
(vers 1393 – après 1460)
Marguerite de Charny est une figure historique importante dans l’histoire du Saint Suaire de Turin. Elle est la petite-fille de Geoffroi de Charny, le chevalier français qui a présenté pour la première fois le Suaire à Lirey, en Champagne, au XIVe siècle. Son rôle clé fut celui d’héritière et de défenseur des droits sur le Suaire à une époque où il suscitait de plus en plus d’intérêt et de controverses.
Héritage du Saint Suaire
Marguerite hérita du Suaire de Turin à la suite de la mort de ses parents, Geoffroi II de Charny et Jeanne de Vergy. Elle continua la tradition familiale d’exposer publiquement la relique, en particulier dans le cadre des cérémonies religieuses à Lirey. Toutefois, elle dut faire face à des contestations, notamment de la part de l’évêque de Troyes, Pierre d’Arcis, qui dénonçait le Suaire comme une fausse relique.
Saint Suaire à Chimay, Belgique. – 1449-1452
Les péripéties du suaire commencèrent vers 1437 au moment du décès de Humbert de Villersexel qui fut le second époux de Marguerite de Charny, l’héritière du Saint Suaire. Mais cet héritage était contestée par les chanoines de Lirey. Les responsables de la collégiale de Lirey où le suaire était exposé, ont contesté la légitimité de Marguerite en tant que propriétaire du suaire en arguant visiblement que la relique leur revenait à la mort du comte de Villersexel.
Marguerite de Charny aurait cherché à vendre la relique au plus offrant, la présentant en Belgique à Chimay, dans le château de Jean de Croÿ. ( 1380 -1473), seigneur de Chimay et inféodé à Philippe III de Bourgogne ( 1419-1467)
Selon le chroniqueur Corneille de Zantfliet,
« En l’année de l’Incarnation du Seigneur 1449, une noble dame du territoire de Troyes arriva dans une ville du Hainaut, nommée Chimay, portant avec elle un linge sur lequel était peint, avec un art admirable, la forme du corps de Notre Seigneur Jésus-Christ… ».
Corneille de Zantfliet, Chronicon, éd. E. Martène et U. Durand, Amplissima Collectio, t. 5, Paris, 1729, col. 338. 1
Vente et Transfert à la Maison de Savoie – 1452
En 1452, Marguerite de Charny, endettée et désireuse de protéger le Suaire, prit une décision décisive en le vendant à Louis Ier de Savoie et à son épouse Anne de Lusignan. Ce transfert marqua une nouvelle phase dans l’histoire du Suaire, qui fut dès lors conservé par la Maison de Savoie, et plus tard transféré à Turin, où il est resté jusqu’à aujourd’hui.
Une Vie de Dévouement
Marguerite, bien que membre de la noblesse, eut une vie marquée par des difficultés financières et des luttes pour défendre son héritage. Elle chercha à protéger le Suaire des dangers et des abus, mais les dettes et les conflits ont influencé ses choix, aboutissant à la vente du Suaire, un acte qui changea pour toujours le destin de cette précieuse relique chrétienne.
- nous cherchons la page exacte. [↩]