Mario Moroni

Mario Moroni, chercheur italien actif dans le domaine de la sindonologie, a notamment travaillé en collaboration avec Francesco Barbesino et Giulio Fanti sur l’étude du Saint Suaire, et leurs recherches ont apporté des éclairages importants sur la critique de la datation au carbone 14 ou sur la théorisation de la formation de l’image corporelle de Jésus sur le Saint Suaire.

Contribution :



Il est né en 1937 et mort en 2017. Vivant en Lombardie à la fin des années 70, il avait créé le Gruppo lombardo di ricerca sulla Sindone di Torino, où il organisait des conférences et exposés pour sensibiliser étudiants et amateurs aux mystères de la relique.

En 1978, l’exposition publique du Suaire le fascine et le pousse à s’engager dans son étude, publiant des ouvrages, des articles académiques et des essais accessibles.

Moroni soutenait, aux côtés de Francesco Barbesino, que la datation au C14 de 1988 était scientifiquement biaisée. (Moroni & Barbesino 1996). Il reprenait les données et les analyses critiques développées dès l’annonce de la datation médiévale du Saint Suaire.

En 1991, Moroni et Barbesino ont étudié la copie du Saint Suaire à Inzago ( nous cherchons le document )



Dans Apologia di un falsario ( 1997), Moroni et Barbesino soulignent les compétences improbables d’un artiste du Moyen Âge capable de créer une image si mystérieuse et précise sans outils modernes. Moroni et Barbesino imaginent ce « faussaire » doté de connaissances anatomiques, historiques et scientifiques bien avant leur temps, une approche originale qui démontre la quasi-impossibilité d’une falsification médiévale. Cette oeuvre en italien n’a pas été encore traduite alors qu’elle présente un intérêt logique indéniable.


Lungo le strade della Sindone, coécrit par Francesco Barbesino et Mario Moroni, retrace le parcours historique du Saint Suaire depuis Constantinople jusqu’à son emplacement actuel à Turin, en passant par des étapes clés comme Lirey, Chambéry, et Vercelli.

Moroni et Barbesino ont étudié une copie très importante du Saint Suaire celle présentée à Inzago, Italie datée de 1578.

Travaux de Moroni sur la luminance et l’image corporelle :

Dans l’article « Comparison of luminance between face of Turin Shroud man and experimental results » (200o), Fanti et Moroni ont étudié la luminance de l’image faciale sur le Suaire et ont mené des tests pour mieux comprendre les caractéristiques de cette image en la comparant à des résultats expérimentaux. Cette analyse visait à explorer la manière dont la lumière est reflétée et absorbée par les fibres du tissu, mettant en évidence la particularité de l’image en tant que « négatif photographique » naturel, phénomène atypique que l’on retrouve rarement dans d’autres contextes, sauf dans des cas de transfert de liquides corporels et d’oxydation des fibres. Ce travail s’est inscrit dans la lignée des recherches tentant de réfuter les théories qui considèrent l’image comme un artefact peint, en apportant une analyse plus scientifique des propriétés physiques de la luminance et de la dégradation des fibres.

Propositions pour l’analyse par endoscopie

Moroni a également collaboré à une étude intitulée « Proposal for an Endoscopic Recognition on UV-Light for the Exclusion of the Singeing Hypothesis », où lui et Fanti ont proposé l’utilisation d’une endoscopie sous lumière ultraviolette pour vérifier l’hypothèse de la brûlure (ou « singeing »). Selon cette théorie, l’image pourrait avoir été produite par un tissu en lin chauffé en contact avec un bas-relief chauffé, entraînant une décoloration par oxydation et déshydratation des fibres. Pour tester cette hypothèse, Fanti et Moroni ont proposé d’insérer un endoscope sous les coutures du Suaire, afin d’observer l’absence ou la présence de marques UV sur la face non visible du tissu. Ils ont montré que les images obtenues par brûlure à basse température génèrent des effets sur les deux côtés du tissu. Cependant, une telle trace était absente dans le cas du Suaire, ce qui pourrait définitivement écarter l’hypothèse de brûlure si confirmé par l’endoscopie.

Réception et impact

Les travaux de Moroni et Fanti ont alimenté des débats dans la communauté scientifique, comme en témoigne une étude ultérieure de Jairo A. Diaz, qui, inspiré par leurs recherches sur la géométrie et les motifs de luminance du visage sur le Suaire, a développé une théorie de « réponse tissulaire à une blessure extrême », en lien avec des motifs géométriques dans les tissus endommagés.

Sources :

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