
Louis de Gorrevod était un éminent prélat savoyard et cardinal au début du XVIe siècle.
Après l’incendie de Chambéry en 1532, il est connu pour son rôle dans l’authentification de la relique en 1534 et pour la restauration du Saint Suaire de Turin par les sœurs Clarisses qui entreprirent de raccommoder le Suaire, en cousant des pièces pour couvrir les zones brûlées.
Parcours :
Né vers 1473, il était issu d’une famille noble avec des liens étroits avec les cercles politiques puissants de son époque. Son père, Jean, était seigneur de Gorrevod, et sa mère, Jeanne de Loriol de Challes. Très jeune, il débuta sa carrière ecclésiastique en tant qu’aumônier et chanoine vers 1499, avant de devenir évêque de Saint-Jean-de-Maurienne.
En 1501, il célébra le mariage de Philibert II, duc de Savoie, et de Marguerite d’Autriche, un événement très important dans la politique européenne de l’époque.
En 1506, il avait convaincu le Pape Jules II (Giuliano Della Rovere) de reconnaître une fête dédiée au Suaire, à une date fixée le 4 Mai.
En 1515, il fut nommé premier évêque du nouveau diocèse de Bourg-en-Bresse. Son influence grandissant, il fut créé cardinal par le pape Clément VII en 1530, avec le titre de cardinal de San Cesareo in Palatio.
L’une de ses contributions notables à l’Église fut l’introduction de nouveaux règlements dans son diocèse pour en améliorer la gouvernance.
En 1534, il démissionna de son poste d’évêque de Bourg-en-Bresse. Louis de Gorrevod mourut en 1535 à Saint-Jean-de-Maurienne.
Rôle dans l’authentification du Saint Suaire – 1534
Après l’incendie de la Sainte-Chapelle de Chambéry en décembre 1532, qui endommagea le Saint Suaire, Charles III, duc de Savoie, sollicita l’intervention du Pape Clément VII. Le Pape envoya le cardinal Louis de Gorrevod pour authentifier la relique, la mission étant cruciale pour la maison de Savoie.
Le 15 avril 1534, Gorrevod présida l’enquête officielle, accompagné de trois évêques et de plusieurs nobles. Après un examen minutieux, il conclut que le Suaire était authentique, confirmant ainsi que le linge exposé était bien celui vu avant l’incendie. Son intervention en 1534 fut cruciale pour préserver la réputation de la relique face aux critiques des réformateurs, notamment Jean Calvin, qui a remis en question l’authenticité du Suaire en 1543.
Rôle dans la réparation du Saint Suaire – 1534
Gorrevod ne se contenta pas d’authentifier le Suaire ; il organisa également sa réparation. Il confia la relique aux Sœurs Clarisses de Chambéry, sous la supervision de l’abbesse Louise de Vargin. Celles-ci entreprirent de coudre des pièces pour réparer les brûlures et apposer une toile de soutien. Les travaux furent achevés le 2 mai 1534, juste à temps pour l’exposition annuelle du Suaire à Chambéry le 4 mai 1534.
Héritage et Importance
Louis de Gorrevod était déjà familier du Saint Suaire avant cet épisode.Malgré ces attaques, Gorrevod contribua à maintenir la vénération autour de la relique.
Il mourut en 1535, peu après avoir démissionné de son poste d’évêque, et fut inhumé dans la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, qu’il avait contribué à rénover.
Références :
- Louis de Gorrevod (1534) Procès-verbal du Cardinal Louis de Gorrevod in Capré, F. (1672). Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye: Justifié par titres, statuts, ordonnances, édits & autres preuves tirées des archives. Lyon: Guillaume Barbier., PP 391-406
- Léon Bouchage ( 1891 ) Le Saint Suaire de Chambéry à Sainte Claire en Ville – Sœurs Clarisses en 1534
- The Shroud of Turin Blog. ( 2019 ) « Louis de Gorrevod (c. 1473-1535), envoy of Pope Clement VII. » (2019, September).
- Wilson, I. (1994). A Chronology of the Shroud 1452-1509. BSTS Newsletter, No. 38, August.
- Oxley, M. (2010). The Challenge of the Shroud: History, Science and the Shroud of Turin. AuthorHouse.