Lynn Picknett et Clive Prince

Lynn Picknett et Clive Prince

Lynn Picknett et Clive Prince sont des auteurs britanniques controversés. Ce sont des autodidactes connus pour leurs recherches non conventionnelles sur les mystères historiques et religieux. Ensemble, ils ont co-écrit plusieurs ouvrages, dont certains sur le Saint Suaire de Turin, où ils avancent des théories alternatives qui défient les interprétations traditionnelles comme l’attribution du Saint Suaire à Léonard de Vinci. Leurs théories audacieuses et polémiques ont suscité le scepticisme des sindonologues les plus ancrés dans une certaine exigence épistémologique au sujet des consensus académiques officiels.

Formations et Centres d’Intérêt :

  • Lynn Picknett : Spécialiste des sujets historiques et religieux mystérieux, Picknett est particulièrement intéressée par les figures historiques controversées et les théories du complot. Autodidacte dans le domaine, elle a développé une expertise dans l’analyse de documents historiques et dans l’interprétation des phénomènes religieux et paranormaux.
  • Clive Prince : Prince, a étudié de près les croyances religieuses et les énigmes historiques, notamment dans le contexte du christianisme primitif et des sociétés secrètes. Comme Picknett, il est autodidacte mais se revendique comme un analyste minutieux de l’histoire ésotérique et des théories alternatives, alimentées par des approches ésotériques et spéculatives.

Contribution commune au sujet du Saint Suaire

L’attribution du Saint Suaire à Léonard de Vinci :

Dans leur ouvrage Turin Shroud: How Leonardo Da Vinci Fooled History (2006), Picknett et Prince proposent une théorie radicale : selon eux, le Saint Suaire aurait été fabriqué par Léonard de Vinci. Ils postulent que Vinci, maître de l’art, de la science et de l’innovation, aurait réalisé cette image à l’aide d’une technique secrète qui impliquait des méthodes proto-photographiques. Leur travail explore l’idée que Vinci, intrigué par le potentiel de manipulation visuelle et religieuse, aurait orchestré cette supercherie pour défier les autorités religieuses de son époque.

Les auteurs prétendent avoir reconstitué la technique de Vinci pour prouver la faisabilité de cette hypothèse, et ils avancent également des éléments supposés corroborer une connexion directe entre Vinci et le linceul. Leur thèse repose sur la correspondance entre les traits du visage du Saint Suaire et les œuvres de Vinci, ainsi que sur des connaissances avancées en optique et en chimie qu’ils attribuent à l’artiste.

Critiques de leurs théories sur le Saint Suaire

Leur théorie a suscité de nombreuses critiques, tant de la part des chercheurs en histoire de l’art que des spécialistes du Saint Suaire. Les critiques soulignent plusieurs aspects :

  1. Absence de preuves directes : Les détracteurs notent qu’il n’existe aucune preuve historique ou matérielle montrant que Vinci ait eu accès au Saint Suaire, ni qu’il ait développé la technique proto-photographique qu’ils lui attribuent.
  2. Interprétation spéculative : Les critiques qualifient souvent leurs conclusions de spéculatives, reprochant aux auteurs de construire leur théorie sur des conjectures au lieu de données vérifiées. Les ressemblances faciales entre les œuvres de Vinci et le visage du linceul sont souvent jugées trop subjectives pour être probantes.
  3. Non-concordance des datations : En supposant que le Saint Suaire soit médiéval ( ce qui est discuté !), les datations au carbone 14 indiquent une origine médiévale du Saint Suaire, ce qui rend improbable une fabrication par Vinci, né plusieurs décennies après cette période. Cette incohérence avec la théorie d’une relique médiévale pose des questions sur des traces concrètes d’essais techniques, malgré le fait que les écrits, oeuvres et réalisations de Léonard de Vinci n’ont pas toute été transmises jusqu’à nous.
  4. Approche sensationnaliste : Certains chercheurs estiment que l’approche de Picknett et Prince vise davantage à provoquer le public et à vendre des ouvrages riches de révélations qu’à apporter une contribution académique solide, suggérant que leurs thèses reposent avant tout sur des arguments autour de théories mal étayées, entrainant un intérêt populaire mais le plus grand scepticisme dans la communauté universitaire.

Le Saint Suaire et les Templiers :

Dans La révélation des templiers, les auteurs relient le mystère du Saint Suaire à des croyances ésotériques partagées par des sociétés secrètes, telles que les Templiers et les Cathares, qui auraient conservé un secret autour de la véritable identité de Jésus-Christ. Leurs théories tranchent avec les théories plus solides développées notamment par l’historienne et archiviste Barbara Frale ( 2009 )

En se penchant sur les figures de Jean-Baptiste et Marie-Madeleine, ainsi que sur des organisations comme la franc-maçonnerie, ils explorent l’hypothèse selon laquelle ces groupes détenaient des connaissances sacrées qui révéleraient un aspect méconnu de l’identité du Christ, contesté par l’Église catholique officielle. Ils vont alors explorer une théorie encore plus large : l’existence d’une religion secrète parallèle au christianisme officiel. En analysant des indices dans l’œuvre de Vinci et dans certains lieux de culte modernes, les auteurs découvrent ce qu’ils interprètent comme les vestiges d’une tradition cachée, perpétuée par des sociétés secrètes telles que les Templiers, les Cathares et les Francs-maçons. Selon eux, ces sociétés auraient préservé des connaissances ésotériques qui remontent aux premières croyances chrétiennes, mais aussi aux figures controversées de Jean-Baptiste et de Marie-Madeleine. Les auteurs proposent que cette « révélation templière » est inscrite de manière cryptique dans des œuvres d’art et même dans l’architecture des grandes cathédrales gothiques, suggérant qu’un tel secret pourrait bouleverser la compréhension traditionnelle du christianisme et ébranler les fondements mêmes de l’Église.

Appropriation culturelle du christianisme ?

Leur travail a inspiré Dan Brown pour la « Da Vinci Code » et on peut se demander dans quelle mesure leurs théories ne relèvent pas de l’appropriation culturelle maçonnique du christianisme justement dans une forme de version nouvelle de l’occultisme néo rosicrucien et spéculatif. L’analyse de la généalogie symbolique et mythologique révèle un ancrage évidemment égyptien de Jésus qui cadre mal avec la spécificité de l’analyse historique rigoureuse du point de vue des connaissances notamment dans le domaine de l’histoire des religions du point de vue académique.

Références :

  • Picknett, L., & Prince, C. (1994). In His Own Image: Real Story of the Turin Shroud. Bloomsbury Publishing PLC.
  • Picknett, L., & Prince, C. (1994). Turin Shroud: How Leonardo Da Vinci Fooled History. Michael O’Mara Books Ltd.
  • Allen, N. (1995). How Leonardo [da Vinci] Did Not Fake the Shroud of Turin.
  • Picknett, L., & Prince, C. (1997). The Templar Revelation: Secret Guardians of the True Identity of Christ. Transworld Publishers Ltd.

This website uses cookies. By continuing to use this site, you accept our use of cookies.