
Les Sœurs Clarisses forment un ordre religieux fondé au XIIIe siècle par sainte Claire d’Assise, inspirée par la spiritualité de saint François d’Assise.
Cet ordre de vie contemplative se consacre à la prière, la pauvreté et la simplicité radicale, vivant dans la clôture des monastères, à travers une vie de prières, de contemplation profonde et d’humilité pour l’intercession spirituelle pour l’Église et pour le monde.
Les Clarisses ont marqué l’histoire par leur rôle pour réparer le Saint Suaire endommagé par l’incendie de 1532. Elles ont procédé à la restauration de la relique entre le 16 Avril et le 2 Mai 1534.
Le nom des Soeurs Clarisses :
Dans l’acte officiel dressé par le cardinal Louis de Gorrevod lors de lareconnaissance du Saint Suaire à Chambéry le 15 avril 1534, nous lisons leurs noms : » « Nous, enfin, suivant la teneur des susdites lettres apostoliques, avons remis et confié à réparer, dans les endroits nécessaires, à vénérables Ludovica de Gingin [Ludouicæ de Gingin], abbesse, Bertrade Passin [Bertradæ Passinæ], vicaire, Peronette Roset [Peronetæ Rosentæ], sacristine, Marie de Berto [Mariæ de Berto] et Collecte Rochet [Collectæ Rochetæ], parmi les religieuses dudit couvent choisies par nous pour cela, ledit linge ; et nous l’avons laissé entre leurs mains, et auxdites religieuses ci-dessus nommées, et à chacune d’elles, nous avons concédé et concédons licence et faculté de le réparer, par l’autorité apostolique susdite, en vertu des susdites lettres. » . 1 2
Les Sœurs Clarisses et la réparation du Saint Suaire en 1534

Le récit des événements :
Le récit des Clarisses de Chambéry concernant la réparation du Saint Suaire en avril 1534 témoigne de la solennité de l’événement. Nous en avons proposé la numérisation et la transcription, extraite de l’ouvrage de Léon Bouchage.
Voici un court résumé :
Le 15 avril, les religieuses furent informées par messire Vesperis, trésorier de la Sainte-Chapelle, que le Saint Suaire leur serait confié pour raccommodage. Malgré leur sentiment d’indignité face à une telle tâche sacrée, elles se préparèrent à recevoir la précieuse Relique.
Le 16 avril, une procession solennelle, dirigée par Monseigneur le Légat et le Duc de Savoie, amena le Saint Suaire dans l’église des Clarisses. Après l’avoir déposé sur une table, on l’examina pour identifier les parties brûlées à réparer. Les comtes, barons et prélats présents confirmèrent qu’il s’agissait bien du Saint Suaire authentique, après un examen minutieux, et des notaires apostoliques en prirent acte.
Le Légat demanda ensuite à la Révérende Mère Abbesse, Louise de Vargin, de désigner quatre religieuses pour s’occuper de la réparation. Celles-ci, dont la Mère Abbesse elle-même, furent chargées de raccommoder les parties endommagées par l’incendie. Le Légat prononça une excommunication majeure contre toute personne qui toucherait le Suaire en dehors de ces religieuses. Leurs noms furent inscrits dans un registre officiel en présence des nobles et prélats.
La cérémonie fut accompagnée d’un sermon du prédicateur de Son Altesse et d’une lecture du Bref apostolique qui autorisait les religieuses à procéder à la réparation. Les Clarisses cousurent le Suaire à tour de rôle, tout en étant observées par une foule si dense qu’il était difficile d’avancer. Des gardes furent postés pour contrôler l’affluence.
Pendant les quinze jours que le Suaire resta au couvent, les religieuses veillèrent avec une grande dévotion devant la Relique. Leur récit raconte comment elles contemplaient les plaies sanglantes du corps du Christ imprimées sur le tissu, méditant sur ses souffrances et sa Passion. Elles ressentirent une profonde consolation spirituelle en réalisant ce travail sacré. La présence du Suaire fut pour elles une expérience spirituelle intense, renforcée par la prière et la contemplation des vestiges sacrés du corps de Jésus.
Le 2 mai 1534, après avoir terminé le raccommodage, les Sœurs Clarisses remirent le Saint Suaire au Duc de Savoie lors d’une nouvelle procession solennelle. Ce fut un moment de grande émotion pour les religieuses, qui, après avoir œuvré à cette réparation, se sentaient orphelines de la Relique sacrée, à laquelle elles avaient été si proches durant ces deux semaines.
Références
- Soeurs Clarisses ( 1534 ) Témoignage sur la Restauration du Saint Suaire.
