
Marie-Clotilde de Savoie, figure emblématique de la noblesse italienne et fervente croyante, a marqué l’histoire du Saint Suaire de Turin, notamment en 1898, lors de l’ostension de cette précieuse relique. Son engagement spirituel et son sens des responsabilités l’ont conduite à jouer un rôle crucial dans la protection du Suaire, en initiant la création d’un cadre de protection pour préserver ce symbole de foi des poussières engendrées par le grand pèlerinage. Hélas, ce cadre de protection suscita quelques difficultés pour la prise de vues par Secondo Pia.
Parcours :
Marie-Clotilde de Savoie, née le 2 mars 1843 à Turin et décédée le 25 juin 1911 à Moncalieri, est une figure marquante dans le contexte historique et religieux lié au Saint Suaire de Turin. Fille de Victor-Emmanuel II, roi d’Italie, elle devient princesse Napoléon par son mariage avec Napoléon-Jérôme Bonaparte. Connue pour sa dévotion religieuse, elle s’investit tout au long de sa vie dans des œuvres de charité et la prière, notamment après la chute du Second Empire.
Marie-Clotilde se consacre à la religion dès son adolescence, montrant un caractère pieux et ascétique. Sa foi catholique influence ses choix, notamment son mariage, perçu comme un moyen de renforcer l’alliance entre la France et le royaume de Sardaigne, mais aussi d’aider spirituellement son époux, connu pour ses opinions anticléricales.
Après l’exil de la famille impériale de Paris en 1870, elle se retire de la vie publique et embrasse une existence de dévotion. En 1872, elle entre dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique sous le nom de sœur Marie-Catherine du Sacré-Cœur. Sa réputation de sainteté et son engagement pour les pauvres et les malades lui valent le surnom de « Sainte de Moncalieri« .
En 1936, l’archevêque de Turin introduit la cause de béatification de Marie-Clotilde, soulignant l’impact de sa vie religieuse et de son œuvre.
En 1942, le pape Pie XII la reconnaît comme Servante de Dieu, et sa cause de béatification demeure en cours.
Contribution au Saint suaire :
Echantillon de fils :
Arthur Loth témoigne qu’en 1868, la princesse Marie-Clotilde de Savoie « changea elle-même la doublure du linge, qui était détériorée, et en mit une nouvelle en taffetas cramoisi. » ( Arthur Loth, 1900)
L’historien de la dynastie des Savoie, Carlos Evaristo, explique dans son livre de 2011, L’ histoire inédite du Saint-Suaire, comment des fils du Saint Suaire furent alors extraits et conservés …
En 1868, la princesse Maria Coltilde de Savovia remplaça le support du Suaire ajouté par Sebastiano Valfré en 1694.
Les fils détachés ou effilochés lors de la restauration de la relique furent retirés et stockés dans les boîtes du reliquaire. C’était une coutume selon le roi Umberto II, qu’il était d’usage, pendant des siècles, lors du mariage d’un prince ou d’une princesse de la maison ducale et royale, qu’une vénération privée ou une ostentation publique du Saint-Suaire soit organisée sur ordre du chef. de la même Famille et qu’à une telle occasion, une petite partie du Saint-Suaire était retirée de la petite boîte en or du Reliquaire et placée dans une boîte vitrée pour être ensuite présentée comme une précieuse dot ou un cadeau de mariage, au cours d’une cérémonie spéciale qui s’est terminée avec bénédiction prénuptiale.
Bracaglia, G. (2019).
Ces échantillons de fils ont ensuite été transmis à Ruggero Romanese qui avait pu les étudier au microscope dès 1935 selon une correspondance étudié par Giorgio Bracaglia dans les archives de la Holy Shroud Guild. ( Bracaglia, G. (2019).)
Cadre de protection du Saint Suaire en 1898 :
En 1898, elle joue un rôle important dans l’organisation de l’ostension du Saint Suaire en exigeant que la relique soit exposée sous un cadre pour la protéger de la poussière suscitée par l’important pèlerinage dans la Cathédrale de Turin comme l’expliquent notamment Noguier de Malijay 1 et Paul Vignon.
Le cadre fut réalisé par l’atelier de l’architecte du Palais Royal de Turin, M. Emilio Stramucci
Mesures du Saint Suaire en 1898 :
Luigi Fossati ( 1993) rapporte également
En 1898, la Commission des Fêtes, sous l’initiative de la princesse Clotilde, prend des mesures précises pour clarifier les divergences. Le Suaire est mesuré à 4,36 mètres de long avec une largeur variant légèrement : 1,104 mètre à droite, 1,105 au centre, et 1,100 à gauche.
Une bordure en soie bleue ajoute 25 mm, portant la longueur totale à 4,41 mètres.
Une bande rouge de 5 cm de large augmente encore la largeur totale : 1,230 mètre à droite et à gauche, et 1,225 mètre au centre.Les mesures sont effectuées par une équipe dirigée par le théologien Carlo Franco, avec l’aide de plusieurs dignitaires religieux et de membres de la commission du Saint Suaire, assurant ainsi l’exactitude des relevés.
Luigi Fossati ( 1993)
Marie-Clotilde reste une figure inspirante pour ceux qui, comme elle, voient en la foi catholique et le Saint Suaire de Turin un symbole de dévotion et de sacrifice.
Sources :
- Loth, A. , 1900, Le Portrait De N-S. Jésus-Christ d’ après Le Saint-Suaire De Turin , Poitiers
- Vignon, P. ( 1902 ) Le Linceul du Christ, Ed. Masson. page 5
- Noguier de Malijay, N. (1902). Le Saint Suaire de Turin. Libraire de la Propagande Salésienne, Paris (*) Paris.
- Terquem, H. (1902) L’Authenticité du Linceul de Turin – p 20
- Noguier de Malijay , N. (1929) « Le Saint Suaire de Turin » – page 30
- Fossati, L. ( 1993) Le Misure della Sindone , Collegamento Pro Sindone , p 10-35
- Evaristo, C. (2011). L’Histoire inédite du Saint-Suaire. Fátima, Portugal : Regina Mundi Press.
- Bracaglia, G. (2019). Uncovering the paradox within the archives of the Holy Shroud Guild
- Noguier de Malijay , 1929 « Le Saint Suaire de Turin » – page 30 [↩]