l’incendie de Chambéry de 1532

Contenu en cours de Développement


L’incendie de Chambéry en 1532 a causé des dommages significatifs au suaire de Turin.

Après l’incendie de 1532, le Saint Suaire a été altéré par des tâches d’eau et des brûlures. Les grandes tâches sombres, provoquées par l’eau utilisée pour éteindre le feu, et les douze brûlures triangulaires symétriques causées par le métal fondu, ont modifié l’apparence extérieure de la relique, marquant son tissu de façon durable.


Résumé des événéments :

Le 4 décembre 1532, un incendie se déclare dans la chapelle du Château de Chambéry, où le Saint Suaire était conservé. Le feu se propage rapidement, touchant la sacristie et menaçant de détruire la précieuse relique. Grâce au courage de Philibert de Lambert, conseiller du duc Charles III, et d’un groupe de religieux Cordeliers, le Suaire est sauvé in extremis.

Ils traversent les flammes, arrachent la châsse en métal à demi-fondue et réussissent à mettre la relique en sécurité.

Le Suaire est endommagé, avec des traces de brûlures, mais l’image du Christ demeure préservée.

L’incendie, bien qu’il n’ait pas détruit l’image sacrée, a laissé des marques sur le tissu.

Trace des dommages subis :

  1. Brûlures : Les parties du Suaire en contact avec la châsse métallique ont été brûlées, ce qui a laissé des traces de brûlures distinctes. Il existe douze de ces trous qui ont une forme triangulaire et sont disposés de manière symétrique sur le tissu du fait du pliage de la relique conservée dans un coffret. Selon Dorothy Crispino, souligne que les températures nécessaires pour fondre l’argent du reliquaire auraient atteint 962°C, risquant de détruire le suaire.
  2. Petites perforations : En plus des grandes brûlures triangulaires, de petites perforations sont visibles sur les plis du tissu. Ces perforations sont le résultat des gouttes de métal fondu provenant de la châsse. ( Cependant, certaines perfortations sont antérieures à l’incendie de 1532, comme en témoignent notamment les copies en tissus antérieures à 1532 )
  3. Tâches d’eau : Pour éteindre le feu, les intervenants ont utilisé de l’eau ce qui a provoqué l’apparition de grandes tâches dans différentes zones du Suaire. Ces marques sont visibles sous forme de motifs plus sombres sur le tissu, alors qu’ils ne correspondent pas à l’empreinte du corps ou aux tâches de sang.
  4. Raccommodages : Les Clarisses de Chambéry ont réparé ces dommages en 1534. Elles ont cousu des pièces triangulaires de tissu pour combler les brûlures et des patchs de tissu pour soutenir les parties affaiblies du Suaire. ( Suite à la restauration controversée de 2002 par Mechthild Flury-Lemburg et  Irène Tomedi, les pièces d’origine ainsi que la toile de soutien ont modifié l’apparence historique du Saint Suaire jusqu’alors et soulevé des question )

Authentification de la relique en 1534 :

Pour réparer ces dommages, Charles III, duc de Savoie, fait appel au Pape Clément VII, qui envoie le cardinal Louis de Gorrevod, évêque de Maurienne, pour authentifier le Suaire. Le 15 avril 1534, Gorrevod, accompagné d’autres dignitaires ecclésiastiques, déclare officiellement que la relique est authentique, après un examen minutieux.

La restauration par les Sœurs Clarisses

Suite à cette reconnaissance officielle, le Saint Suaire est confié aux soins des Sœurs Clarisses du monastère de Sainte-Claire à Chambéry pour être restauré. Du 16 avril au 2 Mai 1534, les religieuses raccommodent le tissu , réparant les parties endommagées avec un soin particulier. Elles restaurent la relique devant un important comité de surveillance.

Voir : Témoignage sur les réparations des Soeurs Clarisses.

Localisation du Suaire durant l’incendie

Saint Chapelle – Chambéry – 2020


La localisation du suaire suscite des débats.

André Perret, dans Essai sur l’histoire du Saint Suaire (1960), mentionne le Acte de Translation de 1502, qui situe le suaire dans « une niche spéciale, dans le mur de la chapelle, construite derrière le grand autel », mais cette localisation reste contestée.

Selon Lazzaro Giuseppe Piano dans Comentarii critico-archeologici sopra la ss. Sindone di N. S. Gesù Cristo venerata in Torino (1833), il se trouvait dans la sacristie, non dans la niche murale de la Chapelle :

« […] dans la sacristie, dans une précieuse boîte sous quatre clefs […] la sacristie, semblable à une tour, rendait l’accès difficile, protégeant ainsi les trésors. »

Les sources principales :

Filiberto Pingonio, dans Sindon Evangelica (1581), raconte que l’incendie a éclaté le 4 décembre. Il décrit comment des religieux, accompagnés d’un forgeron, ont bravé les flammes pour sauver le suaire. Compilant également d’autres sources, Léon Bouchage relate avec de nombreux détails, des épisodes dramatiques et des actes de courage ayant permis de sauver la relique et transcrit le témoignage des soeurs Clarisses.


Références :

This website uses cookies. By continuing to use this site, you accept our use of cookies.