
Le cardinal Michele Pellegrino (1903-1986) est un ecclésiastique italien dont l’épiscopat à Turin (1965-1977) s’est inscrit dans un moment clé de l’histoire du Suaire de Turin.
Parcours :
Né le 25 avril 1903, Pellegrino s’engage dans la vie religieuse dès son jeune âge, ordonné prêtre en 1928, puis formé en théologie et en sciences humaines. Avant de devenir archevêque, il enseigne la littérature chrétienne antique à l’Université de Turin, où il développe une approche théologique influencée par le Concile Vatican II (1962-1965). Il est nommé archevêque de Turin le 18 septembre 1965 par le pape Paul VI, puis cardinal en 1967, et il joue un rôle central dans le développement de l’étude scientifique et spirituelle du Suaire de Turin.
Sa contribution à la promotion de l’étude scientifique est également motivée par son désir de réconcilier les avancées de la science avec la foi chrétienne, un concept qui avait été fortement influencé par les discussions du Concile Vatican II, auquel il avait été un ardent défenseur (Guerriero, 2003).
Contexte et actions liées au Suaire de Turin
Sous l’épiscopat de Pellegrino, les années 1960 et 1970 voient un intérêt accru pour le Suaire, non seulement en tant que relique chrétienne mais également comme objet de recherche scientifique. Pellegrino accueille favorablement l’investigation scientifique de la relique. Son soutien aux études photographiques et scientifiques sur le Suaire se manifeste notamment en 1969 par une première commission dite Commission Pellegrino pour étudier le Saint Suaire qui n’avait pas été observé depuis plusieurs décennies ( Montevergine, 1946 ).
En 1973, il supervise l’exposition publique du Suaire pour épauler Paul VI. Cette exposition fut accompagnée d’études approfondies notamment celles de Gilbert Raes et Max Frei.
En 1973, le professeur Gilbert Raes est invité pour la première fois à prélever deux petits échantillons du Suaire de Turin pour une analyse textile et hématologique. Toutefois, en raison d’un retard de vol, les prélèvements sont effectués en son absence par des religieuses expertes sous la supervision de prélats, incluant une documentation précise et des accords de conservation avec le roi Humbert II pour les échantillons post-analyse.
Pellegrino autorise ainsi des examens archéologiques du Suaire, en particulier ceux réalisés par le photographe suisse Max Frei, qui mène une analyse palynologique pour identifier des pollens du Suaire et, ainsi, retracer ses origines géographiques.
L’impact de son épiscopat
Michele Pellegrino prend sa retraite en 1977, mais son influence perdure, notamment à travers ses écrits théologiques et son rôle dans la promotion d’un dialogue ouvert entre science et religion autour du Suaire. Il décède le 10 octobre 1986, laissant un héritage d’ouverture spirituelle et scientifique. Les études du Suaire se poursuivent avec des outils plus sophistiqués, et l’approche respectueuse de Pellegrino continue d’inspirer les travaux des scientifiques et des théologiens intéressés par ce linceul mystérieux (Marinelli, 2000).
Bibliographie APA
- Baima Bollone, P. L. (1998). Sindone e scienza: tra fede, storia e medicina. Mondadori.
- Barcaccia, G., Galla, G., Achilli, A., Olivieri, A., Semino, O., & Torroni, A. (2015). Uncovering the sources of DNA found on the Turin Shroud. Scientific Reports, 5(1), 1-7. https://doi.org/10.1038/srep14484
- Guerriero, E. (2003). Il cardinale Michele Pellegrino: un cristiano, un vescovo, un uomo. Edizioni San Paolo.
- Marinelli, E. (2000). La Sindone, un’immagine « impossibile »: storia, scienza e fede sul mistero del lenzuolo di Gesù. Edizioni Segno.