Les Fêtes du Mois de Mai 1898
Par Gianmarria Sanna Solaro
( vers le 13 mai 1900 )
Sanna Solaro, G. (1901). La Sindone che si venera a Turino. Turin, Vincenzo Bona, p 135-140
CAPITOLO XXV
Les Fêtes du Mois de Mai 1898
Le mois de mai 1898 restera mémorable dans les annales de l’Église subalpine, par l’ostension de la Très Sainte Relique, qui eut lieu au cours dudit mois ; ostension qui fut la plus solennelle de toutes celles que nous avons décrites, et par l’éclat matériel des fêtes, par le nombre des pèlerins, et par la durée de l’exposition, qui fut de huit jours, chose qui ne s’était jamais faite auparavant.
En outre, cette exposition restera mémorable par les résultats obtenus grâce à la photographie, qui nous a apporté les preuves matérielles de l’authenticité de la Sainte Relique.
En 1898 tombait la cinquantième année depuis que Charles-Albert avait donné le Statut. On voulut la célébrer par une exposition générale. Les catholiques voulurent eux aussi célébrer trois dates centenaires qui revenaient cette année-là, ou à peu près ; ce sont : la construction de la cathédrale actuelle, où, comme nous l’avons dit, fut élevée la chapelle royale dans laquelle on conserve le Suaire, édifiée il y a quatre siècles sur le terrain sur lequel s’élevaient les trois églises dont était formée l’ancienne [église/cathédrale]. Les deux autres centenaires sont la fondation des deux confréries du Suaire, dites du Saint Suaire et de Saint Roch, qui naquirent il y a environ trois siècles, l’une et l’autre. Et, pour solenniser au mieux ces centenaires, on crut qu’on le ferait par une exposition d’art chrétien et, surtout, par des fêtes religieuses. Et, de fait, on entreprit l’une et l’autre chose, et la réussite fut aussi heureuse qu’on pouvait le désirer.
Il serait ici hors de propos de parler de l’exposition d’art chrétien et des fonctions religieuses qui eurent lieu dans les diverses églises de la ville : notre tâche est de parler seulement des fêtes de la Très Sainte Sindone.
Il avait été arrêté que ces fêtes auraient lieu du 11 mai au 19 du même mois ; mais, à cause des graves troubles survenus à Rome et à Milan peu auparavant, bien que des pèlerins fussent déjà arrivés de la Savoie, les fêtes furent remises ; et tous les préparatifs qui avaient été faits sur la place du Dôme, les plantes et les barrières qui avaient été mises en place pour former les trois voies par lesquelles devaient entrer dans le temple les pèlerins, les personnes munies de billets, et le peuple, tout fut enlevé ; si bien qu’on craignit que cette solennité ne fût peut-être remise pour toujours. Mais, heureusement, l’ordre ayant été rétabli, le roi, bien que les circonstances le retinssent à Rome, voulut que les fêtes se célébrassent dans ce même mois. En effet, elles commencèrent le 25 et finirent le 2 juin.
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On recommença donc les travaux sur la place Saint-Jean : les barrières, les fleurs, le poste téléphonique, les tentes pour l’ambulance, tout fut bientôt rétabli. Sous ces tentes, pendant tout le temps que durèrent les fêtes, il y eut des médecins qui se relayaient, des Filles de la Charité, et les remèdes nécessaires pour tout accident qui aurait pu survenir, soit à l’intérieur, soit aux abords de l’église. Nous devons dire que, grâce aux sages dispositions prises par les membres de la Commission organisatrice des fêtes, grâce à leur surveillance assidue et vigilante, tout se déroula d’une manière admirablement réglée. Le mouvement de la foule se fit toujours avec ordre et avec un calme parfait, de sorte que, tant à l’intérieur que près du temple, on n’eut jamais à déplorer le moindre incident. Ces Messieurs méritent un éloge tout particulier ( NOTE 1).
NOTE 1) La Commission organisatrice était ainsi composée : président, le chanoine théologien Francesco Brielli, professeur au Séminaire ; secrétaire général, le professeur Giovanni Battista Ghirardi. Les autres membres étaient : le chevalier ingénieur G. Pucci-Baudana, le chevalier Alessandro Arborio Mella, le chevalier Oreste Macciotta, le chevalier Amedeo di Rovasenda, le chevalier Alessandro del Borgo, le chevalier Giovanni Costa, Guglielmo Gamba, Ignazio Darbessio, le lieutenant Felice Fino, le révérend don Bernardo Marenco, le révérend théologien Teppati, Vittorio Flick, Carlo Fino.
