
Noel Noguier de Malijay ( 1861-1930)
Ce prêtre catholique français fut le premier à demander l’autorisation de photographier le Saint Suaire avant l’ostension de 1898. Ami du photographe Secondo Pia, Noguier de Malijay appartenait au même Club de Photographes Amateurs et il fut son assistant lors de la prise de vue historique dans la Cathédrale Saint Jean Baptiste de Turin. Il a écrit trois ouvrages majeurs pour documenter l’histoire du Saint Suaire entre 1898 et 1929…
Biographie :
Noel Noguier de Malijay est né le 11 novembre 1861 dans une famille noble vivant dans un château à Malijay, près de Sisteron, en France. Ce château était célèbre car l’Empereur Napoléon y avait dormi après son retour d’exil de l’île d’Elbe.

Alpes de Haute Provence
Le jeune Noguier était un amoureux de la mer et il a fréquenté l’internat des Frères Maristes à Toulon, mais en raison de sa faible vue, il n’a pas été admis à l’école de la marine. À cette époque, il ne savait pas quoi faire. Un jour, Noguier fit la connaissance du célèbre prêtre catholique Don Bosco. C’est Jean Bosco lui-même qui a ordonné de Malijay prêtre le 18 novembre 1887.

Noguier de Malijay devint professeur au Lycée Valsalice à Turin où il apprit l’existence du Saint Suaire, vénéré dans la cathédrale de Turin. En tant que professeur de physique, il s’intéressait à la photographie et devint bientôt un bon amateur.
Photographe amateur :
Don Noguier était membre du club de photographes amateurs de Turin dont faisait partie l’avocat Secondo Pia, mais aussi Felice Fino, G. Sanna Solaro. Il fut la première personne à développer le négatif photographique pris ce jour-là en assistant Secondo Pia.
Don Noguier trouva intéressante l’idée de prendre une photo du Saint Visage, 1 L’idée de Noguier fut bien accueillie par les autres photographes de son club de passionnés.
Don Noguier écrivit au roi d’Italie Umberto Ier, mais assez tardivement si bien que sa demande du 18 Mai 1898 fut rejetée. Ce refus était probablement du au fait des nombreuses difficultés à résoudre pour l’organisation et le projet de photographie posait question car on pouvait produire un nombre infini de tirages, entraînant une mercantilisation préjudiciable pour la famille de Savoie, propriétaire du Saint Suaire. De plus, un projet était déjà en cours pour faire des copies du Suaire en prévision de l’exposition de 1898. De plus, deux artistes peintres avaient été choisi pour peindre des copies : Enrico Reffo et Carlo Cussetti.

Le refus du roi ne put arrêter l’enthousiasme de Don Noguier qui insista et persuada le baron Antonio Manno d’utiliser son influence en tant que président de l’exposition d’Art Sacré et proche ami du roi. Finalement, le roi donna son consentement, mais la tâche fut confiée au chevalier Secondo Pia qui était plus réputé comme spécialiste des prises de vue en lumière basse.

Celui-ci fit ses plans pour prendre des photographies le soir après l’ostension publique. Mais plusieurs membres du club de photographie ne voulurent pas attendre si longtemps. Pendant les deuxième et troisième jours de l’exposition, certains d’entre eux se rendirent à la cathédrale avec leurs appareils photo, parmi eux Felice Fino, Gianmaria Sanna Solaro, Noguier de Malijay ou encore Ugo Splendorelli et A[ntonio?] Gallo. Avec leurs appareils cachés, ils prirent plusieurs photos.
Voir : les photographies du Saint Suaire en 1898

Oeuvres :
Dès 1902, Noguier de Malijay a écrit » Le Saint Suaire de Turin » un ouvrage en français pour faire connaître et authentifier le travail photographique de Secondo Pia et le Saint Suaire de Turin. La polémique de l’époque consistait notamment à dire que la relique aurait été photographiée à l’envers ou encore que certaines parties avaient été retouchées, comme les traces de sang par exemple. Noguier a compilé de nombreuses informations pour démontrer que cela ne pouvait être le cas. Il a témoigné que le cadre utilisé lors de l’ostension était trop étroit.
Il est animé par la conviction qu’un examen scientifique rigoureux du Suaire permettrait d’en établir définitivement l’authenticité et de mettre fin aux controverses. Il entreprend des démarches personnelles auprès du prince Humbert et des autorités religieuses, afin d’obtenir l’autorisation de constituer une équipe d’experts chargée d’effectuer cet examen lors de la prochaine ostension. ( Crispino, 1986 ) Dans cette perspective, il élabore un ensemble de propositions méthodologiques en vue d’un examen scientifique complet du Suaire.
Surnommé le « chevalier du Saint Suaire » par le Pr. Paul Vignon, cet expert du début du XX° siècle nous apporte des détails précieux dans les 2 autres ouvrages qu’il a publiés :
- 1922 Le Saint Suaire et la Sainte Face de notre Seigneur Jésus Christ (*)
- 1929 Le Saint Suaire de Turin – Edition SPES (*)
En 1925, Noguier de Malijay lança le Bulletin du Saint-Suaire et le poursuivit, malgré toutes les difficultés, jusqu’en 1928 jusqu’à produire au moins 13 numéros. Dorothy Crispino remercie Don Luigi Fossati, S.D.B., de lui avoir envoyé l’ensemble de la collection sous forme de photocopies. Ces documents doivent se trouver au Centro de Turin. ( Crispino, D. (1986)
20 septembre 1927 : À l’occasion de la fête solennelle de Cadouin, marquée par des processions et de grandes cérémonies, Don Noguier se rend sur place. Il obtient l’autorisation exceptionnelle d’examiner directement la relique et, en tant que scientifique de formation, s’attache à en donner une description précise et rigoureuse. À la suite de cette visite, il rédige son étude sur le suaire de Cadouin (1928). Il y opère une distinction terminologique et conceptuelle claire entre le Linceul — le grand drap funéraire de Turin — et le suaire, compris comme sudarium, plaidant pour l’abandon de l’usage ambigu du terme Saint-Suaire pour désigner le Linceul de Turin. ( Crispino, D. (1986))
Sources :
- Noguier de Malijay, N. (1902). Le Saint Suaire de Turin. Paris.
- Vignon, P. ( 1902 ) Le Linceul du Christ, Ed. Masson.
- Noguier de Malijay, N. (1922). Le Saint Suaire et la Sainte Face de notre Seigneur Jésus Christ (*)
- Noguier de Malijay, N. (1928). Le suaire de Cadouin. Bulletin du Saint-Suaire, 13, 1er trimestre, 1–21.
- Noguier de Malijay, N. (1929) Le Saint Suaire de Turin – Edition SPES (*)
- Fossati, L. ( 1981 ) Don Natale Noguier de Malijay, studioso della Sindone – Bottega d’Erasmo, Torino
- Crispino, D. (1986). The cloth of Cadouin as related by Natale Noguier de Malija Le suaire de Cadouin tel que rapporteˊ par Natale Noguier de Malijay. Shroud Spectrum International, (18), 18–19. https://www.shroud.com/pdfs/ssi18part5.pdf
- L’initiative de Noguier de Malijay n’était pas la première suggestion photographique car à l’occasion de l’ostension du Saint Suaire de 1842 un projet de daguerrotype avait été envisagé lors de par Enrico Federico Jest. Celui-ci était mécanicien au département de physique de l’Université royale de Turin. et il tenta de photographier le Saint-Suaire, sans y parvenir en raison de la luminosité réduite et en l’absence d’éclairage artificiel. [↩]