- Capré, F. (1672). Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye: Justifié par titres, statuts, ordonnances, édits & autres preuves tirées des archives. Lyon: Guillaume Barbier.,
- Piano, L. G. (1833). Commentarii critico-archeologici sopra la SS. Sindone di N. S. Gesù Cristo venerata in Torino (Vol. 2). Torino: Per gli eredi Bianco; p 200
- Bouchage, L. (1891). Le Saint Suaire de Chambéry à Sainte-Claire-en-Ville . Impr. C. Drivet. Bibliothèque nationale de France. , Page 13
- Ferret, A. (1960). Essai sur l’histoire du Saint Suaire du XIVe au XVIe siècle. In Mémoires de l’Académie des Sciences Belles-Lettres et Arts de Savoie.
- Sindon, (1962). No. 8. April.
- Avezou, R. (1963). Histoire de la Savoie (No. 151). Paris: Que sais-je?.
- Guichonnet, P. (Ed.). (1973). Histoire de la Savoie. Toulouse.
- Lovie, J. (1973). L’Histoire en Savoie. Chambéry: Société Savoisienne d’Histoire et Archéologie.
- Sindon, (1974). No. 19. April.
- Sindon, (1975). No. 22. October.
- Fusina, M. D. (1977). La Sindone e le Molte Sindoni. In Osservazioni alle Perizie Ufficiali sulla Santa Sindone, 1969-1976. Turin: Centro Internazionale di Sindonologia.
- Fossati, L. (1977). Considerazioni sulle relazioni degli Esperti. In Osservazioni alle Perizie Ufficiali sulla Santa Sindone, 1969-1976. Turin: Centro Internazionale di Sindonologia.
- Lovie, J. (1979). Le Saint-Suaire en Savoie. In La Sindone e la Scienza, Report of the Second International Congress of Sindonology, Turin, 1978. Turin: Paoline.
- Vismara, E. M. (1980). La liturgia della Sindone. In La Santa Sindone nelle Ricerche Moderne; Atti dei Convegni di Studio, Torino 1939, Roma e Torino 1950 (Re-edition by Don Pietro Scotti, S.D.B.). Turin: Marietti.
- Crispino, D. (1982). The report of the Poor Clare Nuns. Shroud Spectrum International, (2), 19. [ avec une transcription en anglais ]
- FOSSATI L., S.D.B., ( 1993) « Relazione delle Suore Clarisse di Chambéry che nel 1534 rammendarono la Sacra Sindone » – Collegamento Pro Sindone (CPS) – 1993 May/June, p. 3-11.
- forme en style APA de vos références :
Remarque :
Certains titres de la bibliographie proviennent du travail de 1982 de Dorothy Crispino. dans The report of the Poor Clare Nuns. Shroud Spectrum International, (2), 19. Ils n’ont pas été commenté précisément.
— Notes —- Procès-verbal du Cardinal Louis de Gorrevod (1534) in Capré, F. (1672). Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye: Justifié par titres, statuts, ordonnances, édits & autres preuves tirées des archives. Lyon: Guillaume Barbier., – PP405-406[↩]
- Il y a plusieurs versions :
Noms des Sœurs Clarisses selon les auteurs. Source Abbesse / Prieure Vicaire Sacristine(s) Autres religieuses citées Observations / divergences Capré de Megève (1662), p. 406 Ludovica de Gingin [Ludouicæ de Gingin] Bertrade Passin [Bertradæ Passinæ] Peronette Roset [Peronetæ Rosentæ] Marie de Berto [Mariæ de Berto], Collecte Rochet [Collectæ Rochetæ] Texte original latin ; noms transcrits de manière la plus proche des lettres apostoliques. ? Piano (1833), p. 200 (se basant sur Chifflet) Lodovica de Vergin, prieure Bertrandta, vicaria Peronetta Rossetta Sagrestana → remarque : possible erreur d’impression, l’auteur propose de lire « Peronetta et Rossetta Sagrestana » Maria de Berre, Colletta Rochette Plusieurs variantes orthographiques (Vergin vs Gingin ; Berre vs Berto ; Rochette vs Rochet). Le cas des sacristines est confus. Bouchage (1891), p. 13 (reprend Piano) Louise de Vergin, prieure Bertrande, vicaire Péronette Rosset, sacristine ; mais l’auteur insère une parenthèse : selon lui, Chifflet aurait une coquille, il faudrait lire « Peronnetta e Rossetta Sagrestane », i.e. deux sacristines Marie de Berre, Colette Rochette Double confusion : changement de Ludovica → Louise ; maintien de l’interprétation fautive sur deux sacristines (Péronnette et Rosset). [↩]