Nous devons ici, en mémoire durable du fait, ajouter que toute la ville fut frappée par l’ordre admirable avec lequel on pourvoyait à toute chose, dans et hors du temple ; et, sur ce point, nous croyons que, dans des fêtes d’un concours aussi extraordinaire que celles dont nous parlons, on peut prendre des dispositions plus sérieuses et mieux comprises, apporter plus de satisfaction et obtenir de meilleurs résultats. Il est vrai qu’apportèrent leur aide, pour les travaux, l’ingénieur Termignon et lechevalier di Chiusano ; pour les invitéss, le chevalier G. Reviglio della Venaria ; et, pour le service à l’intérieur de l’église, le cercle de la Jeunesse catholique, le cercle universitaire Cesare Balbo, et l’Union des Congrégations catholiques. Un applaudissement bien mérité aussi pour ceux-là.
Quelques jours avant les fêtes, les étrangers commencèrent à arriver ; le jour où elles devaient commencer, dès le lever du soleil, on vit dans la ville une agitation inhabituelle et une fréquentation extraordinaire de visiteurs. À l’approche de l’heure de la fonction, les rues adjacentes à la cathédrale furent bientôt bondées d’un peuple exultant.
Vers neuf heures, le 25, le temple, qui avait été extraordinairement décoré, fut ouvert aux personnes munies de billets. Immédiatement, devant l’autel, se trouvent deux évêques, Monseigneur Bertagna, évêque titulaire de Cafarnaüm, et Monseigneur Filippello, évêque d’Ivrée ; les révérends chanoines du Dôme et de la Très Sainte Trinité dans leurs habits de chœur ; les deux pontifes ; les facultés de théologie et de droit avec leurs toges ; et toutes les autres dignités ecclésiastiques. Là aussi, à cornu evangelii, se tenaient les missionnaires venus à Turin de toutes les parties de la terre, de Palestine, d’Arabie, d’Égypte, d’Érythrée, de Chine, de Patagonie ; et avec eux se trouvaient des représentations de jeunes gens et de jeunes filles de ces contrées. Les autorités civiles, les consuls, les invités de la Cour, les ecclésiastiques, les militaires, les membres des divers comités de messieurs et de dames pour les fêtes et pour l’exposition d’art sacré. Peu avant dix heures, tous étaient à la place qui leur avait été assignée.
À cette heure, les révérendissimes archevêques de Turin, de Verceil et de Gênes, et les évêques de Fossano et d’Aoste, en mitre et en chape, précédés du clergé palatin et suivis de leurs secrétaires, entrèrent dans la chapelle royale, où naturellement devaient commencer les fonctions, et prirent place à cornu epistolae de l’autel, tourné vers le palais royal.
À dix heures, la Cour entra : d’abord S. A. R. le duc d’Aoste [Emmanuel-Philibert de Savoie-Aoste] 1, choisi par le roi pour le représenter. Il prend place à un prie-Dieu d’honneur.
Le suivent, dans cet ordre, la sœur du roi, la princesse Clotilde 2, sa fille la princesse Letizia 3, la duchesse de Gênes (mère) [Élisabeth de Saxe] 4, la duchesse Elena d’Aoste [Hélène d’Orléans] 5, la duchesse Isabella [ de Bavière ] 6,la princesse Clara de Bavière 7, le duc des Abruzzes [Louis-Amédée de Savoie-Aoste] 8, le comte de Salemi [Humbert de Savoie-Aoste] 9, leduc de Gênes [Tommaso de Savoie-Gênes] 10, le prince Ferdinando [de Savoie-Gênes] 11.
Les princes portaient le grand uniforme de leurs grades avec l’écharpe verte de l’Ordre mauricien ; les princesses étaient vêtues de noir, la tête couverte de voiles blancs et de précieux diadèmes. Les suivaient leurs dames d’honneur.
Les gentilshommes de la suite des princes étaient eux aussi en tenue de gala.
La plupart des membres de la Commission des fêtes étaient présents dans la chapelle : le chevalier Pucci-Baudana, le professeur G. B. Ghirardi, le chevalier Mella, le chevalier Rovasenda, le chevalier Macciotta, l’abbé Marenco.
