privé, une contribution qui mérite d’être approfondie ».
La commission « officielle » n’exclut ni ne confirme l’authenticité de la relique :
« Il faudra poursuivre les investigations. »
Max Frei, pour sa part, a apporté une réponse importante sur la datation du tissu. Mais le chercheur suisse ne faisait pas partie de cette commission.