Mylar

Le Mylar est un film plastique présentant une très bonne transparence et fabriqué à partir de polyéthylène téréphtalate (PET). Les bandes collantes (sticky tapes) utilisées par Raymond Rodgers et Robert Dinegar pour le STURP pour récolter des échantillons de fibres dans différentes zones étaient fabriquées en mylar.

Raymond Rogers et Robert Dinegar positionnent une bande collante en Mylar sur le Saint Suaire ( 1978 ) Barrie Schwortz.
Raymond Rodgers récupère une bande collante en Mylar sur le Saint Suaire ( 1978 – Barrie Schwortz )

Selon Alan Adler et John Heller, La bi-réfringence observée par Walter McCrone et interprétée comme la présence de cristaux métalliques d’oxyde de fer (III) ( ocre rouge ou hématite ) ou de sulfure de mercure(II) ( vermillon ou cinabre ) était en réalité due aux bandes de Mylar utilisées pour collecter les échantillons. En effet, du fait de son processus de fabrication, le Mylar présente effectivement des propriétés bi-réfringentes.

Voir Polémique Mc Crone STURP

Le Mylar, un polymère de polyéthylène téréphtalate (PET).

Le Mylar est un matériau plastique fabriqué à partir de polyéthylène téréphtalate (PET), un type de polymère. Un polymère est constitué de longues chaînes de petites molécules appelées monomères, qui se répètent pour former une structure solide et flexible.

Structure du monomène à la source du PET : poly(téréphtalate d’éthylène) -[O-(CH2)2-O-CO-pPh-CO]n– ( Wikipedia )

Par extrusion et étirage sous tension, on obtient à partir du PET amorphe un film aux propriétés biaxiales semi-cristallines. Ce film de très grande solidité en tension, très stable et transparent, très bon isolant électrique, est connu sous les marques Mylar, Melinex et Hostaphan distribuées notamment par la société 3M.

Rouleau de film PET ( Mylar )

Ces chaînes de PET lui confèrent une grande résistance mécanique à la déchirure et à la chaleur. Ce matériau est souvent utilisé pour fabriquer des films, des emballages alimentaires, des isolants et d’autres produits nécessitant durabilité et légèreté.

la Bi-Réfringence du Mylar :

Cette bi-réfringence est due principalement au procédé de fabrication : le Mylar est un polymère de polyéthylène téréphtalate (PET) étiré selon deux axes (bi-axialement), ce qui aligne tendanciellement une majorité de chaînes polymériques dans deux directions perpendiculaires. Ce processus crée une asymétrie dans les propriétés mécaniques et optiques du matériau, ce qui entraîne des effets de bi-réfringence.

rayons multi-directionnels réfractés dans un cristal de calcite transparent

Les propriétés bi-réfringentes du Mylar peuvent être testées à l’aide de deux polariseurs croisés. Lorsqu’on place le Mylar entre ces polariseurs, les différences d’indices de réfraction pour la lumière polarisée en fonction de la direction révèlent son caractère bi-réfringent. Cette bi-réfringence peut être un inconvénient pour les mesures impliquant de la lumière polarisée, car elle peut fausser les résultats en raison de la déviation des angles de polarisation.

voir : bi-réfringence

L’Utilisation de bandes de Mylar lors du STURP ( 1978 ) :



L’utilisation de bandes de Mylar, spécialement fabriquées par la société 3M pour être adhésives d’un côté tout en restant chimiquement inertes, a été proposée par Raymond Rogers pour collecter des échantillons du Suaire de Turin (Heller 1983, p. 86). Ces bandes ont permis de prélever des particules sans détériorer le tissu ancien, en appliquant une faible pression sur des zones précises du Suaire.

2. Préparations pour l’Analyse

Les échantillons ont été préparés avec soin pour éviter toute contamination. Pour protéger le Suaire, la table de travail a été recouverte de Mylar doré, similaire à celui utilisé pour les atterrisseurs lunaires, empêchant ainsi tout transfert de poussière ou de saleté (p. 106). Une fois les échantillons collectés, les bandes de Mylar avec adhésif exposé ont été placées dans des contenants hermétiques et transportées avec précaution (p. 125).

Le Biais Optique introduit par le Mylar dans les Thèses de Mc Crone :

Walter McCrone revendiquait la présence de cristaux métalliques comme l’oxyde de fer III et le sulfure de mercure (vermillon) dans les échantillons du Saint Suaire. Il développait de telles conclusions en s’appuyant sur l’observation de propriétés de bi-réfringence sous lumière polarisée, une caractéristique souvent associée à certains pigments d’origines métalliques ( cristaux métalliques ).

configuration du microscope en lumière polarisée

Cependant, deux éléments fragilisent cette conclusion :

  • premièrement, le support Mylar utilisé lors de ses analyses est lui-même bi-réfringent, ce qui a faussé les observations des propriétés optiques. Cette erreur dans le protocole d’observation en lumière polarisée est une erreur importante qui remettait sans doute en question les conclusions de Walter Mc Crone pour certaines de ses autres analyses, mettant en question sa crédibilité scientifique malgré ses mérites indéniables.
  • deuxièmement, les analyses chimiques – exhaustives – réalisées avec application par Alan Adler et John Heller n’ont trouvé aucune trace de ces composants métalliques, remettant en question la validité de l’interprétation de McCrone qui s’est contenté de publier ses thèses dans Microscope, une revue dont il contrôlait l’édition et qui n’était pas pair-reviewed au sens strict.

voir  l’article Polémique Mc Crone – STURP

Sources :

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