La fonction commence par le Saint Sacrifice de la messe, célébrée par Monsieur le chanoine Lanza, recteur de la basilique de Superga et chancelier de la chapelle, alors chapelain-major de S. M. Les princes et les princesses édifient par leur maintien décent et leur respect religieux. Le silence est profond dans la chapelle et dans le temple, seulement interrompu par les harmonies de l’orgue de la chapelle, qui accompagne suavement le saint rite.
Après la messe, S. A. R. le duc d’Aoste présente à Monseigneur Anzino la bourse de velours cramoisi, brodée d’or, aux armes de Victor-Amédée II, contenant les clefs de l’urne. Il remet les clefs à Monseigneur l’archevêque [A. Richelmy], qui les remet au révérend don Alessio, gardien du Saint Suaire. Celui-ci s’approche de l’autel [ autel Bertola ] et, aidé des autres chapelains palatins, ouvre les fermoirs et extrait lentement la cassette. Les quatre chapelains de Cour, vêtus de riches tuniques, retirent de celle-ci la petite cassette ou urne d’argent et la déposent sur l’autel. L’archevêque s’approche et, ayant trouvé intacts les sceaux sur le ruban rouge de soie, l’élève en haut en la montrant d’abord à la Cour ; puis il s’approche de la grande fenêtre [ de l’autel Bertola ] et la montre à la foule rassemblée dans la cathédrale.
Alors les révérendissimes évêques s’approchent d’une table qui avait été préparée et, ayant déposé la mitre, déploient le Saint Linceul dans toute sa longueur. Tous y portent les yeux, avides de voir les vénérables empreintes du Très Saint Visage que le divin Rédempteur y a laissées. Le chapelain de Cour invite les princes à le baiser. S’avance le premier, révérencieux, le duc d’Aoste ; tenant sa main droite sur la poignée de son épée et fléchissant à terre les deux genoux, il baise dévotement ce Saint Gage du divin amour ; et tous les princes, dans l’ordre indiqué, font de même avec une égale révérence. La princesse Clotilde, en particulier, reste quelques instants courbée presque jusqu’au sol, les yeux humides de pleurs.
Après cela, la précieuse Toile est de nouveau pliée et replacée dans sa cassette. La procession s’ébranle et descend par l’escalier qui est du côté de la tribune royale ; et, tandis qu’elle entre dans l’église, les princes et les princesses prennent place dans la tribune. L’urne, serrée par des bandes de lin blanc, est portée par les quatre chapelains. À l’apparition du cortège dans l’église cessent les douces harmonies de l’orgue de la chapelle du Suaire, et l’orgue de la cathédrale emplit l’air de ses accords majestueux.
Devant l’autel, comme déjà dans la chapelle, se trouve une table recouverte d’un drap de soie rouge, sur laquelle doit être de nouveau déployé le Saint Linceul, avant qu’il ne soit exposé à la vénération publique, dans le riche cadre doré que l’on voit sur l’autel, soutenu par deux statues représentant deux anges à genoux (fig. 15 et 16).
Le cortège arrivé au presbytère, l’urne est déposée sur la table de l’autel, et les révérendissimes archevêques et évêques susdits se rangent devant la table. Monseigneur Richelmy, ayant retiré de nouveau la précieuse Toile, la porte vers eux qui, avec lui, la déploient une seconde fois. Le temple résonne de voix harmonieuses et des mélodieux accords de l’orgue ; les révérendissimes archevêques et évêques et les dignitaires ecclésiastiques, pendant ce temps, s’approchent et baisent avec révérence. Puis la Sainte Relique est portée du côté du chœur sur l’autel et placée dans son cadre (1).
( note 1) Les très révérends chanoines délégués pour porter sur l’autel la Sainte Relique furent le chanoine théologien, le pénitencier, le curé, le préfet de sacristie, c’est-à-dire les chanoines Re, Verlucca, Elia et Sorasio.
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Entre-temps, le canon, depuis le mont des Capucins, porte au loin l’annonce que la Très Sainte Sindone est exposée à l’adoration des fidèles. Deux vastes réflecteurs de deux lampes électriques à arc déversent sur elle des torrents de lumière et font voir bien distinctes les empreintes sanglantes de l’adorable Personne du Rédempteur. Tous les regards y courent, puis les têtes s’inclinent ; tout cœur dévot exprime dans une prière ardente ses propres affections, et de nombreux yeux laissent couler des larmes de tendresse.
