Les Jours caniculaires, ou vingt-trois entretiens
Simon Maiolus
1597
Maiolus, S. (1597). Dies caniculares seu Colloquia tria & viginti. Ex officina Ioan. Angeli Ruffinelli, typis Aloysij Zannetti. Voir Colloquium XX, pp. 877–879, particulièrement p. 878.
1597 Maiolus Simon
Structure du Colloque XX
De Herbis (« Des herbes »)
Résumé
Pages 857 à 891
Le Colloque XX des Dies caniculares de Simon Maiolus est consacré aux herbes, plantes et productions végétales extraordinaires. Le propos de Maiolus Simon dépasse cependant largement l’histoire naturelle : Maiolus part des propriétés réelles ou supposées des plantes pour examiner successivement les merveilles de la nature, les miracles divins et leur signification chrétienne. 1
1. Les plantes et les merveilles de la nature
Le colloque s’ouvre sur les propriétés extraordinaires attribuées aux plantes : vertus médicinales, plantes vénéneuses, guérisons, résistance au froid ou à l’eau, végétaux exotiques et phénomènes rapportés notamment par Aristote, Pline, Théophraste, Solin ou Dioscoride. Maiolus cherche régulièrement à distinguer ce qui peut relever d’une propriété naturelle, de la superstition ou d’une intervention divine. 1
2. De l’histoire naturelle à la théologie
Les propriétés des plantes deviennent également des images morales et chrétiennes. L’héliotrope tourné vers le soleil représente ainsi l’homme tourné vers le Christ ; la résistance de certaines plantes symbolise la constance du croyant dans l’adversité. Maiolus affirme que les plantes peuvent ainsi servir à « imprimer en nous quelque enseignement relevant de la théologie ». 1
3. Les plantes qui résistent au feu et le lin
La réflexion conduit ensuite aux végétaux capables de résister au feu. Maiolus cite notamment Pline à propos du linum vivum ou asbestinon, matière textile que le feu ne détruirait pas et dont les étoffes seraient même nettoyées par les flammes. Il évoque également le lin de Chypre et d’autres traditions analogues. 1
4. Du lin au Saint Suaire
C’est cette réflexion sur les étoffes et leur résistance au feu qui conduit Maiolus au Saint Suaire. Le passage n’est donc pas une digression isolée : il s’inscrit dans une progression logique allant des plantes extraordinaires au lin, puis des propriétés extraordinaires du lin aux linges sacrés miraculeusement préservés. 1
Maiolus évoque alors le Saint Suaire de Turin et l’incendie de Chambéry de 1532, événement qu’il rapproche du thème général de la préservation miraculeuse des étoffes. 1
5. Du Saint Suaire aux autres linges sacrés
La réflexion s’élargit ensuite aux linges employés dans le culte chrétien, notamment les linges eucharistiques, puis aux images sacrées portées par des étoffes. Maiolus rapproche ainsi plusieurs traditions relatives à des linges associés directement au Christ. 1
6. Abgar et l’image du Christ
Maiolus rapporte alors l’histoire de la sainte image envoyée au roi Abgar, qu’il décrit comme une image « imprimée par le Christ lui-même sur une toile de lin ». Il lui attribue plusieurs miracles : guérison d’Abgar, conversion de son royaume, protection contre les ennemis et guérisons diverses. Il invoque notamment la tradition rapportée par Constantin Porphyrogénète et Métaphraste. 1
7. La Véronique
La même série conduit au linge de Véronique, avec lequel aurait été essuyé le visage du Christ pendant sa Passion. Maiolus rapporte la tradition de sa présentation à Tibère, qui aurait été guéri, ainsi que celle de la guérison de Volusien. Il précise que ce suaire de Véronique est conservé et vénéré à Rome. 1
Cette succession est particulièrement intéressante : Saint Suaire → image d’Abgar → Véronique. Maiolus réunit ainsi, dans une même séquence consacrée aux propriétés extraordinaires des linges, plusieurs grandes traditions chrétiennes relatives aux images ou empreintes du Christ sur tissu. 1
8. Du lin au froment et à l’Eucharistie
Maiolus clôt explicitement cette partie par la formule : « Mais en voilà assez sur le lin ». Il passe alors au froment, établissant une nouvelle transition avec l’Eucharistie : le lin est employé pour les linges entourant l’Eucharistie, tandis que le froment fournit la matière du pain eucharistique. 1
Référence bibliographique
Maiolus, S. (1597). Dies caniculares, hoc est colloquia tria et viginti physica, nova et penitus admiranda ac summa iucunditate concinnata. Rome. Colloquium XX, De Herbis, particulièrement pp. 857–891 ; passage relatif au Saint Suaire, à Abgar et à Véronique, pp. 877–880. https://dn760100.eu.archive.org/0/items/bub_gb_F0YZD07UEUEC/bub_gb_F0YZD07UEUEC.pdf
— Notes —