Les quatre groupes de taches sur le Suaire de Lierre (Belgique)

Les quatre groupes de taches sur le Suaire de Lierre (Belgique)

Josef Leysen

suivi de

Rapport sur la conservation de la copie de la Sindone conservée à l’abbaye de Nazareth

(près de Lierre, Belgique)

Rémi Van Haelst

1985 – 1994

Josef Leysen ( 1994 ) Les quatre groupes de taches sur le Suaire de Lierre (Belgique) in Collegamento pro Sindone, mai–juin 1994, p. 35–38

Rémi Van Haelst ( 1994 ) Rapport sur la conservation de la copie de la Sindone conservée à l’abbaye de Nazareth (près de Lierre, Belgique) in Collegamento pro Sindone, mai–juin 1994, p. 35–38

Les quatre groupes de taches sur le Suaire de Lierre (Belgique)

par Josef Leysen *

  • [ CPS ]: L’auteur est un grand admirateur d’Anne-Catherine Emmerick 1 et un sindonologue passionné.

La copie du Suaire de Lierre, datée de 1516, montre quatre groupes de quatre taches rouges représentant du sang. Ces taches sont considérées par la majorité des sindonologues comme la représentation de trous de brûlure causés par un incendie antérieur à 1532, sans que soit prise en compte la question de l’époque ni du lieu de cet incendie.

Les scientifiques américains ont publié des macrophotographies de ces « marques de brûlure » du Suaire dans le National Geographic Magazine (n° 6, juin 1980, p. 742), accompagnées de la légende suivante :
« Marques de brûlure antérieures à 1532. Grossissement : 40 fois ».

Mais il est évident qu’il n’en est pas ainsi, car on peut observer clairement que les taches présentent une structure en damier, due à la pénétration d’un liquide. Ce phénomène est facilement observable lorsqu’on verse un liquide visqueux sur du lin : à la fin de sa propagation, le liquide suit la voie la plus facile, c’est-à-dire le long des fibres, et non par-dessus leurs croisements.

Du sang en cours de coagulation a pénétré le lin de la Sindone pliée en quatre épaisseurs, et les taches de sang coagulé sont devenues carbonisées lors de l’incendie de 1532, ce qui a modifié la structure chimique du sang. Cette modification a été démontrée par l’absence de toute réaction sous lumière fluorescente.

Après un examen approfondi de ces taches, nous avons demandé l’avis du professeur Gilbert Raes, de l’Université de Gand (Belgique).


Après son examen, le professeur Raes a adressé une lettre aux autorités responsables de la Sindone de Turin, lettre à laquelle il n’a jamais reçu de réponse.

Dans cette lettre, le professeur Raes affirme formellement :

« Les quatre groupes de quatre taches sont en réalité le résultat de la carbonisation d’un liquide visqueux, provoquée ultérieurement par la chaleur. »

Les expériences des scientifiques russes Kouznetsov et Ivanov, présentées au Symposium sur la Sindone de Rome, organisé par le CIELT, ont montré que l’application de chaleur à de vieux tissus de lin peut influencer l’âge radiocarbone.

Kouznetsov et Ivanov ont chauffé des tissus de lin datés des VIIIᵉ–IXᵉ siècles dans un four pendant une heure à 140 °C. Cela a provoqué une modification du lin et un rajeunissement radiocarbone de 1200 ans à 800–900 ans.

Cette réduction d’environ 30 % de l’âge est suffisante pour considérer qu’un lin vieux de 2000 ans puisse présenter un âge radiocarbone d’environ 1200 ans.

Il faut tenir compte du fait que la Sindone de Turin a été exposée à un feu suffisamment intense pour faire fondre l’argent du coffret. Des gouttes d’argent fondu sont en effet tombées à travers le lin de la Sindone. Une telle température a nécessairement modifié le sang coagulé.

Les visions d’Anne-Catherine Emmerick fournissent une description très détaillée des signes de la Passion du Christ imprimés sur la Sindone, mais aussi des traces laissées par la couronne d’épines et par les clous, déposés sur la Sindone pliée.

Les quatre groupes de quatre taches se trouvent exactement à l’emplacement des clous ensanglantés, près de la « ceinture » dorsale, comme l’indique Anne-Catherine Emmerick.

Notre interprétation de ces « marques de brûlure datées d’avant 1532 » a été publiée dans Sindon (Cahier n° 23, avril 1976). Elle a également été reprise dans le livre Het gelaat van Christus. De Lijkwade van Turijn de Remi Van Haelst (p. 207, éd. De Vlijt, Anvers).

Traduction de Nicola Russo.


Légende (Remi Van Haelst)

Rapport sur la conservation de la copie de la Sindone conservée à l’abbaye de Nazareth (près de Lierre, Belgique)

« Dans cette abbaye est conservé un objet précieux, à savoir le tiers du linceul dans lequel Joseph d’Arimathie enveloppa le corps du Rédempteur lorsqu’il fut descendu de la croix : il s’agit d’un linge long mais étroit, semblant être de coton, légèrement brunâtre. La seconde partie est conservée à Chambéry, en Savoie, mais il n’est pas dit où se trouve la troisième partie. En l’an 1615, un comte arriva de Nazareth et offrit cet objet méritoire comme don précieux. »

(Traduction littérale par Remi Van Haelst d’un ancien texte flamand.)

Le comte était Antoine de Lalaing, et le linge était probablement un souvenir de pèlerinage provenant de Chambéry.

Copié par Remi Van Haelst à partir du manuscrit original,

Ms. 11, 757, fol. 43 recto, Bibliothèque royale, Bruxelles.

Note. Ce texte n’est qu’un fragment du texte original. L’auteur, Richardus Van Graezen, bourgmestre de Lierre, a traduit de manière inexacte le texte latin figurant sur le linge de la copie de Lierre , car en latin on lit : « saltem est pars tertia Sindon », ce qui signifie : « c’est au moins un tiers de la Sindone ».

Inscription sur la copie de Lierre – Belgique

— Notes —
  1. Anne-Catherine Emmerich (1774–1824), religieuse augustine allemande et mystique catholique, est connue pour les visions de la Passion du Christ consignées par le poète Clemens Brentano. Ces récits, largement remaniés et de nature littéraire, ne sont pas considérés par l’Église comme des témoignages directs fiables, bien qu’Emmerich ait été béatifiée en 2004. Dans les études syndoniques, certains auteurs dissidents (dont J. Leysen) ont néanmoins utilisé ses descriptions pour tenter de corréler visions mystiques et traces matérielles du Suaire, démarche restant hautement controversée.[↩]

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