Des nuées d’encens voilent un instant la Sainte Image ; l’orgue se tait, et le révérend Monseigneur Colomiatti prononce, au nom de l’archevêque, la formule d’excommunication encourue du fait que quiconque oserait enlever un fil de la précieuse Toile, ou la toucher, ou même la baiser, sans la permission du même archevêque.
Monseigneur Richelmy monte ensuite en chaire et adresse la parole au peuple, l’invitant à vénérer la précieuse Relique, où l’on voit, dit-il, les traces des souffrances que J.-C. a voulu endurer pour nous montrer la grandeur de son amour ineffable, et à y répondre avec fidélité et générosité, lui rendant amour pour amour. Il dit heureuse la Maison de Savoie qui possède un si précieux trésor, heureuse Turin qui le conserve entre ses murs, plus heureuse encore en ces jours où elle voit venir de loin les multitudes dévotes se prosterner devant cette Très Sainte Image du Christ formée par le divin Sang, et unir leurs prières à des hymnes de jubilé, de reconnaissance et d’amour, des hymnes et des prières qui monteront au ciel comme l’odeur de l’encens, et redescendront sur la terre en une rosée précieuse de bénédictions célestes.
À peine le discours terminé, les chantres exécutent avec un goût artistique et un sentiment religieux le motet Adoremus, de Palestrina, et, aussitôt après, l’archevêque donne solennellement la bénédiction pastorale. Puis le peuple chante, avec l’accompagnement de l’orgue, la louange à Dieu, et, tandis que chacun de nous reprend le chemin de sa maison, le cœur plein de sentiments célestes, l’orgue exprime encore par ses douces notes la joie et l’exultation commune ; les bronzes sacrés du temple sonnent encore, et nous louons Dieu.
Le service finit à 11 h 40 ; à midi, le temple fut fermé et rouvert trois heures après pour donner accès à toutes les personnes munies de billets spéciaux et au public. On fit de même les jours suivants.
Voici comment le Corriere Nazionale raconte ce qui se passa hors et dans le temple pendant les trois heures où il resta ouvert :
« La foule, qui depuis une heure encombrait les abords, se déversa dans l’église comme une vague en fête. Ce fut une fatigue incroyable pour les personnes affectées au service et pour les messieurs membres de la Commission de régler les entrées ; mais au bout d’une heure le défilé prit sa marche ordonnée. De 15 h 30 à 19 h, pendant lesquelles l’église resta ouverte, plus de vingt mille personnes passèrent par la porte du public, comptées montre en main à raison de 110 par minute. Par la porte des pèlerins et par celle de la sacristie entrèrent plus de cinq mille personnes, sans compter le clergé. Le défilé du public a été ininterrompu, splendide, dévot. » (Corriere Nazionale, jeu.-ven. 26-27 mai 1898).
Les jours suivants, chaque fois que la porte était ouverte au public, le mouvement du peuple fut pareillement continu, ordonné, tranquille et dévot.
Les personnes non munies de billet arrivaient à l’église par la via Quattro Marzo, entraient par la porte de droite de la façade principale et sortaient, comme les pèlerins, par la porte de gauche, en se dirigeant par les rues della Basilica et Venti Settembre, pour se déverser sur le corso Regina Margherita.
Les pèlerins munis de carte, entrant par groupes, venaient par la via Venti Settembre et entraient par la porte della Duchessa, c’est-à-dire par la porte latérale située à côté de la porte d’entrée de la sacristie. Dans tout le voisinage du temple, c’est-à-dire sur la place du Dôme, dans les rues Quattro Marzo et Venti Settembre, de la via Dora grossa au corso Regina Margherita, et dans la via Basilica, à Porta palatina et sur la place du Dôme, la circulation de tout véhicule était interdite ; de sorte qu’on n’eut jamais à déplorer le moindre inconvénient d’aucune sorte. Et cela est dû à la sagesse des dispositions prises par les autorités publiques et, en particulier, comme nous l’avons déjà dit, par les membres de la Commission des fêtes, et aussi à la docilité et à la dévotion des pèlerins et du peuple.
C’était en vérité chose émouvante que de voir entrer dans l’église les pèlerins qui, à peine arrivés aux places qui leur étaient destinées, tournaient avec une avidité dévote leurs yeux vers le Saint Linceul, se prosternaient humblement et priaient, saisis de sentiments de componction et d’amour, à la vue de la chère Image laissée par les adorables Membres ensanglantés du Rédempteur. Un éloge plus particulier encore revient aux Communautés religieuses et aux pieux Instituts de la ville, qui y arrivèrent tous, et aussi des villes et des pays voisins ou lointains, édifiant les spectateurs par leur modestie et par la piété avec laquelle ils entraient et restaient à genoux pendant tout le temps qui leur était accordé de demeurer devant la précieuse Relique.
Mais qui pourra décrire dignement la foi vive et la tendre piété montrées par les personnes pieuses, qui accoururent en grand nombre au temple pour l’adoration nocturne, qui eut lieu tous les huit jours que durèrent les fêtes ?
Chaque nuit, les adorateurs étaient répartis en deux groupes : le premier entrait dans l’église à 21 heures et y restait jusqu’à minuit ; l’autre, de minuit à trois heures du matin. Pendant deux nuits, nous avons fait partie du second groupe ; nous sommes donc témoins oculaires de ce que nous disons, comme de ce que nous avons dit.
Le presbytère fut toujours rempli de prêtres séculiers et réguliers ; nous vîmes aussi des évêques ; et derrière l’enceinte se trouvait un grand nombre de messieurs, de dames et de religieuses. Quand on ne faisait pas de prières en commun, le silence profond que chacun gardait, et le recueillement devant ce Linceul miraculeux teint du Sang du Rédempteur, et la dévotion avec laquelle on répondait aux prières, les larmes même qu’on versait, donnaient à comprendre que chacun était pénétré de sentiments de douleur et d’amour pour les douleurs que le divin Seigneur avait voulu supporter dans ses très saintes Membres et dans sa bienheureuse Âme, par amour de ses créatures.
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La première nuit, à deux heures, Monseigneur Richelmy célébra les divins Mystères devant la Sainte Relique et donna la Sainte Communion ; ce que firent aussi, les nuits suivantes, d’autres évêques et des prêtres séculiers et réguliers. Nous aussi, nous avons eu cette grâce : célébrer une fois sur ce même autel le Saint Sacrifice et distribuer le divin Pain à un grand nombre de fidèles. Ces heures bienheureuses resteront ineffaçables dans notre mémoire, et chacun se rappellera avec joie les douceurs qu’il y a goûtées.
Chaque nuit, de deux à trois heures, des messes se succédèrent à l’autel du Suaire et à celui du Très Saint Sacrement, c’est-à-dire du Crucifix ; et les dernières de ces messes y furent célébrées pendant onze heures continues, c’est-à-dire de deux heures après minuit jusqu’à une heure après midi.
Le roi, à l’exemple de ses prédécesseurs, fit frapper à cette occasion des médailles en bronze et en métaux précieux, dont nous avons donné ici la plus grande.

- Emmanuel-Philibert de Savoie-Aoste, 1869–1931, neveu du roi Humbert Ier, choisi comme représentant officiel du souverain[↩]
- Marie-Clotilde de Savoie, 1843–1911, sœur d’Humbert Ier, princesse de Savoie puis princesse Napoléon par mariage[↩]
- Marie-Laetitia Bonaparte, 1866–1926, fille de la princesse Clotilde, duchesse d’Aoste par mariage, veuve depuis 1890[↩]
- Élisabeth de Saxe, 1830–1912, duchesse de Gênes, veuve de Ferdinand de Savoie et mère du duc de Gênes[↩]
- Hélène d’Orléans, 1871–1951, épouse du duc d’Aoste Emmanuel-Philibert[↩]
- Élisabeth de Bavière, dite Isabella, 1863–1924, épouse de Tommaso de Savoie, duc de Gênes[↩]
- Claire de Bavière, 1874–1941, sœur d’Élisabeth de Bavière, duchesse de Gênes[↩]
- Louis-Amédée de Savoie-Aoste, 1873–1933, frère cadet du duc d’Aoste, membre éminent de la branche Savoie-Aoste[↩]
- Humbert de Savoie-Aoste, 1889–1918, fils de Marie-Laetitia Bonaparte, âgé de neuf ans en 1898[↩]
- Tommaso de Savoie-Gênes, 1854–1931, cousin du roi Humbert Ier[↩]
- Ferdinando de Savoie-Gênes, 1884–1963, fils aîné du duc de Gênes, futur duc à partir de 1931[↩]